A cette époque de l'année, le football et le vélo se disputent la une de l'actualité sportive avec les ultimes bals de la Ligue des Champions, les rendez-vous de dernière minute dans les luttes nationales et, avec la Doyenne, la fin du chapelet des classiques printanières. Chaque étape du championnat de Belgique de D1 nous réserve son lot de réactions fracassantes, d'exploits, de sourires et de mines dépitées, d'ambitions confirmées et de rêves abandonnés. Le 31e volet de la campagne 2006-2007 a eu, à la fois, des airs de Paris-Roubaix et de Liège-Bastogne-Liège.
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A cette époque de l'année, le football et le vélo se disputent la une de l'actualité sportive avec les ultimes bals de la Ligue des Champions, les rendez-vous de dernière minute dans les luttes nationales et, avec la Doyenne, la fin du chapelet des classiques printanières. Chaque étape du championnat de Belgique de D1 nous réserve son lot de réactions fracassantes, d'exploits, de sourires et de mines dépitées, d'ambitions confirmées et de rêves abandonnés. Le 31e volet de la campagne 2006-2007 a eu, à la fois, des airs de Paris-Roubaix et de Liège-Bastogne-Liège. A Charleroi, ce fut la marmelade des braquets avec un président qui a pédalé dans la choucroute. Il était clair depuis un petit temps que Jacky Mathijssen vivait une fin de cycle. Le technicien limbourgeois ne cachait pas qu'il accepterait un nouveau challenge après avoir livré un travail de toute beauté pour les Zèbres. Qui peut contester la grandeur de son £uvre en noir et blanc ? N'a-t-il pas transformé un effectif fait de bric et de broc en une phalange redoutée par tous les ténors belges ? N'est-il pas l'orfèvre qui a ajouté quelques carats à des joueurs vendus à prix d'or sur les marchés étrangers ? Ces récoltes miraculeuses firent du bien à la trésorerie et le coach se débrouilla pour que les départs n'handicapent pas son groupe : que demander de plus ? Le président carolo avait déjà tout balayé d'un revers de la main à la fin du duel Charleroi-Anderlecht (7e journée, 1-1) en traitant le patron de l'équipe Première d'incompétent. Les deux hommes échangèrent des regards haineux. Enfin, la semaine passée, le shah de Charleroi griffa son entraîneur en affirmant à la Gazette des Sports que le bilan n'était pas bon. Le lendemain, Mathijssen signait à Bruges. Suite à cela, il fut conduit vers la sortie du Mambourg et ne coacha pas son ancien team contre Lokeren. Les supporters n'apprécièrent pas, scandèrent le nom de Jacky, leur ami, leur dieu, durant 90 minutes. C'était le bouquet final d'une gestion humaine catastrophique. La presse n'a-t-elle pas crié gare à suffisance, durant des mois, en étant victime de dérives, colères violentes et menaçantes ? Les lecteurs de Sport/Foot Magazine ont pu mesurer semaine après semaine les évolutions de ces secousses avant la dernière éruption de l'Etna carolo. Abbas Bayat ne sera jamais Haroun Tazieff, célèbre volcanologue : ce savant étudiait patiemment les monstres de feu, le boss zébré provoque nerveusement les explosions. A propos d'éclat, Frankie Vercauteren en a signé un aussi. Avant le voyage à Roulers, la presse a souligné que les Mauves pratiquaient un jeu triste, étriqué, fade avec à la clef des succès sans sel. L'entraîneur bruxellois monta sur ses grands chevaux : " Ceux qui lancent tout cela n'ont rien compris au jeu moderne en suivant les demi-finales de la Ligue des Champions. Leurs remarques datent de la préhistoire du football ". Vercauteren songeait-il au magnifique Manchester United-AC Milan, un tableau qui mérite déjà sa place dans les plus grands musées ? C'était enthousiasmant, vivifiant, novateur avec des stars n'épargnant pas leurs efforts. Ce n'était que joie et si c'est la référence de Vercauteren : BRAVO. Mais les vernissages d'Anderlecht et ceux de la Ligue des Champions, c'est comme si on comparait Christie's à un brocanteur du dimanche matin. Depuis trop longtemps, Anderlecht est un candidat au titre mièvre, trop prudent, jouant très bas en attendant l'erreur de son adversaire avec, souvent, un seul attaquant de pointe. Les Mauves évoluent en championnat comme ils le firent en Ligue des Champions : qui craignent-ils donc tant en D1 pour ne pas avoir l'ambition de jouer plus haut ? Ils font penser à un champion ( Jacques Anquetil, 1934-1987, vainqueur de cinq Tours de France) qui gagnait en ne misant que sur sa spécialité : le contre-la-montre. C'était ennuyeux et la foule préférait son second, Genk, pardon... Raymond Poulidor. En 1999, Greg LeMond renversa tout lors d'un dernier exercice individuel et relégua Laurent Fignon à huit petites secondes au classement final. Qui jouera son petit LeMond à la fin du Tour de la D1 ? Plus que trois étapes... PAR pierre bilic