Lokeren - Gand, le 20 août 2006. Il reste un quart d'heure à jouer lorsque le jeune Steve De Ridder remplace Marcin Zewlakow chez les Buffalos. Son rêve de supporter se réalise. Il fait partie de la super-génération de 1987, dont il était l'attaquant à l'Euro U19 en Pologne. Par la suite, Georges Leekens ne fait plus appel à lui et, la saison suivante, il est prêté à Hamme, en D2, où il inscrit 18 buts. Plusieurs clubs de D1 le courtisent et Gand veut le garder mais il exige un meilleur contrat et finit par rejoindre De Graafschap pour 300.000 euros.
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Lokeren - Gand, le 20 août 2006. Il reste un quart d'heure à jouer lorsque le jeune Steve De Ridder remplace Marcin Zewlakow chez les Buffalos. Son rêve de supporter se réalise. Il fait partie de la super-génération de 1987, dont il était l'attaquant à l'Euro U19 en Pologne. Par la suite, Georges Leekens ne fait plus appel à lui et, la saison suivante, il est prêté à Hamme, en D2, où il inscrit 18 buts. Plusieurs clubs de D1 le courtisent et Gand veut le garder mais il exige un meilleur contrat et finit par rejoindre De Graafschap pour 300.000 euros. Aujourd'hui, Steve De Ridder ne veut plus trop s'étendre sur cet épisode. " Dommage que Leekens n'ait pas cru en moi mais c'était son droit et j'ai peut-être manqué de patience. Si je n'avais pas été aussi exigeant, je serais peut-être en train de moisir en promotion. Aujourd'hui, je me dis que De Graafschap n'a pas été un mauvais choix. " Ses débuts, pourtant, sont difficiles. " Je me suis rapidement retrouvé sur le banc. Je ne jouais que pour moi et j'étais complètement isolé. Nous sommes descendus mais heureusement, je n'ai pas lâché, même si je ne voyais ma famille que tous les quinze jours. Je ne voulais surtout pas me laisser submerger par le mal du pays. J'ai continué à travailler et l'année suivante, j'ai inscrit neuf buts et délivré dix assists. Nous sommes remontés en D1. " Sociable, rapide et bon technicien, il devient le leader de l'équipe et le chouchou des supporters qui, pour sa troisième saison, l'élisent Joueur de l'Année avant de lancer une grande campagne sur Twitter pour le supplier de rester. Chacun peut proposer ce qu'il veut pour le convaincre. " D'un coup, je suis passé de 50 à 1000 followers. Certains m'ont même proposé leur fille, je ne sais pas s'ils étaient sérieux... " (il rit). En 2011, pourtant, il s'en va. Zulte Waregem s'intéresse déjà à lui mais il signe à Southampton, en D2 anglaise. " Jouer en Angleterre, c'était mon rêve. Les supporters de De Graafschap l'ont bien compris. De plus, le club a fait une bonne affaire puisqu'il a touché plus d'un million d'euros. " Il s'adapte rapidement à la ville portuaire mais sur le terrain, c'est autre chose. " J'étais trop léger, je me faisais secouer par les défenseurs anglais. En plus, tout allait très vite. Dès que j'avais le ballon, je devais le donner. Sans parler de l'enchaînement des matches. On en jouait soixante par an ! " Il prend cinq kilos de muscles et finit par trouver sa place dans l'équipe. " L'avantage, c'est qu'on ne pratiquait pas le kick-and-rush, on combinait. Je jouais avec des gars comme Rickie Lambert, Adam Lallana, Luke Shaw ou Calum Chambers... Pas des stars mais des gars qui sont quand même à Liverpool, Manchester United ou Arsenal. J'ai beaucoup appris à leurs côtés. " Riddler, comme ses équipiers le surnomment en référence à Batman, n'est titulaire qu'à cinq reprises mais il monte vingt-sept fois au jeu. " Quand ça ne tournait pas, les supporters criaient mon nom. J'en avais la chair de poule. A Reading, je suis entré et j'ai égalisé. Ils devenaient fous. Je n'oublierai jamais ça. " Mais son plus beau moment, c'est tout de même la montée en Premier League. " On menait 2-0 contre Coventry quand je suis entré au jeu à un quart d'heure de la fin. Quelle euphorie ! " Par la suite, il ne monte plus au jeu que quatre fois. " Ce n'était pas gai mais j'étais réaliste : il y avait tellement de bons joueurs ! Et je me suis battu afin de pouvoir jouer en Premier League contre Sunderland. Ça reste un des moments forts de ma carrière, tout comme le match de Coupe contre Chelsea. On a perdu 1-5 mais j'ai joué 35 minutes contre Branislav Ivanovic, Frank Lampard, David Luiz, Juan Mata, Oscar... J'ai même pris une carte jaune pour un tacle sur Eden Hazard. " De Ridder est ensuite prêté à Bolton, en D2, avec qui il ne joue que trois matches. Il n'est cependant pas amer. " J'ai eu ma chance mais je n'étais pas assez fort. Il faut connaître ses limites mais ces quatre matches de Premier League, on ne me les reprendra pas. Combien de Belges ont connu cela ? Je n'aurais pas voulu passer à côté de cette aventure. " En 2013, pourtant, il rompt son contrat pour signer à Utrecht. " J'aurais pu me remplir les poches mais j'aspirais à redevenir important. Et de fait : j'ai inscrit 10 buts et délivré 12 assists : la meilleure saison de ma carrière. " A la fin de la saison, il part cependant à Copenhague, qui paye 1,2 million pour s'offrir ses services. " Un contrat de quatre ans, une ville formidable et un club qui jouait les préliminaires de la Ligue des Champions. Je découvrais l'Europe, c'était un pas en avant. J'ai mis du temps à m'adapter mais en fin de saison, j'ai joué et j'ai même gagné la coupe, mon premier véritable trophée. " Malgré cela, en juin, il accepte d'être prêté avec option à Zulte Waregem, qui n'est pas qualifié pour la Coupe d'Europe. " Ce club, je le sens bien. Francky Dury m'a dit qu'il me voulait et c'est important. Zulte Waregem, même s'il a connu une saison difficile, est un club ambitieux et j'aimerais réussir en Belgique. Mais pas pour me venger. La vengeance, c'est pour les losers. Je suis très content que Gand ait décroché le titre. " Son but, dit-il, est de faire plaisir à sa fiancée et à son père. " Je veux qu'ils soient fiers de moi. J'ai toujours été un peu gitan, un peu nomade. Après sept ans à l'étranger, j'estime qu'il est l'heure de retrouver mes racines. Avant, j'étais égoïste. Aujourd'hui, je pense davantage aux autres. Surtout à ma fiancée, qui est enceinte de 8 mois. Un enfant, ça va changer ma vie, même si je vivrai toujours un peu au jour le jour. "PAR JONAS CRETEUR - PHOTOS : BELGAIMAGE" La vengeance, c'est pour les losers. "