Jusqu'à présent, Mbaye Leye ne s'est pas distingué par ses seuls buts. A deux reprises depuis le début du championnat, il a été évacué à l'hôpital : au Standard, après une collision horrible avec le gardien Yohann Thuram, et au Club Bruges, sa jambe droite s'étant coincée sous un panneau publicitaire. Chaque fois, on a redouté une longue absence mais au match suivant, il était sur la feuille de match.
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Jusqu'à présent, Mbaye Leye ne s'est pas distingué par ses seuls buts. A deux reprises depuis le début du championnat, il a été évacué à l'hôpital : au Standard, après une collision horrible avec le gardien Yohann Thuram, et au Club Bruges, sa jambe droite s'étant coincée sous un panneau publicitaire. Chaque fois, on a redouté une longue absence mais au match suivant, il était sur la feuille de match. Contre Anderlecht, il a pris deux cartes jaunes en l'espace d'une minute. Sur ces entrefaites, il a déclaré que si Bart Vertenten était le meilleur arbitre du pays, le football belge avait un problème, et que Lawrence Visser n'a pas encore atteint le niveau requis pour la D1. Heureusement, de temps en temps, il fait également preuve d'humour. Ainsi, après sa commotion cérébrale à Liège, il a fait savoir qu'il avait perdu des neurones mais que ce n'était pas un handicap pour jouer au football. Analyste pour RTL-Tvi en Champions League, il nous a également donné son avis sur la menace que fait peser le terrorisme sur le pays. MBAYE LEYE : C'est difficile à accepter. Si on n'est plus en sécurité à un match de football, où on se rend normalement avec ses enfants pour passer un bon moment, ni au restaurant, ça veut dire que le danger est partout et que notre vie est régie par l'insécurité. C'est encore plus difficile à accepter quand on est musulman et qu'on sait ce que ça veut dire. Un musulman ne peut éprouver de haine envers les autres, il doit être pacifique et respecter les autres de même que leur religion. Je pense que des gens sans avenir ou vivant dans des conditions difficiles courent plus de risques de se laisser manipuler par des personnes qui confèrent une autre signification à l'islam. LEYE : Le plus simple est d'expliquer aux enfants qu'il s'agit de fous mais que la police et l'armée sont là pour protéger les autres et assurer la paix. On se demande évidemment dans quel monde nos enfants vont grandir. Ça rend l'éducation encore plus importante : il faut leur montrer ce qu'ils doivent faire et ce qui n'est pas permis, leur apprendre qu'ils doivent prendre leurs décisions eux-mêmes dans la vie, sans laisser personne le faire à leur place. L'éducation est la base de tout. La responsabilité en incombe aux parents et à l'école. LEYE : Oui car je suis en bonne santé et c'est l'essentiel. C'est la condition sine qua non pour être heureux. LEYE : C'est écrit sur le mur de notre fitness : Le succès, ça demande un paiement en avance. Il faut travailler. J'ai eu des problèmes après ma grave blessure au genou. Un moment donné, je n'avais même plus de club et je m'entraînais avec Audenarde, un club de D3. Ensuite, j'ai signé à Lokeren mais je n'étais pas vraiment en forme, faute d'avoir eu une bonne préparation. LEYE : Si mais quand on s'entraîne individuellement ou avec un plus petit club, on manque de rythme. Le niveau et la condition sont inférieurs. Je n'ai pas trouvé assez souvent le chemin des filets à Lokeren, je n'ai pas été assez important parce que je n'étais pas tout à fait prêt. Je ne pouvais donc pas utiliser mon bagage technique. LEYE : Non. A aucun moment je n'ai pensé que j'étais fini. Quand on fait ce qu'il faut, il n'y a aucune raison de ne pas réussir. Je savais qu'avec une bonne santé, une préparation de qualité et les sacrifices nécessaires, je reviendrais. LEYE : C'est autre chose. Après ma blessure aux ligaments croisés, suivie d'une déchirure aux ischiojambiers, pendant la finale de la Coupe, beaucoup de gens m'ont cru fini. LEYE : Oui. Ceux qui me connaissent savent que je suis fier. Ce trait m'a toujours aidé à aller de l'avant. LEYE : Elle a renforcé ce que je savais déjà : en football, il y a un passé, un présent et un avenir. Nous sommes tous des passants et nul n'est assez important pour rester. Un jour, je serai remplacé et on m'oubliera. Je suis plus conscient que jamais du fait que je ne suis qu'un passant. Le football n'est pas durable, contrairement à la vraie vie. LEYE : Si, parce que je ne pouvais pas apporter tout ce dont je suis capable en temps normal. Après une telle blessure, on perd de la vitesse, même quand on n'en avait déjà pas beaucoup ! On perd de l'explosivité et plein d'autres aptitudes indispensables dans le football moderne. Quand j'ai appris que je pouvais retourner à Waregem, à la demande de Francky Dury, j'ai mis les bouchées doubles pour retrouver mon ancien niveau. Même pendant mes vacances à Dakar, je me suis entraîné tous les jours, sur la plage. C'était le moment de prouver aux gens qui me pensaient fini qu'ils avaient tort. Ils se demandaient pourquoi me récupérer après une mauvaise saison à Lokeren. J'ai voulu leur montrer, à tous : voilà, je suis toujours le même joueur et je peux toujours apporter une plus-value au club de mon coeur. LEYE : Je joue plus intelligemment qu'avant. Plus on prend de l'âge, plus c'est important. Avant, je jouais plus vite en profondeur. Désormais, je recule, je m'implique dans les combinaisons et j'use plus des infiltrations. J'affronte des défenseurs plus jeunes, plus forts. Je dois donc user d'autres armes pour les vaincre. LEYE : Oui et c'est encore une conséquence de ma blessure : je suis conscient que tout peut être terminé très vite. Ça m'aide à retirer le maximum de plaisir de ce que je fais. LEYE : En faisant mon métier avec encore plus d'intérêt et d'amour. Ce job est également mon hobby et des milliers de personnes ne demandent qu'à échanger leur situation contre la mienne. LEYE : Simplement en étant dans le bon rythme, zen. Mais j'insiste sur le fait que le football ici me convient particulièrement bien et que je dispose d'une certaine latitude. LEYE : Oui. A Daknam, j'étais parfois obligé d'attendre les ballons devant, comme quand Harbaoui était là. Mais avec lui, Lokeren avait un avant fort dans les duels, de la tête et dans la protection du ballon. Quand j'étais en pointe, c'était complètement différent pour mes partenaires. Avec Francky, j'ai toujours pu m'exprimer car il aime procéder au sol, par de courtes passes. Le jeu de Lokeren était plus long, plus direct. Le style des entraîneurs est également très différent. On balançait beaucoup de ballons vers les flancs, d'où on centrait. Vanaken, qui occupait le dix, jouait plus latéralement que verticalement. Ici, Onur Kaya cherche tout de suite l'assist devant. C'est mieux pour nous. LEYE : Mais je ne suis pas le plus grand. Christophe Lepoint, Joël Sami et Marvin Baudry sont nettement plus grands. Pourtant, c'est toujours le plus grand défenseur adverse qui me prend en charge. LEYE : Parce que j'ai la réputation d'être dangereux de la tête sur les phases arrêtées, sans doute. LEYE : C'est une question de timing. Il faut réussir la bonne action de course et sauter au bon moment pour pouvoir faire la différence. LEYE : Non. (Il rit.) On peut donc me retirer le brassard à tout moment sans que ça pose de problèmes. Je suis capitaine parce que Francky m'a confié cette responsabilité. Je considère que c'est une reconnaissance de mon travail, une marque de confiance. LEYE : La discipline est importante pour un groupe. Il y a des règles à respecter dans un vestiaire. Chacun doit connaître sa place. Si on monte sur le terrain, c'est pour s'entraîner et tout le monde doit être prêt. Ceci dit, on n'a pas à se plaindre. On a un bon noyau, doté d'assez d'intelligence et de footballeurs chevronnés, comme Christophe Lepoint, Joël Sami, Steve De Ridder et Onur Kaya. Ça facilite les choses. Je ne dois donc pas souvent intervenir. LEYE : Si vous posiez la question à certains joueurs, ils pourraient dire que je ne suis jamais content. LEYE : Peut-être bien. Mais pour moi, voilà comment ça marche : chacun doit savoir ce qu'il doit faire et être discipliné. Quand on enfile ses chaussures, c'est pour s'entraîner. Il y a des moments pendant lesquels on peut rire mais pas quand on travaille. Il y a un temps pour chaque chose et ma tâche est de veiller à ce que chacun fasse ce qu'il doit, que tout se déroule bien. L'entraîneur ne passe au vestiaire qu'après le match, pour le briefing, mais sinon, on ne l'y voit jamais. LEYE : Non, non ! Je veux encore jouer cinq ans. LEYE : C'est déjà arrivé, oui. (Il rit.) Mais pour en revenir à ce qui s'est passé avec Berrier, ce n'était pas une perte de contrôle. J'appelle ça la volonté et la maîtrise de mon caractère. Ma personnalité m'y pousse. Maintenant, c'est différent. L'entraîneur m'a dit que je ne pouvais plus faire ça, en tant que capitaine, car je dois être un exemple et un guide pour les jeunes. Je ne peux donc plus me permettre de m'exciter. LEYE : On le fait rarement, je crois, puisque beaucoup de points sont réglés à l'avance. Quand nous jouerons des matches très importants, l'entraîneur et la direction seront en phase et nous feront miroiter une double prime. LEYE : Tout le monde aurait signé des deux mains pour la cinquième place à mi-parcours. LEYE :... mais d'un autre côté, nous n'avons joué deux bonnes mi-temps que contre Ostende, Malines et Genk. Pour nous qualifier pour les PO1, nous devons gommer ces irrégularités de notre jeu. LEYE : Nous nous créons des occasions, nous marquons des buts mais nous en encaissons aussi. Nous n'avons pas encore trouvé le bon équilibre ni la bonne organisation en perte de balle. LEYE : Il y en a deux grandes. D'abord, nous n'avons plus de joueur recelant les qualités individuelles d'un Thorgan Hazard, quelqu'un susceptible de faire la différence à tout moment par sa technique, sa vitesse et son dribble. Ensuite, nous n'avons plus un bloc défensif aussi solide. Le duo Junior Malanda-Jonathan Delaplace était très fort. L'entrejeu est aussi moins mobile et moins physique. Mais nous avons de réelles chances de nous qualifier pour les PO1. Les quatre premières équipes seront plus rapidement assurées de leur place mais selon moi, les autres vont se battre pour les deux derniers billets jusqu'à la dernière journée du championnat régulier. LEYE : Zulte Waregem et Genk.?PAR CHRISTIAN VANDENABEELE - PHOTOS KOEN BAUTERS" Je suis plus conscient que jamais du fait que je ne suis qu'un passant. Le football n'est pas durable, au contraire de la vraie vie. " MBAYE LEYE "Si nous voulons nous qualifier pour les PO1, nous devons gommer les irrégularités de notre jeu. " MBAYE LEYE