Sa messagerie vocale donne déjà le ton. C'est en néerlandais que Philippe Vande Walle a enregistré son message. Cela dénote son envie de retravailler en Flandre, la région de son épouse. Après cinq ans en Wallonie, comme préparateur des gardiens de Charleroi, l'ancien international de 47 ans a pris la direction de Courtrai et après un an de silence qu'il s'était lui-même imposé, il a retrouvé toute sa gouaille et son plaisir de vivre.
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Sa messagerie vocale donne déjà le ton. C'est en néerlandais que Philippe Vande Walle a enregistré son message. Cela dénote son envie de retravailler en Flandre, la région de son épouse. Après cinq ans en Wallonie, comme préparateur des gardiens de Charleroi, l'ancien international de 47 ans a pris la direction de Courtrai et après un an de silence qu'il s'était lui-même imposé, il a retrouvé toute sa gouaille et son plaisir de vivre. Aux côtés de Georges Leekens, Vande Walle apporte, au même titre qu'Yves Vanderhaeghe, toute son expérience. Sur les terrains d'entraînement, il met la main à la pâte, maniant le marteau pour fixer les lignes du tennis-ballon. Et lorsqu'il ne s'occupe pas de ses deux gardiens, il impose les règles d'un exercice collectif. Philippe Vande Walle : Vous n'avez pas tout à fait tort. Je n'ai rien contre la Wallonie. Il était tout simplement temps de changer d'air. Je ne vais pas dire que j'allais au stade avec les pieds de plomb mais je dois toujours avoir un but et une motivation. A Charleroi, j'avais une super relation avec mes gardiens ; on formait une sorte de famille. Au bout du compte toutefois, certains trucs commençaient à m'ennuyer. Le manque de professionnalisme et l'attitude de certaines personnes. Et du comportement de certaines personnes envers d'autres personnes. Je n'ai pas joué 21 ans au foot pour qu'on m'ennuie sur certains trucs. Une fois encore, il ne s'agit que de ma vision et je ne dis pas que c'est la bonne. Oui, tout à fait. Oui, absolument. J'ai repris mon poste d'entraîneur des gardiens parce que je sentais que mes gardiens avaient besoin de moi. Et au fond, après mon épopée de T1, qui a pris fin en décembre 2007, j'aurais très bien pu, comme Mogi me l'a dit un jour, prendre mon sac à dos et aller voir ailleurs. C'est ce qu'il pensait que j'allais faire. Peut-être mais ce que je sais, c'est que je suis resté ! Pour mes gardiens ! On avait besoin les uns des autres. Je ne sais pas. Je me suis enfermé dans ma bulle et je ne me suis concentré que sur ma tâche d'entraîneur des gardiens. Non, pour la simple et bonne raison que mon métier est entraîneur des gardiens et pas T1. J'étais tombé dans un engrenage. Il faut bien se remettre dans le contexte. Deux mois avant que Jacky Mathijssen se fasse balancer à quatre journées de la fin, Abbas Bayat m'avait invité dans son bureau pour me demander si j'étais intéressé par le job de T1 pour la saison suivante. J'ai dit non et il a répliqué - Eh bien, c'est la première fois qu'un mec me dit qu'il ne veut pas être T1. Et je lui ai répondu que mon but était d'aller en Bundesliga. Et il m'a rétorqué - C'est ça que je veux, des mecs ambitieux. Mais c'est dommage. Puis arrive le moment où il met Jacky dehors parce qu'il avait signé à Bruges. Il entre dans le vestiaire dans lequel il y avait Dante Brogno, Thierry Siquet et moi. Il m'a lancé - Vous reprenez l'équipe. Je me suis dit que pour quatre matches, c'était OK. On fait 12 sur 12. On décide du championnat puisqu'on va battre Genk chez eux. Et Abbas me dit - Vous voyez ! Ce que j'aurais dû faire à cette époque-là ? Arrêter ? Je me suis fait entraîner. Heureusement que je lui ai dit que le jour où cela me cassait les bonbons, j'arrêterais du jour au lendemain. Je voulais mettre toute mon énergie dans mon métier. Même ma femme me disait que j'exagérais. Tout ce qui était presse devenait superflu. Non. Le président était à 100 % derrière moi. Il était content des 20 points pris. Mais je voulais une crédibilité totale comme T1. Et je ne l'avais pas ! Les gens concernés se reconnaîtront. Mais je trouve que certains joueurs, comme l'ont dit Thierry Siquet et John Collins et comme le diront beaucoup de gens, ont une relation trop privilégiée avec certains dirigeants. Cela fait partie du folklore et de la vie du club ? OK mais moi, je ne peux pas travailler comme cela. Je suis maintenant certain que je peux faire ce métier. Très facilement. Non, car ce n'est pas mon ambition. Oui, mais ce n'était pas le but. La VRT venait faire un reportage sur ma façon d'entraîner les gardiens et est arrivée 1 h 30 à l'avance. Pour passer leur temps, les cameramen ont filmé tout ce qu'il ne fallait pas : ce qui est rouillé et qui sent mauvais, les vestiaires qui ne ressemblent à rien. En studio, ils m'ont posé des questions du genre - Cela ne doit pas être facile de travailler dans ces conditions. Et c'est comme ça que j'ai lâché deux-trois trucs que je n'aimais pas, comme tous ces joueurs qui viennent à l'entraînement habillés comme des pingouins, avec des bonnets quand il fait 25°. Pourquoi ? Car c'est ma vision. J'aime bien que tout le monde soit habillé pareil aux entraînements. J'ai dit un peu ( il réfléchit)... Voilà. Au fond, je n'ai rien dit de nouveau. Cela m'a fait plus rigoler qu'autre chose. Une semaine après, ils disaient partout que j'étais le meilleur préparateur de gardien de Belgique. Le président allait attendre et finalement, il ne m'en a jamais parlé. Et avec Mogi, on s'est mis à table et je lui ai dit - Il est temps que je change d'air. Je voulais partir à l'étranger ou revenir en Flandre parce que je suis quelqu'un de discipliné. Et je ne vais pas dire que tout est crado en Wallonie mais la région de Charleroi, pfft. J'avais dur avec ce laisser-aller. Le côté chaud compensait. Quand on allait dans n'importe quel restaurant, à la fin du repas, on nous demandait ce qu'on voulait pour la maison. Ma relation globale avec mes gardiens. Je les voyais progresser. J'ai vu grandir Bertrand Laquait d'année en année, devenant de plus en plus sobre et bon. Je me le demande. Il ne lui manque rien pour aller plus haut. Ce n'est pas quelqu'un qui va se vendre. Ses prestations devraient parler pour lui mais apparemment, ça n'a pas suffi. Tout le monde lui disait que c'était un des meilleurs en Belgique mais il restait à Charleroi. Au fond, c'est un peu pareil pour moi ! Tout le monde me répétait que j'étais un des meilleurs entraîneurs de gardien mais j'étais toujours à Charleroi. Et maintenant, c'est Courtrai, vous allez me dire... C'est possible. Ce négativisme permanent du club et la renommée de la ville ne nous avantagent pas. A chaque fois que je revenais à Bruges, on me demandait - C'est quoi cette nouvelle affaire à Charleroi ? Qu'est-ce qu'il lui a pris à Bayat ? Qu'est ce qu'ils faisaient les joueurs avec un pistolet électrique ? Quand on parle de Pays Noir, c'est au sens propre et figuré. Même si j'ai laissé un morceau de moi à Charleroi. Pour grandir, il faut investir. Parfois, dans des petites choses. Pas spécialement dans des grands projets. Quand il y a un problème, moi, j'aime bien qu'il soit résolu. Je sais ce qui va se passer ! Pour répondre à votre question, Baguette est prêt à relever le défi mais je n'ai pas dit que c'était le scénario prévu. par stéphane vande velde- photos: reporters- vander eeckenQuand on parle de Pays Noir, c'est au sens propre et figuré.