Il habite encore chez ses parents à Renaix. Sa copine, qui n'est autre que la fille de Lorenzo Staelens, habite à Menin. Entre les deux, il y a Mouscron, son lieu de travail depuis cinq ans, ce qui en fait à 21 ans le plus ancien Hurlu du noyau A. Sur la Grand-Place, les restaurants ne manquent pas. Daan Van Gyseghem a choisi Le Passé Simple, un tea-room décoré à la manière d'un pub anglais et qui possède aussi une salle de restaurant. " J'y viens parfois avec Mark Volders ", explique-t-il. " On y bénéficie d'un service rapide et d'une cuisine de qualité. "
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Il habite encore chez ses parents à Renaix. Sa copine, qui n'est autre que la fille de Lorenzo Staelens, habite à Menin. Entre les deux, il y a Mouscron, son lieu de travail depuis cinq ans, ce qui en fait à 21 ans le plus ancien Hurlu du noyau A. Sur la Grand-Place, les restaurants ne manquent pas. Daan Van Gyseghem a choisi Le Passé Simple, un tea-room décoré à la manière d'un pub anglais et qui possède aussi une salle de restaurant. " J'y viens parfois avec Mark Volders ", explique-t-il. " On y bénéficie d'un service rapide et d'une cuisine de qualité. "Daan est ponctuel, comme à son habitude. Fidèle à l'image du garçon sérieux qu'il dégage lorsqu'on le côtoie au Canonnier. Mais il paraît que lorsqu'il se retrouve dans un cercle d'intimes, il affiche un tout autre visage. DaanVanGyseghem : Je sais simplement qu'il y a un temps pour rire et un temps pour travailler. A l'entraînement, je suis effectivement très sérieux. Mais en dehors, j'adore rigoler, m'amuser. J'apprécie un petit resto entre amis. J'aime aussi aller me balader à la côte belge lorsque j'ai un jour libre. Et puis, je me suis découvert une passion pour le poker. Je ne joue que de petites sommes, rassurez-vous. Et jamais au club. Seulement avec mes amis, là aussi. C'est vrai, vous avez bonne mémoire. Les cheveux longs étaient à la mode à l'époque. J'étais encore très jeune, c'était une manière d'être un garçon dans le vent. Puis, un jour, j'ai décidé de les couper. Très court. Cela faisait plus sérieux. Comme pour montrer à tout le monde que les années folles étaient derrière moi et que le moment était venu d'aborder la vie plus sérieusement. J'ai surtout pris conscience que je devais profiter de l'instant présent, car la vie ne tient parfois qu'à un fil. Cela s'est passé sur l'A8, entre Tournai et Renaix, alors que je rentrais chez moi. Pas aux petites heures, après une soirée bien arrosée, comme on pourrait l'imaginer. Il était 17 h 30, on avait eu deux entraînements ce jour-là et je me suis assoupi après avoir allumé la clim : le dernier geste dont je me souvienne. La voiture a fait plusieurs tonneaux et je me suis réveillé dans le fossé. J'aurais pu être mort ou handicapé à vie. Je mesure mieux la chance que j'ai d'encore être footballeur. Là aussi, cela va paraître curieux pour les gens qui ne me connaissent que de l'extérieur, mais je ne suis pas le dernier à faire des blagues. Oter les pneus à la voiture d'un coéquipier, par exemple. Idir Ouali, qui est assis près de moi dans le vestiaire, est souvent mon complice. Cette année, on a déplacé la voiture de Bastien Chantry après lui avoir piqué ses clefs. Lorsqu'il a voulu rentrer à la maison, il ne retrouvait plus son véhicule. Mais, lorsqu'on fait une blague à quelqu'un, on doit s'attendre à recevoir la monnaie de sa pièce. J'ai parfois été la victime également. Des chaussures ou des vêtements qui disparaissent, par exemple. On a alors le choix : soit on attend qu'on vous les restitue, soit on rentre chez soi en petite tenue. Il se passe tous les jours quelque chose à Mouscron, mais c'est aussi le signe que l'ambiance est bonne, que le groupe vit. Elle n'a jamais été mauvaise. L'an passé, il y avait les problèmes financiers qui plombaient parfois l'ambiance, mais on en est ressorti avec un mental renforcé. Cette saison, le salaire est versé à heure et à temps, mais on doit surtout veiller à s'en sortir sportivement. Les anciens doivent s'adapter aux méthodes de Miroslav Djukic et les nouveaux découvrent le championnat de Belgique. Tout cela prend du temps. Je suis capable d'être un leader, j'ai le caractère d'un vrai Flamand, mais il n'y a probablement pas assez de joueurs à forte personnalité dans le groupe. ( Ilrit) J'ai, effectivement, inscrit contre Saint-Trond le premier but de ma carrière en D1. C'est aussi la première saison où un entraîneur m'autorise à monter sur les phases arrêtées. C'est positif pour mon évolution. J'ai découvert que j'avais une bonne détente. Cela m'a surpris, car les tests d'avant-saison n'ont jamais été bons. Apparemment, le fait de me retrouver sur le terrain me donne des ailes. C'est un choix du coach. Jérémy a été blessé au mauvais moment et Carlos a débuté le championnat. Dans l'ensemble, cela ne se passe pas mal avec lui. Ce n'est pas un joueur qui va épater la galerie, mais il est malin : il sait ce dont il est capable et ce dont il n'est pas capable. Il essaie donc de jouer simplement. Dans un autre style, Sapina et Moreno se valent : le Français est plus fort de la tête, l'Espagnol lui est légèrement supérieur dans la relance au pied. ( Ilréfléchit) J'en ai eu tellement. Certains, à Mouscron, ont eu Hugo Broos pendant cinq ans. Moi, en cinq ans, j'ai eu... sept entraîneurs. Tous différents. Geert Broeckaert m'a lancé, il m'avait déjà coaché en Réserve et m'a pris avec lui en Première. Gil Vandenbrouck excellait dans la préparation physique. Paul Put n'est resté qu'un mois. Ariel Jacobs aurait dû rester plus longtemps, mais c'est difficile de refuser une offre d'Anderlecht, même si c'était pour être adjoint dans un premier temps. J'ai regretté son départ : un gentleman et un très bon entraîneur. Marc Brys est le seul dont je ne garde pas un bon souvenir : il voulait faire de moi un arrière droit. Enzo Scifo avait son charisme, son aura. Lorsqu'il a donné son premier entraînement, tout le monde a ouvert de grands yeux. Djukic, lui, est le plus fort tactiquement. En partie. Je ne connais pas la carrière de Djukic dans les moindres détails, mais je sais qu'il a occupé durant de longues années le poste de défenseur central dans des clubs du top espagnol, comme le Deportivo et Valence. Défenseur central, c'est précisément la position que j'occupe, et j'ai constaté qu'en un court laps de temps, c'est-à-dire durant quatre ou cinq semaines de préparation, il m'avait déjà appris énormément. Des petits détails, mais au plus haut niveau, ce sont souvent les détails qui font la différence. Je me suis dit qu'en travaillant encore quelque temps sous sa direction, il pourrait encore m'apprendre beaucoup plus. Beaucoup de gens n'ont pas compris ma décision. Certains ont même parlé d'un manque d'ambition. Je ne partage pas cet avis. C'est vrai qu'à ma place, neuf joueurs sur dix auraient sauté sur l'offre brugeoise, qui était très intéressante. En fait, l'intérêt brugeois remonte à la fin de la saison dernière. D'après le manager Luc Devroe, j'étais le n°1 sur la liste. Mais l'entraîneur n'était pas encore en place. Devroe m'a dit qu'une fois le choix effectué, il me recontacterait. Mais le téléphone n'a jamais retenti. Lorsqu'Adrie Koster a signé, Ryan Donk a été engagé. Je peux le comprendre : Koster le connaissait sans doute mieux que moi. Puis, Donk s'est blessé et Bruges est revenu à la charge, alors que le marché des transferts s'apprêtait à fermer ses portes. Je n'ai pas osé l'avouer à Devroe, mais je me sentais un peu comme le deuxième choix à ce moment-là. C'est aussi l'une des raisons qui ont orienté ma décision. Pourtant, j'ai eu une conversation très positive, tant avec Devroe qu'avec Koster. Ils m'ont tous les deux affirmé qu'ils avaient pleinement confiance en moi. Mais Djukic s'est montré encore plus persuasif. Ce que j'ai apprécié, c'est qu'il n'a jamais pris en compte son intérêt personnel, en me disant par exemple : - Tudoisrester, carj'aibesoindetoi ! Il m'a parlé de mon intérêt à moi, de mon développement ultérieur, de la suite de ma carrière. J'ai pesé le pour et le contre, j'en ai aussi discuté avec mon futur beau-père et j'ai fini par resigner à Mouscron. Je mentirais en disant que je n'y pense jamais. Entre jouer devant 27.000 spectateurs ou 4.000, il y a une différence. Entre jouer l'Europa League ou le maintien en D1, aussi. A Mouscron, j'avais la garantie de jouer. A Bruges, j'aurais peut-être joué aussi, d'autant que la défense des BlauwenZwart est parfois citée comme le point faible de l'équipe et qu'il y a des blessés dans ce secteur. Mais ce sont des choses qu'on ne peut pas prévoir. Cela non plus, on ne peut pas le prévoir. Si je continue ma progression et que je suis épargné par les blessures, d'autres offres devraient me parvenir. Mais je peux aussi me retrouver sur la touche au mauvais moment. Le Club s'est intéressé à moi à plusieurs reprises, en effet. Il y a deux ans, l'expérience négative vécue par Timothy Dreesen, un garçon de mon âge, m'avait un peu refroidi. Il sortait d'une bonne saison au Lierse et pensait aussi que Bruges constituerait un tremplin. Aujourd'hui, il est en D2, et en début de saison, il n'était même pas titulaire. Je peux comprendre la décision qu'il avait prise à l'époque. Le Lierse devait disputer le tour final et risquait d'être relégué. Bruges offrait un million pour acquérir ses services. Il se disait qu'un investissement pareil devait forcément être rentabilisé. Donc, qu'il recevrait sa chance. Et pourtant... Moins que cela, en tout cas. C'est vrai, Mouscron a fourni un gros effort et je lui en suis reconnaissant. Mais, si je choisissais de rester, l'Excelsior avait intérêt à ce que je prolonge, puisque mon contrat précédent courait jusqu'en 2010 et que j'aurais pu partir gratuitement à la fin de la saison. J'ignore ce que gagnent les autres. Mais je suis bien payé, je ne le cache pas. Pour l'instant, ce n'est pas le principal. Sinon, il y a longtemps que j'aurais quitté Mouscron. Mouscron ne sera pas la dernière étape de ma carrière. Si j'ai prolongé, ce n'est pas avec l'intention d'aller au bout de mon contrat. C'est clair pour moi comme pour le club, qui entend récolter une somme de transfert. J'ai déjà refusé beaucoup d'offres. Lorsque j'avais 15 ans, j'étais parti à Bolton avec mes parents. Tout était prêt, je n'avais qu'à signer. L'année suivante, ce fut le PSV. Puis Bruges, déjà, à l'époque de Marc Degryse et du regretté Antoine Van Hove. Et des clubs français, allemands et néerlandais. J'ai tout laissé de côté, pour rester à Mouscron. J'ai préféré investir sur le long terme. Nulle part. Ce n'est pas à moi à faire l'effort, c'est aux Espagnols à s'adapter. En principe, ils doivent suivre des cours, mais je n'ai pas l'impression qu'ils progressent beaucoup. Djukic, lui, a appris quelques mots de français mais il continue de donner ses entraînements en espagnol Après toutes ces années à Mouscron, je suis devenu à moitié Wallon. Certains disent même que je parle le français avec l'accent ch'ti. Jadis, il y avait plusieurs joueurs avec lesquels je pouvais encore converser en néerlandais. Aujourd'hui, il n'y a plus que Volders... qui est en rééducation à Anvers. Je m'y suis fait. Lorsque j'ai annoncé à Devroe que je restais à Mouscron, j'ai ajouté que je laissais la porte ouverte à toute négociation future. En fait, je n'ai aucune préférence : la Flandre, la Wallonie, Bruxelles ou... l'étranger. J'irai là où on m'offrira les meilleures garanties sportives. Et pour l'instant, j'essaie de ne pas trop y penser. Je continue à me concentrer sur Mouscron... même si je sais que je joue, aussi, pour obtenir un beau transfert. par daniel devos - photos: reporters / gouverneurEn cinq ans, j'ai eu sept entraîneurs. Djukic est le plus fort tactiquement.