Sous la télévision, les écharpes d'Anderlecht, de l'Union et des Diables rouges. Plus loin, des dizaines de bières locales reposent sur des étagères vertes. Le Dekkera n'est pas un bar bobo, pas plus qu'un café des sports, mais il a cette force de marier les deux atmosphères. " On croit souvent qu'il y a un clash entre l'univers de la bonne bière et le foot, mais ce n'est absolument pas vrai ", lance Sylvain Lecomte, le tenancier. La main fermement posée sur la pompe, il sert deux blondes à des amies venues fêter la démission de l'une d'entre elles. Il y a quelques années, après une expérience dans le journalisme, le Bruxellois s'est lancé dans ce projet de troquet pour partager sa passion pour la chope. " Je ne voulais pas tenir un magasin dans lequel on ...

Sous la télévision, les écharpes d'Anderlecht, de l'Union et des Diables rouges. Plus loin, des dizaines de bières locales reposent sur des étagères vertes. Le Dekkera n'est pas un bar bobo, pas plus qu'un café des sports, mais il a cette force de marier les deux atmosphères. " On croit souvent qu'il y a un clash entre l'univers de la bonne bière et le foot, mais ce n'est absolument pas vrai ", lance Sylvain Lecomte, le tenancier. La main fermement posée sur la pompe, il sert deux blondes à des amies venues fêter la démission de l'une d'entre elles. Il y a quelques années, après une expérience dans le journalisme, le Bruxellois s'est lancé dans ce projet de troquet pour partager sa passion pour la chope. " Je ne voulais pas tenir un magasin dans lequel on entre et on sort : j'aime bien discuter avec les gens. " Outre les inévitables conversations météo ou Covid, Sylvain enrichit donc sa culture foot au contact de clients tels que Stu, supporter de Chester, une équipe de D6 anglaise. " Comme je m'intéresse à beaucoup de choses, j'ai l'impression que les gens me demandent de plus en plus d'infos sur des joueurs. Je ne suis pas Google, mais ça me plaît. " Le Spécial Compétition de Sport/Foot Magazine occupe une place de choix sur le zinc du Dekkera. Pendant le confinement, le trentenaire a ressenti une pulsion qui l'a amené à se réabonner après quelques années d'abstinence. " À onze-douze ans, j'ai dû un peu lutter avec ma mère pour pouvoir m'abonner. Elle n'était pas trop chaude que je sois trop " foot foot " - faut dire que je dormais avec un ballon - et préférait que je choisisse un périodique d'éveil à la nature du style de Wapiti. " C'est le Sport/Foot Magazine en main que Sylvain a suivi le légendaire duo Koller- Radzinski à Anderlecht, à une époque où il lisait encore tout. Longtemps abonné au RSCA, il s'est trouvé une nouvelle passion il y a quelques années, lors d'une soirée de retrouvailles avec des potes des études. " Ça nous agaçait de ne jamais aller au stade ensemble vu que l'on supportait des clubs différents ", se souvient-il. " On a donc décidé de supporter la dernière équipe de D3 anglaise au moment de la discussion. " C'est tombé sur Chesterfield, un club proche de Sheffield, aujourd'hui redescendu en D5. Enthousiasmé par son nouveau club-passion, Sylvain a commandé des maillots pour toute sa bande et trois mois plus tard, ils remplissaient un van pour assister à leur premier match. " Le matin-même, lors du déjeuner à l'hôtel, on est tout chaud avec nos maillots sur le dos quand un type vient nous dire que le match est remis à cause de la météo. " Déçue, la troupe va pourtant s'accrocher et neuf ans plus tard, elle chiffre une grosse trentaine de déplacements de soutien aux Spireites. 18h30. Un client débarque avec son fils déguisé en Spider-Man. Sa bière à peine commandée, le père attaque le sujet " Ligue 1 ". Ça tombe bien, Sylvain revient tout juste de France, où il s'est offert les vareuses d'Amiens, Angers et Caen. " Je me suis donné le challenge de faire un été des maillots. Le but est d'en porter un différent tous les jours, mais pour le moment, je n'en ai pas tout à fait assez. Du coup, j'en achète plein en seconde main : même un maillot de Sochaux à douze euros peut m'intéresser. " Pour aller aux toilettes du Dekkera, il faut passer devant le portrait de Steven Pinto-Borges. Un nom qui ne sonne qu'aux oreilles de certains fans de l'Union, où le Français a disputé 22 matches entre 2018 et 2019. " J'adore m'attacher à des types lambdas pour leur tête, leur nom ou un autre détail ", commente le barman. " Il y a quelques années, j'ai flashé sur Olivier Myny, un joueur anonyme de Waasland-Beveren ( aujourd'hui à OHL, ndlr). J'en parle tout le temps à mes potes comme si c'était la star du championnat, ça en devient parfois absurde ( rires). "