Pour Nabil Dirar, la date à retenir en ce début de saison est celle du 23 septembre. Ce jour-là, le néo-Brugeois saura si la FIFA, par le biais de la Commission du statut du joueur, l'autorise à défendre les couleurs de la Belgique comme il le souhaite ou s'il doit continuer à porter la vareuse rouge et vert du Maroc, comme il l'a toujours fait jusqu'ici.
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Pour Nabil Dirar, la date à retenir en ce début de saison est celle du 23 septembre. Ce jour-là, le néo-Brugeois saura si la FIFA, par le biais de la Commission du statut du joueur, l'autorise à défendre les couleurs de la Belgique comme il le souhaite ou s'il doit continuer à porter la vareuse rouge et vert du Maroc, comme il l'a toujours fait jusqu'ici. Né à Casablanca, Dirar était tout juste teenager quand il a rejoint la Belgique aux prémices de l'an 2000. Après avoir fait ses premières armes dans quelques clubs de la capitale et de sa proche périphérie, c'est à Westerlo que l'élégant gaucher avait attiré pour la première fois l'attention des suiveurs de sa mère-patrie. Convoqué à de multiples reprises en classes d'âge marocaines, l'intéressé a toutefois refusé le grand saut chez les Lions de l'Atlas, récemment, préférant opter pour son pays d'adoption, la Belgique et ses Diables Rouges. Un choix qu'il semble avoir opéré de manière tardive, après l'âge-butoir de 21 ans, et qui explique pourquoi son cas sera examiné prochainement par les plus hautes instances du football mondial. Côté belge, on semble déjà résigné. " Pour nous, eu égard aux règlements de la FIFA, les choses sont claires : Nabil Dirar ne sera jamais autorisé à porter le maillot belge ", dit Jean-Marie Philips, CEO de l'URBSFA. On croisera les doigts quand même... Nabil Dirar : Je m'étais renseigné à gauche et à droite sur mon statut et après avoir filtré toutes ces informations, je me disais que rien ne s'opposait à ce choix, dans la mesure où je n'avais encore jamais évolué en sélection A du Maroc. J'ai cru comprendre que la FIFA en faisait une question d'âge et que j'aurais dû entreprendre cette démarche avant mes 21 ans, alors que j'en ai 22 aujourd'hui. Pour moi, tant que je n'avais pas été appelé officiellement à me produire avec les Lions de l'Atlas, je pouvais encore virer de bord. Ce n'est qu'après avoir été convié par le coach fédéral, le Français Roger Lemerre, à une rencontre avec le Bénin, en juin, que l'heure était venue de trancher. Si cet épisode s'était produit plus tard, j'aurais attendu de la même manière. Certains diront peut-être que j'ai agi avec légèreté et que j'aurais été plus inspiré de prendre mes renseignements à la source même, à savoir les plus hautes instances du football mondial. Mais quand je vois tout le foin qui a été fait autour de Mémé Tchité récemment, je me dis que rien n'est clair. Dans son cas, davantage que le joueur lui-même, c'est carrément l'Union Belge qui a été pointée du doigt. Et une fédération a quand même une tout autre dimension qu'un simple joueur. Comme tout professionnel qui se respecte, je tiens vraiment à réaliser la carrière la plus prestigieuse possible. Et, à cet égard, je me suis quand même fait la réflexion, ces derniers mois que, davantage que le Maroc, la Belgique pouvait être le tremplin idéal. Comprenez-moi bien, je suis fier de mes origines marocaines et très honoré aussi d'avoir servi la cause du pays où je suis né, en classes de jeunes. Mais ma formation footballistique, je la dois à ce que j'ai appris et emmagasiné ici, par le biais de clubs comme Haren, le RWDM, l'Union, Diegem, Westerlo et le Club Bruges à présent. Si j'ai progressé, c'est à travers ce vécu-là. Et je suis persuadé qu'il en ira de même avec les Diables Rouges, du moins si je suis autorisé à les rallier. Je ne cache pas que j'ai été épaté par ce que j'ai vu par les espoirs belges et l'équipe olympique, à savoir ceux-là mêmes qui seront des valeurs sûres chez les Diables Rouges un jour, pour peu que ce ne soit pas déjà le cas. Etre quatrième aux JO, c'est tout de même une performance de choix. Surtout quand on sait que cette équipe a battu l'Italie. Comme footballeur, il y a davantage à retirer en se frottant à un adversaire pareil plutôt qu'à un sans-grade comme, comme... Ces formations méritent le respect, bien sûr. Mais c'est une tout autre dimension. J'ai été amené à me produire çà et là sur le continent africain, au Malawi et au Botswana notamment, et ce que je retiens de ces expériences, ce sont des adversaires pas toujours à la hauteur, des terrains à la limite du praticable et des arbitres qui s'apparentent les trois quarts du temps à des home-referees. A partir du moment où l'équipe se déplace en dehors des frontières du pays, les joueurs ont intérêt à porter deux paires de jambières car les directeurs de jeu ferment les yeux. Majid Oulmers en sait quelque chose, lui qui a été torpillé un jour par le Burkinabé Lamine Traoré. Tous ces facteurs m'ont finalement incité à faire le pas que l'on sait. J'attends à présent la suite des événements, en espérant que le bon sens l'emportera. Je suis né au Maroc mais c'est en Belgique que se situe mon présent. Quant à mon avenir, il a davantage de chances d'être européen qu'africain. Vous citez là, précisément, deux noms qui ont tenté de jouer de toute leur influence auprès de moi. Marouane d'abord, qui m'a fait comprendre qu'il y avait sûrement de l'avenir pour moi chez les Diables Rouges, en ma qualité de médian offensif gauche. Mbark, lui, a tenu exactement le même langage, non seulement en ce qui concerne le Maroc mais aussi pour Anderlecht. Il savait que le Sporting était intéressé par mes services et il avait à c£ur que je le rejoigne là-bas. Je lui ai dit, à la rigolade, que dans ce cas, il n'avait qu'à bien se tenir, en ce sens que j'allais entrer en concurrence avec lui dans son couloir. Mais il était d'avis que nous pouvions fort bien cohabiter, soit l'un derrière l'autre sur le même flanc gauche, soit en opérant chacun sur une aile. Il était même prêt à revendiquer un poste à droite afin que je puisse garder ma place de prédilection à gauche. De toute façon, ça n'aurait pas changé grand-chose. En cas de permutation de sa part, je me serais alors retrouvé en concurrence avec Roland Lamah, qui était toujours au club à ce moment, ainsi qu'avec Sacha Iakovenko. Sans compter que Matias Suarez pouvait lui aussi jouer à tous les postes. Je veux bien me mesurer à un ou deux rivaux mais pas plus, comme il en aurait été au RSCA. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas abouti là-bas, malgré les conseils de Mbark ( il rit). La balle sera dans le camp du Maroc à ce moment-là. Personnellement, je n'y verrais pas d'inconvénient. Mais si on me perçoit comme un traître, il faudra que j'assume. Mon frère, Mohamed, était en vacances à Mohammedia, entre Rabat et Casablanca, au moment où j'ai joué cartes sur tables. C'est vrai qu'il en a entendu des vertes et des pas mûres à mon propos. Moi-même, j'ai dû composer ici avec pas mal de critiques de copains d'origine marocaine qui ne comprenaient pas tout à fait les raisons de mon choix. Mais à partir du moment où j'avais fait le tour de la situation, en pesant bien le pour et le contraire, et que ma décision était prise, je ne vois pas qui aurait encore pu me dissuader. C'est ma carrière, c'est moi qui décide. Les autres peuvent penser ce qu'ils veulent, j'en ai strictement rien à cirer. Je m'en fous. Il joue à Fenerbahçe, ce qui n'est quand même pas rien. Et il est soumis aussi à une très forte concurrence au pays. Moi, si je suis censé un jour jouer pour le Maroc et que, pour l'une ou l'autre raison, on me snobe, je mettrai tout en £uvre pour qu'au travers de mes performances en club, on puisse difficilement se passer de moi. Si je casse la baraque, il sera difficile de ne pas me sélectionner. Et j'entends bien briller. Comme je viens de l'expliquer, la concurrence me rebutait au RSCA. J'y aurais sans doute eu ma chance, car j'ai foi en mes qualités, et je me serais illustré en Première. Mais je sais qu'au moindre contretemps, j'aurais dû céder la place à un autre. Jouer de manière épisodique, ce n'est pas ce que je recherche. A 22 ans, je veux m'inscrire dans la durée et les Bleu et Noir me paraissaient franchement l'idéal. De fait, avant de tenter la grande aventure à l'étranger, je voulais transiter par un club de renom en Belgique. Avec Bruges, je suis servi. C'était une équipe davantage physique que technique, qui excellait surtout sur les phases arrêtées. Dans le jeu, en revanche, elle était des plus prévisibles. Il manquait chez les Brugeois l'un ou l'autre élément permettant de faire la différence sur une étincelle. Je pense que cette lacune a été comblée grâce aux transferts qui ont été réalisés. Joseph Akpala flaire vraiment la bonne occase comme nul autre et Ronald Vargas est manifestement du même tonneau devant. Sans compter que moi-même, sur le flanc, je suis à même de perforer l'arrière-garde adverse par une action individuelle. Comme les autres composantes du jeu brugeois ont été conservées, lisez la puissance et la souveraineté dans le trafic aérien, je suis d'avis que nous présentons le mix idéal pour faire bonne figure en championnat. Si nous sommes amenés à courir deux lièvres à la fois, en Coupe d'Europe et sur les terrains belges, le Standard - s'il ne se qualifie pas en Coupe de l'UEFA au détriment d'Everton - et Anderlecht posséderont quand même un très mince avantage, vu que les matches sur la scène continentale coûtent irrémédiablement quelques points en championnat. Mais ça ne veut pas dire, bien sûr, que je n'escompte pas franchir le tour contre les Young Boys Berne ( il rit). Personnellement, j'estime que les données sont tout de même un peu faussées. En raison du nouvel aménagement du calendrier, nous allons bientôt devoir composer avec trois déplacements d'affilée après notre partie contre Dender : à Berne d'abord puis au Racing Genk et, enfin, à Malines. Je pense qu'on verra ce qu'on a réellement dans le ventre après ces trois matches-là. par bruno govers