La gare centrale de Leipzig n'est qu'à 500 mètres de la Nikolaikirche, l'église où ont débuté, en septembre 1989, les fameuses Montagdemonstrationen contre le régime de l'ex-Allemagne de l'Est. Ces protestations pacifiques ont joué un rôle crucial dans la chute du Mur de Berlin. Après la réunification avec l'Allemagne de l'Ouest, la plus grande ville de Saxe a subi un lifting en profondeur. Leipzig est désormais ce qu'on appelle une Boomtown. Ce n'est pas un hasard si BMW et Porsche en ont fait une base importante. Le service d'envois express DHL a également quitté l'aéroport de Bruxelles pour s'installer à celui de Leipzig/Halle. Selon GFK, la plus grande firme d'études de marché d'Allemagne, Leipzig est la ville allemande qui offre la meilleure qualité de vie. Extérieurement, les cicatrices de 41 ans de communisme ont pratiquement disparu. " Rien ne laisse penser qu'il y a trente ans, c'était l'Allemagne de l'Est ", dit Massimo Bruno. " La ville est toutefois moins internationale que Salzbourg, où je vivais l'an dernier. Ici, tout le monde ne parle pas anglais, par exemple. Chez le boulanger ou à la banque, je dois faire un effort pour m'exprimer en allemand. "
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La gare centrale de Leipzig n'est qu'à 500 mètres de la Nikolaikirche, l'église où ont débuté, en septembre 1989, les fameuses Montagdemonstrationen contre le régime de l'ex-Allemagne de l'Est. Ces protestations pacifiques ont joué un rôle crucial dans la chute du Mur de Berlin. Après la réunification avec l'Allemagne de l'Ouest, la plus grande ville de Saxe a subi un lifting en profondeur. Leipzig est désormais ce qu'on appelle une Boomtown. Ce n'est pas un hasard si BMW et Porsche en ont fait une base importante. Le service d'envois express DHL a également quitté l'aéroport de Bruxelles pour s'installer à celui de Leipzig/Halle. Selon GFK, la plus grande firme d'études de marché d'Allemagne, Leipzig est la ville allemande qui offre la meilleure qualité de vie. Extérieurement, les cicatrices de 41 ans de communisme ont pratiquement disparu. " Rien ne laisse penser qu'il y a trente ans, c'était l'Allemagne de l'Est ", dit Massimo Bruno. " La ville est toutefois moins internationale que Salzbourg, où je vivais l'an dernier. Ici, tout le monde ne parle pas anglais, par exemple. Chez le boulanger ou à la banque, je dois faire un effort pour m'exprimer en allemand. " Depuis septembre de l'année dernière, Massimo Bruno et ses équipiers ont pris leurs quartiers à l'hypermoderne RB-Trainingszentrum du Cottaweg, à trois kilomètres du centre-ville. A l'intérieur, ça sent encore le neuf. Red Bull - qui détient également Red Bull Brasil, Red Bull Salzbourg et les New York Red Bulls - est omniprésent. Une photo grandeur nature de Thierry Henry, figure de proue de la franchise new-yorkaise de 2010 à 2014, orne les murs et même les équipes de nettoyage portent le logo de la boisson énergétique autrichienne. En face de l'entrée principale, le squelette de la nouvelle tribune assise prend forme. On aménagera bientôt également une colline artificielle pour la préparation physique. Elle s'appellera Felix Magath Memorial Hill. " En début de saison, on devait encore se changer dans des containers mais on a désormais un des plus beaux centres d'entraînement du pays ", dit Bruno. " Chaque joueur a sa chambre. Quand on est au club de 8 h 30 à 17 h 30, c'est chouette de pouvoir s'isoler un peu pour se reposer. En semaine, je sors d'ailleurs très peu, je ne vois que les murs du centre d'entraînement et ceux de mon appartement. Parfois, je vais faire un peu de shopping à Berlin avec ma copine, ou je fais un tour avec mon équipier suédois Emile Forsberg, qui habite l'étage au-dessus. " MASSIMO BRUNO : Quand j'ai marqué, j'ai été envahi par une série d'émotions. J'étais à la fois soulagé, heureux et reconnaissant envers les gens qui n'ont cessé de me soutenir. J'ai tiré un trait sur une période difficile de ma carrière car je n'étais jamais resté muet aussi longtemps. Je ne sais pas si je suis lancé mais si je continue à jouer au même niveau que face à Bochum, je pourrai rendre service à Leipzig dans la course au titre. BRUNO : Je m'imaginais cette première saison autrement mais je ne veux pas oublier le passé ! C'est dans l'adversité qu'on apprend le plus. Pour un attaquant, marquer, c'est le début du processus de guérison. Vous n'imaginez pas à quel point ces deux buts m'ont rendu confiance. BRUNO : Ce n'était pas du tout mon intention. Je me sens bien à Leipzig : je m'entraîne chaque jour dans un cadre magnifique, la philosophie de jeu me convient et il y a le projet Red Bull. On n'abandonne pas tout ça au moindre contretemps. Je ne vais évidemment pas m'accrocher éternellement à ça comme un idiot mais tant que l'entraîneur ne vient pas me dire personnellement qu'il n'a plus besoin de moi, je reste. Je ne rentrerai en Belgique que si je dois relancer ma carrière. BRUNO : C'est un concours de circonstances. Un exemple : il y a quelques semaines, contre Heidenheim, je suis entré après le repos, alors que nous étions menés 0-1. Je n'ai pas mal joué mais on attend davantage d'un attaquant que quelques actions par match. C'était mon énième match sans but et sans assist : l'entraîneur pouvait difficilement me titulariser la semaine suivante. J'ai appris à vivre dans la peau d'un joker. BRUNO : C'est sans doute dû à mon nouveau rôle sur le terrain également. A Anderlecht, j'étais un pur ailier. Je devais aller jusqu'à la ligne de but et centrer. Mbokani ou Mitrovic se chargeait alors de marquer. A Leipzig, je joue plus au centre et je dois laisser de l'espace sur les flancs pour permettre aux arrières latéraux de monter. A Anderlecht, j'étais impliqué dans la phase finale des attaques. Ici, je suis plutôt à la base des actions. Je donne donc le pré-assist plutôt que la passe décisive. Je peux compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où j'ai centré cette saison. Ça a des conséquences sur mes statistiques mais je n'ai pas honte car je suis désormais beaucoup plus complet. BRUNO(il souffle) : Le foot prôné par Rangnick est très exigeant. Il faut presser pendant 90 minutes, piquer un sprint dès qu'on perd le ballon pour le reconquérir et encore avoir suffisamment de jus pour entamer l'action suivante. On doit franchir le milieu de terrain en deux, maximum trois touches de balle. On ne peut pas contrôler le ballon, regarder qui est libre ou jouer en retrait comme à Anderlecht. BRUNO : Il a insisté pour que je vienne de Salzbourg, où il était directeur technique. Il a été nommé entraîneur après la cinquième place de Leipzig la saison dernière avec, pour mission, de monter une équipe compétitive afin de rejoindre la Bundesliga. Lors de notre premier entretien, il m'a dit qu'il voulait faire de moi un pilier de l'équipe et je me suis dit que, pour lui, j'étais prêt à faire l'effort de redescendre d'un échelon alors qu'au départ, il était convenu que je ne rejoindrais Leipzig que lorsque le club serait en Bundesliga. BRUNO : Celui qui pense que la D2 allemande est un championnat de second rang se trompe : c'est plus dur que la D1 belge ou autrichienne. Mais mon objectif reste évidemment de jouer en Bundesliga. La montée est un must cette saison. Du président au responsable du matériel, tout le monde en est convaincu. En principe, le football pratiqué en Bundesliga me conviendra mieux, je devrais éclater. J'ai le même style de jeu que Thorgan Hazard et en Allemagne, on aime les joueurs comme nous. BRUNO : Je dois attendre le verdict de l'entraîneur et du club. Qui sait si la direction sera satisfaite... Leipzig a les moyens de trouver un remplaçant à chaque joueur mais il est sûr que ceux qui font partie du noyau champion auront plus de crédit. Si on monte, l'entraîneur devra faire un choix difficile : ou il fera confiance à ceux qui ont décroché le billet pour la Bundesliga, ou il construira une nouvelle équipe. BRUNO : En déplacement, on n'est pas toujours très bien reçus. On nous lance même des faux billets sur la tête (il rit). Leipzig est associé à la richesse de Red Bull et les gens sont jaloux. Maintenant qu'on joue pour le titre, c'est encore pire. Les supporters adverses nous insultent parce qu'ils savent que nous sommes l'équipe à battre mais nous ne nous en faisons pas pour cela. Les joueurs adverses non plus. Ils ne sont pas dupes, ils savent comment Leipzig fonctionne. Et beaucoup d'entre eux aimeraient venir chez nous. BRUNO : Les gens en font une question de principes mais il n'est pas tout à fait exact de dire que le club jette l'argent par les fenêtres. Il n'achète pas de valeurs sûres ou des vedettes mais de jeunes joueurs qui ont du potentiel. C'est tout de même noble, non ? Les gens qui ne sont pas ici chaque jour pensent que c'est un club froid où on ne voit que les dollars mais c'est tout le contraire : Leipzig est un club familial, pas une entreprise où l'argent prend le pas sur tout. Je peux vous assurer que tous les employés du club exercent leur boulot avec passion et que ce qui les intéresse, c'est l'évolution du club, pas l'argent. Et c'est cette image que nous voulons répandre en Bundesliga la saison prochaine. BRUNO : Je peux me tromper mais je pense que oui. Il y a des moyens et une structure solide sur laquelle le club peut se reposer. On ne construit pas un grand club à coup de billets de banque, il faut aussi de l'expertise. Wolfsburg tente depuis des années de marcher sur les traces du Bayern et de Dortmund et il y parvient. Leverkusen est là chaque année aussi. A terme, Leipzig veut aussi titiller les deux ténors. BRUNO : Je ne dois rien à personne mais il est clair que je n'ai pas quitté Anderlecht pour gagner beaucoup plus ailleurs, sans quoi je serais parti au Qatar, en Chine ou à Dubaï. J'ai commencé au bas de l'échelle à Anderlecht et, à la fin, j'y gagnais très bien ma vie. Tous les clubs qui m'ont contacté étaient prêts à me donner au moins la même chose, je n'avais donc pas de souci à me faire à ce niveau. Un joueur doit trouver le bon équilibre entre l'aspect financier et l'aspect sportif. La proposition de Red Bull était très intéressante : je devais d'abord mûrir à Salzbourg puis rejoindre la Bundesliga avec Leipzig. Les idées du club étaient également assez révolutionnaires et je voulais faire partie de ce projet. BRUNO : Hoffenheim m'avait également fait une belle proposition mais je ne la sentais pas. Il faut parfois suivre son instinct et le mien me disait qu'Hoffenheim n'était pas le bon club. Regardez où il est aujourd'hui : dernier ! En Belgique, les gens se demandent sans doute encore pourquoi j'ai opté pour Salzbourg et Leipzig. Ils font une fixation sur Red Bull mais opter pour Red Bull, c'était investir dans ma carrière pour arriver en Bundesliga. Si je n'y arrive pas de la sorte, j'essayerai autrement. Car tout le monde semble oublier que je n'ai que 22 ans. PAR ALAIN ELIASY - PHOTOS BELGAIMAGE" Celui qui pense que la D2 allemande est un championnat de second rang se trompe "