"On ne pense pas spontanément à une carrière dans l'arbitrage. En fait, c'est un professeur qui m'a suggéré de suivre une formation d'arbitre pendant mes études d'éducation physique. À ce moment-là, je jouais moi-même et j'entraînais les diablotins. L'arbitrage me paraissait donc être un bon complément. Dès mon premier match, à Pepingen, en U12, j'ai été séduite. C'était mon truc. Je regrette d'avoir découvert cette passion aussi tard. J'avais déjà 22 ans.
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"On ne pense pas spontanément à une carrière dans l'arbitrage. En fait, c'est un professeur qui m'a suggéré de suivre une formation d'arbitre pendant mes études d'éducation physique. À ce moment-là, je jouais moi-même et j'entraînais les diablotins. L'arbitrage me paraissait donc être un bon complément. Dès mon premier match, à Pepingen, en U12, j'ai été séduite. C'était mon truc. Je regrette d'avoir découvert cette passion aussi tard. J'avais déjà 22 ans. Vous savez ce que j'apprécie le plus ? Le management d'un match, les liens avec les joueurs, que je dois convaincre, individuellement. Le défi consiste à éviter de devoir siffler des fautes. Tout le monde peut punir. Même si je suis plutôt nerveuse avant les matches, j'aime vraiment les diriger. On ne sait jamais ce qui peut se passer. On peut très bien avoir un match sous contrôle puis voir deux joueurs nez à nez... Le fait de ne plus jouer moi-même au football ne me manque pas mais je regrette de ne plus faire partie d'un groupe, d'un vestiaire. Un arbitre est quand même livré à lui-même. Je dirige aussi des matches masculins jusqu'en P1. On me crie souvent des trucs style : Retourne dans ta cuisine. Mais ça ne me touche pas. Le football, c'est de l'émotion et je me dis que ce qui serait grave, ce serait que personne ne crie. Faire la leçon à tout le monde avant le match n'est pas dans ma nature. Selon moi, ça ne fait que rendre les joueurs encore plus nerveux. J'essaie de me rendre invisible tant que je ne dois pas intervenir. Un arbitre doit faire en sorte qu'on ait confiance en lui. " " Au début de ma carrière, j'admirais beaucoup Frank De Bleeckere. J'avais même des posters de lui et un livre dédicacé. Il émargeait alors à l'élite mondiale. Il représentait à mes yeux ce qu'un Ronaldo ou un Messi est aux yeux d'un footballeur. Maintenant, j'observe davantage les femmes. Comme la Croate Ivana Martincic, une amie. Nous avons obtenu toutes les deux notre badge FIFA en 2014. Elle a fait impression dès le début. Son rayonnement, sa condition physique, sa direction des matches, la manière dont elle prend des décisions... Ivana est plus avancée que moi, à présent. Elle fait partie du groupe élite de la FIFA. Il y a quelques autres excellents arbitres féminins : la Suissesse Esther Staubli, l'Allemande Bibiana Steinhaus, qui siffle en Bundesliga, la Française Stéphanie Frappart... Je suis très ambitieuse : je veux arbitrer un EURO ou un Mondial, un jour. En dames. C'est difficile d'arbitrer les hommes à ce niveau, pour toutes sortes de raisons. La principale, c'est qu'il faut avoir suffisamment de condition pour tenir le rythme. Certaines femmes réussissent les mêmes tests physiques que leurs collègues masculins mais elles sont encore rares. " " Après un post-graduat en management sportif, j'ai été embauchée par l'URBSFA. Je m'occupe de l'administration des Red Flames : réserver les vols, les hôtels, organiser les stages, etc. Mais aussi de tout ce qui concerne le département du football féminin. Récemment, nous avons co-organisé un mini tournoi de qualification en U17. Je peux parfaitement combiner cet emploi avec ma passion de l'arbitrage. J'ai été effarée par le scandale suscité par l'Opération Mains Propres. Sébastien Delferière et Bart Vertenten étaient nos meilleurs arbitres, ils avaient une carrière fantastique devant eux. Je ne peux pas croire qu'ils aient fait une chose pareille. Je crains de toute façon que leur crédibilité soit entachée par tout ce qui a été publié sur leur compte. C'est très triste. Aussi pour tous les efforts qu'ils ont accomplis pour atteindre leur niveau. J'éprouve énormément de respect pour la dignité avec laquelle ils gèrent tout ça : leur arrestation, la perte de tout. J'en serais incapable. "