Le départ de Saint-Jean et son remplacement par Pister, ce fut le premier coup de tonnerre dans le championnat. Le physique et le mental ne suivaient plus, Saint-Jean a jeté l'éponge après un seul match : la dégelée à La Gantoise (5-0).
...

Le départ de Saint-Jean et son remplacement par Pister, ce fut le premier coup de tonnerre dans le championnat. Le physique et le mental ne suivaient plus, Saint-Jean a jeté l'éponge après un seul match : la dégelée à La Gantoise (5-0). Devenir T1 faisait partie de vos ambitions quand vous avez signé votre contrat d'adjoint ?Thierry Pister : Il était convenu que Philippe Saint-Jean serait T1 pendant une ou deux saisons puis deviendrait directeur sportif. Etre adjoint, c'était nouveau pour moi. J'avais demandé des garanties au président, je ne voulais pas ne rien avoir à dire. Il m'avait rassuré, demandé de parler et même de gueuler sur le terrain d'entraînement. Et comme le coaching est une seconde nature chez moi, je ne me suis pas privé. Mais Philippe Saint-Jean m'a vite fait remarquer que ce n'était pas mon job. Alors, j'ai dû m'adapter mais je ne m'imaginais pas dans ce rôle pendant plus d'une ou deux saisons. Vous étiez frustré, non ?Il avait ses idées, assez différentes des miennes. En rentrant dans notre bureau, je lui faisais parfois un rapport sur ce que pensaient les joueurs. Je me suis parfois fâché. Mais le plus important est qu'il ait dit récemment que je n'avais pas scié les pieds de sa chaise. Votre duo n'était pas homogène...C'était difficile à partir du moment où nous n'avions pas les mêmes conceptions. J'aurais voulu modifier certaines choses, mais après six semaines, je devais toujours me contenter d'être un simple spectateur aux entraînements et traducteur vers l'anglais et le néerlandais. Je ne suis pas difficile, mais là, je n'étais pas content du tout. Attention, j'ai un respect énorme pour Philippe Saint-Jean. Sa façon d'expliquer les choses aux joueurs, par exemple, c'est la toute grande classe. C'est aussi un gars extrêmement honnête et il m'a appris des choses intéressantes. Votre conception du jeu, c'est quoi ?D'abord la simplicité. Philippe Saint-Jean expliquait des exercices qui étaient simples pour lui mais compliqués pour les joueurs et aussi pour moi. Son système aurait pu marcher s'il avait eu les joueurs pour le pratiquer, mais il ne les avait pas. J'estimais qu'il était possible de travailler beaucoup plus simplement pour arriver à d'aussi bons résultats. Ma première mesure a été d'abandonner le 4-3-3 pour un 4-4-2 parce que Mons n'a pas les hommes pour jouer en 4-3-3. Et je continue à chercher. Contre le Cercle et Anderlecht, l'équipe a été beaucoup trop défensive. Cela ne peut pas durer car il y a dans ce noyau assez de joueurs pour jouer beaucoup plus offensivement. Former un bloc de 8 ou 9 hommes ne me suffit pas, je veux une vraie masse avec 11 gars, un système que l'adversaire aura toutes les peines du monde à casser. Je reviens à Saint-Jean : après combien de temps avez-vous compris qu'il ne s'éterniserait pas ?Il m'avait dit une fois qu'il était fatigué. Il a aussi dit à la direction que si elle trouvait quelqu'un pour le remplacer, il voulait bien partir. Ce jour-là, j'ai été un peu fâché. Je me suis demandé ce que j'allais devenir. S'il s'en allait, le club risquait de se débarrasser de tout le staff. Or, moi, je voulais rester à Mons. Sa fatigue se voyait au quotidien ?Oui. J'ai affronté plusieurs fois Tubize quand je bossais en D2. Saint-Jean était très dur avec son équipe, il coachait et gueulait constamment. Ici, il ne s'est jamais énervé. Ce n'était plus le même homme. Il était arrivé sans avoir pu recharger ses batteries après le tour final avec Tubize. Il manquait un patron dans le vestiaire au temps de Saint-Jean ?Il faut de la discipline. J'estime que quand on a un vestiaire propre, on est propre sur le terrain. Dès qu'il y a un mot entre deux joueurs, je suis prêt à intervenir pour rétablir la propreté. Et tous les jours, il se passe quelque chose. Vous confirmez que ce vestiaire est difficile ?Pas plus qu'un autre. J'ai été pro pendant 16 ans, et partout, il y avait quelque chose. Mais c'est toujours dépendant des résultats. Après un 12 sur 12, c'est champagne et rigolade. Après un 0 sur 12, il n'y a pas de champagne et on ne rit pas.