Tu as joué en club ?

JULIENCAZARRE : Jusqu'à 17, 18 ans. Après, j'en ai eu marre parce qu'il y avait un esprit de merde. Le dernier club que j'ai fait, c'est l'ACBB (AC Boulogne-Billancourt, ndlr). A l'époque où j'y étais, il y avait le fils de Mustapha Dahleb (ancienne gloire du PSG, ndlr) dans ma promotion et en dessous, il y avait LaurentPlatini. C'était sympa mais ça se prenait trop au sérieux, ça me gonflait. Moi, j'avais juste envie de me marrer.
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JULIENCAZARRE : Jusqu'à 17, 18 ans. Après, j'en ai eu marre parce qu'il y avait un esprit de merde. Le dernier club que j'ai fait, c'est l'ACBB (AC Boulogne-Billancourt, ndlr). A l'époque où j'y étais, il y avait le fils de Mustapha Dahleb (ancienne gloire du PSG, ndlr) dans ma promotion et en dessous, il y avait LaurentPlatini. C'était sympa mais ça se prenait trop au sérieux, ça me gonflait. Moi, j'avais juste envie de me marrer. CAZARRE : Jamais ! Par contre, je suis très relou. Je suis plus un genre de Blaise Matuidi, même si j'ai moins l'air d'un albatros quand je cours. Je vais pas vite, je suis nul de la tête et j'ai une frappe de merde. Mais je centre pas mal, j'ai une vision du jeu assez correcte et je me place plutôt bien. Matuidi, il a un côté harcèlement, donc vraiment dans ce sens-là. Mais il pâtit de son style, le pauvre. Il fait des contrôles orientés vers l'avant, des passes qui cassent les lignes, mais comme il a l'air de faire ça comme un mec en rééducation d'AVC, on dirait parfois qu'il est nul techniquement. Alors qu'il est en avance. Et je pense que je suis un peu moins fort que lui. Il y a vraiment pas grand-chose, mais on va pas se mentir. CAZARRE : DiegoMaradona. En 86, j'avais 12 ans et c'est là où t'es plus dans un truc abstrait. C'est un mec, il est arrivé avec 8 peintres en bâtiment et 2 carreleurs et il a gagné la Coupe du monde. En face, y avait que des tueurs ! Une période charnière dans ma vie, c'est quand, en 90-91, BernardTapie est à deux doigts de le faire signer. Si l'OM avait eu Maradona... Qu'est-ce que tu veux répondre à ça ? Tu fermes ta gueule et tu baisses les yeux. Je sais pas qui a fait capoter l'affaire mais ce mec, je lui dois tout. CAZARRE : Plus, ça devient dangereux. Au-dessus, c'est une secte. J'ai même appelé mon chien Valdo (Parisien de 91 à 95, ndlr). Non seulement je suis Parisien, mais je suis né dans une clinique Rue des Princes, juste en face du Parc. On peut pas faire mieux. Pourtant, c'est le hasard, on habitait dans le 16e et mes parents en ont rien à foutre du foot. Mais mes premières émotions, c'est l'équipe de France 82. J'ai chialé comme une merde, j'ai détesté les Allemands autant que mon grand-père. Ce qui nous a rapprochés d'ailleurs... CAZARRE : J'ai commencé à y aller quand j'avais 17 ans, en 91-92. J'allais avec les ultras, en Auteuil Rouge, mais pas par choix, parce que j'avais pas la thune. Ils sont arrivés en même temps que moi, en fait, ils ont mon âge. Mais je vais pas faire le mytho, moi je chantais pas tant que ça. Si j'avais pu, je me serais mis en tribune latérale pour bien voir les deux mi-temps. Parce que quand t'es avec les ultras, tu vois qu'eux. J'étais à PSG-Real 93 (4-1). Le but d'Antoine Kombouaré, on a gueulé parce qu'on entendait tout le monde gueuler (rires). On se roulait tous des pelles mais on voyait que dalle ! CAZARRE : Ça peut être un personnage pas mal. Il a un léger accent belge et un peu " wesh ". Je pensais en faire un mec un peu caillera, mais belge (il le fait, nldr). Ça peut être marrant, le décalage. Faut en profiter, il sera peut-être plus là l'an prochain. Mais j'adore la Belgique. Je suis tombé amoureux fin des années 90. Depuis un peu plus de quinze ans, je crois que je suis venu 60 ou 70 fois. Quatre ou cinq fois par an, minimum. Je suis très déçu qu'il n'y ait pas plus de Belges dans le championnat de France. Je trouve qu'ils ont un truc. CAZARRE : Je rêverais d'y aller. J'ai été déçu que Gand passe pas. J'aurais rêvé d'un Gand-PSG pour y aller, j'adore la ville en plus. Maintenant que tu me le dis, j'ai envie de m'organiser un Standard-Anderlecht ou un truc comme ça. C'est chaud ça, non ? CAZARRE : Je sais que les mecs du Standard, c'est vraiment des fanatiques. Bruges aussi, un peu. Quand j'ai été là-bas, j'ai acheté le k-way du club. Il est plutôt sympa. Et j'aime bien votre équipe nationale. C'est marrant parce qu'il y a un an, t'avais l'impression qu'un mec, dès qu'il était Belge, il défonçait tout dans son club. T'avais une espèce d'émulation... Et là, depuis quelques mois, ils ont tous un coup de moins bien. A quelques mois de l'EURO, vous êtes pas au top les mecs, ça chouine. On vous attendait comme si vous étiez favoris, numéro 1 à l'indice FIFA les gars... (Rires) N'importe quoi. CAZARRE : Dans l'équipe de 90, il y en avait pas mal que j'aimais bien. MarcWilmots, il était génial ce mec. Je me rappelle surtout de Philippe Albert, cet immense type moustachu d'Anderlecht. C'était un monstre ! La Coupe UEFA avec Anderlecht, t'avais LucNilis, Danny Boffin, Marc Degryse, des mecs super forts. Et si le PSG a fini par les éliminer (en 92, ndlr), c'est parce que Valdo joue super bien le coup et t'as l'impression qu'il se fait découper par Albert qui se prend une rouge. Ça a sauvé le PSG parce qu'il a pas pu jouer le retour. Par contre, j'ai détesté Daniel VanBuyten parce qu'il était Marseillais. Mais ceux qui me faisaient marrer, c'étaient les frères Mpenza, ces deux grosses arnaques (rires). A l'époque, il y avait pas beaucoup d'attaquants forts chez vous et tout le monde croyait qu'ils allaient sauver la Belgique, ces nazes... (Rires) Sinon, je trouve que vous avez un maillot super à l'extérieur. On me l'a offert et je le porte quand je fais du foot. Vous êtes pas tombés sur un ingrat. PAR NICOLAS TAIANA" Je suis très déçu qu'il n'y ait pas plus de Belges dans le championnat de France. Je trouve qu'ils ont un truc. " JULIEN CAZARRE