Il y a des prénoms qui occupent une place à part dans la grande histoire du Standard : Roger, Michel, Léon, Jean, Simon, Arie, Asgeir, Guy, Eric, Sergio, Milan, etc. Ces patronymes font penser à des légendes du club comme Claessen, Preud'homme, Semmeling, Nicolay, Tahamata, Haan, Sigurvinsson, Vandersmissen, Gerets, Conceiçao, Jovanovic...
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Il y a des prénoms qui occupent une place à part dans la grande histoire du Standard : Roger, Michel, Léon, Jean, Simon, Arie, Asgeir, Guy, Eric, Sergio, Milan, etc. Ces patronymes font penser à des légendes du club comme Claessen, Preud'homme, Semmeling, Nicolay, Tahamata, Haan, Sigurvinsson, Vandersmissen, Gerets, Conceiçao, Jovanovic... Dans cette galerie, il n'y a que deux Wilfried, un prénom qui unit les mots d'origine germanique wil et frid qui signifient volonté et paix. Ces caractéristiques collaient parfaitement à la personnalité de Wilfried Van Moer qui était arrivé à Sclessin en provenance de l'Antwerp où Roger Petit l'avait acheté pour 150.000 euros. Formé à Beveren, cet immense médian avait déjà chaussé le premier de ses trois Souliers d'Or, et fut un des grands artisans de la triple couronne nationale de 1969, 70 et 71. Cela ne date pas d'hier et il est normal que Wilfried Dalmat nous dise : " Non, je ne le connais pas mais je tâcherai d'être digne des émotions que dégage visiblement notre prénom... " Sa force tranquille a en tout cas impressionné tout au long de la semaine de découverte de son nouvel environnement. Cette période d'adaptation, de travail et de réglage s'est terminée par une deuxième mi-temps intéressante de Dalmat à l'Excelsior Veldwezelt (D3, premier match amical de la saison des Liégeois : 0-5) où il a inscrit un but sur un bon service de Marcos. " Je suis arrivé à Liège la veille de la reprise des entraînements qui avait été fixée au dimanche 29 juin. Avec Benjamin Nicaise, j'avais déjà fait un petit saut jusque-là quelques jours plus tôt pour subir des tests sanguins et physiques. J'ai été formé à Nantes qui dispose d'installations haut de gamme à la Jonelière et le centre d'entraînement est vraiment superbe aussi. Tout est neuf à l'Académie Robert Louis-Dreyfus et on ne peut pas progresser sans un tel outil. Les installations étaient sympas également à Mons (qui ne cesse de les améliorer) mais ce n'est pas comparable. Quand on offre de telles conditions de travail à un joueur, c'est incontestablement un plus. C'est une garantie de sérieux et même de progrès. La compétence et le haut niveau professionnel se ressentent vite au Standard. Ce n'est pas comparable avec Mons que je ne dénigre pas. Avant de signer au stade Tondreau, il y a deux ans, j'ai passé un test à Gand un lundi soir. Le centre d'entraînement était bizarre et personne n'avait prévu d'équipement pour moi. Comme Gand était engagé en Coupe Intertoto, j'ai dû me contenter d'un footing avec des jeunes. J'ai préféré accepter l'offre de Mons où j'avais déjà été testé. Gand a un stade valable. Son équipe flirte avec les grands depuis deux ans et je me serais probablement révélé plus vite en Belgique. J'aurais peut-être dû m'accrocher à Gand mais les conditions de travail n'étaient pas vraiment top... Au Standard, la prise de contacts du dimanche avait été cool et positive. Le staff n'est plus le même alors que l'effectif, par contre, n'a pas beaucoup bougé. Mais je ne connaissais pas personnellement mes nouveaux équipiers. Je les avais affrontés durant deux ans balle au pied et, désormais, nous portons le même maillot et le même bleu de travail. Je savais que la qualité était présente : ce vestiaire l'a prouvé à suffisance tout au long de la saison passée. Pierre François, le directeur du club, a présenté brièvement le coach, ses collaborateurs, et les nouveaux de la bande avant une petite remise en route d'une heure en fin de matinée : décrassage, étirements, abdos, etc. Je désirais rester en Belgique et de préférence du côté francophone afin d'éviter les barrières de la langue. Avant de signer à Sclessin, j'avais eu des offres de Genk, Gand et du GBA. La jeunesse du groupe liégeois m'a tout de suite frappé. C'est beau d'être champion avec tant d'avenir devant soi. J'ai deviné des marques de plaisir dans la façon dont les gars en place ont reçu les nouveaux. Benjamin Nicaise et moi, on est là pour les aider, pour continuer l'aventure. Lundi, il y a eu entraînement à 14 h avec un test de musculation, supervisé par Guy Namurois, qui s'est terminé vers 15 h 30. En vacances, j'avais suivi le programme d'entraînement que j'avais reçu à Mons ". " Quand on a vécu une saison comme ce fut mon cas à Mons la saison passée, on réfléchit. Ce ne fut pas rose tous les jours mais je suis sûr que cette galère m'a beaucoup apporté. J'ai failli lâcher avant de découvrir autre chose. Je suis un joueur offensif qui a compris qu'on devait d'abord jouer pour gagner. Avec Albert Cartier à la baguette durant quatre mois, j'ai appris à défendre, à aller au charbon, à jouer et à me battre que ce soit à droite, à gauche, dans l'axe, en pointe, etc. Cela m'a servi. Je ne connaissais pas ces aspects de mon job. Cela m'a fait du bien : je me suis relancé et cela a permis au club de se maintenir. Mais si j'étais resté une troisième saison à Mons, cela aurait été la chute. J'avais fait le tour de la maison et j'avais besoin d'ouvrir les fenêtres, de changer d'air même si j'avais encore trois ans de contrat. Je suis désormais un joueur plus complet et cette évolution, je la dois à Mons où je me suis stabilisé. Je suis resté en place, j'ai bossé deux ans, je me suis mis au diapason des autres. J'ai été plus régulier sur toute une saison pour la première fois de ma carrière en ne ratant que deux matches en deux saisons : un pour excès de carte jaunes, l'autre car j'attendais mon affiliation. Ma place de prédilection reste le flanc droit, c'est pour cela que j'ai été formé, j'y ai mes repères naturels, mais il y a tant d'autres choses à faire ou à découvrir sur un terrain. Les circonstances d'un match obligent aussi à bouger, à changer de côté durant un moment. A gauche, je peux déstabiliser mon opposant direct qui ignore si je vais tenter de le déborder ou rentrer dans le jeu. Je suppose que cette polyvalence a intéressé le Standard. Mardi matin, les joueurs se sont farci une nouvelle batterie de tests physiques au Centre Hospitalier Universitaire de Liège. Un entraînement d'une bonne heure était prévu à 18 h à l'Académie. J'étais sur place une heure avant. Nous n'avons pas encore touché le ballon. Le staff a parlé de rigueur et de travail. Un début de saison est forcément douloureux. Tout passe par la volonté des joueurs d'adhérer à ce que le coach propose. Il faut acquérir le coffre qui permet de tenir toute un championnat. J'aime bien dribbler, accélérer, chercher la profondeur, percuter, répéter les efforts jusqu'à la dernière minute. Je suis un joueur assez tonique. Quand je suis dans mon trip, je dois garder ma lucidité afin de soigner le dernier geste. Y a-t-il du Jovanovic dans mon football ? Je n'aime pas faire de comparaison avec d'autres joueurs. Il est gaucher, je suis droitier. Mais ouais, si vous insistez : peut-être qu'il y a des similitudes : j'aime bien surprendre, être profond. Le coach a de l'expérience à revendre : un effectif le ressent tout de suite. A l'entraînement, on l'a vu frapper quelques fois du gauche. Il a du ballon... " " Le matin, nous avons eu notre ration de travail foncier. Le bagage physique de Marouane Fellaini est vraiment impressionnant : il est au-dessus du lot. Je ne sais pas si le football belge est plus facile que ce que j'ai connu en France, en Italie ou en Espagne. Sur le plan purement technique, probablement. Pour l'engagement, cela déménage quand même pas mal en D1 belge. Si je me mets en évidence ici, c'est que cela correspond à mes potentialités. Je n'avais pas 10.000 solutions : il fallait que je sorte de l'anonymat en Belgique. J'apprécie ce que je vis dans ce pays. Je renoue avec les espoirs que j'avais eus à Nantes. J'avais peut-être besoin de temps pour exploiter ce que j'avais en moi. L'impatience a cédé la place à la sérénité. Le Standard rêve à juste titre des joies de la Ligue des Champions. J'ai vécu cette frénésie. Je ne l'oublierai jamais mais quand j'étais dans le trou, je me suis dit : - Wil, ça ne sert à rien de regarder derrière toi, si non tu n'avanceras plus. J'ai regardé devant moi, cela a payé. C'était beau évidemment. A la Beaujoire, j'ai marqué contre le PSV. J'étais milieu droit. A 2-0, Stéphane Ziani m'a lancé en profondeur. La passe était un peu trop longue mais j'ai quand même mis la pression sur un défenseur avant de surprendre le gardien de but : 3-0, quelle explosion. Un peu un but à la FernandoTorres en finale de l'Euro 2008. J'ai encore joué contre Galatasaray, la Lazio et Boavista, au tour suivant, avant d'être prêté à Marseille où j'ai bossé avec Daniel Van Buyten, Vedran Runje et Joseph Yobo. Quand on a 18 ans, on décolle un peu dans sa tête après cela. Tout est à portée de la main. Ce sont en fait les moments les plus agréables mais les plus durs aussi. Si on ne fait pas gaffe, la roue tourne vite. A 18 ans, on ne sait pas qu'on ne sait rien. J'ai 26 ans maintenant et j'ai un vécu. Je ne le garderai pas pour moi. Je veux l'offrir à ceux qui en ont besoin. Je n'ai pas que des souvenirs négatifs à gauche et à droite, loin de là, car il y a des facteurs qu'un joueur ne maîtrise pas. Je me sers de mon passé pour grandir, pour essayer de ne pas commettre les mêmes erreurs. Je n'étais pas mature et j'avais cette image du petit frère de Stéphane. Elle était valorisante quand j'avais 16 ou 17 ans, moins après, plus lourde à porter en tout cas. Il était à l'Inter, moi à Lecce : c'était un peu différent. On attend plus de moi que d'un autre. Quand je suis arrivé au centre de formation de Nantes, on était 25 jeunes. Deux ou trois seulement ont trouvé leur voie dans ce métier. Avant nous, il y a eu les Japhet N'Doram, Didier Deschamps, Marcel Desailly, Claude Makelele, Christian Karembeu, etc. Bon, ma carrière n'est pas comparable à cela. Il y a eu des déraillements aussi comme Patrice Loko, ReynaldPedros, José Touréet d'autres. Tout le monde n'est pas prédestiné à être un autre Laurent Blanc ou un nouveau Zinedine Zidane. Je ne jalouse personne : le principal, c'est de mériter son contrat professionnel et de manger à sa faim ". " Enfin, entraînement avec ballon ! Le matin, on a répété les gammes : dribbles, maîtrise technique, jonglages, etc. Non, je n'ai pas observé les autres. Chacun vit ses exercices à fond. Nous avons tous mangé à l'Académie. Après l'entraînement de 18 h, je me suis installé dans une des chambres de notre centre d'entraînement. On a internet, je surfe pour trouver une maison, regarder des films ou des séries comme 24 h chrono avec Jack Bauer. J'adore aller au cinéma et je n'ai évidemment pas raté Bienvenue chez les Chtis ou Sex and the city. En tout cas, après les aventures de Jack Bauer, j'ai dormi comme un loir. Petit à petit, on entre dans l'histoire, la réalité et les ambitions d'un club. Le Standard est animé par le désir de confirmer son titre et de vivre pleinement une grande aventure européenne ". " Musculation et un test physique. C'était pas mal, j'ai été bon mais Marouane m'a doublé à un moment. Les joueurs sont fiers de ce qu'ils ont vécu ensemble la saison passée. Ce n'était pas volé. Ils se connaissent bien. Les habitudes et les automatismes sont là. C'est une richesse. Dieumerci Mbokani est arrivé ce matin mais Jovanovic est en Serbie et Oguchi Onyewu, qui a participé aux rencontres de Coupe du Monde avec les Etats-Unis, va rentrer bientôt. Le vécu commun est très important. Pour les nouveaux, comme Benjamin et moi, il est agréable d'être intégré dans un ensemble cohérant. Personne ne repart à zéro : il y a déjà une richesse mise en place depuis deux ans. Le Standard dispose d'un collectif qui sait varier les coups. Avec Benjamin, je peux apporter un souffle nouveau, un enthousiasme, la fierté d'être là. Nicaise a du tempérament à revendre, aime bien guider les joueurs tout en sachant tout aussi bien défendre qu'attaquer. Il est présent à la frappe. Moi, j'ai ma percussion, mon désir d'aller au plus vite vers le but adverse. Je vais essayer d'apporter ce que je fais de mieux. Après, on verra. Mais une chose est sûre : je suis venu au Standard pour jouer le haut du tableau, gagner un titre, revivre l'Europe, etc. J'étais dans la cave de la D1, je vise le sommet maintenant. Quand je vois la qualité de l'effectif, je suis confiant. Demain, on a un match amical au programme, à l'Excelsior Veldwezelt. C'est bien pour retrouver les sensations ". Le Standard a réalisé une bonne sortie d'entraînement à l'Excelsior Veldwezelt (D3, entraîné par Luc Beyens, ex-joueur du Club Bruges) en appliquant deux occupations de terrain différentes : 4-1-4-1 avant le repos, 4-4-2 en deuxième mi-temps. Durant les 45 premières minutes, les Liégeois furent trop attentistes et jouèrent très bas sous les yeux de Laszlo Böloni installé dans la tribune aux côtes de Luciano et de Dominique D'Onofrio. A noter que Fellaini joua au stopper, Steven Defour en seul pare-chocs et un jeune du club sur le flanc gauche : Germain Marloye. La deuxième mi-temps fut plus vive. Siramana Dembele et Benjamin Nicaise (un but, quelques solides frappes à distance) ont balayé la ligne médiane. En pointe, Wilfried Dalmat (un but) a bien aidé un Igor de Camargo affuté. Standard : Espinoza (45' De Vriendt) ; Phibel (45' Camozzato), Fellaini (45' Dante), Alex Da Silva (45' Sarr), Mulemo (45' Ingrao) ; Goreux (45' Dufer), Defour (45' Dembele), Witsel (45' Nicaise), Marloye (45' Toama), Alan Da Silva (45' Dalmat) ; Kabamba (46' De Camargo). Arbitre : M. Bylois. Avertissements : Defour, Nicaise. Buts : 42' Fellaini (0-1), 46', 52' De Camargo (0-2 et 0-3), 75' Dalmat (0-4), 88' Nicaise (0-5)" Il est toujours important de faire bonne impression lors de son premier match ", dit Dalmat. " Mais nous savons aussi qu'on ne peut pas être à 100 % après une semaine de travail. Il y a des gestes qui ne passent pas encore "Dalmat, en tout cas, a pesé et sa pointe de vitesse a fait mal. Il ne restera probablement pas en pointe et devrait être décalé sur une des ailes. Sa vivacité a fait penser à celle de Jovanovic qui n'était pas là. Mbokani était en civil et Onyewu n'était pas encore rentré des Etats-Unis. Dalmat est rentré à Mons pour retrouver sa femme, Cathy, et leur fils, Kelyan, âgé de 13 mois. " Mon épouse est métisse : son papa est malien, sa maman française ", dit le médian. " Nous cherchons un chez nous dans la région liégeoise. Le team manager, Jean-Christophe Bury, m'a remis des adresses et je fouille sur internet. L'idéal serait une maison avec trois chambres. Nous aimerions avoir un deuxième enfant et il faut aussi un peu de place pour la famille et les amis, non ?" par pierre bilic - photos : reporters