"Ce contrat est un rêve, je reviens à la maison. " Ritchie De Laet a la banane. Il est un gars de l'Antwerp pour deux ans au moins. Le club où il était devenu pro en 2006. Il avait joué quelques matches en D2. Après ça, il avait disparu de nos radars : 11 années en Angleterre, une demi-saison à nouveau au Bosuil en 2017-2018, puis une pige récente en Australie.
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"Ce contrat est un rêve, je reviens à la maison. " Ritchie De Laet a la banane. Il est un gars de l'Antwerp pour deux ans au moins. Le club où il était devenu pro en 2006. Il avait joué quelques matches en D2. Après ça, il avait disparu de nos radars : 11 années en Angleterre, une demi-saison à nouveau au Bosuil en 2017-2018, puis une pige récente en Australie. Géographiquement, De Laet à l'Antwerp, c'est un bug. " J'ai grandi et commencé à jouer au foot à Hoboken, dans le quartier du stade du Beerschot. Mais dans ma famille, presque tout le monde a toujours été supporter de l'Antwerp. Quand j'étais gamin, je venais voir des matches ici. Mon père jouait à un petit niveau, souvent à 15 heures le dimanche. Dès qu'il avait fini, on venait pour le match du soir. J'étais dans la tribune là en face pour le match de la remontée en D1, en 2000. Quand ils sont remontés en 2017, j'ai pris l'avion pour voir le match décisif. L'Antwerp est un virus, il ne m'a jamais lâché. " Quand tu étais en Australie, tu as fait quelques appels du pied à la direction, notamment via les journaux... RITCHIE DE LAET : J'avoue ! C'était ma priorité. Je suis allé partout en Angleterre, j'ai vu l'Australie, maintenant j'ai 30 ans et j'estimais que c'était le bon moment pour rentrer. Depuis plus de dix ans, je suis coupé de ma famille. Je n'ai jamais eu l'occasion de vivre à Anvers en tant qu'adulte. Et je ne mets pas non plus les pieds n'importe où. Aujourd'hui, l'Antwerp est une équipe de PO1 avec des ambitions et des installations. Par rapport à mes débuts ici, ça n'a rien à voir. Je me souviens des vieilles tribunes, il y avait des trous dans les murs et dans les portes, pas assez de place pour caser tout le monde dans le vestiaire, on recevait une seule tenue d'entraînement pour la saison, on devait apporter son essuie et son savon. Et puis, il y a la chaleur des supporters, que je comparerais à la passion des gens de Leicester.Tu t'es éclaté quand tu es revenu ici pour quelques mois l'année dernière ? DE LAET : C'était mitigé. Déjà, c'était un retour temporaire. Aston Villa me prêtait pour une demi-saison, point à la ligne. Il y avait une option d'achat mais c'était quelque chose comme 2 millions, je savais que l'Antwerp ne débourserait jamais ça. Et puis, je n'étais pas dans la forme de ma vie. Je revenais d'une grave blessure au genou. La deuxième moitié de la saison n'a pas non plus tourné comme on l'espérait. On pensait accrocher les play-offs 1, on n'y est pas arrivés. Alors, on a dû jouer ces matches qu'aucun pro ne rêve de jouer.Pas de regrets d'avoir quitté la Belgique aussi tôt ? DE LAET : Aucun ! Quand tu reçois l'occasion d'aller jouer au foot en Angleterre, tu fonces, quel que soit ton âge. J'étais sûr que ça allait m'ouvrir des portes, même si je ne réussissais pas dans mon premier club, Stoke. Et ça s'est vérifié, il y a toujours plein de portes qui se sont ouvertes. Ça, c'est pour le côté sportif. A part ça, il y a l'aspect financier. Je n'aurais jamais gagné autant si j'avais fait ma carrière en Belgique, même dans un gros club. La D2 anglaise, ça paye très bien ! Tu as des joueurs à un million net par saison. Sans les primes, sans les bonus. Tu as dit récemment : " Ma carrière en Angleterre a été belle mais maintenant, il est temps pour moi de reprendre du plaisir. " Tu ne t'amusais plus là-bas ? DE LAET : J'avais fini par ne plus en avoir. Les deux dernières années, ça a été compliqué. Je signe à Aston Villa et, dans le troisième match, je me pète le genou. Je suis out pendant neuf mois. Quand je reviens, Steve Bruce a remplacé Roberto Di Matteo et il ne compte pas sur moi. Je vais régulièrement le trouver, il me dit chaque fois que je suis très proche de l'équipe. Des mois plus tard, il me répète encore qu'il ne me manque pas grand-chose. J'ai fini par me décourager, même les entraînements me pesaient, je n'arrivais plus à être heureux. C'est pour ça que j'ai accepté un prêt en Australie. J'avais besoin de m'oxygéner. Et je ne l'ai pas regretté. Le championnat vaut la peine quand même ? DE LAET : Disons que le niveau ne vole pas très haut. Pas mieux que la D2 belge. Et tu joues devant quatre ou cinq mille personnes alors qu'il y a cinquante ou soixante mille places. Ce n'est que le quatrième ou cinquième sport là-bas. Tu as leurs deux types de rugby, le cricket, l' Australianrules. Tout ça passe devant le foot. A côté de ça, j'ai kiffé la vie à Melbourne. C'est une ville incroyable. Et puis, presque toutes les villes qui ont une équipe de foot en D1 sont le long de la mer. On partait pour trois jours, donc on avait du temps pour se balader. J'en ai bien profité. J'ai fêté Noël sur la plage et sous 40 degrés. Autour d'un barbecue et en buvant des bières, c'était spécial. J'aurais pu rester mais une accumulation de petites choses a fait qu'on a décidé de rentrer, ma femme et moi : le niveau du championnat, la vie loin de la famille, l'interdiction d'emmener mon chien là-bas (ne rigole pas ! ), et évidemment la possibilité de revenir à l'Antwerp. Tu as aussi joué attaquant là-bas... DE LAET : Oui, je pense que j'ai joué à toutes les places, sauf dans le but. Le coach, c'était Warren Joyce. Il a été mon entraîneur quand je suis devenu pro avec l'Antwerp, je l'ai retrouvé à Manchester United en U23, puis à nouveau en Australie. Il a été un fil rouge de ma carrière, le genre de gars avec lequel le courant passe dès le premier jour. Déjà à Manchester, il m'avait fait jouer quelques matches comme attaquant. A Melbourne, il est venu me trouver pendant un entraînement : Je n'ai plus personne à mettre en pointe, on le refait avec toi ? Je lui ai répondu : Chiche. J'ai joué quatre ou cinq matches devant et j'ai mis des buts. Dont un après une trentaine de secondes. C'est devenu le nouveau record du championnat australien, je suis entré dans l'histoire. A 30 ans, on peut faire un premier gros bilan de sa carrière ! DE LAET : Tout a été parfait, sauf cette période à Villa et ma longue indisponibilité. Avec Leicester, j'ai été champion en Championship puis en Premier League. J'ai connu une autre montée en Premier League avec Middlesbrough. Et j'ai vécu une journée qu'un footballeur ne peut normalement pas vivre, j'ai eu deux trophées le même jour avec deux clubs différents. L'année du titre, j'ai quitté Leicester en janvier pour aller en prêt à Middlesbrough. Là-bas, on joue un match décisif contre Brighton pour la montée. Un point suffit. On fait un nul, c'est la fête. Je prends ma médaille, je monte dans ma voiture et je me tape trois heures de route vers Leicester qui joue le titre contre Everton. Quand je m'installe dans le stade, il reste une vingtaine de minutes. Leicester gagne et est champion. Je descends dans le vestiaire, je mets leur maillot puis on fête ça avec les supporters. En quittant en janvier, tu n'as eu qu'un demi-titre... DE LAET : C'est clair que les sensations d'un titre sont différentes quand tu n'as pas été au coeur de l'action jusqu'au bout. Le count-down que les joueurs de Leicester ont fait, je ne l'ai pas vécu. Même chose à Middlesbrough, j'étais dans l'équipe qui est montée mais je n'ai pas fait toute la saison. Donc, là aussi, il me manque quelque chose. Dans les deux cas, j'étais entre deux chaises, je n'ai pas été un acteur majeur. Mais j'ai estimé que je devais quitter Leicester parce que Claudio Ranieri ne me faisait plus jouer. J'avais été tout le temps sur le terrain pendant les sept premiers matches, on n'avait perdu qu'une fois. Mais subitement, j'ai sauté. Sans comprendre pourquoi. J'étais fâché, je suis allé le trouver plusieurs fois, il ne m'a jamais donné de vraies réponses. En janvier, il m'a dit que je ne devais pas partir, je lui ai répondu que bosser toute la semaine et être sur le banc au moment où les matches commençaient, je n'en pouvais plus.