Lorsqu'il évoque ses racines, Denis Odoi (22 ans) n'est jamais déprimé : " Ma mère est Belge et mon père Ghanéen. Je pense qu'il est venu étudier en Belgique mais je n'en suis pas si sûr (il rit). Il n'a même pas terminé ses études. Mes parents ont divorcé lorsque j'avais douze ans. Je revenais d'un tournoi en France avec Anderlecht et ils se séparaient. C'est surtout ma mère qui nous a élevés, ma s£ur et moi. Nous avons vécu une jeunesse insouciante. Même si j'ai fait quelques bêtises dont je ne parlerai jamais plus en détails (il rit). "
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Lorsqu'il évoque ses racines, Denis Odoi (22 ans) n'est jamais déprimé : " Ma mère est Belge et mon père Ghanéen. Je pense qu'il est venu étudier en Belgique mais je n'en suis pas si sûr (il rit). Il n'a même pas terminé ses études. Mes parents ont divorcé lorsque j'avais douze ans. Je revenais d'un tournoi en France avec Anderlecht et ils se séparaient. C'est surtout ma mère qui nous a élevés, ma s£ur et moi. Nous avons vécu une jeunesse insouciante. Même si j'ai fait quelques bêtises dont je ne parlerai jamais plus en détails (il rit). " Denis Odoi : J'ignore si j'ai le tempérament africain, mais je suis de type urbain. Mon caractère se rapproche de celui de mon père. Peut-être l'amour de la musique est-il lui aussi à rechercher sur le Continent noir. J'ai la réputation d'être un adepte du break-dance, mais si vous me mettez à côté d'un vrai danseur, j'aurais l'air ridicule. Pour un footballeur, je suis assez souple, je touche facilement le bout de mes orteils. Avant, j'arrivais même à mettre mes jambes autour du cou ! Vers l'âge de 5 ans et demi. Au Stade Louvaniste. J'y ai joué 5 ans comme attaquant ou médian. Lorsque Dries Mertens - avec qui j'allais à l'école - est parti au RSCA, je l'ai suivi. A Anderlecht, j'ai connu d'autres bons, comme Sven Kums, Joeri Dequevy, Hervé Kage et Geoffrey Mujangi Bia. Anthony Vanden Borre avait un an de plus mais j'ai joué avec lui en équipes d'âge. Vincent Kompany était lui un peu plus âgé. J'ai assisté à certains de ses matches, mais Vanden Borre lui était supérieur. Il arrachait un ballon, dribblait, était imparable. Lorsque j'ai revu Vincent en équipe nationale, j'avais les yeux écarquillés. Peut-être qu'à Anderlecht tout était trop facile pour lui et qu'il ne devait pas y fournir trop d'efforts. Des amis ; comme Kums où je logeais lorsque nous avions tournoi et que mon père ne pouvait pas me conduire. On ne se rendait pas compte qu'on était des jeunes talents dans une même équipe. Dries était un top talent mais un peu trop petit. Sven était presque élu meilleur joueur à chaque tournoi. Moi je n'étais qu'un footballeur ordinaire. Je jouais souvent mais pas toujours et je suis parti à Genk. Je n'étais pas vraiment un grand talent pour le Sporting... Au foot-études, j'ai rencontré Steven Defour et David Hubert. Ils m'ont dit : -Viens à Genk. Si c'était à recommencer, ce serait - Niet ! Le niveau scolaire n'y est tout simplement pas assez élevé. Lors de ma dernière année, j'avais 85 % de moyenne à mon bulletin de Noël. J'étudiais bien mais cette note était trop élevée. Dans ce genre d'études, le ballon rond est le centre de l'attention. A force, nous étions parfois tellement gavés de ballon que cela nous dégoûtait. Quand on est si jeune, on aspire à d'autres choses que trois heures de foot à l'école puis encore l'entraînement le soir... Mon grand exemple, c'est Edgar Davids : j'adorais son style de jeu, son look avec ses lunettes spéciales, j'étais vraiment fan. De lui et de la génération Ajax des années 90. Quel souvenir ! M'entraîner avec Kompany, Daniel Van Buyten ou Thomas Vermaelen, c'était incroyable. Je suis un fan d'Arsenal. Quand ils ont acheté Thomas, j'étais surpris mais il a montré qu'il était un défenseur de grande classe, à sa place dans le noyau londonien. En plus, il reste vraiment humble. L'Angleterre est pour moi le championnat le plus attractif. La vitesse d'exécution, l'engagement total, de beaux buts chaque week-end... Il serait envisageable que je joue pour ce pays, sauf que je ne parle pas la langue et que - du coup - ça me paraît inconcevable. Mais je pourrais me débrouiller en anglais. Le défi est toutefois plutôt d'ordre sportif. Les Black Stars disposent de noms plus ronflants que le mien. Vadis Odjidja peut espérer être repris un jour : il est déjà à un autre niveau que moi. Cela a surtout à voir avec ma position. A Anderlecht, ils m'avaient essayé dans un rôle d'arrière droit. Ensuite, j'ai évolué dans un registre plus offensif. Mon père voulait que je sois un attaquant, mais je me vois plutôt comme défenseur ! A mon arrivée à Genk, j'ai beau eu leur dire que j'étais arrière-droit, ils m'ont toujours aligné au milieu ou en attaque. J'ai livré de bons matches bien que ce n'était pas ma meilleure place. A la fin, Genk m'a dit : -Désolé mon garçon mais ça s'arrête là. Même pas. Je n'ai jamais vraiment rêvé de devenir footballeur pro. Bien sûr cela me fait plaisir mais je n'en ai jamais fait une obsession. Moi je me serais bien vu combiner un bon job et une carrière en D3 ou en Promotion. J'étais triste de ne plus être aligné parmi les jeunes d'une équipe du plus haut niveau, mais je n'ai pas pleuré. J'avais l'occasion d'étudier à Louvain et de jouer à OHL en D2. Lentement, l'ambition est revenue : une place de titulaire, devenir une valeur sûre dans le onze... J'y ai atterri presque tout de suite dans le onze comme back gauche. Au début, j'étais encore très impulsif : j'avais l'habitude de jouer l'interception à Louvain. En D2, je touchais tellement de ballons, la qualité de jeu était moindre et j'étais plus rapide que la plupart de mes adversaires. En D1, je tirais mon épingle du jeu bien qu'il m'arrivait de passer à côté du ballon. J'ai aussi commis de trop nombreuses fautes, surtout lors du premier tour. Après la trêve cela s'est amélioré. Parfois, mon caractère me joue encore des tours comme cette saison contre Zulte Waregem. Après avoir réussi plusieurs interceptions sur Habib Habibou, il a réussi à mieux protéger son ballon et m'a roulé dans la farine avec des conséquences fâcheuses pour notre équipe : carte rouge, penalty et match plié. Nous avions une équipe qui tournait bien et tout le noyau était entraîné dans cette spirale positive. Mais il s'agit sans doute d'une année plus instructive, parce que nous nous mettons dans des circonstances de match plus difficiles et que nous devons nous remettre en question. Globalement, je me suis rapidement adapté à la D1 et j'ai amélioré mon jeu et mes qualités. L'an dernier, ce sont surtout les entraînements qui étaient particulièrement agréables, on riait beaucoup et l'atmosphère était détendue. Cette saison, il arrive qu'on s'amuse moins lors de la préparation. On rigole encore, mais l'entraîneur est sous pression et nous met davantage sous tension. On recherche aussi sans cesse de nouveaux systèmes de jeu, d'autres solutions. C'est une évidence. Nous avons récemment demandé à Guido Brepoels de raccourcir les petits matches à l'entraînement par crainte de fatiguer le groupe. Le niveau était bien plus élevé la saison dernière. Les jeunes qui complètent le noyau aujourd'hui n'aident pas à relever le niveau, même s'ils font de leur mieux. D'où une vitesse d'exécution moindre et un contraste plus grand avec les matches de championnat. Ce ne sont pas des conditions idéales, je l'ai déjà assez dit. Entre nous on rit encore de la solution que j'avais proposée, comme quoi le club devrait aller chercher mes copains qui jouent au foot de rue. Ils ont trouvé ça drôle. La plupart de mes équipiers partagent mon avis : notre situation n'est pas normale pour un club d'une telle tradition. Il y a des choses qui se passent ici qui n'arrivent même pas en deuxième division. Arrière latéral à gauche, à droite, défenseur central, milieu de terrain, n°10, je peux jouer un peu partout. Ce que j'aime le moins c'est l'axe de la défense. Je ne veux pas critiquer les défenseurs centraux, mais c'est le rôle le plus facile sur le terrain. Avec un bon positionnement, vous pouvez très bien vous en sortir. A cette place, il me manque de répondant physique par exemple face à un Romelu Lukaku. J'aime aussi pouvoir débouler sur mon flanc. J'ai toujours eu des appréhensions à évoluer comme meneur ou n°10 car je n'en ai pas les qualités. Je ne joue pas facilement dos au but, avec un adversaire collé aux basques. Je préfère dérouler mon jeu, même si je dois améliorer mon apport offensif. Mon compteur n'affiche pas suffisamment de buts. Danny Boffin me coache sur ce point, même si je n'arriverai jamais à l'efficacité d'un Guillaume Gillet en zone de conclusion. Si je dis quelque chose maintenant et que je joue comme un pied le match prochain, ils diront tous que je ferais mieux de me concentrer sur mes performances sur la pelouse. Mon contrat court jusqu'en 2015, mais si Saint-Trond reçoit une bonne offre j'aimerais évoluer d'un cran. On a dit que je ne voudrais jamais aller au Standard à cause de la mentalité mais il n'y a rien de plus faux. Je constate simplement que les Liégeois peuvent une semaine battre Anderlecht avec 3 buts d'écart et la semaine suivante sombrer contre Eupen. Cela n'a rien à voir avec la qualité d'une équipe, mais avec sa mentalité : on y pense qu'il suffira de paraître pour l'emporter. Je ne pourrais pas vivre dans un tel état d'esprit, je me donne pleinement à chaque match. J'ai une fois déclaré que le Standard ne me conviendrait pas au niveau de l'engagement et on a placé ça sur le plan communautaire, comme quoi je préférais jouer avec des Flamands. Mais rassurez-vous : je m'entends bien avec tout le monde. PAR PETER T'KINT - PHOTO: JELLE VERMEERSCH" Les défenseurs centraux ont le job le plus facile sur un terrain de foot... "