Mon titre est celui d'une vieille chanson de Renaud, du temps où l'émission passait le samedi en fin de soirée : Renaud loupait Cangioni et les autres pour avoir trop picolé en les attendant ! Ce qui n'est évidemment pas mon cas : le dimanche matin à 10 h 50, je regarde le Téléfoot de TF1, pour voir les résumés : et chaque fois, j'en sors déçu d'avoir loupé la moitié des buts montrés !
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Mon titre est celui d'une vieille chanson de Renaud, du temps où l'émission passait le samedi en fin de soirée : Renaud loupait Cangioni et les autres pour avoir trop picolé en les attendant ! Ce qui n'est évidemment pas mon cas : le dimanche matin à 10 h 50, je regarde le Téléfoot de TF1, pour voir les résumés : et chaque fois, j'en sors déçu d'avoir loupé la moitié des buts montrés ! Je m'en veux ensuite de mon inattention, qui tient à mon incapacité à rester inactif : entre deux résumés, faut que je plonge dans un bouquin, une revue, un machin à gribouiller et pour peu que ça m'obnubile, j'oublie de relever le nez au moment du résumé ! Une heure plus tard, je me traite de tous les noms d'oiseaux, car j'ai raté Téléfoot tout en l'ayant regardé : mea culpa, je n'ai qu'à m'abstenir de faire 36 trucs en même temps,... mais c'est infaisable ici et j'ai voulu comprendre ! Pour vraiment savoir ce qui m'y lasse, j'ai disséqué le Téléfoot du 9 mai dernier. Le magazine a duré 62 minutes desquelles je soustrais d'emblée les deux pages de publicité. Ce sont deux moments difficiles à zyeuter avachi, car ça fait deux fois cinq minutes, autant dire un temps énorme : outre bouquiner, tu peux vite aller te raser, vite aller chez Jules, vite préparer ton sac de foot pour l'après-midi, vite enfourner tout le brol de cuisine dans le lave-vaisselle, vite refaire le lit ou vite faire avaler son vermifuge au clebs ! Je ne reste donc pas souvent assis durant les pubs, je reviens souvent un peu en retard, et ça me fait déjà louper trois buts en moyenne... Restent 52 minutes, desquelles je biffe le sommaire du début, les tableaux de résultats qui ne sont pas plus imagés que ceux des journaux, les pronostics pour le week-end suivant en D1 française (qui m'indiffèrent autant que la météo en Estonie), et le générique de fin (forcément bête comme un générique) : chrono en main, tout ça tourne de nouveau autour de cinq minutes : n'allez pas en conclure que les 47 minutes restantes vont me porter aux nues. J'ai compté 22 retours studio, de 20 secondes en moyenne. D'accord, ça fait 22 fois où te sourit Nathalie Renoux, la p'tite nouvelle jolie, ni péteuse sur la forme, ni pédante sur le fond. Christian Jeanpierre a pour fonction parallèle de sourire aux dames, et Jean-Luc Arribart exploite chaque fois une phase (une seule hélas) pour fournir joliment l'éclairage tactique d'un détail : le trio présent plaît, mais moins que l'absence du trio absent,... car tu soupires surtout d'aise depuis que Roland-Praud-Hardy ont remisé les boots ! N'empêche que 22 retours studio, si ça rythme l'émission, ça fait surtout sept minutes rien que pour sourire et annoncer les sujets : ne restent plus que 40 minutes pour, enfin, espérer VOIR DU FOOT ! Deux séquences people rappelleront une quinzaine d'infos, en quatre minutes environ. De Sagnol annonçant vouloir quitter le Bayern au gros Maradona qui quitte l'hôpital, en passant heureusement par un dribble de Ronaldinho et malheureusement par une castagne sur gradins quelque part dans le monde, y'a ça chaque semaine. Ce qui ne fait toujours guère de jeu, mais surtout du rabâché... Trois sujets magazines couvriront aussi six minutes, là c'est parfois chouette,... j'avoue qu'ils me font souvent relever le nez de mes lectures ! N'empêche que ce ne sont toujours pas des résumés de matches, et il ne reste que trente minutes... Cette demi-heure a consisté en 14 résumés, épars évidemment, mais surtout entrecoupés et/ou suivis d'interviews,... au point que ceux-ci ont constitué 12 minutes de blabla total : et plus l'interview est à chaud, plus c'est de l'entendu mille fois, plus je risque de déconnecter en oubliant de reconnecter ! Bref, ce Téléfoot-là, que j'ai disséqué mais qui était comme les autres, offrait 35 buts en 14 résumés de matches représentant 18 minutes de jeu effectif, ralentis et replays inclus ! Et il faudrait rester attentif plus d'une heure pour ça ? Je ne puis, la vie est si courte : désormais, Téléfoot, Sportschau et tutti footi, ce sera vive le magnéto, le différé et la zapp. par Bernard JeunejeanSur 62 minutes d'émission, y a QUE 18 MINUTES DE JEU, ralentis et replays inclus