Laurent Depoitre deux fois buteur contre Malines pour sa toute première titularisation avec Gand. Laurent Depoitre héros sur la pelouse du Standard en marquant le seul but du match.
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Laurent Depoitre deux fois buteur contre Malines pour sa toute première titularisation avec Gand. Laurent Depoitre héros sur la pelouse du Standard en marquant le seul but du match. Laurent Depoitre bourreau d'Ostende, son ancien club.Brève revue de presse estivale. Et Laulau ceci, et Laulau cela. La star la plus en vue du très bon début de saison gantois, c'est lui. Et on plane ? Du tout... Laurent Depoitre reste calme, zen, à la limite mal à l'aise quand on lui demande d'expliquer son pic de forme. On le connaît encore assez mal. Mais plus pour longtemps parce qu'il va maintenant détailler tout son parcours ! Laurent Depoitre : J'y pense parfois et je vois les choses de deux façons. J'ai voulu d'abord terminer l'université et je voulais y aller étape par étape dans le foot. J'ai réussi en D3 avec Alost, puis j'ai découvert la D2 là-bas et ça s'est aussi bien passé, ensuite Ostende aussi en D2 puis en D1. C'était très logique comme progression. En arrivant à Gand, j'étais convaincu que j'étais prêt. Même chose déjà en débarquant à Ostende. Je ne sais pas si je me serais imposé aussi vite en première division si j'avais sauté la deuxième. Je pourrais quand même citer pas mal de joueurs qui ont raté cette transition-là, de la D3 à la D1, alors qu'il avaient sûrement les qualités pour y arriver. Ça, c'est mon premier raisonnement. Le deuxième... il est assez différent. Je pense parfois que je serais peut-être encore plus haut aujourd'hui si j'avais commencé en D1 au même âge que les autres. Oui, j'ai des regrets. Tout à fait, j'avais signé. Ça a capoté pour une drôle d'histoire. C'était l'époque du rapprochement entre les deux présidents, j'étais certain qu'ils avaient réglé tous les détails de mon transfert. Je suis tombé de ma chaise quand le boss d'Ostende a dit en fin de championnat que j'étais toujours sous contrat chez lui. Au bout du compte, c'était peut-être mieux comme ça. Ostende est monté et j'ai pu faire mes grands débuts avec une équipe que je connaissais, dans un environnement où je me sentais super bien, avec un Fred Vanderbiest qui croyait vraiment en moi. Est-ce que j'aurais directement eu beaucoup de temps de jeu avec Francky Dury ? Ça peut surprendre mais il ne m'a pas fallu bien longtemps pour digérer l'échec de ce transfert. Et un an plus tard, je suis à Gand. C'est pas beau, ça ? Avoue que c'est bien aussi, non ? (Il rigole). (Il réfléchit et répond sur un ton très cool...) Le niveau est plus élevé. On joue contre des défenses plus costaudes. Le placement des joueurs est meilleur. Mais ça va, j'ai vite réussi à m'adapter, je crois. Content... Oui, cinq ans, il me reste à faire mon mémoire. Je vais faire les formalités dans les prochains jours pour le passer cette année. Ouais, c'est très difficile, c'est connu. Si j'avais été en D1 à l'époque, je n'aurais jamais pu aller au bout. J'ai terminé avant d'arriver à Ostende, et à partir de ce moment-là, j'ai pu tout donner pour le foot. Non parce que les autres joueurs de Péruwelz puis d'Alost étaient aussi bien occupés à côté du foot. Ils étaient aux études ou ils travaillaient et ils venaient à l'entraînement après leur journée, comme moi. C'est plus à l'unif que ça tiquait un peu. Ceux qui étaient avec moi dans l'auditoire se demandaient comment je pouvais encore faire du foot après les cours et avant le boulot au kot... Mais oui, je me dis maintenant que c'était un truc fou. J'en suis plus conscient maintenant qu'à l'époque. Mais j'ai eu une vie d'étudiant tout à fait normale, hein ! Je faisais tout comme les autres, aussi quelques sorties. Simplement, je m'organisais bien. C'était très chouette pendant huit ou neuf mois, puis un peu moins pendant le blocus puis les examens. Là, c'était la misère... Je n'ai pas fait ces études-là en pensant à un métier précis. J'ai fait un choix finalement assez naturel : je voulais l'université, j'aimais bien les sciences et les maths. J'ai passé l'examen d'entrée pour voir où j'en étais, je l'ai réussi, donc je me suis logiquement inscrit. A ce moment-là, je ne me voyais pas faire carrière dans le foot. C'était un loisir, ça n'allait pas plus loin. Je n'en sais rien. J'ai deux spécialisations : électromécanique et commerce. Electromécanique, ça ne sert pas tellement dans le foot, mais commerce, ça peut être utile. (Il réfléchit puis il soupire !) J'ai fait deux ans à Mouscron chez les jeunes. Ils m'ont renvoyé après la deuxième saison, je suis parti à Tournai. J'avais une quinzaine d'années, je ne convenais plus, c'était dur à entendre. A ce moment-là en tout cas. Parce que plus tard, en réfléchissant bien à ces deux saisons, j'étais finalement content de ne plus être au Futuro ! Ce n'était pas une mentalité pour moi, c'était fort élitiste. Il y avait beaucoup de concurrence, parfois malsaine. Pour avoir leur place, certains gamins étaient prêts à beaucoup de choses. On avait l'impression qu'il y avait beaucoup plus en jeu que ce qu'il y avait réellement... Bon, ils ne sont quand même pas devenus pros. Moi oui. Et aussi un coéquipier de l'époque : Daan Van Gijseghem. Oui... Je n'ai jamais eu de vrais contacts avec un club francophone, c'est comme ça. Seulement avec Mouscron, qui aurait voulu me récupérer quand j'étais à Ostende. Pour moi, c'était hors de question. La direction avait changé mais ça restait Mouscron et je n'avais pas oublié ce que j'y avais vécu. En fait, je me suis senti bien en Flandre directement. Quand j'ai signé à Alost, j'étais le seul joueur du noyau qui parlait français. Dans une ville qui n'a pas la réputation d'être celle où les francophones sont le mieux accueillis... Mais tout s'est bien passé. La Flandre est devenue mon nouveau terrain de jeu, je m'y suis installé, j'y suis chez moi. (Il rigole). Michel Louwagie est toujours à la tête de la Fédération de natation et il connaît très bien mon grand-père qui est président du club de water-polo de Tournai. Mais quand il m'a fait venir, il n'avait pas fait le rapprochement, il ne savait pas que c'était mon grand-père. On a donc parlé de natation et de water-polo. Mon père et mon oncle ont joué en D1 avec Tournai, ils étaient assez connus dans ce sport. J'ai aussi essayé mais je ne l'ai fait qu'un an, ce n'était pas fait pour moi. Ostende était le petit poucet qui découvrait la D1, on jouait un jeu fort défensif, on misait sur l'organisation. En tout début de saison, surtout, on a eu énormément de mal à produire quelque chose. Ça s'est déjà un peu amélioré avec Franck Berrier et Fernando Canesin. A ce moment-là, je me suis mis à marquer une fois de temps en temps et j'ai toujours continué à le faire, mais ce n'était quand même pas si fréquent. Ici, c'est différent. On a un système fort offensif, on a le plus souvent la possession de balle et les occasions suivent. Ce qui me surprend le plus, c'est d'avoir été titulaire aussi vite. Quand j'ai signé, je me suis dit que ça n'allait pas être simple. La concurrence était costaude. Et après ça, ils ont encore transféré David Pollet. J'ai pensé : -Là, ça se complique encore un peu plus... Mais j'étais titulaire dès le deuxième match : deux buts et un assist. C'était bien parti. Oui, sans doute. Donner la victoire à mon équipe sur le terrain du Standard en marquant le seul but du match, ça se retient. Ça ne m'énerve certainement pas. On m'appelait déjà comme ça à Alost. J'ai mon gabarit, je suis grand et costaud, je dois assumer. Je pense que j'ai un profil assez atypique. Malgré ma taille, je trouve que je suis relativement rapide. Et je peux jouer aussi bien dans la profondeur qu'en pivot. Pardon ? (Puis il se reprend.) Ah oui, je vois. OK. (Il rigole). On aime bien des gros titres pareils. Pendant une interview très classique, j'ai simplement dit au journaliste que j'avais rencontré ma petite amie à Ostende. Une ancienne Miss Coast qui travaillait au club comme hôtesse les soirs de match. C'est comme ça qu'on a fait connaissance, dans l'espace VIP. Il n'y a pas de quoi en faire tout un plat. Ça ne me dérange pas qu'on parle de nous. Ce qui me dérange, c'est de découvrir ma fiancée en maillot sur la plage quand j'ouvre le journal. Ils vont prendre des photos sur internet sans demander notre permission et ils publient. J'ai dit que j'étais célibataire lors de ma première saison à Ostende. Dans ce cas-là, on a plus envie de sortir que si on est en couple. PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS : BELGAIMAGE / KETELS" J'ai tâté du water-polo mais ce n'était pas mon truc. "