Le téléphone retentit chez Ceulemans. Jan pourrait-il donner un petit pronostic sur le prochain match du Club Bruges ? Les Blauw en Zwart ne le laissent jamais tranquille. C'est d'ailleurs impossible. Récemment, à la question de savoir quelle avait été l'importance du Caje pour le Club, Leo Van Der Elst avait répondu : " Jan Ceulemans, c'était le Club Bruges. "
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Le téléphone retentit chez Ceulemans. Jan pourrait-il donner un petit pronostic sur le prochain match du Club Bruges ? Les Blauw en Zwart ne le laissent jamais tranquille. C'est d'ailleurs impossible. Récemment, à la question de savoir quelle avait été l'importance du Caje pour le Club, Leo Van Der Elst avait répondu : " Jan Ceulemans, c'était le Club Bruges. " Pourtant, il y a un peu plus de 40 ans, à l'époque où ce magazine était porté sur les fonts baptismaux, ce même Ceulemans envisageait de retourner au Lierse. Mais tout a changé très vite, et 1980 allait être l'année de Jan. Le titre de champion et la finale du Championnat d'Europe 1980 lui ont valu le Soulier d'Or et le Trophée National du Mérite Sportif. Depuis sa maison, pas bien loin de la Grand Place de Westerlo, il compulse la liste des principaux sportifs de l'année 1980, emmenée par le judoka Robert Van de Walle qui a remporté la médaille d'or aux Jeux Olympiques, suivi par Wilfried Van Moer et... Jan Ceulemans himself. Révélateur de cette époque : dans le Top 20, on ne trouve qu'une seule femme, la judokate Ingrid Berghmans, à la 11e place. Dans la liste des 46 noms, on retrouve deux autres femmes, la patineuse de vitesse Annie Lambrechts (30e) et la nageuse Carine Verbauwen (32e). " J'en avais oublié certains. Lentement mais sûrement, je me glisse moi aussi dans la catégorie des presque oubliés. Bon, d'accord, si je ne suis plus reconnu en rue, ça ne m'empêchera pas de dormir. Mais, autrefois, ça n'arrivait pas souvent. " En fait, vous auriez tout aussi bien pu devenir basketteur. C'est exact ? Jan Ceulemans : Oui. J'aimais bien ce sport, je me débrouillais plutôt bien. Vous auriez pu jouer en première division ? Ceulemans : Sans aucun doute, oui. J'étais un shooteur à distance, j'inscrivais au moins 20 points par match. Je suis né près d'une petite place sur laquelle on jouait au basket tous les jours. Je jouais au Bus Lierre, le premier club belge qui a compté des Américains dans ses rangs. Mon frère aîné, qui a huit ans de plus que moi, jouait avec ses amis chez le rival local, Buffalo Lierre. Nous jouions sur la petite place extérieure, comme l'équipe de D1. Pendant les vacances, il fallait être sur les lieux à huit heures du matin, car c'est alors que se formaient les équipes pour la journée. À l'époque, même les équipes de première division jouaient encore à l'extérieur. J'ai été sélectionné à l'une ou l'autre reprise pour les équipes nationales de jeunes, mais mon père me disait : " On ne peut bien faire qu'une seule chose. " Et je préférais jouer au football plutôt qu'au basket. Pourtant, j'ai continué à bien aimer ce sport, tout comme le volley d'ailleurs. À Lierre, Rebels était l'une des meilleures équipes de volley de Belgique. Plus tard, lorsque j'habitais à Bruges, j'allais souvent voir jouer Saxon Torhout, simplement parce que le volley me plaisait. Le sport, rien que le sport, en quelque sorte ? Ceulemans : L'école n'a jamais été ma tasse de thé. À 16 ans, je travaillais déjà dans une fabrique de chaussures, et ça ne me dérangeait pas. J'étais surtout heureux d'en avoir terminé avec l'école. J'avais déjà pris place sur le banc du Lierse et, un jour, le président du club, Bob Quisenaerts, m'a demandé ce que je gagnais à l'usine. Il était prêt à m'offrir beaucoup plus si je décidais de passer professionnel. Je me suis dit : " pouvoir faire de mon hobby, un métier, c'est tout de même fantastique, non ? " Lorsque j'avais 17 ans, notre entraîneur Hans Croon m'a mis en contact avec un journaliste néerlandais, Maarten de Vos, lequel m'a dirigé vers Cor Coster, le beau-père de Johan Cruijff qui était à la tête du bureau de management Inter Football. Ça m'a valu un beau contrat, qui comprenait une clause libératoire de neuf millions de francs belges ( 225.000 euros, ndlr). Neuf millions de francs belges, c'était une fameuse somme à l'époque, pour un gamin de 17 ans qui n'avait encore rien prouvé. À l'époque, j'aurais pu signer n'importe où. J'ai discuté avec le RWDM, qui venait d'être champion, et aussi avec Anderlecht et Bruges. Grâce à mes contacts aux Pays-Bas, j'ai appris que de grands clubs néerlandais étaient intéressés, tout comme des clubs anglais. Vous étiez accompagné par un agent lorsque vous avez signé à Bruges ? Ceulemans : Non, j'étais accompagné par mon frère aîné. À l'époque, les agents étaient encore rares. Durant toute ma carrière, je n'ai fait appel qu'une seule fois à un agent : lorsque j'ai négocié avec le Club Bruges pour devenir entraîneur. Vincent Mannaert avait été l'un de mes joueurs à l'Eendracht Alost et il s'est chargé des négociations. Plus tard, j'ai toujours veillé moi-même à mes propres intérêts. J'avais une somme en tête, et lorsque je l'obtenais, j'étais content. J'aurais pu obtenir plus, mais ma devise a toujours été : lorsqu'on signe un contrat, on doit être satisfait de ce que l'on a obtenu. Vos négociations avec l'AC Milan, en 1980, sont devenues légendaires. Milan vous a demandé quelles étaient vos exigences, et vous avez cité une somme exorbitante, parce que vous vouliez rentrer chez vous. Après une brève réflexion, Milan a marqué son accord. Vous avez alors confié à Antoine Vanhove que vous vouliez retourner au Club. Ceulemans ( il rit) : C'est, en effet, comme cela que ça s'est passé. Milan me proposait un salaire annuel de 13 millions de francs belges, 325.000 euros, plus une clause libératoire de 80 millions de francs belges, 2 millions d'euros. S'ils obtenaient plus à la revente, un tiers de la somme me revenait. Pourquoi avez-vous refusé cette proposition ? Ceulemans : La principale raison, c'est que je manquais d'assurance. J'ai toujours beaucoup douté. Je venais de vivre une année fantastique, mais c'était ma première belle année. Je voulais d'abord confirmer. Gravir les échelons pas à pas, telle était ma devise. En brûlant les étapes, on risque de retomber lourdement au sol. Mon premier rêve était de jouer en première division, mon deuxième était de jouer dans un grand club, mon troisième de devenir international et mon quatrième d'évoluer à l'étranger. J'ai réalisé les trois premiers rêves, et j'aurais pu réaliser le quatrième. Mais j'ai alors signé un contrat de sept ans au Club, de sorte que je n'étais plus confronté à l'incertitude tous les deux ans. Lorsque je suis arrivé au bout de mon contrat, ma carrière était terminée. Vous n'avez jamais regretté de ne pas être parti à l'étranger ? Ceulemans : Jamais. La seule question que je me suis posée, était : aurais-je été un grand joueur à l'étranger ? En Belgique, j'ai tout gagné. Pour jouer au football au plus haut niveau, il ne fallait pas quitter la Belgique : en 1988, le Club était déçu parce que nous avons été éliminés en demi-finale de la Coupe d'Europe. Vous imaginez ça ? Anderlecht et Malines ont remporté des finales européennes, le Standard et l'Antwerp ont joué des finales, et presque tous les internationaux évoluaient en Belgique, avec quelques joueurs étrangers de grand talent : Arie Haan, Rob Rensenbrink, Preben Larsen, Wlodek Lubanski, Ralf Edström, Horst Hrubesch... Je ne pense pas avoir régressé en restant au pays. Vous êtes passé à côté de certains trophées avec Bruges ou l'équipe nationale ? Ceulemans : Je ne pense pas. Aujourd'hui, on a tendance à ne pas prendre l'EURO 1980 au sérieux, parce qu'il n'y avait que huit équipes qui y participaient, mais pour en faire partie, il fallait d'abord se qualifier. Actuellement, c'est beaucoup plus facile de se qualifier pour le tour final et, en Italie, nous avions été versés dans une poule qui comprenait l'Angleterre, l'Espagne et l'Italie. Si ça devait arriver aujourd'hui, on se demanderait si la Belgique serait capable de passer le premier tour. Au Mexique, en 1986, nous n'avons remporté qu'un seul match au terme des 90 minutes. Ce n'était pas bon, et pourtant il s'en est fallu de peu pour que nous atteignions la finale. Nous n'avions pas peur de Diego Maradona. Après avoir éliminé l'URSS, nous nous sommes sentis pousser des ailes. Face à l'Argentine, nous nous sommes présentés deux ou trois fois seuls devant le gardien, mais à chaque fois le juge de touche a signalé un hors-jeu. Si ça devait se passer aujourd'hui, l'arbitre et les juges de touche seraient suspendus à vie. Quelle est la grande différence entre cette génération-là et la génération actuelle ? Ceulemans : À l'époque, il n'y avait aucune forme de pression. Nous n'avons jamais été favoris, ni même outsiders. Nous n'osions d'ailleurs pas prétendre que nous avions une chance de devenir champion d'Europe ou du monde. Aujourd'hui, les Diables Rouges font partie des favoris, et ils visent carrément le titre. Il y a aussi plus de talent. Nous nous basions sur une bonne organisation, sur le piège du hors-jeu tendu par Walter Meeuws, et sur quelques joueurs talentueux, mais ce n'était pas toujours spectaculaire. Le jeu était plus lent également, car on pouvait à tout moment renvoyer le ballon à son gardien depuis le milieu du terrain. Aujourd'hui, on dispose en Romelu Lukaku d'un attaquant costaud dans les 16 mètres, et qui est aussi très rapide. Autrefois, Erwin Vandenbergh était davantage un joueur de 16 mètres, alors que nous procédions la plupart du temps par contre-attaque. En 1979/80, j'ai inscrit 29 buts, Erwin 37 et il y avait encore François Van Der Elst, un joueur sous-estimé qui marquait facilement lui aussi. Nous savions que, si nous préservions nos filets inviolés grâce à une bonne organisation, il y avait de fortes chances que nous parvenions nous-mêmes à inscrire un but. Beaucoup d'équipes étaient jalouses de notre ligne offensive. Vous avez longtemps été le recordman des sélections avec 96 caps. Aujourd'hui, vous n'êtes plus que n°5, derrière Jan Vertonghen, Eden Hazard, Axel Witsel et Toby Alderweireld. Ça vous a fait mal de céder votre record ? Ceulemans : Non. Roger De Vlaeminck me l'a d'ailleurs reproché, il ne comprenait pas que je n'étais pas fâché de m'être fait détrôner. J'ai répondu : " Roger, les records sont faits pour être battus. " D'autant que l'équipe actuelle se qualifie pratiquement pour chaque tournoi, ce qui offre un plus grand nombre de matches aux joueurs. L'un de mes records ne risque cependant pas d'être battu de sitôt : le temps pendant lequel je suis resté recordman. Je pense que toute la génération actuelle battra mon nombre de sélections, mais chaque nouveau record sera rapidement amélioré par le suivant. Moi, j'ai tenu 20 ans avec ce record. Quel joueur de la génération actuelle admirez-vous le plus ? Ceulemans : Lukaku. Encore un qui provient du Lierse. S'il a inscrit 20 buts par saison dans tous les grands championnat auxquels il a participé, cela signifie quelque chose. J'admire aussi Kevin De Bruyne, pour ses courses. Et Eden Hazard, forcément. Nous n'avions pas un joueur pareil. En 1995, l'arrêt Bosman a bouleversé le paysage footballistique, et beaucoup de joueurs en ont tiré profit. Ils sont devenus libres, et ont gagné plus d'argent. Ne regrettez-vous pas d'être né 30 ans trop tôt ? Ceulemans : Il va de soi que je préférerais être footballeur aujourd'hui, mais seulement parce que j'aurais 30 ans de moins ( il rit), pas parce que je gagnerais plus d'argent. À notre époque, nous n'avions rien à dire. En 1980, nous sommes tombés de notre chaise lorsque nous avons appris ce que gagnaient les joueurs des autres équipes. Nous avons alors décidé que, lorsque nous nous qualifierons encore pour un grand tournoi à l'avenir, il faudrait fixer les primes à l'avance. C'est ce qu'il s'est passé en 1982. En janvier 1988, les joueurs du Club Bruges ont brièvement fait grève pendant le stage hivernal. Ceulemans : Le conseil des joueurs ( dont Ceulemans faisait partie, ndlr) a décidé de faire grève, en concertation avec le groupe. Cela avait trait à une affaire qui traînait en longueur : la prime pour l'affrontement face au Panathinaïkos, en quart de finale de la Coupe d'Europe. La réunion était sans cesse reportée, et nous avons alors refusé de disputer un match amical en Zélande. Je continue à penser que notre action était justifiée. Aujourd'hui, les primes sont fixées longtemps à l'avance. Cette saison-là, Bruges a atteint les demi-finales de la Coupe d'Europe. C'était l'époque des grands exploits : vous vous incliniez lourdement en déplacement, puis vous réalisiez une fabuleuse remontada au retour à domicile. Ceulemans : Nous étions tellement irréguliers que nous étions incapables de garder le zéro en déplacement. Mais nous nous amusions bien sur le terrain, nous nous donnions toujours à fond, et Henk Houwaart nous encourageait. Demandez à tous les joueurs de l'époque quelle était la période la plus agréable à Bruges, et ils répondront tous : celle où Houwaart était notre entraîneur. Si vous me demandez pourquoi je n'ai aucun regret d'être resté 14 ans à Bruges, je vous répondrai tout simplement : parce que je pouvais faire ce qui me plaisait. C'est toujours agréable, lorsqu'on se rend à son travail avec un grand sourire. Le plaisir, c'est important. Henk nous autorisait beaucoup de choses. L'une de ses qualités, c'est qu'il accordait aux joueurs la liberté dont ils avaient besoin. Nous n'étions pas obligés de garder constamment cinq ou six hommes derrière le ballon. Nous avions les qualités pour jouer offensivement, nous étions costauds physiquement et nous nous sentions capables d'asséner le coup de grâce à l'adversaire. La question à un million d'euros, Jan : un entraîneur est-il important dans le football de haut niveau ? Ceulemans : Un entraîneur reste dépendant des joueurs dont il dispose. Le groupe des joueurs sent si un entraîneur lui convient ou pas. Vous avez retiré tout ce qu'il était possible de votre carrière d'entraîneur ? Ceulemans : D'une certaine manière, oui. Mes débuts avec Alost ont été parfaits : d'abord la montée, puis le maintien, ensuite une qualification européenne. Et, toujours, la participation au carnaval. C'était obligatoire, là-bas. Je n'avais jamais vécu ça, donc la première année, je me suis présenté habillé tout à fait normalement, avec mon assistant. Nous ne sommes pas passés inaperçus, au milieu de toutes les personnes déguisées. L'année suivante, je portais un costume d'ecclésiastique, avec un masque, car si on vous reconnaît de loin, ce n'est pas agréable. Après Alost, j'ai été étonné de ne pas recevoir directement une autre chance en première division. Mais j'ai vécu de beaux moments à Ingelmunster également. Il y a eu ensuite dix années à Westerlo. La dernière saison était celle de trop, avec beaucoup de blessés et de joueurs qui étaient partis. Il n'y a que ma période d'entraîneur à Bruges que je dois considérer comme un échec. J'avais pourtant un pressentiment, je sentais que ce n'était pas le bon moment pour partir là-bas, mais je me disais : c'est mon club, on me donnera du crédit. Ça ne s'est pas vérifié. Qu'avez-vous appris de cette expérience comme entraîneur à Bruges ? Ceulemans : Beaucoup de choses. Et surtout, que tout peut changer très vite. Les blessures sont-elles cicatrisées ? Ceulemans : Oui, quand même. Je reparle à Marc Degryse, mais c'est difficile de recoller les morceaux avec Michel D'Hooghe. Lorsque je le vois, je lui serre la main, mais pas plus. Le coup qu'il m'a fait, je ne l'ai pas vu venir. Lorsqu'on est septième, on ressent certes une épée de Damoclès au-dessus de sa tête à Bruges, mais les résultats n'étaient pas si mauvais que ça. L'équipe occupait déjà cette position lorsque je suis arrivé, Timmy Simons est parti et Rune Lange s'est blessé. Bref, je ne pouvais pas disposer des meilleurs joueurs, et il n'y avait pas d'argent pour acheter des remplaçants de même niveau. Il fallait offrir une chance aux jeunes. Vous savez ce qui m'a fait le plus mal ? Qu'ils aient acheté Koen Daerden pour quatre millions d'euros l'année suivante. Le transfert entrant le plus cher de toute l'histoire du Club, à l'époque. Alors que, lorsque j'étais en poste, il n'y avait pas d'argent et j'ai dû me débrouiller avec les jeunes. Mais bon, c'est le passé. Une étude récente semble démontrer qu'un entraîneur est heureux, en moyenne, deux heures et demie par semaine. C'est exact ? Ceulemans ( il rit) : Non, il ne faut pas exagérer. Trois heures, alors ? Ceulemans : Non. Le lendemain d'un match, vous en avez plein la tête, mais après ça va. Lorsque j'étais joueur, nous allions toujours boire un verre après un match. Toujours, même après une défaite. Nous avons perdu ? Tant pis, on fera mieux la prochaine fois ! Quand on est entraîneur, c'est différent, on a plus de soucis. C'est un job solitaire. On est responsable de tout. Aujourd'hui, il y a 27 membres dans le staff et on peut se répartir les responsabilités. Finalement, je n'ai subi de pression que dans un seul club, comme entraîneur : à Bruges. C'est simple : quand ça va bien, il n'y a pas de pression. Le job d'entraîneur vous manque-t-il ? Ceulemans : Non, sinon je l'exercerais encore. Certaines équipes m'ont encore téléphoné, mais lorsqu'on est entraîneur, il faut quand même avoir un objectif. Je suis devenu un cycliste, j'aime rouler à vélo. En hiver, je parcours 60 à 70 kilomètres par jour, en été 120. J'avais 58 ans lorsque j'ai mis un terme à ma carrière d'entraîneur. J'ai alors quitté un monde dans lequel je gravitais depuis mes 16 ans. À Deinze, je me suis encore bien amusé, mais c'était à 125 kilomètres de chez moi, et il fallait traverser deux fois le tunnel Kennedy... J'ai vécu de beaux moments, je ne peux pas me plaindre. Ce qui m'a frappé, c'est qu'à un moment donné, on vous colle une étiquette dont vous ne parvenez pas à vous défaire. Dans mon cas, c'était : il est trop gentil. Mais, d'un autre côté, j'ai vu d'autres entraîneur être limogés parce qu'ils étaient trop durs. Finalement, une seule chose compte : les résultats. Que l'on soit trop gentil ou trop dur, si les résultats ne suivent pas, on ne survit pas. J'ai fréquenté le monde du football pendant 42 ans et je suis heureux de l'avoir fait durant une très belle période.