1 Quel effet cela fait-il de perdre bientôt un record que tu détiens depuis 26 ans, depuis février 1991 et pourquoi l'as-tu conservé aussi longtemps ?

Si ça a duré si longtemps, c'est parce que les Diables ont raté plusieurs tournois d'affilée. Ça ne me fait rien. Les records sont faits pour être battus et, si le mien l'est maintenant, c'est parce que les Diables Rouges vont bien.
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Si ça a duré si longtemps, c'est parce que les Diables ont raté plusieurs tournois d'affilée. Ça ne me fait rien. Les records sont faits pour être battus et, si le mien l'est maintenant, c'est parce que les Diables Rouges vont bien. J'en suis toujours supporter, même si je ne chante pas en rue après une victoire. Seuls des joueurs qui disputent des tournois peuvent battre ce record. Il faut dire qu'on dispute plus de matches maintenant que nous jadis. Quand j'ai égalé puis battu le record de Paul Van Himst, contre le Danemark à Bruges si mes souvenirs sont bons, j'ai attiré l'attention. Je regrette d'avoir renoncé à quelques matches et de n'avoir pas voulu entrer au jeu à plusieurs reprises, à cause d'un conflit avec Guy Thys. Sinon, j'aurais atteint le cap des 100, qui est plus parlant que 96. Oui, à partir du moment où Vincent Kompany s'est blessé de plus en plus souvent mais Vertonghen ne détiendra ce record que quelques années, pas presque trente comme moi car une série de talents de cette génération sont encore très jeunes et comptent déjà beaucoup de sélections. Plusieurs d'entre eux, comme Eden Hazard et Romelu Lukaku, passeront largement le cap de la centaine. Notre stature. Il est aussi un garçon sage, les deux pieds sur terre, comme je l'ai découvert quand nous nous sommes récemment rencontrés à Londres. Il peut abattre du terrain, il maîtrise bien le ballon et le passe intelligemment. Surtout, il sait ce dont il est capable ou non. C'est le plus important pour un footballeur. Le principal problème, c'est que les attentes sont différentes. Nous étions une équipe de contre qui ne changeait jamais de système et s'appuyait sur une solide organisation, au sein de laquelle Walter Meeuws déployait le piège du hors-jeu. Nous n'avons jamais eu une équipe apte à dominer le jeu et on ne nous le demandait pas. De notre temps, les gens se satisfaisaient de la victoire. Maintenant, les Diables doivent gagner en développant un bon football. En 1986, on a trouvé normal que nous soyons battus par l'Argentine, parce qu'elle alignait Maradona, alors que si on regarde bien le match, on réalise que nous avions de réelles chances de gagner. Maintenant, on n'accepte pas que l'équipe soit battue par l'Argentine et on passe trop vite sous silence la présence dans cette équipe d'un certain Messi. A l'époque, tout le monde, moi y compris, a considéré comme un miracle que nous atteignions les demi-finales. Avoir été un moment numéro un mondial entraîne une pression supplémentaire. Il lui faut un peu de chance. En 1986, nous n'avons gagné qu'un de nos sept matches endéans les 90 minutes. Si le début du tournoi se déroule bien, une équipe talentueuse peut aller loin. N'oubliez pas que Guy Thys a sélectionné une cinquantaine de joueurs jusqu'en 1978 - à peu près tout qui savait shooter dans un ballon - avant de trouver la bonne composition, avec Wilfried Van Moer dans un rôle-clef. Nous n'avons guère disputé de matches spectaculaires, même si notre équipe n'était pas mauvaise. Nous avons quand même eu les meilleures occasions lors du premier match du Mondial 1982, contre l'Argentine et Maradona mais le football de combinaisons n'était pas dans notre nature alors que la génération actuelle possède les qualités techniques requises. Geert Foutré" Eden Hazard et Romelu Lukaku passeront largement le cap de la centaine. " Jan Ceulemans