Le 1er août 1976. Au kilomètre 10,6, à plus de 200 km/h, Niki Lauda perd le contrôle de sa Ferrari 312T2. Son bolide heurte un rail et prend feu. Il hurle. Confrontés à une température de 800 degrés et à 200 litres de carburant, les secours mettent 55 secondes à extirper le triple champion du monde autrichien de l'épave.
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Le 1er août 1976. Au kilomètre 10,6, à plus de 200 km/h, Niki Lauda perd le contrôle de sa Ferrari 312T2. Son bolide heurte un rail et prend feu. Il hurle. Confrontés à une température de 800 degrés et à 200 litres de carburant, les secours mettent 55 secondes à extirper le triple champion du monde autrichien de l'épave. Lauda souffre de brûlures d'une extrême gravité. Il peut à peine respirer tant ses poumons sont abîmés par les gaz. Une ambulance le conduit à la clinique d'Adenau, qui le fait transférer en hélicoptère à Ludwigshafen puis au centre pour grands brûlés de Mannheim. Les médecins sont horrifiés : ils n'ont jamais vu de telles marques dans un visage brûlé. Parmi eux, une anesthésiste, Eike Martin. " Je m'en souviens très bien ", a-t-elle récemment déclaré au Frankfurter Allgemeine Zeitung dans une double interview exclusive avec Lauda. " C'était un lundi matin, à sept heures. Sa tête était terriblement gonflée, aussi large que mes épaules. Nous étions sceptiques : pouvions-nous encore le sauver ? Nous avons installé un système pour aspirer constamment de ses poumons une substance noire, le plastique de la carrosserie, qu'il avait respiré. Pendant cinq jours, nous avons dû vider ses poumons toutes les demi-heures. Niki était bourré d'anti-douleurs. Ce qu'il a subi et surmonté était surhumain. " Plus tard, son épouse d'alors, Marlene, a confié à Lauda le verdict des médecins, ce premier jour. " Ils lui ont dit que je ne passerais pas la nuit ", raconte l'ancien pilote. Le médecin opine. " Après un tel traumatisme, les premières nuits sont toujours critiques. Si le patient survit au quatrième jour, il a une chance mais 95 % des cas présentant de telles plaies meurent. " Lauda ne se souvient absolument pas de l'accident. " C'est une tache dans ma mémoire. La collision a été si brutale qu'elle a arraché le casque de ma tête. Ça dit le KO que j'ai subi. " Depuis ce jour quasi fatal, l'anesthésiste et Lauda sont inséparables car l'Autrichien a insisté auprès de Bernie Ecclestone, le patron de la F1, pour que le Dr. Martin soit intégrée au medical car. " La course automobile était extrêmement dangereuse à l'époque. J'en ai toujours été conscient ", affirme Lauda. " 42 jours plus tard, je prenais le départ de Monza et je terminais quatrième. Durant un des premiers jours de mon hospitalisation, un prêtre est venu pour me donner l'extrême onction. J'étais si faible qu'en sentant une chaleur, j'ai cru que je mourais. Mais je ne voulais pas mourir. Je voulais vivre et je me suis battu. " PAR MICHAEL WITTERSHAGEN