A riel Jacobs a fêté ses trois ans à la tête d'Anderlecht. Sans fioritures et loin des honneurs rendus aux coaches qui arrivent à rester plusieurs années dans un même club. Gageure d'autant plus honorable que Jacobs l'a réussie dans un club du top. Pourtant, le Diegemois n'a jamais réussi à faire l'unanimité. La faute à un Standard qui lui a toujours fait de l'ombre. Pendant deux ans, les Liégeois développèrent un football champagne qui se serait davantage inscrit dans la tradition du Parc Astrid que dans celle de Sclessin. Jacobs ne s'avoua pas vaincu. Il méditait sa revanche, en peaufinant son équipe-type, en gardant ses principaux éléments et en ajustant les automatismes afin, dans un premier temps, de réduire l'écart avec les Liégeois (2009) et ensuite de déborder les Rouches pour coiffer, sans discussion et sans concurrent, les lauriers tant espérés (2010). Mais là encore, le succès de Jacobs fut quelque peu terni par une campagne européenne plus aboutie pour le Standard (quart de finale de l'Europa League) que pour le Sporting éliminé un tour plus tôt.
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A riel Jacobs a fêté ses trois ans à la tête d'Anderlecht. Sans fioritures et loin des honneurs rendus aux coaches qui arrivent à rester plusieurs années dans un même club. Gageure d'autant plus honorable que Jacobs l'a réussie dans un club du top. Pourtant, le Diegemois n'a jamais réussi à faire l'unanimité. La faute à un Standard qui lui a toujours fait de l'ombre. Pendant deux ans, les Liégeois développèrent un football champagne qui se serait davantage inscrit dans la tradition du Parc Astrid que dans celle de Sclessin. Jacobs ne s'avoua pas vaincu. Il méditait sa revanche, en peaufinant son équipe-type, en gardant ses principaux éléments et en ajustant les automatismes afin, dans un premier temps, de réduire l'écart avec les Liégeois (2009) et ensuite de déborder les Rouches pour coiffer, sans discussion et sans concurrent, les lauriers tant espérés (2010). Mais là encore, le succès de Jacobs fut quelque peu terni par une campagne européenne plus aboutie pour le Standard (quart de finale de l'Europa League) que pour le Sporting éliminé un tour plus tôt. Certains reprochent toujours à Jacobs une certaine frilosité et n'arrivent toujours pas à définir la griffe d'un entraîneur dont l'ère est jusqu'à aujourd'hui davantage marquée par les échecs de Bate Borisov, du Partizan Belgrade et des test-matches de 2009 que par les succès face à Bilbao et l'Ajax ou le titre de 2010. Alors, Jacobs, faux looser ou vrai Alex Ferguson ? Personne (à part les dirigeants) n'a jusqu'à présent vraiment réussi à trancher. Pas même les supporters, très divisés sur la question. Ses échecs ont largement été commentés mais ses succès et ses trouvailles ont-ils trouvé l'écho qu'ils méritaient ? Sport/Foot Magazine a retrouvé quelques moments-clés pendant lesquels l'entraîneur des Mauves a pris des risques payants. Flash-back. Le contexte : Bruges est fébrile et son entraîneur est mis sur la sellette. Mais ces dernières saisons, le Club a souvent donné du fil à retordre à Anderlecht. Un déplacement au Jan Breydelstadion n'est donc jamais facile. D'autant plus que le temps hivernal n'a pas épargné la Belgique. Les bénévoles se sont levés à 4 h 30 du matin pour déblayer l'enceinte et les Mauves n'ont pas pu vraiment s'entraîner en semaine, en raison notamment du match capital en Europa League contre Split. Bruges a également joué en Coupe d'Europe mais un jour plus tôt et dans un match sans enjeu. Ce jour-là, Jacobs réalise trois prouesses. La première : placer le revenant Marcin Wasilewski dans l'axe. Quasiment une première. Certes, Olivier Deschacht était blessé et Victor Bernardez légèrement grippé mais le choix de Wasyl s'est avéré largement gagnant. Le Polonais dont le style rugueux s'accorde finalement mieux au rôle de stopper qu'à celui de back, a réussi un match parfait et épique, en marquage de Victor Akpala. A tel point qu'à l'issue de la rencontre, les dirigeants se félicitaient de ne pas devoir faire appel à un nouveau défenseur central lors du mercato puisqu'ils disposaient de.... Wasyl. La deuxième, c'est d'avoir recomposé un triangle médian dans l'entrejeu. Un triangle quasiment sans expérience (puisque composé de Kanu, 23 ans, LukasMarecek, 20 ans et Sacha Kljestan, 25 ans) et qui n'avait joué qu'une seule fois ensemble à Lokeren. Pas de leaders ni de cadors dans l'entrejeu pour un match au sommet : il fallait le faire ! Or, ce triangle a étouffé celui de Bruges, bien plus impressionnant ( Vadis, Karel Geraerts et Ronald Vargas, soit deux internationaux belges et la révélation brugeoise de ce début de saison). La troisième est plus discrète. Moins visible. Bruges avait très bien débuté la partie, Anderlecht répondant en contre-attaques. Durant la première mi-temps, les Mauves avaient face à eux des adversaires coriaces. Pourtant, Jacobs a su trouver les bons mots dans le vestiaire et a su insuffler un nouvel esprit à ses troupes qui passèrent du mode contreur à celui de dominateur en remontant sur le terrain. Les champions en titre ont marqué rapidement (58e Romelu Lukaku), coupant les bras et les jambes des Brugeois qui n'ont jamais trouvé de répondant. Mission accomplie. Certes, on pourra toujours dire que l'adversaire était très faible et que l'AEK Athènes a craqué à domicile face à un Zenit Saint-Pétersbourg pourtant démobilisé. Il fallait un petit miracle, au coup d'envoi, pour que les Mauves se qualifient pour les seizièmes de finale de l'Europa League. Il a eu lieu ! Ce soir-là, Jacobs confie le boulot défensif au duo Kljestan- Jan Polak. Certes, les deux joueurs ont déjà été alignés dans le onze de base, côte à côte mais toujours avec un élément défensif à leurs côtés ( Lucas Biglia et Cheikhou Kouyatéune fois chacun, voire Kanu plus offensif à quatre reprises). Contre Split, Jacobs les aligne avec deux éléments beaucoup plus offensifs à leurs côtés : Matias Suarez et MbarkBoussoufa. Et cela fonctionne à merveille. Si l'on ajoute le choix de Jan Lecjaks à gauche, dans un match aussi décisif que celui du Partizan Belgrade, lors duquel le jeune Tchèque avait marqué contre son camp, on comprend que Jacobs n'a pas manqué d'audace. Certes, là encore, on pourra se demander si sans les blessures de Biglia, Kouyaté et Deschacht, le coach aurait effectué de tels choix... Anderlecht a besoin des trois points pour se qualifier pour les seizièmes de finale de l'Europa League. Dans un fauteuil, ils ont déjà galvaudé une belle occasion en s'inclinant 0-1 face au Dinamo Zagreb lors de la précédente journée. L'Ajax est quant à lui déjà qualifié mais ne compte pas bâcler le match, la première place du groupe étant en jeu. Réputé frileux, Jacobs fait taire ses détracteurs en alignant une équipe particulièrement offensive avec le trio Lukaku- Mbark Boussoufa- Jonathan Legear en attaque. Mais l'innovation vient de l'entrejeu : il positionne Biglia, plus haut, laissant la récupération à Kouyaté. Cela fonctionne ! Biglia réalise le match plein et Anderlecht gagne 1-3, lançant véritablement sa campagne européenne. Certains n'hésiteront pas à dire que lors du cru 2009-2010, il y avait un avant Ajax (Anderlecht victorieux mais sans panache) et un après Ajax (Anderlecht conquérant et omnipotent sur le championnat). Quant au rôle de Biglia, des voix s'élèveront pour qu'il occupe définitivement un poste plus offensif mais Jacobs ne se contenta de l'utiliser à cette position que ponctuellement. Comme face à Bilbao, la plus belle partition européenne de la saison ! On ne retiendra pas cette rencontre comme la plus spectaculaire de l'ère Jacobs. Mais le résultat forgé parle pour lui. Ce soir-là, Jacobs évolue avec cinq défenseurs (dont Bernardez qui réalise le match le plus abouti depuis son arrivée et Guillaume Gillet). La même tactique sera utilisée un an plus tard (la seule fois de la saison !) contre le Partizan Belgrade. Si la double confrontation est synonyme d'échec, le match aller est une réussite. En alignant trois défenseurs axiaux ( Roland Juhasz, Ondrej Mazuch et Deschacht), il confie les flancs à Lecjaks et Gillet, de façon à donner plus de corps à son entrejeu. Le milieu de terrain du Partizan n'existe pas et les Mauves vont chercher un match nul à domicile (2-2), ce qui, à priori devait s'avérer un bon résultat... Anderlecht se déplace en leader dans un Canonnier qui ne sait pas encore qu'il vit ses derniers mois en D1. Leader, pas vraiment puisque Bruges et l'étonnant Saint-Trond avaient gagné la veille et pour les rejoindre en tête du classement, les Mauves se devaient de gagner. Or, après un début de saison tonitruant (12 sur 12), la machine anderlechtoise s'était grippée après le nul (1-1) face au Standard dans un match marqué par la fracture de la jambe de Wasilewski. S'ensuivirent une défaite à Saint-Trond et un partage contre Gand. Jacobs était donc sous pression, lui qui avait affirmé dans la presse, ne pas s'être remis du Clasico et qui avait annoncé qu'il réfléchissait à quitter le monde du foot. Pour éviter que le bon début de championnat ne tourne en crise, Anderlecht devait prendre les trois points. Ce furent les Hurlus qui ouvrirent le score par Chemcedine El Araichi à la 27e minute. Jamais, les Bruxellois ne parvinrent à surclasser leur adversaire. Certes, ils égalisèrent sur un penalty qualifié de " limite " par la presse et transformé par Matias Suarez mais tout le monde trouvait logique que le match se termine sur ce score de parité. Jusqu'à l'entrée à la 66e d'un jeune attaquant de 16 ans. Lukaku, qui suppléa Tom De Sutter et apporta immédiatement tout ce qui faisait défaut au Sporting : force, vivacité et profondeur. Et c'est lui qui marqua le but de la victoire à la 74e minute. Lukaku avait marqué son premier but pro un mois plus tôt à Zulte Waregem et avait connu une première titularisation une semaine avant le déplacement au Canonnier, à Gand. Mais, pour la première fois, les Mauves étaient sauvés par celui qui allait, dès la semaine suivante, devenir un titulaire incontournable. Un mois plus tard, on parlait déjà de Lukaku dépendance. Le décor : Gand est une puissance montante. En demi-finales, les Buffalos ont éliminé le Standard. Anderlecht a, lui, perdu le titre et voit cette Coupe comme la seule issue honorable possible à sa saison. En demi-finales, le Sporting a peiné pour venir à bout du Germinal Beerschot. Pendant une mi-temps, les Bruxellois sont ballottés par des Gantois mieux inspirés à l'image de leur Sénégalais Khalilou Fadiga. Après six minutes, Dominic Foley leur a donné l'avantage avant que Polak n'égalise et qu' Adekanmi Olufade ne redonne l'avantage aux Buffalos. Jacobs va alors faire deux changements capitaux. A la mi-temps, il redonne du tonus à son aile en faisant monter Thomas Chatelle. C'est lui qui offrira l'assist à Boussoufa à la 70e minute. Mais c'est en faisant monter le Pharaon Ahmed Hassan que le coach fait basculer la rencontre. L'Egyptien sera à la base de l'égalisation mais également du but décisif, inscrit par Guillaume Gillet. Certains se sont demandé pourquoi Jacobs ne l'avait pas aligné d'entrée... mais s'il ne l'avait pas mis dans le onze titulaire, il avait su le faire monter au bon moment. Assez tôt pour que Hassan marque de son empreinte cette finale. Pas trop tôt afin qu'il ne se fatigue pas, lui dont l'âge ne permettait sans doute pas de tenir toute une finale, avec prolongations possibles. PAR STÉPHANE VANDE VELDE" Si la double confrontation face au Partizan Belgrade est synonyme d'échec, le match aller demeure une réussite tactique ".