L a Bombe Dalmat pouvait-on lire en couverture de Sport/Foot Magazine lors de son arrivée au Standard il y a deux ans en provenance de Mons. Et de fait, de son flanc droit, le Français allait directement dynamiter le jeu liégeois. Quelques matches épiques, notamment face à Liverpool ou Everton, lui ont valu de se faire " définitivement " adopter par Sclessin. Deux ans plus tard, la donne a complètement changé. Les noms adossés au sien dans les médias sont bien moins ronflants : Lierse, Lokeren, des destinations peu reluisantes après une première campagne fracassante en rouche. Fin juillet, Bruges est, heureusement pour lui, venu le sortir du guêpier en lui proposant un contrat de trois ans. Reste que les cicatrices de sa période Standard ne se sont pas encore totalement refermées.
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L a Bombe Dalmat pouvait-on lire en couverture de Sport/Foot Magazine lors de son arrivée au Standard il y a deux ans en provenance de Mons. Et de fait, de son flanc droit, le Français allait directement dynamiter le jeu liégeois. Quelques matches épiques, notamment face à Liverpool ou Everton, lui ont valu de se faire " définitivement " adopter par Sclessin. Deux ans plus tard, la donne a complètement changé. Les noms adossés au sien dans les médias sont bien moins ronflants : Lierse, Lokeren, des destinations peu reluisantes après une première campagne fracassante en rouche. Fin juillet, Bruges est, heureusement pour lui, venu le sortir du guêpier en lui proposant un contrat de trois ans. Reste que les cicatrices de sa période Standard ne se sont pas encore totalement refermées. Wilfried Dalmat : Non pas vraiment. Je savais que j'allais trouver une solution en Belgique ou ailleurs. Même si je n'ai eu tout un temps que des propositions de petits clubs belges comme Lokeren ou le Lierse. J'avais le sentiment qu'on voulait m'y envoyer. C'est une chance pour moi que j'ai refusé et que 15 jours après je me retrouve à Bruges. Non quasiment rien du tout. Quelques dirigeants intéressés du côté turc. Mais vraiment rien de concret. C'était trop tôt pour douter. Je suis arrivé le 21 juin au Standard, je n'ai pas repris l'entraînement puisqu'on ne voulait plus de moi, et je suis retourné à Paris, chez moi. Fin juillet, je me doutais que j'allais trouver une solution. Même si le Standard ne voulait pas me garder, sans prétention, je pense quand même être un bon joueur. L'été dernier, Lens et Valenciennes étaient intéressés par mes services. Maintenant, après la saison que j'ai vécue, ça devenait un peu plus chaotique. Ma cote a clairement baissé. Sincèrement oui. Mais la direction du Standard avait fixé un prix assez élevé, autour de 2 millions d'euros, et les clubs français ne pouvaient pas suivre. Et puis, j'étais bien au Standard, j'avais envie de disputer la Ligue des Champions et de rejouer la gagne en championnat. Malheureusement, ce n'est pas vraiment ce qui s'est produit... Un club flamand avec de la rigueur, qui bosse, et avec un jeu physique. En tous les cas, c'est comme ça qu'on le présentait. Après, quand tu arrives ici, tu remarques directement qu'il y a pas mal de technique, que ça joue au ballon. Oui. On m'a dit que Laurent Ciman en avait bavé. Moi, j'espère être épargné. Mais je sais que dans un club tout va très vite. Au Standard, la première année, on entonnait mon nom. Par contre, les derniers mois se sont plutôt les sifflets qui m'accompagnaient. J'ai toujours été un peu nonchalant, je suis comme ça depuis tout petit. Mais cette nonchalance ne m'a pas empêché d'être déterminant dans le titre du Standard. Je n'ai pas mis tous les buts mais je pense avoir été utile, j'ai quand même joué 36 matches comme titulaire. La dernière saison, on a mal débuté et puis on était focalisé sur la Ligue des Champions. Non mais inconsciemment, c'était perceptible, la coupe aux grandes oreilles, tout le monde en rêvait. Et puis, il y avait cette nouvelle réforme du championnat : 6 points de retard sur Anderlecht, ça n'en ferait jamais que trois. Le problème, c'est qu'il y en a eu trois, plus trois, plus trois et qu'au final on était largués. A cela, on ajoute la blessure de Steven, la suspension de Witsel, j'ai aussi eu mes pépins avec une entorse que j'ai traînée un petit temps. Malgré cela, j'ai continué à jouer, ça signifiait que Laszlo Bölöni comptait sur moi. Mes relations avec Bölöni ? Je n'en avais pas. Les gens pensent que c'était tendu mais ce n'était pas le cas. Je n'avais tout simplement aucun contact avec lui, il ne me félicitait pas quand j'avais bien joué et quand c'était l'inverse les reproches n'étaient jamais très longs. Le traitement était pareil pour beaucoup d'autres joueurs. Peut-être. J'ai toujours eu beaucoup de respect pour mes supérieurs hiérarchiques et donc je mets une barrière. J'ai beaucoup de difficultés à faire du copinage. La relation de travail me suffit amplement, qu'on me dise que j'ai bien joué, que j'ai mal joué, parfait. Mais être copain... Je ne sais pas si c'est la bonne méthode, mais c'est toujours comme ça que j'ai fonctionné. Et c'est pas un manque de respect, au contraire. Dans tous les clubs où je suis passé, il y a toujours eu, pas des chouchous, mais des joueurs que le coach avait dans sa poche. Si bien sûr. Pas mal de joueurs ressentaient la même chose. Ça a amené de la jalousie à l'égard de coéquipiers. Certains avaient clairement plus de crédit que d'autres mais voilà c'est souvent comme ça dans un noyau pro. Cette amende, je ne l'ai jamais avalée. Je marche beaucoup à la confiance et donc quand je me sens trahi, je le vis mal. Je n'ai pas besoin qu'on me cire les pompes tous les matins, j'ai besoin qu'on me témoigne du respect. Lors de la première saison au Standard, jamais je n'ai eu de soucis avec la direction, jamais je n'ai eu de soucis avec mon entraîneur, personne ne m'a rien dit, personne ne m'a félicité, mais je m'en foutais parce que je savais que ce que j'avais réalisé, c'était pas mal. Oui, logiquement je devrais être capable de passer au-dessus de ça, faire de bonnes performances et partir en fin de saison. Mais j'ai un caractère assez spécial. Quand on jette un malheureux grain de sable dans mon mécanisme, il coince. Pour un joueur pro, je sais que c'est con. J'essaie d'y travailler mais on se refait difficilement à 28 ans. J'ai au moins conscience que je devrais être capable de surmonter ce genre de problèmes. Je ne l'étais plus du tout. J'avais déjà tourné la page. Lors du match aller face à Hambourg, on s'est foutu de ma gueule. On m'a dit, tu vas rentrer dans un quart d'heure. Je m'échauffe avec l'envie de tout casser. Et finalement, on fait rentrer Grozav, qui joue son deuxième match chez les pros, à la place de Goreux. C'est quand même significatif, ça veut dire qu'on ne comptait plus sur moi. Sincèrement oui. Après, c'est peut-être à cause de ma nonchalance que les supporters m'ont pris en grippe. Je ne leur en veux pas. J'avais connu pire à Grenoble. Là, j'étais vraiment au fond du trou. Dès que je touchais la balle, tout le stade me sifflait. J'étais peiné, je rentrais chez moi, je n'étais pas bien. Quand Sclessin s'est mis à siffler, j'ai su prendre du recul. Enfin, je ne vais pas être hypocrite, ça fait chi... ( il rit). Mais quand je quittais le stade, c'était oublié. Je ne pense pas avoir une bonne image. Quand je me baladais en ville ou que j'allais à des soirées de supporters, les gens étaient surpris de me voir comme quelqu'un de simple, à l'écoute. J'ai un peu la même image qu'a mon grand frère, Stéphane. Alors que quand on apprend à le connaître, on voit que c'est un chic type, un gars honnête. Je n'allais pas rester cinq ans à Mons alors que le Standard m'offrait un contrat. Si on a un peu la bougeotte, c'est peut-être qu'on a ce besoin incessant de défis. Et puis, j'ai pas la chance, ni le talent de Paolo Maldini. Je me considère comme un petit joueur par rapport à lui. Je dois donc tenter les expériences pour progresser au risque de parfois me louper. Oui. Je pense que je ne serais pas ici si je n'avais pas quitté Nantes aussi tôt par exemple. C'était de l'arrogance, un manque de maturité. J'étais un petit con peut-être. J'étais sûr de mes qualités et je me disais que j'allais rebondir ailleurs. Ce départ, c'est mon plus gros regret. Si j'étais resté à la Baujoire plusieurs années, j'aurais peut-être décollé. Je suis le seul responsable puisque même mon manager me déconseillait de partir. Mais j'en faisais qu'à ma tête... Peut-être que je me trompe, mais je pense, oui. J'aurais connu une carrière, heu... différente. Quand je suis arrivé à Mons de Santander, j'ai pris un coup sur la tête, d'autant que je suis arrivé là-bas en test. En plus durant cette semaine, j'ai été nul, catastrophique même. J'étais dans le trou. Heureusement, j'ai eu la chance que José Riga a voulu me garder au bout d'un entraînement. Maintenant je me dis peut-être que la Belgique c'est mon sommet. Non, même à 20 ans, je savais que je n'atteindrais pas son niveau. Parce que mon frère est un joueur exceptionnel, qui est passé aussi à côté d'une plus belle carrière encore. Son erreur, c'est d'avoir quitté l'Inter pour la Premier League après 2 ans et demi en Italie. Si, lui aussi, s'était accroché... Oui je le paie. Les gens ne sont pas toujours malins, ils associent tout, les journalistes notamment. Ils sont assez stupides pour se dire que si lui a fait des erreurs, j'en ferai aussi. Je n'ai jamais dit ça comme ça. Faut croire que la presse néerlandophone n'a pas compris ce que j'ai dit ou a déformé volontairement. Un journaliste après le match face à Saint-Trond vient me voir et me dit : - On sent qu'il y a plus de variantes à Bruges qu'au Standard. Et j'ai répondu : - C'est vrai que j'ai pu me déplacer sur la gauche, sur la droite. Et donc ce qui est sorti dans la presse n'avait rien à voir avec ce que j'avais dit. Bien sûr et je ne leur en voudrai pas, ça fait partie des règles du jeu. Et peut-être que si on me siffle c'est que j'aurai compté pour eux. Avec le recul, je retiens en tout cas que les chaudes soirées où on scandait mon nom. Quant aux sifflets ? Je les comprends. Moi aussi, si j'étais supporter, je n'aurais pas apprécié de voir quelqu'un qui venait de faire une grosse saison ne plus avancer quelques mois plus tard. Je serais dégoûté. Et je sifflerais avec la masse. Si tu ne veux pas être sifflé, t'as qu'à être bon à tous les matches ou du moins exemplaire. Ce qui n'était pas le cas. par thomas bricmont - photos: reporters"J'ai beaucoup de difficultés à faire du copinage avec mes supérieurs. "