Il s'est fait discret. A l'image de ce qu'il est dans la vie : un peu timide et toujours calme. Après une cour assidue de presque une année, la nouvelle perle de Charleroi, Geoffrey Mujangi-Bia, s'est laissé convaincre par une interview. Un an qu'il a laissé sa carte de visite au championnat belge. Ce soir-là avait constitué le dernier match de Philippe Vande Walle comme entraîneur. Le Sporting avait bu la tasse soupe en s'inclinant 5-1 au Standard mais un homme avait surnagé, marquant un but fantastique. " Après ce match, Mogi Bayat n'a pas voulu que je réponde à la presse car on venait de perdre 5-1. Puis, les journalistes se sont renseignés et ont ressorti les histoires d'Anderlecht (NDLR : le club s'en est séparé). C'est pour cette raison qu'il m'a conseillé de ne plus parler à la presse. Il faut dire que chaque fois que je donne des interviews, on revient avec les histoires du passé. Pour moi, c'est terminé, je ne suis pas là pour toujours raconter la même chose. "
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Il s'est fait discret. A l'image de ce qu'il est dans la vie : un peu timide et toujours calme. Après une cour assidue de presque une année, la nouvelle perle de Charleroi, Geoffrey Mujangi-Bia, s'est laissé convaincre par une interview. Un an qu'il a laissé sa carte de visite au championnat belge. Ce soir-là avait constitué le dernier match de Philippe Vande Walle comme entraîneur. Le Sporting avait bu la tasse soupe en s'inclinant 5-1 au Standard mais un homme avait surnagé, marquant un but fantastique. " Après ce match, Mogi Bayat n'a pas voulu que je réponde à la presse car on venait de perdre 5-1. Puis, les journalistes se sont renseignés et ont ressorti les histoires d'Anderlecht (NDLR : le club s'en est séparé). C'est pour cette raison qu'il m'a conseillé de ne plus parler à la presse. Il faut dire que chaque fois que je donne des interviews, on revient avec les histoires du passé. Pour moi, c'est terminé, je ne suis pas là pour toujours raconter la même chose. " En début de saison, le voilà qui fait office d'incontournable. Après une sortie groupée devant la presse, Mogi le rappelle à l'ordre, ulcéré par la teneur des articles se focalisant davantage sur ses erreurs de jeunesse que sur son présent (et surtout avenir) radieux. Car, derrière quelques cicatrices, se cache un joueur au potentiel formidable. Geoffrey : " Charleroi m'a appris beaucoup de choses tant sur le plan footballistique qu'humain. A Anderlecht, j'étais moins apaisé. J'avais un autre état d'esprit. J'étais un peu... sur une autre planète. Ici, j'ai appris à rester calme. Je suis plus posé. "Né en Belgique de parents d'origine congolaise, ses premières années se déroulent dans la région bruxelloise, à Zellik. " J'ai eu une enfance tranquille, au milieu de ma famille et de mes cousins. On allait jouer tous les jours au football au Brueghelpark à Zellik. L'école m'intéressait mais je n'ai jamais envisagé des études. Au début, j'aimais bien le latin. Les histoires me plaisaient et puis ça a commencé à me saouler. "Le tout dans les deux langues : français à la maison mais néerlandais à l'école. " Jusqu'en quatrième et mon départ à Charleroi. Mais les médias flamands ne m'ont jamais demandé une interview en néerlandais. Il faut dire que cela fait un moment que je n'ai plus parlé néerlandais ! Je le pratique un peu avec mes petites s£urs mais c'est tout. "Pour Bia, la famille est son centre névralgique : " Mes amis, ce sont ma famille. J'ai grandi avec mes cousins. On se disputait tout le temps. Et on continue. Quand on regarde un match de football, on n'est pas d'accord sur les joueurs. La fois passée, avec Andrea Mbuyi-Mutombo, mon cousin qui joue à Zulte Waregem, on parlait de Lassana Diarra. Comme Andrea vient de Portsmouth, il ne fait que rappeler que Diarra est un phénomène et qu'il est trop fort. Moi, je ne suis pas d'accord avec cela. En équipe de France, il disait que Jérémy Toulalan ne servait à rien. Et on comparait les deux joueurs. Toulalan, il récupère beaucoup de ballons, il fait son travail ! " Sa jeunesse ne fut pourtant pas un long fleuve tranquille. Après avoir débuté à Zellik, il rentra dans les écoles de jeunes d'Anderlecht. La vie à l'internat le poussa à quelques bêtises. Le voilà licencié par Anderlecht mais récupéré, à 15 ans, par Charleroi. Une nouvelle vie commence. " Cela fait longtemps que je ne me suis plus énervé. Le football me permet d'oublier tous les petits soucis de la vie quotidienne. "L'arrivée à Charleroi l'a donc marqué. A tous points de vue : " En jeunes, à Anderlecht, quand on parlait du Sporting de Charleroi, on avait tendance à le dénigrer, à en dire du mal. Et comme je ne suivais pas trop le championnat belge, je restais encore avec l'image d'un club qui luttait chaque saison pour le maintien. Or, quand je suis arrivé, il venait de terminer cinquième. J'ai vu que le stade était bien et le club assez structuré. Finalement, ça m'a plu. Même si je n'avais pas trop le choix ( il rit). " Charleroi fut le seul club à encore croire en lui, Bruges, Lens et l'Ajax reculant à cause de sa réputation : " Au début, comme cela faisait quatre mois que je n'avais plus joué, physiquement, j'ai ramé. L'ambiance et la mentalité étaient différentes. A Anderlecht, les joueurs avaient tous l'objectif de monter en équipe Première. Même aux entraînements, ils étaient décidés. A Charleroi, j'étais un peu perdu. Certains éléments prenaient cela à la rigolade. Je ne comprenais pas trop. Il y avait un manque d'ambition et on aurait dit que les joueurs ne pensaient pas à monter en équipe première. Je ne sentais plus la même motivation ! "S'ensuivent quelques matches de jeunes en ETT et en Voskes Cup sous la houlette de Mario Notaro, un travail approfondi de condition physique, une incorporation dans le noyau A, quelques bribes de match sous Jacky Mathijssen, une première titularisation au Standard avec Vande Walle et un statut de titulaire confirmé par Thierry Siquet. " Mathijssen était respecté par les joueurs. Il savait se faire écouter et quand cela n'allait pas, il communiquait. Il venait souvent me parler, me disait ce que je devais améliorer dans mon jeu, que je ne devais pas me cantonner au milieu gauche mais faire des appels dans l'axe. Avec Vande Walle, j'avais une relation assez éloignée au début car quand Mathijssen est parti en pleine saison, j'étais blessé. A la reprise, je ne savais pas s'il me connaissait. C'était un coach qui parlait beaucoup avec les joueurs, surtout avec les anciens. Moi, j'avais une relation normale avec lui... Je ne saurais pas comparer les trois coaches car j'étais, à chaque fois, dans une situation différente. Sous Mathijssen, j'étais jeune, je ne savais pas comment je devais me comporter avec les entraîneurs. Sous Vande Walle, je revenais de blessure et quand Siquet est arrivé, j'étais déjà dans l'équipe. " Le voilà donc lancé. " Je suis titulaire mais cela reste à confirmer chaque semaine. J'ai toujours cru en moi. Depuis que je suis petit, je travaille pour arriver à un niveau international. Mais pour l'atteindre, il fallait que je commence par le championnat belge. Je ne vais pas dire que je ne suis nulle part, mais je suis encore loin de ce dont je rêve. Et je ne peux pas affirmer que cela prend trop de temps car je sais que tout dépend de moi. Si j'ai envie que ça aille plus vite, je n'ai qu'à travailler davantage sur le terrain. Pour l'instant, mon avenir, je ne le vois qu'à Charleroi. "Même s'il ne s'est toujours pas pris de passion pour le championnat belge ? " Non, franchement pas. Les prises de vue sont bizarres. Quand je regarde un match anglais ou allemand, ce n'est pas la même chose. C'est mieux filmé. "par stéphane vande velde