Quand il défendait le but du Sturm Graz, le quotidien autrichien Kronen Zeitung le surnommait Goalie Evergreen. (le gardien toujours vert). Mais le tour final de Geel en D2 a constitué la der d'un Filip De Wilde toujours aussi affûté : 78 kg pour 1m80. " J'ai le sentiment de pouvoir encore jouer un an ", rit-il. " La tentation est grande car je suis physiquement en ordre mais je ne reviendrai pas sur ma décision. Cette fois, elle est définitive : c'est fini ".
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Quand il défendait le but du Sturm Graz, le quotidien autrichien Kronen Zeitung le surnommait Goalie Evergreen. (le gardien toujours vert). Mais le tour final de Geel en D2 a constitué la der d'un Filip De Wilde toujours aussi affûté : 78 kg pour 1m80. " J'ai le sentiment de pouvoir encore jouer un an ", rit-il. " La tentation est grande car je suis physiquement en ordre mais je ne reviendrai pas sur ma décision. Cette fois, elle est définitive : c'est fini ". 570 matches en D1, sept titres nationaux, gardien à un EURO et à un Mondial, 33 sélections nationales. L'ancien Diable Rouge s'est successivement produit pour Beveren, Anderlecht, le Sporting Lisbonne, encore Anderlecht, le Sturm Graz, Lokeren et enfin Geel, où il a débarqué à l'insistance de son ancien coéquipier à Anderlecht, Peter Maes, maintenant entraîneur de Geel. Filip De Wilde : Le cliché veut que rien n'est plus beau que d'arrêter en pleine gloire mais je suis content d'avoir vécu ceci. Jouer avec un objectif positif est plus agréable que se battre contre la relégation. Je me suis toujours bien soigné. Il faut aussi un brin de chance : j'ai été épargné par les blessures pendant les dix premières années de ma carrière. La trentaine passée, j'ai subi quatre opérations et mon corps est devenu plus fragile. Mais avec l'âge, il faut consentir plus d'efforts pour rester en forme et être régulier. Tout dépendra des offres. Le plus difficile sera de réapprendre à fréquenter les gens car un joueur ne se présente qu'à des endroits où il est connu. Je ne m'ennuierai sûrement pas. J'ai décidé de rejouer plus souvent au tennis car je n'ai pas envie d'attraper du ventre. Pour le moment, un job d'entraîneur des gardiens ne me déplairait pas. Non. Il faut suivre une ligne déterminée pour rester crédible à long terme. Aad de Mos m'a beaucoup appris. Il avait l'art de faire fonctionner une équipe en osmose. Je n'ai pas connu d'entraîneur plus fort sur le plan tactique et en matière d'entraînement. Il mettait l'accent sur la possession du ballon et le jeu de position. J'aime la sévérité car ceux qui comptent sur l'autodiscipline des joueurs se font avoir. La plupart des footballeurs ont besoin d'être surveillés. Pas vraiment. Anderlecht n'a pas beaucoup de marge financière. Encore qu'il a pratiquement créé une fonction pour Pär Zetterberg afin de le conserver au club. Mais ce n'est pas parce qu'on est un grand joueur qu'on réussira aussi comme scout ou directeur technique. Anderlecht se pose trop peu la question. Oui. J'étais prêt à consentir un sacrifice mais j'estimais devoir gagner davantage que des joueurs qui n'avaient pas encore prouvé grand-chose. Attention, je comprends la philosophie des clubs belges : peut-être n'est-il pas raisonnable de donner un bon contrat à un quadragénaire. Graz n'a pas suivi cette voie mais j'ai fait un sacrifice familial. En tout cas, sans ces six mois en Autriche, les adieux de Filip De Wilde auraient peut-être eu lieu deux ans plus tôt. Vous parlez de mon transfert au Sporting Lisbonne ? C'est facile à dire après-coup. Je pense avoir retiré le maximum de ma carrière, sportivement et financièrement sur le plan international. Mais j'ai eu la malchance d'être longtemps barré par un super talent, Michel Preud'homme. J'ai quand même été le numéro un incontesté de 1996 à 2000. J'ai tout obtenu dans mon sport et je n'ai aucun regret, j'ai toujours voulu progresser. Même à la fin. Chez moi, le mécontentement est le moteur du progrès. Mais à certains moments, j'étais sans doute trop obsédé par le désir de réaliser des performances brillantes. Comme à l'EURO 2000. Mes prestations n'ont pas été mauvaises mais ce dernier match malheureux contre la Turquie me poursuivra toujours. On a beaucoup parlé d'un excès de concentration et ce n'est pas totalement faux. Je m'entraînais dur et je surveillais mon alimentation. Le revers de la médaille, c'est que parfois, je voulais tellement m'affirmer que je commettais des fautes. Quand on veut montrer ses qualités, on a tendance à s'aventurer dans des choses dont on n'est pas capable. Les plus prenants sont sans aucun doute les matches joués en Roumanie, pendant et après l'ère Nicolae Ceaucescu. Après la révolution, nous avons affronté le Dinamo Bucarest. La plupart des bâtiments étaient encore troués d'impacts de balles, témoignages silencieux de la bataille sanglante qui s'y était déroulée. Les gens étaient désemparés et vivaient dans une misère atroce. La ville n'était que chaos. J'ai échoué de peu en 1994, l'année où Gilles De Bilde a été élu. J'ai terminé quatrième trois années de suite. Je pense que c'est dû au fait que j'ai joué à Anderlecht durant toute ma carrière : quand le club tourne bien, son gardien n'est généralement pas sous les feux de la rampe. La régularité était mon principal atout alors que le Soulier d'Or est attribué sur base de quelques exploits. De Bilde restait sur une belle demi-saison en D1 à l'Eendracht Alost... (Déterminé) Non. Piot, Pfaff et Preud'homme sont un cran au-dessus. Pfaff s'est imposé au Bayern, une équipe de l'élite absolue, et Preud'homme était un monument à Benfica. Des gardiens comme Danny Verlinden, Philippe Vande Walle, Gilbert Bodart et moi émargent à une catégorie inférieure. Silvio Proto a un potentiel énorme, plus important que le mien mais il ne doit pas commettre l'erreur de s'exiler dans un grand club étranger maintenant. Un bon cercle du subtop européen constituerait le tremplin idéal pour lui. Bert Boonen et Jan Muylaert" Ceux qui comptent sur L'AUTODISCIPLINE DES JOUEURS se font avoir "