Il s'appelle Derick Ogbu mais est mieux connu sous le surnom Chuka : Dieu est grand dans la langue Ibo. Au Nigeria, il n'a connu que les Enugu Rangers, par où sont passés autrefois des footballeurs aussi cotés que Jay-Jay Okocha ou Taribo West. Voire Joseph Enakarhire, qui milita au Standard. Contrairement à ses devanciers qui ont tous choisi l'Europe comme première destination, Chuka a pris la direction d'Oman en 2007.
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Il s'appelle Derick Ogbu mais est mieux connu sous le surnom Chuka : Dieu est grand dans la langue Ibo. Au Nigeria, il n'a connu que les Enugu Rangers, par où sont passés autrefois des footballeurs aussi cotés que Jay-Jay Okocha ou Taribo West. Voire Joseph Enakarhire, qui milita au Standard. Contrairement à ses devanciers qui ont tous choisi l'Europe comme première destination, Chuka a pris la direction d'Oman en 2007. " J'avais 17 ans et mon ambition était d'aboutir en équipe première dans mon club ", se souvient-il. " Mais les événements se sont précités. Mon coach chez les jeunes avait un collègue qui s'était exilé dans le golfe Persique et l'avisa que bon nombre de clubs étaient à la recherche de jeunes Africains pour rehausser leur niveau. Je me suis laissé tenter et j'ai abouti à Al Salam, un pensionnaire de D2 ". Il fut le plus jeune joueur à évoluer à cet échelon mais ce n'était pas son truc : " J'étais l'un des rares pros de l'équipe, conjointement avec un Camerounais et un Ivoirien, plus âgés que moi. Les autres avaient un autre métier. Ils arrivaient toujours en retard aux entraînements et étaient davantage préoccupés par leur foi que par le ballon. Je comprends que les musulmans prient cinq fois par jour. Mais de là à le faire en plein match... Ce qui me gênait aussi, c'était la chaleur. J'avais beau être habitué à des températures de plus de 30 degrés, là-bas il n'était pas rare que le thermomètre avoisine les 45 degrés. C'était inhumain. Le soir, il faisait encore une chaleur étouffante ". Au bout de trois ans, Chuka se le tient pour dit. Direction le Qatar où il est embauché par Umm Salal, un club de D1. C'est là qu'il fait une rencontre essentielle : l'entraîneur hollandais Henk Ten Cate, qui a drivé entre autres l'Ajax Amsterdam et le Panathinaïkos Athènes. L'homme l'a sous ses ordres durant un an et est convaincu que le gars, qui fait flèche de tout bois, a un avenir en Europe. A son retour aux Pays-Bas au printemps passé, il le présente au PSV Eindhoven. " J'ai livré quatre rencontres amicales au cours desquelles j'ai chaque fois marqué ", observe Chuka. " Mais j'étais un joueur extra-communautaire, pour qui il fallait dépenser plus, en salaire, qu'un jeune Néerlandais. Et puis, je n'avais pas rang d'international parce que j'ai refusé des sélections en classes d'âge du Nigeria ! On me proposait dans le même temps de devenir citoyen au Qatar et j'y ai songé avant de revenir sur ma décision, histoire de ne pas entraver ma carrière. Voilà pourquoi je ne compte toujours pas de cap ". Pressenti, au même titre que son compatriote Mario Been, pour reprendre la place laissée vacante par Frankie Vercauteren au Racing Genk, Ten Cate refuse car il veut prendre une année sabbatique. Mais sa présence au Limbourg n'en laisse pas moins des traces. Dans ses bagages, il a emmené Chuka, qu'il aimerait bien caser en Belgique à défaut d'avoir pu lui trouver un club outre-Moerdijk. Les Bleu et Blanc ne sont pas intéressés. Avec Marvin Ogunjimi, Jelle Vossen et Elyaniv Barda, ils ont ce qu'il faut en magasin. En revanche, l'OHL, dirigé par un ancien Racingman, Ronny Vangeneugden, est preneur. Et au bout d'une semaine de tests, fin août, Chuka est déclaré bon pour le service. Il doit attendre le 26 pour obtenir le feu vert de l'Union Belge. Le lendemain, à l'occasion du déplacement des Louvanistes à Lokeren, il entre au jeu en fin de match et inscrit le but de la victoire : 0-1. Une semaine plus tard, il fait mieux encore en scorant à deux reprises contre Mons. Une fois du gauche, une fois du droit. En pleine lucarne. " Le droit est mon bon pied mais je me débrouille du gauche aussi ", observe le joueur. " Je ne suis pas vraiment étonné par ma réussite. Partout où je suis passé, j'ai toujours trouvé le chemin des filets. J'ai terminé meilleur buteur à Oman et, à Umm Salal, je marquais comme à la parade. La touche finale, c'est ma spécialité. Par contre, il me faut encore améliorer mon implication dans le jeu. Jusqu'ici, j'ai été trop approximatif dans les combinaisons ". " Je remarque quand même la griffe de Ten Cate chez lui ", souligne Van Geneugden. " Il sait manifestement ce que sont les lignes de course et essaie de se rendre disponible pour ses partenaires. Il y a encore pas mal de déchets mais à choisir, il vaut mieux qu'il soit adroit à la finition. Et, dans ce domaine, il a le nez creux puisqu'à lui seul, il nous a déjà valu une demi-douzaine de points. Pour un néo-promu, c'est une aubaine. Je n'en vois pas du même calibre chez la concurrence directe. C'est donc tout profit pour nous ". " J'ai 21 ans et je dois encore apprendre beaucoup ", dit Chuka. " L'OHL me paraît une première étape idéale en Europe. Par après, je pourrai toujours viser plus haut, en Belgique ou ailleurs. L'Angleterre, et Manchester United plus précisément, m'attirent. Mais je mesure fort bien que le chemin est encore long pour y arriver. Mon objectif, à plus court terme, est d'intégrer le noyau des Super Eagles du Nigeria. J'ai déjà reçu un coup de fil de la fédé pour me dire qu'on me tenait à l'£il. ". PAR BRUNO GOVERS - PHOTO: IMAGEGLOBE" A Oman, les joueurs étaient davantage préoccupés par la foi que par le football "