Quand on parle football et médias, vous pensez rapidement à la Coupe du Monde 1990, pourquoi ?

PIERREKROLL : C'est la compétition durant laquelle j'ai été le plus plongé dans le football en participant à l'émission le Calcio Club de la RTBF. C'était amusant de trouver des dessins un peu faciles sur les pays, mais aussi de l'humour dit "footballistique". Par exemple, à l'époque, l'équipe belge jouait un jeu fort défensif, donc j'avais décidé de dessiner une tranchée devant son goal avec Guy Thys qui criait " C'est incontestablement ce qu'il faut faire ! " Quand on se fait éliminer par le but de David Platt, j'étais avec Wilfried Martens (ex-Premier ministre) et l'ambassadeur anglais, un vrai Britannique : le flegme, le charisme... mais dès qu'il y a eu but, il a vraiment fait un " Yiaaaaaah ! " avant de se rasseoir aussi vite (rires). Martens, par contre, il a fallu lui expliquer deux-trois fois qu'on était définitivement éliminé.
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PIERREKROLL : C'est la compétition durant laquelle j'ai été le plus plongé dans le football en participant à l'émission le Calcio Club de la RTBF. C'était amusant de trouver des dessins un peu faciles sur les pays, mais aussi de l'humour dit "footballistique". Par exemple, à l'époque, l'équipe belge jouait un jeu fort défensif, donc j'avais décidé de dessiner une tranchée devant son goal avec Guy Thys qui criait " C'est incontestablement ce qu'il faut faire ! " Quand on se fait éliminer par le but de David Platt, j'étais avec Wilfried Martens (ex-Premier ministre) et l'ambassadeur anglais, un vrai Britannique : le flegme, le charisme... mais dès qu'il y a eu but, il a vraiment fait un " Yiaaaaaah ! " avant de se rasseoir aussi vite (rires). Martens, par contre, il a fallu lui expliquer deux-trois fois qu'on était définitivement éliminé. KROLL : En 2002, j'étais en Corse dans une station de recherche sous-marine lors de Belgique-Brésil. Le problème, c'est que la connexion n'était pas bonne et que je n'avais pas prévenu Le Soir. Donc, quand le journal m'appelle pour me dire qu'il me donne la Une pour faire danser tous les Belges en cas de victoire, je me dis " Meeerde, je n'arriverai jamais à faire ça, comment je vais envoyer le dessin ? " J'ai donc joué le coup au poker. Lorsque Wilmots a planté son but, mon premier réflexe a été " Ouaiiiis ! ", mais dans la seconde qui a suivi, c'est devenu " Putaiiiin le dessin ! " L'arbitre a annulé le but, et je suis devenu schizophrène : malheureux pour la Belgique, et heureux pour mon boulot. Mais surtout triste hein (rires) ! KROLL : J'ai joué comme tous les gamins dans la rue, à Alleur, et puis à 10-12 ans, un copain m'a proposé de rejoindre un club. Et même si mon père m'avait dit que je n'aimerais pas, j'ai rejoint le RFC Liégeois... Le Standard était trop loin. J'étais minime A ou B, mais je n'ai même pas fini la saison. Les causes ? L'entraîneur qui hurle tout le temps, les parents qui engueulent leurs fils, la violence des autres... En plus, je jouais en défense alors que je préférais marquer des goals. Un jour, j'ai fauché un joueur en voulant imiter un Anglais appelé Nobby Stiles, alors que l'adversaire venait simplement placer son ballon sur le point de corner. Le "boulot" de footballeur ne m'a pas plu... KROLL : J'ai vraiment des hauts et des bas dans mon intérêt pour le football. Là, par exemple, je ne sais pas dire quel est le dernier match que j'ai vu... Pour les clubs, par contre, ce n'est pas pareil : j'ai toujours été proche du Standard... et du RFC Liégeois. Mais j'ai le droit : j'ai été affilié au RFC tout en supportant le Standard. C'est là que j'ai fait la connaissance de Luciano D'Onofrio par la suite. C'est quelqu'un qui fait peur à beaucoup de monde, mais il aimait bien mon franc parler et on s'entendait bien. KROLL : Chaleureux avec les gens qu'il aime bien, extrêmement cassant avec ceux qu'il n'aime pas... J'ai vu des hommes politiques se faire remettre à leur place parce qu'ils n'étaient pas ses amis. À côté de ça, je me souviens d'un Yves Leterme en supporter alors qu'il était Premier ministre. Etonnamment, il était tout seul, sans accompagnant. Il était tellement discret... mais sincèrement supporter. KROLL : Le dessin à proprement parler est un réel plaisir. C'est très plaisant parce que le football est une chorégraphie, il y a du mouvement, du physique... Peut-être que je rajoute un peu de bêtise naïve dans le regard du footballeur, mais je le fais aussi à pas mal d'autres gens, donc je ne cherche pas à le faire passer pour un imbécile plus qu'un autre. KROLL : Aucun problème pour répondre : Fellaini ! Pour moi, c'est l'emblème, on le reconnaît tout de suite, contrairement à Wilmots qui est bien plus difficile à représenter. Fellaini incarne les Diables Rouges, qu'il ne change surtout pas de coiffure ! KROLL : Robert Waseige m'a déjà dit un jour de faire attention aux réactions des supporters de football car ils n'ont pas toujours beaucoup d'humour. Et, de fait, la veille d'un des titres du Standard en 2008 ou 2009, j'avais dessiné un type qui prie en se flagellant, se mettant des couteaux, etc. pour que le Standard soit champion. Et là j'ai reçu des messages sur Facebook me disant que je ridiculisais les supporters liégeois... alors que c'était justement pour les "soutenir." KROLL : Elle vient à moi. Je sais quand même quand il y a match. Et si le Standard joue pendant que je suis à une émission de la RTBF, il arrive qu'on se fasse des signes avec les invités supporters comme Jean-Michel Javaux (ex président d'Ecolo, ndlr) pour se donner le score. KROLL : Un peu comme l'attaquant qui prend des risques pour marquer des buts, je préfère essayer quelque chose et que mon journal me dise : "Là, il ne fallait peut-être pas." Que ce soit lui ou moi, si on rate, on devra assumer nos responsabilités. PAR ÉMILIEN HOFMAN - PHOTO BELGAIMAGE" Lucien D'Onofrio est chaleureux avec les gens qu'il aime bien, extrêmement cassant avec ceux qu'il n'aime pas... " PIERRE KROLL