C'est quoi ton premier souvenir foot ?

ALEX VIZOREK : Ça remonte à 89 je pense. J'étais à la maison avec mon père et je voulais attendre ma mère qui devait rentrer tard. J'ai donc fait semblant de m'intéresser à un Malines - AC Milan en Coupe d'Europe pour ne pas aller au lit et je me suis pris au jeu. Je suis devenu supporter de Malines avec les Emmers, Versavel, Albert, Clijsters,... Après il y a eu la Coupe du Monde avec mon premier album Panini et puis, bien sûr, le fameux but de David Platt, le drame, ma première grosse déception footballistique.
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ALEX VIZOREK : Ça remonte à 89 je pense. J'étais à la maison avec mon père et je voulais attendre ma mère qui devait rentrer tard. J'ai donc fait semblant de m'intéresser à un Malines - AC Milan en Coupe d'Europe pour ne pas aller au lit et je me suis pris au jeu. Je suis devenu supporter de Malines avec les Emmers, Versavel, Albert, Clijsters,... Après il y a eu la Coupe du Monde avec mon premier album Panini et puis, bien sûr, le fameux but de David Platt, le drame, ma première grosse déception footballistique. VIZOREK : Oui, pendant 4 ans à Lembeek. Ma mère travaillait dans le coin, donc c'était idéal. Et puis, elle était contente que je pratique mon néerlandais parce que j'avais été à l'écoleenflamand, gamin, avant de repasser dans l'enseignement francophone. Je n'étais pas très bon. Lors de mon premier match, on m'a demandé à quel poste je voulais jouer. J'ai évidemment répondu attaquant et comme on a gagné 10-0, j'ai bien dû marquer un but. Je pensais ma carrière lancée et puis finalement, non. Par après, j'ai joué comme libero, où j'étais moins mauvais parce que j'avais conscience de mes limites. Dans ce rôle-là, je ne perdais pas le ballon et je relançais correctement. VIZOREK : Je suis devenu supporter d'Anderlecht parce que c'est là que j'allais au stade avec mon père. Sans compter que je trouvais normal d'être pour l'équipe de ma ville. Je me suis abonné dans le kop quand j'étais étudiant pendant 5-6 saisons. C'était au moment de la fameuse épopée européenne avec la victoire contre Man United. Je suis rentré complètement bourré à 4 h du mat' après être allé saluer Bertrand Crasson devant chez lui au milieu de la nuit. Il avait bien pris ça, il est même venu nous serrer la main gentiment, c'était classe ! On buvait des bières, on attendait les joueurs pour prendre des photos avec eux. J'adorais cette ferveur. En revanche, je ne supportais pas les cris racistes. A l'époque, quand l'Antwerp se déplaçait, ça chantait 'Joden op de trein, olé, olé'. Inadmissible ! Par contre les autres insultes... 'Dante Brogno est une jeanette, olé olé', c'était un peu rigolo, même si je ne saisissais pas la portée homophobe à l'époque. VIZOREK : J'ai étéune fois à un match européen du Standard parce que mon père... est devenu rouche. Il a rencontré des amis Standardmen et il s'est pris au jeu un peu avant qu'ils ne soient champions. Il avait des places, donc j'y suis allé et j'ai vécu une sensation totalement inédite car j'avais l'impression que tout le monde savait que j'étais mauve. L'ambiance était chouette, le Liégeois a le sens de la fête mais je trouve qu'on exagère quand on dit qu'à Anderlecht, c'est mort. D'accord, il y a la rangée de bourgeois bruxellois qui paient cher leurs places et ne chantent pas mais j'adore l'ambiance dans les cafés le long du stade. C'est important. A Paris tu n'as pas ça par exemple, j'ai pu le constater quand j'étais au cours Florent : je servais le champagne dans les loges du Parc des Princes comme job étudiant. VIZOREK : J'ai fait un stage en radio à la RTBF à la fin de mes études. On m'y a rappelé par après pour faire occasionnellement un JournaldesSports et on m'a envoyé aussi faire des matches. Mon premier c'était Capellen - Sprimont à l'occasion du tour final de D3. J'ai mis un terme à ça pour aller faire le cours Florent à Paris puis, à mon retour, j'ai fait la Radio Academy de Bel RTL. C'est comme ça que je me suis retrouvé aux commentaires des matches de D1 pour eux. Ça me plaisait, je faisais mes petites interviews, mes montages, etc. Puis, ça a commencé à marcher pour moi en humour sur Vivacité, donc j'ai laissé tomber. Mais j'ai quand même combiné les deux pendant quatre mois, j'utilisais le nom de ma mère pour le foot. VIZOREK : Surtout pas les footeux, ils n'ont pas beaucoup d'humour sur ce sujet. Avec Jérôme De Warzée, on était parfois très drôles et parfois beaucoup moins. Mais quand je revois le best-of, ce sont de bons souvenirs avec Wilmots, Jovanovic, D'Onofrio,... On avait pas mal de réactions de supporters fâchés qu'on se soit moqué de leur club. Le père de Logan Bailly nous a aussi appelés parce qu'on avait égratigné son fils et le Standard n'était pas toujours ravi non plus. Heureusement, Michel Lecomte ne nous a jamais censurés. VIZOREK : Franchement, un gars qui parle trois langues comme il les parle, je ne devrais pas me moquer. Mais ça reste mon métier, donc je le fais. Quand des Flamands me disent qu'il ne parle pas toujours bien néerlandais, je leur réponds 'rassurez-vous, il ne parle pas très bien le français non plus'. De temps en temps, il loupe une concordance des temps. Il se lance dans des subjonctifs alors qu'il ne devrait pas. Mais j'aime bien les valeurs qu'il véhicule et puis, quand tu le regardes, tu as l'impression qu'il est comme toi : il a préparé son truc, il a préparé ses gars mais après il transpire, il vit son match, ça me plaît. VIZOREK : Oui, on a eu Raymond Domenech, Franck Leboeuf et surtout Lilian Thuram. C'est pas tous les jours que tu croises un champion du monde, hein ! J'ai toujours cette fascination pour les sportifs de haut niveau. PAR JULES MONNIER - PHOTO BELGAIMAGE" De temps en temps, Wilmots loupe une concordance des temps. Il se lance dans des subjonctifs alors qu'il ne devrait pas ! " - ALEX VIZOREK