Olivier Deschacht (29 ans dans quelques jours) passe toute l'interview à caresser la tête de son chiot qui ne doit pas avoir plus de quelques semaines. Et le regard du Mauve s'égare parfois dans le vide. David Steegen, le responsable de la com' d'Anderlecht, nous l'a rappelé : " Olivier est un garçon très sensible. "
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Olivier Deschacht (29 ans dans quelques jours) passe toute l'interview à caresser la tête de son chiot qui ne doit pas avoir plus de quelques semaines. Et le regard du Mauve s'égare parfois dans le vide. David Steegen, le responsable de la com' d'Anderlecht, nous l'a rappelé : " Olivier est un garçon très sensible. "Olivier Deschacht : Mais non, pas de problème, je suis prêt à répondre sur tous les sujets... Back gauche. C'est une trouvaille de Frankie Vercauteren. Chez les jeunes, j'ai longtemps été médian axial. En défense, je me sens mieux à gauche que dans l'axe, pour plusieurs raisons : mon jeu de tête n'est pas exceptionnel, je suis relativement rapide et capable de prendre tout le flanc à mon compte. Mais je n'ai jamais fait la fine bouche : quand tu as la chance d'être sur le terrain avec Anderlecht, tu joues où on te demande de le faire. Qui dit ça ? Je ne l'ai jamais lu, et du charisme, j'en ai. C'est aussi Vercauteren qui m'avait désigné capitaine, à une époque où Bart Goor était régulièrement blessé. Je n'ai pas hésité et je trouvais que c'était une décision logique, vu mon expérience. J'estime que je fais bien mon boulot de capitaine : je parle, je coache, je calme. J'ai eu une amende, mais pas 4.000 euros. Beaucoup moins. Non. Je n'avais critiqué personne, j'avais seulement dit qu'il fallait mettre les défenseurs du noyau en confiance. Ce n'était pas négatif. Non, il y a seulement un journal flamand qui a un problème avec moi. Je ne peux pas me plaindre de ma relation avec la presse. Qu'on me critique quand j'ai été mauvais, je l'accepte, même si ça peut faire mal. Mais je ne me préoccupe pas trop des commentaires. J'ai déménagé en juin 2009, et depuis ce moment-là, je ne suis même plus abonné à un journal : c'est dire comme les articles sur mon jeu me préoccupent ! Autrefois, je lisais peut-être trop et ça m'a parfois déstabilisé. Quand une personne importante du foot était dure avec moi, je perdais confiance. Il y en a eu tellement... Mais j'ai aussi lu beaucoup d'articles positifs. Et quand des personnalités comme Jan Ceulemans, Marc Wilmots ou Milan Jovanovic disent que je suis très bon, je retrouve vite ma sérénité. La vérité, c'est qu'il me respecte énormément et que le respect est mutuel. Il est dans mon c£ur ! C'est un gars hyper honnête. S'il s'est laissé tomber, il le reconnaît. Et s'il a été mauvais, il l'admet. J'essaye d'être aussi honnête mais je ne m'exprime sans doute pas d'une façon aussi sympathique. Jova est très complet : l'homme vaut autant le détour que le joueur. Si je fais un match de gala en fin de carrière, j'espère qu'il viendra. Non. Il faut choisir entre Carl Hoefkens, Joao Carlos, Nico Van Kerckhoven et Ondrej Mazuch, qui est à coup sûr le meilleur défenseur d'Anderlecht. Il ne va pas rester longtemps ici. Oui, quand les questions sont hypocrites. Par exemple, si quelqu'un qui me siffle me demande pourquoi je suis sifflé, je trouve ça hypocrite. Respect pour De Bilde, pour sa carrière de joueur et ses qualités de journaliste, mais sur ce coup-là, je n'étais pas d'accord. Alors, c'est un compliment. Je mets le feu à tous les matches. Avec ma mentalité, j'apporte souvent quelque chose à l'équipe. Mais les sifflets ou les commentaires ne me perturbent absolument pas. Je n'écoute que les consignes de mon entraîneur et les encouragements de nos supporters. J'ai tout entendu. Tout. Mais qu'ils arrêtent de perdre leur temps : ça ne m'atteint pas. Pas du tout. Avec Sonck, il n'y a rien eu de grave. Pas de commentaire. Dahmane n'est pas un joueur important. C'est un menteur et je ne m'exprime pas sur les menteurs. Sûrement pas. Je n'ai pas pris une seule carte rouge depuis que je suis pro. Pour un défenseur, c'est exceptionnel. J'en doute. Tous les grands défenseurs prennent leur ration de rouge. Oui, quand on m'agresse. Heureusement, ça n'est arrivé que deux ou trois fois. Ce n'est pas important. Ce qu'il faut savoir, c'est que je ne commence jamais. J'avais mon avis, mais le Sporting avait aussi le sien. J'ai des patrons et c'est normal que je leur obéisse. J'ai reçu beaucoup d'offres de l'étranger mais elles n'étaient pas meilleures que ce que j'ai pour le moment. Me battre dans le milieu du classement ou carrément jouer le maintien, non merci. Je préfère de loin être dans une équipe qui vise toujours des trophées. Il y a deux ans, j'étais sur la liste de l'Espanyol Barcelone : ça me faisait réfléchir. Mais ils ont pris quelqu'un d'autre, c'est la vie. Pour le reste, il y a peu de clubs qui m'ont fait hésiter. Il ne faut pas s'en faire pour moi, je me sens parfaitement bien au Sporting. J'avais un rêve quand j'étais gosse : jouer ici. Je suis conscient de la chance que j'ai, je sais d'où je viens. Je n'étais pas un talent exceptionnel, je me suis imposé grâce à ma mentalité, parce que je me suis toujours battu. Il me reste un peu plus d'un an de contrat et j'espère prolonger. Mon ambition est carrément de jouer au Sporting jusqu'à la fin de ma carrière et si je ne change jamais de club je n'aurai même pas un goût de trop peu au moment d'arrêter. Non. C'est la direction qui doit venir vers moi. J'espère qu'Anderlecht a l'intention de me conserver. J'espère qu'il restera. La Belgique est tombée tellement bas que je n'ai pas le droit de penser à ma petite personne. Même si ce serait bien sûr un petit plus de pouvoir participer aux prochaines aventures. La priorité, c'est de remettre enfin le pays sur la carte du foot. Avec le talent qu'il y a, ça doit marcher. Hier, il y avait le talent. Aujourd'hui, il y a le talent et l'expérience. C'est ça, la différence. Avec des gars qui jouent au Bayern, à Everton, à Arsenal et à l'Ajax, ça va bien finir par marcher. Tous les défenseurs montent sur phases arrêtées, sauf moi. Parce que je ne suis pas en mesure de faire mal avec mon jeu de tête. Je n'ai encore marqué que deux fois avec Anderlecht : c'était très chouette et ça me suffit, je ne suis pas en manque. Il y a des attaquants pour ça. Moi, je suis un vrai défenseur et je veux le rester. Je suis dans la même équipe que Mbark Boussoufa et Romelu Lukaku, qui ont reçu des points de presque tous les votants. Comme on ne peut voter que pour trois joueurs, ils mettent normalement un type d'un autre club sur leur bulletin. Il y en a aussi qui trouvent logique de voter pour un Anderlechtois, un Standardman et un Brugeois. En plus, je suis défenseur : le type de footballeur qui prend toujours peu de points dans les référendums. Bref, j'étais content avec mes deux petits points. J'en aurai peut-être trois l'année prochaine. (Il grimace). Absolument pas. La victoire de Jovanovic a fait l'unanimité chez nous. C'est la grande classe, tout le monde le respecte à Anderlecht. Il mérite de recevoir deux ou trois fois ce trophée. Je suis aussi certain à 100 % que Lukaku l'aura un jour et que Boussoufa le recevra encore. Aucune idée. Demande-le à ceux qui ont voté. Moi, je vois à l'entraînement un gars qui se donne toujours à 100 %, qui ne craint rien. Il est redevenu le vrai Frutos. Qu'il continue à bien travailler. Il souffre de la concurrence de Lukaku, qui est à coup sûr un des meilleurs attaquants d'Europe. Ce n'est pas parce que Lukaku est très bon que De Sutter est mauvais : il a déjà fait basculer trois ou quatre matches cette saison. A Didier Drogba pour sa présence, sa puissance et son jeu de tête. C'est possible si tout le monde garde son niveau de forme actuelle et si nous n'avons pas de blessés. C'est vraiment très bien, ce que l'équipe fait cette saison. Si on m'avait prédit des résultats pareils en me disant que nous devrions faire pratiquement tout le championnat sans Marcin Wasilewski et Jan Polak, je ne l'aurais pas cru. Je savais que Bouba Saré et Cheikhou Kouyaté avaient des qualités, mais là, ils me bluffent complètement. Bruges et le Standard, que je n'enterre pas. Même avec dix points d'avance sur les Liégeois au début des playoffs, je ne serai pas encore rassuré. Je crains moins La Gantoise, qui va probablement se concentrer sur la Coupe de Belgique. Un match ou deux, ce n'était pas le problème : on nous a juste prévenus le vendredi matin qu'on devait jouer le lendemain alors qu'un week-end de congé était au programme. Cela ne se voit qu'en Belgique. Le Cercle a aussi eu un changement de programme mais il était prévu qu'il joue ce samedi-là. 40 % de chances. J'ai vu Bilbao contre le Real : c'est impressionnant. Il faut rester réaliste, le foot espagnol est fantastique. Il y a deux ans, nous avons été battus par Getafe qui jouait le maintien. Tout le monde fait des erreurs. Je manque des passes, Jovanovic rate des dribbles mais il a quand même eu le Soulier d'Or ! Il faut justement continuer à stimuler les arbitres en décernant des récompenses pareilles. par pierre danvoyeOn me critique, mais Ceulemans, Wilmots ou Jovanovic disent que je suis très bon...