Le Bayern local vise le triplé et pourtant, la Bavière reste sous contrôle. Toujours aussi calme et verdoyante. Le centre d'entraînement se situe dans une petite rue à cinq kilomètres du centre. Calme et verdoyante elle aussi. Au 55 de la Säbener Strasse, l'atmosphère est différente. Plus de 1.000 supporters se sont déplacés pour saluer l'entraînement de leurs héros, ceux qui quelques jours plus tôt ont décroché à la fois leur ticket pour la finale de la Ligue des Champions et le titre de champion d'Allemagne. On trouve de tout : écoliers, hommes d'affaire de passage, quelques touristes d'Europe de l'Est et fans de la première heure qu'on reconnaît aux vestes en jeans usées, sur lesquelles sont cousus des dizaines d'écussons à la gloire du Bayern. Pour arriver à ce complexe simple et moderne, notre taxi a traversé les âges, passant de l'Allianz Arena toute pimpante au vieux stade de Munich 1860, situé à deux rues du centre d'entraînement du puissant voisin.
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Le Bayern local vise le triplé et pourtant, la Bavière reste sous contrôle. Toujours aussi calme et verdoyante. Le centre d'entraînement se situe dans une petite rue à cinq kilomètres du centre. Calme et verdoyante elle aussi. Au 55 de la Säbener Strasse, l'atmosphère est différente. Plus de 1.000 supporters se sont déplacés pour saluer l'entraînement de leurs héros, ceux qui quelques jours plus tôt ont décroché à la fois leur ticket pour la finale de la Ligue des Champions et le titre de champion d'Allemagne. On trouve de tout : écoliers, hommes d'affaire de passage, quelques touristes d'Europe de l'Est et fans de la première heure qu'on reconnaît aux vestes en jeans usées, sur lesquelles sont cousus des dizaines d'écussons à la gloire du Bayern. Pour arriver à ce complexe simple et moderne, notre taxi a traversé les âges, passant de l'Allianz Arena toute pimpante au vieux stade de Munich 1860, situé à deux rues du centre d'entraînement du puissant voisin. Pas de Franck Ribéry, en déplacement ce jour-là à Nyon, pour y plaider sa cause. En vain... Par contre, impossible de manquer le roc belge, Daniel Van Buyten, tout sourire, remis de ses tracas physiques qui l'ont vu faire l'impasse sur le match contre Bochum. " Il s'est fortement amélioré cette saison qui, du coup, devient sa meilleure sous le maillot du Bayern ", explique un journaliste de la télévision locale, Marco Lesco. " Certes, il n'a pas la classe individuelle d'autres joueurs du noyau et il n'a pas encore remplacé Lucio mais il a trouvé sa place dans l'organisation de Louis van Gaal, qui compte énormément sur lui pour organiser sa défense. Je pense que Van Buyten a besoin d'une équipe performante pour démontrer son importance. Les deux leaders de la défense, Martin Demichelis et lui, diffèrent. L'Argentin est sans doute meilleur en un contre un et se retourne plus facilement, mais Van Buyten contrôle tout le trafic aérien, organise mieux la défense et dispose d'un meilleur jeu de position. Cela fait plusieurs années qu'on entend que le secteur défensif constitue le point faible de cette équipe mais van Gaal a fortement amélioré cela. Aujourd'hui, tout part de l'entrejeu, qui récupère beaucoup plus de ballon et soutient davantage sa défense. "Une heure plus tard, les journalistes patientent. Au menu : Arjen Robben pour une tablée de journalistes, Mark van Bommel pour la ZDF et Holger Badstuber pour un quotidien bavarois. Van Buyten, qui nous est réservé, arrive le dernier : " Le coach m'a laissé souffler contre Bochum en me disant que c'était quand même mieux de disputer les finales. " Car ici, on évoque déjà les deux derniers rendez-vous : finale de la Coupe contre Brême (15 mai), et finale de la Ligue des Champions contre l'Inter une semaine plus tard. Daniel Van Buyten : Je ne m'en rends pas vraiment compte. Pour le moment, on est dans notre saison, dans notre bulle. On est conscient qu'on est en finale de Ligue des Champions mais on n'en mesure pas la portée. Avant chaque début de saison, on remplit un questionnaire et quand on doit définir notre rêve, la réponse qui revient le plus souvent porte sur une victoire en Ligue des Champions. Là, cela devient réel. Le jour où j'ai signé au Bayern, je savais que je signais dans un club capable de gagner cette Coupe et d'enrichir mon palmarès. D'accord. Quand je vois les résultats et le fait que j'ai inscrit neuf buts, que je n'ai été écarté que sur blessure, que je me suis bien épanoui dans ce groupe, je peux dire que j'ai kiffé cette saison. Je reçois de bonnes critiques dans la presse. Au Bayern, il s'agit clairement de ma meilleure saison. J'ai connu une bonne période à Hambourg mais à Marseille aussi. Je ne peux cependant pas dire que je me sentais mieux à l'époque. ( Il réfléchit) Mais, bon, c'est un peu normal que je marche bien cette année. Je suis titulaire et on joue pour des trophées. Naturellement, je me sens concerné. Je ne suis pas là pour remplacer qui que ce soit. C'est moi. C'est Van Buyten. Si les dirigeants m'ont conservé, c'est parce qu'ils ont confiance en moi. J'ai tout donné pour devenir le patron de la défense et l'entraîneur m'a fait confiance. Avec comme bilan : meilleure défense, champion, finales de la Coupe et de la Ligue des Champions. En tant que défenseur, que vouloir de plus que de finir meilleur défense de Bundesliga ? J'ai un bon dialogue avec lui. Il est le principal responsable de ma bonne saison car dès le début, il a été clair. Pour lui, les meilleurs doivent jouer. Il n'y a pas de privilégiés et il m'a dit d'emblée que la bataille allait être difficile. Même à 32 ans, je sens que je progresse encore. Oui. Pour son intelligence de jeu, son caractère, sa mentalité de vainqueur. Ses discours te prennent. Il rassemble toute l'énergie d'une équipe et la centralise sur le match à venir. Il ne triche pas. Il est arrivé comme entraîneur à poigne mais c'est aussi quelqu'un d'attachant. Cette facette, il ne la développe que petit à petit. Il sait détendre l'atmosphère par une blague au milieu d'un discours sérieux. Il adore que les joueurs communiquent. C'est aussi un grand fêtard et il ne s'en cache pas. On ne peut pas directement semer et récolter. Il faut un temps d'adaptation. Pourquoi ? Parce que le score était large et qu'il y a eu la manière. Mais pour moi, cela s'est fait au fur et à mesure. On attache beaucoup d'importance aux statistiques et même quand les résultats ne suivaient pas, on voyait qu'il y avait 20 centres à gauche, 20 à droite, 17 tirs pour, 3 contre mais le score n'était que de 1-1. Van Gaal, lui, n'arrêtait pas de dire qu'on se situait sur le bon chemin. Il y a eu quelques victoires, notamment celle contre Wolfsburg (1-3) qui ne lui ont pas plu. A ce moment-là, il ne dort pas bien et le lendemain, il fait sortir de lui toute la haine qu'il a et cela nous réveille ( Il rit). On doit alors constater qu'il a raison. En championnat, on n'a pas dominé outrageusement comme certains s'y attendaient mais le niveau de la Bundesliga a augmenté. Hambourg a failli atteindre la finale de l'Europa League. D'ailleurs, je pense que d'ici cinq ans, la Bundesliga sera un des meilleurs championnats. Si pas le meilleur. Oui. Mais en contrepartie, je peux ajouter que le championnat a pris de la valeur. Comme en championnat ! On est passé par le chas de l'aiguille contre la Fiorentina en huitièmes. En quarts, contre Manchester, on a fait un gros match à la maison. En demi, on a dominé notre sujet. Après la qualification à Manchester. C'est vrai ? Pourquoi ? Ah bon ? En Allemagne, on n'en a pas parlé. Peut-être que cela a été rude sur un contact ou l'autre mais on avait affaire à une équipe anglaise, hein. On s'adapte aussi. Rooney, par son sens du déplacement, ses courses croisées, son sens du but, a été le joueur le plus marquant de notre parcours. Il va demander le ballon et il se retourne très vite et part en profondeur. Contre lui, il faut être sans cesse concentré et avoir une vision globale du jeu pour savoir où il se trouve. Moi, j'ai un super souvenir du match retour. En début de rencontre, on s'est fait prendre comme des gamins mais après le 3-1, c'était magnifique. Dans un stade de 75.000 personnes, dans une ambiance extraordinaire, on a trouvé les ressources. ( Il grimace)Pour moi, il y a en a plusieurs. Un Olic a énormément donné. C'est vrai que Robben a marqué des buts importants. Sa volée à Manchester ou son but à la Fiorentina ont marqué les esprits mais à Manchester, le 3-1 d'Olic a plus d'importance que le but de Robben. Il nous a remis dans le match. Cela nous a permis d'y croire et de les bousculer physiquement en deuxième mi-temps. Et puis, Schweinsteiger fait une superbe saison dans l'entrejeu ; Philip Lahm a toujours pistonné sur le côté. Si Robben s'est si souvent retrouvé en position de frappe, c'est parce qu'il avait, derrière lui, un homme qui faisait des appels et qui emmenait un homme avec lui. Mais bon, Robben a marqué les buts décisifs. Les stars apparaissent quand il faut faire la différence. Et, lui, l'a faite. C'est vrai. Ce ne fut pas facile pour lui. Il a connu beaucoup de blessures et des affaires extra-sportives qui ont fait beaucoup de peine à sa famille. Je suis là pour le soutenir. Le club aussi. Et dans ses moments-là, on se sent vraiment bien dans ce club quand on voit ce que le Bayern fait pour ses joueurs. Oui et non car quand un club fixe un prix et qu'il n'y pas d'offres à ce montant-là, on peut se demander si l'acquéreur le voulait vraiment. Et lui s'est posé la question. Possible. J'ai resigné pour deux ans et je le prends comme un signe de confiance du club qui n'a pas l'habitude d'offrir deux ans de contrat aux trentenaires. En football, j'ai appris à ne pas faire de plan. Mais je n'exclus pas un retour en Belgique un jour car je suis en très bons termes avec Luciano D'Onofrio... Comme d'habitude. On a quand même réalisé une belle saison. On a déjà remporté le championnat et on vise le triplé. C'est vraiment une saison à part et intéressante, autant pour moi que pour le club et je me dis que j'aurais bien voulu la partager avec mes fans. Le championnat d'Allemagne n'est pas trop regardé et je reçois beaucoup de courriers de supporters me disant qu'ils aimeraient recevoir davantage de nouvelles. C'est toujours bien d'avoir une reconnaissance via des prix individuels... Mais moi, mon bilan, je le tire à la fin de ma carrière et c'est là que je verrai si je peux être satisfait ou si je dois nourrir des regrets. Il y a toujours des petites choses. Tu te dis que ce choix-là ou celui-là n'était peut-être pas le plus adéquat. La seule petite chose que je regrette vraiment, c'est mon départ de Marseille à deux jours de la fin du mercato. Je n'étais pas partisan de partir à Manchester City. Mon père m'a un peu poussé et à ce moment-là, j'ai pris ma décision sans vraiment la mûrir alors que cela ne me ressemble pas. Je suis plutôt du genre à réfléchir beaucoup. Là, j'ai agi sur une impulsion. Oui. Je venais de terminer la saison meilleur buteur à égalité avec Ibrahima Bakayoko, j'avais un super rapport avec les supporters mais les dirigeants ont trouvé qu'il y avait moyen de faire une bonne affaire avec moi. Ils m'ont un peu mis la pression pour que je parte. Non. Certains trouvent que d'une certaine façon, " ils trichent ". Ils achètent une équipe en dépensant beaucoup d'argent. Oui mais les clubs comme le Bayern ont bâti une structure pour en arriver là et ils ont mis des années. C'est pas ça..., mon passage à City me laisse de bons souvenirs. J'ai pu goûter à la vie anglaise et cela m'a plu. Mais dans ma tête, j'étais toujours à Marseille. Si je me suis blessé à ce moment-là, c'est parce qu'il n'y avait qu'une partie de mon corps qui se trouvait à City. Et quand je vois que City se bat pour une place en Ligue des Champions, je me dis que c'est un bon club mais que le Bayern est bien supérieur. Je serais capable de remettre en jeu ma carrière et tout ce que j'ai gagné pour recommencer comme attaquant. Non, car je reçois quand même des échos positifs. Quand on m'appelle le roc, cela dit bien ce que cela veut dire. Et puis, finir la saison avec la meilleure défense, c'est aussi ma récompense. par stéphane vande velde à munich - photos : reporters"Les discours de van Gaal te prennent. Il rassemble toute l'énergie de l'équipe et la centralise sur le match à venir. ""Je n'exclus pas un retour en Belgique car je suis en très bons termes avec Luciano D'Onofrio."