Depuis le début du championnat, les Dragons sont bien calfeutrés dans le ventre mou du classement. Leur avance sur les équipes de bas de tableau est aussi importante que leur retard sur le leader. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne se passe rien au sein du club possédant le plus petit budget de l'élite. Lorsque Mons joue, le préposé au marquoir est toujours des plus sollicités. Dans un sens comme dans l'autre car si l'Albert a une attaque digne des play-offs 1, sa défense, elle, peut prétendre aux play-offs 3.
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Depuis le début du championnat, les Dragons sont bien calfeutrés dans le ventre mou du classement. Leur avance sur les équipes de bas de tableau est aussi importante que leur retard sur le leader. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne se passe rien au sein du club possédant le plus petit budget de l'élite. Lorsque Mons joue, le préposé au marquoir est toujours des plus sollicités. Dans un sens comme dans l'autre car si l'Albert a une attaque digne des play-offs 1, sa défense, elle, peut prétendre aux play-offs 3. Enzo Scifo : Quand on possède des joueurs comme ceux-là, on est obligé d'attaquer. Mons ne s'adapte jamais au jeu de l'adversaire. Nous essayons toujours de former un bloc assez haut et de prendre le jeu à notre compte. Que ce soit à Anderlecht ou chez nous contre le dernier, je ne change pas mon équipe. Avec un gars comme Perbet, on ne pourrait de toute façon pas jouer la contre-attaque car il n'a pas les qualités pour cela. Je me sens bien à la tête de ce groupe parce qu'il offre énormément de possibilités offensives. S'il n'en avait pas.... (il souffle)Pas du tout. Ce n'est pas un finisseur pur comme Perbet mais je savais de quoi il était capable. Il l'avait d'ailleurs démontré la saison dernière peu après mon arrivée. Nous aurions voulu le conserver mais il ne nous était pas possible de payer la somme réclamée pour son transfert, plus son salaire. Je le regrette encore aujourd'hui. Thomas m'avait déjà demandé cet été si j'avais besoin de quelqu'un. Ce n'était pas le cas à l'époque mais, avec la blessure de Tim Matthys, les choses ont changé. Il est évident que Chatelle n'a plus grand-chose à prouver mais je devais pouvoir justifier son transfert à l'égard de la direction. Je voulais donc voir s'il était prêt mentalement et physiquement et je lui ai donc demandé de s'entraîner pendant quinze jours avec nous. Il a accepté avec beaucoup d'humilité, ce qui plaide en sa faveur. A mes yeux, c'était un manque de respect, en effet. Pas seulement envers moi mais aussi envers le club et ses équipiers. Nous en avons parlé et l'affaire est aplanie. Le problème, c'est que l'incertitude a duré trop longtemps : partira, partira pas ? Mais un professionnel qui prend des engagements doit pouvoir les tenir. Et celui qui ne le fait pas manque d'humilité, c'est clair. Je ne raisonne pas de la sorte. Si je ne lui ai pas parlé pendant trois semaines, ce n'est pas parce que nous avions eu un problème mais parce qu'il n'y avait plus rien à dire. J'ai été très clair en cours de préparation, je lui ai dit qu'il s'était mal comporté et que c'était à lui de montrer qu'il avait sa place dans l'équipe. C'est surtout son entourage (son agent, Yuri Selak, ndlr) qui a commis des erreurs car Perbet est un brave type. Mais je ne lui pardonnerai pas deux fois. J'ai vécu de très bons moments à Mouscron, sur tous les plans. C'est là que, pour la première fois, je me suis senti à l'aise dans ce rôle d'entraîneur et que j'ai su que c'était ce que je voulais faire. Je le devais en bonne partie à mon staff et j'avais donc envie de collaborer à nouveau avec les mêmes personnes. (il coupe) Mais c'est moi qui prends toutes les décisions. C'était déjà le cas à Mouscron mais je peux compter sur des gens très compétents qui mangent, boivent et dorment football alors, il serait stupide de juste leur demander de porter des cônes. J'espère qu'on me considère avant tout comme un Européen, pas comme un Wallon. Et je refuse de croire que je ne pourrais pas entraîner un club flamand. Si cette idée existe, je veux la combattre de toutes mes forces. Pourquoi ne le pourrais-je pas ? Question de langue ? Je peux accepter la remarque mais que dire alors des étrangers qui ne maîtrisent aucune de nos deux langues nationales. Peut-être qu'on a douté de moi, qu'on a estimé que je manquais d'expérience. J'espère que les choses changent. Hormis Preud'homme, peu de coaches wallons ont travaillé en Flandre mais je suis prêt à constituer une exception. (Très décidé) Mais bien sûr ! Je suis bien à Mons mais je ne demanderais pas mieux que de travailler pour un club flamand. Rien que par principe, j'espère que cela arrivera un jour. Cette distinction entre Flamands et Wallons me dérange toujours profondément. C'était déjà le cas chez les Diables Rouges alors que je m'entendais très bien avec les joueurs des deux communautés. Dans la presse, on ne parlait que de clans et je me demandais lesquels. Tout le monde s'entendait bien avec tout le monde. Avec les Flamands, geen probleem (il rit). Je ne vais pas cacher que je suis ambitieux et que j'espère que la chance de travailler ailleurs se présentera un jour mais nous n'en sommes pas encore là. Je suis reconnaissant à Mons de m'avoir fait confiance alors que plus personne ne croyait en moi. Mon contrat prend fin en juin prochain mais nous avons déjà parlé de reconduction et je ne vois pas pourquoi nous arrêterions. Il y a encore beaucoup de travail à effectuer ici et le club veut progresser pas à pas. Mais la chose la plus précieuse ici, c'est la stabilité. Ça, dans un club belge, c'est rare. Chaque jour, je remercie le Bon Dieu. Après Mouscron, j'ai été déçu de ne pas recevoir immédiatement une autre proposition. Je me sentais prêt à retravailler immédiatement mais j'ai dû faire preuve de patience. Aujourd'hui, j'ai la chance d'être où je me sens le mieux : sur le terrain. Car le football, c'est toujours toute ma vie. Au terme de ma carrière, je n'ai pas immédiatement pensé à devenir entraîneur mais à un moment donné, je me suis demandé ce que j'allais faire de ma vie. J'ai tout essayé : les affaires, un hôtel, un restaurant... Mais en dehors du football, rien ne m'intéressait. Je voulais me sentir utile, faire quelque chose pour la société. Je n'étais pas fait pour rester à la maison mais je n'obtenais pas satisfaction. Le football, c'est la passion. On ne peut pas faire ce job sans être passionné car il est très exigeant. Mais quand on aime, on ne compte pas ses heures. Je suis devenu entraîneur du jour au lendemain et je n'y étais peut-être pas préparé. De plus, j'avais plusieurs casquettes et cela ne me facilitait pas la tâche. C'était manifestement trop tôt. Je l'ai ressenti également et je ne peux que donner raison aux gens qui me critiquaient. Mais depuis, j'ai évolué. Il n'y a pas meilleure école (il rit). Chapeau à Yannick Ferreras'il s'en sort ! En début de carrière, peut-être. Mais j'ai beaucoup mûri sur ce plan. Avant, j'étais impulsif. Maintenant, je prends de la distance. Plus je sens que je domine mon métier, plus je réagis sereinement à certaines situations. Je reste mauvais perdant et il ne faut pas venir me parler dans les premières heures qui suivent une défaite mais je m'en remets plus facilement en pensant au groupe, en me demandant comment remotiver mes joueurs pour le prochain match. C'est une grosse déception. Un joueur doté d'un tel talent n'aurait jamais dû mettre un terme à sa carrière de cette façon. (Il soupire). J'y ai pourtant mis beaucoup d'énergie mais son mental ne suivait manifestement plus. Ah non, je ne savais pas (avec un large sourire). Je lui souhaite bonne chance. PAR JENS D'HONDT - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Pour débuter dans le métier, il n'y a pas meilleure école que Charleroi. " " J'ai tout essayé mais en dehors du football, rien ne me passionnait. "