Mons entre en gare mais son club, l'Albert, pourrait dérailler bien avant que la cité d'Elio Di Rupo ne mette son papillon de capitale européenne de la culture en 2015. Le pronostic vital est engagé depuis des mois pour la survie du RAEC en D1. Le grand manitou en a marre de banquer seul. Dans la jungle, terrible jungle le Leone est (peut-être) mort ce soir. Wimbooë, wimboë wimboë : le stade des Dragons, qui appartient à la Ville, est à moitié terminé depuis des années et l'ancienne tribune principale serait même déclassée en Amazonie. Une partie de la voirie, derrière un but, est trouée comme du gruyère. Cela donne une image bien terne de cette ville qui, pourtant, profite de la présence de son club en D1. Dominique Leone reconnaît également qu'il y a eu des manquements cette saison et précise : " J'ai longtemps cru au projet, à la volonté de cette entité de se doter d'un outil à la page. Aujourd'hui, si tout était à refaire, je ne me lancerais plus dans une telle aventure. J'ai été piégé, et bien piégé... "
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Mons entre en gare mais son club, l'Albert, pourrait dérailler bien avant que la cité d'Elio Di Rupo ne mette son papillon de capitale européenne de la culture en 2015. Le pronostic vital est engagé depuis des mois pour la survie du RAEC en D1. Le grand manitou en a marre de banquer seul. Dans la jungle, terrible jungle le Leone est (peut-être) mort ce soir. Wimbooë, wimboë wimboë : le stade des Dragons, qui appartient à la Ville, est à moitié terminé depuis des années et l'ancienne tribune principale serait même déclassée en Amazonie. Une partie de la voirie, derrière un but, est trouée comme du gruyère. Cela donne une image bien terne de cette ville qui, pourtant, profite de la présence de son club en D1. Dominique Leone reconnaît également qu'il y a eu des manquements cette saison et précise : " J'ai longtemps cru au projet, à la volonté de cette entité de se doter d'un outil à la page. Aujourd'hui, si tout était à refaire, je ne me lancerais plus dans une telle aventure. J'ai été piégé, et bien piégé... " DominiqueLeone : J'aime cette ville, dont je suis un acteur économique important, et évidemment l'Albert. La situation est difficile. Sportivement, c'est une saison ratée, mais nous ferons le maximum pour rester en D1 via les PO3 et le tour final. Je suis venu à l'Albert il y a 26 ans, du temps où Elio Di Rupo était président. Durant deux ans et demi, si je me souviens bien, avant d'être appelé à d'autres fonctions. De mon côté, il y a 13 ans, j'ai donné un coup de main à l'ancien bourgmestre, Maurice Lafosse, qui présidait l'Albert. Il y avait de l'eau dans le gaz entre Lafosse et le nouveau patron de l'hôtel de ville, Elio Di Rupo. Ce dernier ne supportait pas que Lafosse soit présent dans la presse sportive, grâce à l'Albert, et en profite pour régler ses comptes avec les nouvelles autorités politiques montoises. Di Rupo a réuni les administrateurs. Il nous a demandé de dégager Lafosse ou il coupait les vivres. Lafosse a été écarté de son poste à l'Albert où il y a eu l'élection d'un nouveau président. J'ai récolté bien plus de voix que l'ancien gardien de but Maurice Jamin, soutenu par Lafosse, qui s'est fâché. En 2014, son fils est Echevin des Sports mais ne m'aime pas, car j'ai battu son père, Elio Di Rupo, lui, est Premier ministre, et moi je dépense plus d'un million d'euros par an pour un club doté d'un demi-stade. Seul, je ne peux pas y arriver. C'est pour cela que je le dis : j'ai été piégé par Di Rupo... C'est un constat. On ne voit pas d'édiles locaux, régionaux, ou nationaux au Tondreau. Le bourgmestre faisant fonction n'a plus été signalé chez nous depuis belle lurette. Cette absence tranche par rapport à ce que je vois dans d'autres stades. A Anderlecht et au Club Bruges, entre autres, je croise tous les décideurs de ces régions. Au Standard, il suffit que Roland Duchâtelet déclare qu'il va vendre le club pour que le monde politique se lève comme un seul homme pour trouver des repreneurs. En effet : les sponsors et les subsides s'entassent, l'argent vient de partout à Sclessin. On y a modernisé le stade et l'Académie Robert-Louis Dreyfus à grands coups de subsides. Tout cela appartient à Duchâtelet qui a investi 30.000.000 d'euros et a agi à sa guise. Moi, j'ai dépensé plus d'un million par an et je n'ai rien à moi dans ce stade. C'est mon argent, celui de ma famille qui, au-delà de l'équipe première, permet à des centaines de jeunes d'avoir une activité sportive. J'apprécie cet aspect social mais je ne peux pas continuer comme cela, sans avoir la possibilité de bien exploiter un stade. Gand ne réalise pas une grande saison mais ses supporters et les annonceurs se pressent dans sa nouvelle et magnifique enceinte : cela lui offre des moyens financiers pour repartir du bon pied. On a e envie d'aller à Gand, pas à Mons. Sans apports de ma cassette personnelle, l'Albert n'aurait jamais pu exister durant près de 10 ans en D1. Et on m'enlève les sponsors institutionnels. On n'oserait pas le faire à Sclessin. En Wallonie, il n'y a que le Standard qui compte. Mais tout à fait. J'ai rencontré des sociétés étrangères importantes qui désiraient être présentes à Mons, donc en D1. Les contacts ont toujours été intéressants jusqu'au moment de la visite du stade. Là, tout bascule, ces groupes n'ont pas le temps d'attendre que Mons termine son enceinte et filent vers d'autres horizons. Or, leurs apports financiers auraient été importants pour notre trésorerie. Un de mes anciens collaborateurs, Jean-Raymond Legrand, qui a fait fortune dans la ferraille, a acquis le FC Valenciennes pour huit millions d'euros. La ville met un stade moderne à sa disposition. Ici, j'ai beau indiquer du doigt la gravité des problèmes, personne ne bouge Mons doit avoir le seul stade au monde inachevé depuis tant d'années. Et dire qu'un ancien président de notre club est Premier ministre. Quand il faut des subsides pour une gare, un théâtre ou un festival du film d'amour, on trouve... Je ne peux pas gagner et recevoir du monde dans un stade pareil. Il faut être aveugle pour ne pas le voir. Vingt millions d'euros, à partager équitablement entre la ville et la région. Personne, moi ou un autre, ne peut tenir le coup en D1. Mons doit s'interroger : cette ville désire-t-elle rester en D1 ? Si oui, c'est impossible avec de telles installations. Impossible en D1, mais impossible aussi en D2 où les clubs qui jouent la tête le font dans des stades terminés qui attirent plus de monde. Gand a construit sa nouvelle arène en huit mois. A Mons, j'attends la fin des travaux depuis des années. Si ça ne bouge pas rapidement, dans un bref délai, je dégage, c'est fini et la source financière se tarira. Je ne peux vivre au Tondreau Je suis même condamné à mort dans ce stade. Je peux avoir toutes les idées et les projets que je veux : cela ne sert à rien dans ce stade, Je n'ai pas de place, pas de confort. Le grand Mons compte 100.000 habitant et le stade, conçu sur le modèle de Genk, compterait, terminé, 12.000 places. Je le répète : pas de stade, pas d'avenir. Qu'est-ce qui fait la magie du Standard ? Son stade... La saison passée, malgré notre 7e place, j'ai remis plus d'un million dans la caisse. Je les vois venir hein... La Ville, la Région. Blabla, paroles, paroles. Il faudra du temps, des plans, des permis et on ne bâtira jamais les deux dernières tribunes en même temps. Et ce qui a été construit vieillit déjà. Oui mais la Ville a refusé de me céder, au préalable, le stade pour un euro symbolique. Je ne pouvais pas me lancer dans cette aventure sans être chez moi. Mais cela ne sert plus à rien de parler de cela : ce stade appartient à la Ville et c'est à elle de le terminer. On ne m'a rien demandé quand on a érigé deux tribunes. On a essayé et presque réussi avec Boussu Dour. Nous aurions partagé le Tondreau et le même centre d'entraînement. Avec La Louvière, il fut question d'un stade commun planté entre les deux villes. Il y a eu une réunion mais cela n'a pas été plus loin, c'est le passé. Nous sommes fatigués. Il suffit de regarder les traits d'Alain Lommers : nous avons tous tout donné, c'est le point de rupture, nous ne pouvons pas aller plus loin. Oui, le monde politique est là, via, entre autres, l'intercommunale IDEA. Tout est asphalté là-bas. Non. Moi, je ne le ferai pas. Si je cède le club, ce sera au nouveau propriétaire de décider. Je sais. Mais je ne parle que pour l'Albert qui restera à Mons. Il faut se réunir avec le politique, finir le stade, trouver des sponsors. J'ai eu l'apport de sponsors institutionnels durant six ans : je dois les retrouver. Le montant que j'y ai investi, les fonds propres. Tout se discute. Je peux ouvrir le capital, discuter le prix d'un apport, d'une reprise. Mais, si cela se présente, je ne donnerai pas le club pour rien : je préférerai le mettre en faillite. Je ne vais pas offrir le club à des opportunistes qui " fanfaronneront " avec mon argent et le soutien de la Ville. Où étaient-ils quand Mons est monté pour la première fois en D1 ? Il y avait 45 administrateurs. Qui a sorti le chèque de 500.000 euros pour décrocher la licence ? Moi. Il n'y a pas eu d'autre candidat. On a créé une SA dont j'ai eu 50 % des parts, Ciment d'Obourg a pris le reste avant que la maison mère en Suisse (Holcim, le plus grand cimentier du monde) change la donne. Ciment d'Obourg a eu 24 heures pour se retirer de la SA. J'ai à nouveau été au portefeuille pour racheter ses parts et je me suis retrouvé actionnaire à 100 % par hasard. J'avais tout à dire, a-t-on dit : oui, surtout le droit de tout payer. Oui, nous avons commis des erreurs. Je reconnais notre échec sportif. J'adore Enzo Scifo Je me serais séparé plus vite d'un autre coach. La 7e place de la saison 2012-13 constitue un sujet de fierté mais exigeait encore plus de travail. A mon avis, Enzo a cru qu'il était arrivé et ne s'est pas assez remis en question. Vous songez à Benjamin Mokulu, je suppose. Mokulu nous a pris pour des marchands de tapis. Quand je m'en suis rendu compte, je lui ai demandé de déguerpir, de se casser. J'avais un contrat de quatre ans signé de sa main et j'aurais pu l'attaquer en justice. Bah, il a dégagé et cela suffit pour ce genre de personnage. Quand je pense à tout le temps que nous avons perdu à cause de lui. Totalement, oui. Malines est alors entré dans la danse. Mo-kulu en a profité pour revenir vers nous et exiger de renégocier tout le contrat. Pas question, dehors. Comme Enzo ne désirait que lui, cela a forcément posé de gros problèmes dans la recherche d'autres renforts offensifs. Dalibor Veselinovic et Elimane Coulibaly étaient disposés à venir chez nous : Enzo n'en a pas voulu. Il cherchait des joueurs rapides. Mokulu a mangé sa signature et Ernest Nfor, qui intéressait aussi Enzo, a préféré tenter sa chance à l'étranger. On a alors prolongé Shlomi Arbeitman. Pour Enzo, Veselinovic, qui est venu dans mon bureau au stade, est un attaquant spécifique qui ne convenait pas à son système. Coulibaly, lui, était trop vieux. J'avais trouvé un bon deal avec Gand. Il devait me coûter 65.000 euros plus les primes, avec salaire à charge des Buffalos. Mais Enzo rêvait de Mokulu. Il ne voulait plus Tom Van Imschoot, Aloys Nong et de Rachid Bourabia avant cela, en 2012. Bourabia, on l'a cédé au Lierse pour 25.000 euros seulement. C'est raté. Shpungin ne justifie pas les espoirs placés en lui. Il y aussi eu Harry Novillo, Steve Beleck et Richard Soumah. Beleck n'est même pas un footballeur c'est un âne. Ecoutez, Mogi Bayat a proposé des joueurs mais c'était à Mons d'accepter ou pas ces joueurs. Novillo a du talent, un passé mais il joue au ralenti, cela ne va pas. Enzo l'a eu en test et il a donné le feu vert pour son engagement. En ce qui concerne Beleck, proposé par Bayat et Lasaracina, Enzo s'est renseigné à Udine, chez Walem, Cartier, etc. Il a décidé Moi, je ne lui ai imposé que Soumah : j'étais certain de son potentiel. J'en reviens à Mokulu, Coulibaly, Veselinovic : il y a eu assez de possibilités avant d'en venir à Novilllo, Soumah et Beleck. Nous, on voulait Veselinovic ou Coulibaly, Enzo pas. Mons ne marque pas, c'est un fait. Non, mais on ne pouvait pas le retenir et ce transfert a fait du bien au plus petit budget de D1. On a engagé Pär Eriksson pour tenter de résoudre ce problème. Il est sérieux, travaille, ne fait pas de bruit. Janevski fait avec ce qu'il a sous la main. Au Club Bruges, j'ai vu un bon Mons qui méritait un point. Mons a encore des cartes à jouer pour rester en D1. Si on descend, monter n'est pas le plus dur. J'y suis arrivé trois fois. Le problème reste le même : pour se stabiliser en D1, il faut un stade ad hoc. On n'en sortira jamais avant d'avoir trouvé la solution. Le football est devenu un secteur d'activités économiques important. L'Albert donne du travail à 50 personnes. La D1 a besoin de clubs wallons. On me le dit en Flandre ; où les clubs n'ont pas envie de vivre les uns sur les autres. A part le Standard et Charleroi, les clubs ne sont pas assez soutenus, les dossiers traînent : c'est pour cela que j'ai quitté l'ASBL Infrafoot qui gère le stade. Non, je le suis devenu et Mons est monté en D1. On reparle du Chinois avec ce procès. Il est venu à Mons, dans mon bureau, au Club 44. Je ne parle pas anglais et je ne le comprenais pas. C'était bizarre, il est parti vers d'autres horizons. Oui, je crois. J'aime les choses claires. A Mons, tout est parfaitement payé, personne n'a jamais dû attendre son salaire. Dans les affaires, j'ai grandi patiemment mais, à 33 ans, j'avais déjà 1100 ouvriers. Ma société, Fusiman, spécialisée dans les déchets, achetait 10 camions à 250.000 euros par an. J'ai vendu Fusiman et je suis présent dans d'autres secteurs. (gaz, immobilier, construction de fours) et la crise qui frappe - j'ai deux usines à l'arrêt - nous a incités à découvrir d'autres marchés très porteurs, en Amérique latine et dans le Golfe. Le football ne m'a pas aidé. J'ai même plus de contrôles fiscaux : la jalousie, le fait que je sois d'origine sicilienne semble déranger. Beau footballeur, grand joueur qui a raté une grande carrière. Je l'aimais bien et, même si les temps sont durs, j'apprécie José Riga, un gentleman, Albert Cartier, le meneur d'hommes, Sergio Brio, le comédien, Enzo bien sûr. J'ai dit un jour à Alain Lommers :- Un entraîneur qui perd trois fois en suivant, il faut le virer. (Il rigole). J'aimais bien Cédric Roussel, un enfant du pays... ?PAR PIERRE BILIC - PHOTOS: IMAGEGLOBE/ HAMERS" Quand, à Mons, il faut des subsides pour une gare, un théâtre ou encore un festival du film d'amour, on trouve. Mais pas pour le stade. " " Steve Beleck n'est même pas un footballeur, c'est un âne. " " Mokulu nous a pris pour des marchands de tapis. "