Du Coucke vintage ! La semaine dernière, l'entrepreneur gantois réalisait à nouveau un de ces coups d'éclat dont il a le secret. Dans le cadre d'une opération préparée en toute discrétion depuis plusieurs mois, il débauchait Karel Van Eetvelt, le président de la fédération bancaire Febelfin, pour en faire le futur CEO d'Anderlecht, tout en nommant le bonze des médias flamands Wouter Vandenhaute comme conseiller. Patrick Lefevere, le légendaire directeur sportif de l'équipe cycliste Quick-Step, et le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close rejoignent également le club en qualité d'administrateurs.

Le Gantois pare ainsi les critiques de plus en plus virulentes quant à sa gestion du club bruxellois. Un énième échantillon de cette audace qui caractérise la carrière du très médiatique entrepreneur depuis plus de trente ans. Et soyez certains que Marc Coucke n'a pas fini de nous surprendre.

" Nous devions constituer une structure moins dépendante de moi "

Vous avez fait face à de nombreuses critiques à Anderlecht. C'est votre réponse à celles-ci ?

marc COUCKE : Chez Alychlo ( sa société d'investissement, ndlr), nous traitons tous les dossiers de la même manière : nous essayons avant tout de mettre les bonnes personnes à la bonne place. J'étais trop impliqué sur le plan opérationnel à Anderlecht. Ce n'est pas ce que je voulais, mais les circonstances nous ont obligés à monter au front après l'acquisition et j'ai été pris dans un tourbillon. Nous devions donc constituer une structure moins dépendante de moi, et nous avons aujourd'hui franchi une étape importante en ce sens. Nous avons expliqué au conseil d'administration que nous ajouterions des administrateurs indépendants, des gens qui osent dire ce qu'ils pensent. Simultanément, nous savions que nous devions trouver un nouveau CEO. Jo Van Biesbroeck était en fin de mandat. Il est d'ailleurs déjà resté un an de plus pour nous. Et nous sentions que le club avait réellement besoin de leadership. J'en ai parlé à quatre personnes et toutes ont dit oui. Peut-être n'avons-nous pris qu'aujourd'hui les mesures qui font qu'Anderlecht est structuré comme nous voulons structurer toutes nos entreprises.

Si je devais écrire un livre sur ma vie, il serait assez épais. " Marc Coucke

Vous n'avez jamais regretté l'acquisition d'Anderlecht ?

COUCKE : Absolument pas. Bien entendu, on rencontre toujours des situations auxquelles on ne s'attend pas, mais je pense que nous les avons gérées comme il le fallait. Les critiques personnelles ? C'est spécifique au football. Chez Omega Pharma, j'étais habitué aux articles du Tijd ou de Trends, où l'on sait que tout est vérifié et contre-vérifié. Il m'est arrivé de ne pas être d'accord, mais cela n'a jamais été personnel. Il n'y a jamais eu de reproches, même s'il nous est sans doute arrivé de laisser échapper l'un ou l'autre juron quand la vérité était dévoilée trop tôt et que cela ne nous arrangeait pas. Il en va autrement dans le monde du sport. La chasse aux clics fait que la rigueur y est moindre. Souvent, la presse lance une affirmation et ne vérifie qu'ensuite. Et on se demande : Où vont-ils chercher ça ? Mais je comprends. La presse en général est en difficulté, mais la presse spécialisée dans le football l'est encore plus. Un journal seul ne suffit pas, il faut aussi des clics, et vite. Et on n'a pas le temps de tout contrôler.

" Dans le foot, il y a une dimension émotionnelle qui n'existe pas dans les autres secteurs "

Comment abordez-vous un dossier d'investissement ?

COUCKE : Nous ne recherchons pas la maximisation du rendement. Un modèle doit être toujours autosuffisant : c'est ce qui nous fait vivre et nous permet de payer notre structure. Chaque entreprise doit donc être financièrement saine, car c'est la seule manière d'être durable. Dans le football s'y ajoute une dimension émotionnelle qui n'existe pas dans les autres secteurs d'affaires. Il faut l'accepter. Le football n'est pas non plus une décision d'investissement. Nous ne sommes pas là pour gagner de l'argent. Si nous pouvons faire une bonne affaire, nous allons simplement réinvestir les bénéfices dans le club.

Marc Coucke enlace Michel Vlap, recruté pour huit millions d'euros cet été., BELGAIMAGE
Marc Coucke enlace Michel Vlap, recruté pour huit millions d'euros cet été. © BELGAIMAGE

Qu'en est-il de Durbuy, votre dossier le plus fou et le plus inspirant selon vos propres termes, que l'on surnomme désormais Couckeland ?

COUCKE : Il y aura encore beaucoup d'évolutions là-bas, et les choses avancent plus vite que nous le pensions. Durbuy reste Durbuy, mais nous y avons ajouté un peu de qualité. La réaction du grand public est incroyable. En janvier, normalement, c'est mort. Mais cette année, c'est rempli tous les jours. Tout le monde y a le sourire.

Vous investissez également dans la recherche contre le cancer. Allez-vous continuer ?

COUCKE : Oui, mais à partir de ce que nous faisons déjà, comme notre investissement dans l'entreprise de diagnostics suisse Sophia Genetics. C'est le top mondial, et c'est spectaculaire. Ou par le biais de Stop Cancer Côlon, qui est sans doute aujourd'hui l'organisation qui sauve le plus de vies par an en Belgique. Nous sommes également entrés dans le deuxième fonds de Droia, qui investit dans la recherche contre le cancer.

" Il ne faut jamais regretter d'être soi-même "

Quel est votre principal défi ?

COUCKE : C'est toujours l'entreprise où l'on est confronté au plus grand nombre de difficultés, et aujourd'hui, c'est évidemment Anderlecht.

Vous n'avez aucun regret ?

COUCKE : Non. Il nous est arrivé de prendre des décisions difficiles. Licencier quelqu'un, c'est toujours extrêmement pénible, mais je me console toujours en pensant qu'au cours de ma vie, j'ai engagé dix fois plus de gens que j'en ai licencié. Il est impossible de plaire à tout le monde. Mais cela fait plus de trente ans que je travaille, et je pense pouvoir dire que je peux toujours me regarder dans la glace. Et j'en suis très fier.

Quelle est votre motivation ? L'argent ? Le succès ?

COUCKE : Construire. Mais je connais les règles du jeu. Il n'est possible de construire quelque chose que si c'est rentable, et nous y veillons scrupuleusement. Nous analysons sans cesse combien cela va coûter, combien nous allons rembourser, et quel serait l'impact d'une mauvaise année. Cette approche mène à des entreprises plus fortes.

Vous avez parfois perdu le sommeil ?

COUCKE : Naturellement. Une journée tranquille, c'est rare. Si je devais écrire un livre sur ma vie, il serait assez épais. J'ai déjà accompli énormément de choses dans ma vie. J'ai également la chance d'avoir beaucoup d'énergie. Et quand je suis fatigué, ce qui m'arrive, je pense que j'en ai le droit.

Vous vous démarquez toujours par votre style. Vous ne l'avez jamais regretté ?

COUCKE : Il ne faut jamais regretter d'être soi-même. Je suis comme ça : j'aime travailler dur et j'aime réaliser des choses avec l'équipe, mais je sais aussi m'amuser. En humanités, je me qualifiais déjà d'épicurien.

" On peut tirer des enseignements des critiques "

Vous êtes immunisé contre la critique, comme dans le football ?

COUCKE : Non, bien entendu. Mais Vincent Kompany a une expression magnifique pour cela : " Don't believe the hype, don't believe the drama ". Quand on perd trois matches, c'est le drame. Quand on en gagne trois, c'est à nouveau la fête. Il faut relativiser les deux. J'ai appris à vivre avec les critiques. Certains disent qu'ils ne les lisent pas. Moi, je lis les critiques, et je m'oblige à me demander sans cesse si elles recèlent un fond de vérité, même quand on m'insulte sur les réseaux sociaux. Parfois, on en tire des enseignements. Pourquoi quelqu'un fait-il cela ? N'a-t-il pas un peu raison quelque part ? Quand on adopte cette attitude, il est possible de résister aux critiques. Mais le monde est de plus en plus dur.

Vos enfants lisent-ils également ces critiques ?

COUCKE : Naturellement, mais ils me connaissent bien. Ils lisent et me demandent : Papa, ce n'est quand même pas vrai ? Je peux dire que nous avons vraiment d'excellentes relations. Nous discutons beaucoup. À quoi me servirait-il de balancer des tirades d'insultes, comme on l'a écrit ? Je n'y réagis même plus. C'est comme ça.

" Il faut être un peu fou pour atteindre quelque chose, mais on fait de moi une caricature que je ne suis pas ", avez-vous un jour déclaré.

COUCKE : Je pense que j'y souscris toujours. J'aime la vie et j'aime la Belgique. Je me trouve béni, blessed, comme ils disent en anglais. Mais j'ai besoin de ma soupape. Ainsi, je trouve amusant d'avoir enregistré une chanson. Si l'on demande à des enfants de sept ans qui veut chanter, ils lèvent tous le doigt. À 17 ans, ils disparaissent sous leur chaise. Je sais qu'il y a des gens qui ne me veulent pas que du bien ou qui veulent faire de moi une caricature, pour une raison ou pour une autre. Je leur donne du grain à moudre. Mais j'ai fini par dire non à quelque chose récemment. On m'a demandé de jouer dans le nouveau film de FC De Kampioenen (sitcom flamande transposée par la suite au cinéma et ayant pour cadre une mauvaise équipe de football, ndlr). Dans la situation actuelle, j'ai préféré décliner. Mais j'aurais aimé. J'adore les défis de ce genre. Je suis juste incapable de la moindre activité physique. Je ne suis pas fait pour sauter d'un avion...

Du Coucke vintage ! La semaine dernière, l'entrepreneur gantois réalisait à nouveau un de ces coups d'éclat dont il a le secret. Dans le cadre d'une opération préparée en toute discrétion depuis plusieurs mois, il débauchait Karel Van Eetvelt, le président de la fédération bancaire Febelfin, pour en faire le futur CEO d'Anderlecht, tout en nommant le bonze des médias flamands Wouter Vandenhaute comme conseiller. Patrick Lefevere, le légendaire directeur sportif de l'équipe cycliste Quick-Step, et le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close rejoignent également le club en qualité d'administrateurs. Le Gantois pare ainsi les critiques de plus en plus virulentes quant à sa gestion du club bruxellois. Un énième échantillon de cette audace qui caractérise la carrière du très médiatique entrepreneur depuis plus de trente ans. Et soyez certains que Marc Coucke n'a pas fini de nous surprendre. Vous avez fait face à de nombreuses critiques à Anderlecht. C'est votre réponse à celles-ci ? marc COUCKE : Chez Alychlo ( sa société d'investissement, ndlr), nous traitons tous les dossiers de la même manière : nous essayons avant tout de mettre les bonnes personnes à la bonne place. J'étais trop impliqué sur le plan opérationnel à Anderlecht. Ce n'est pas ce que je voulais, mais les circonstances nous ont obligés à monter au front après l'acquisition et j'ai été pris dans un tourbillon. Nous devions donc constituer une structure moins dépendante de moi, et nous avons aujourd'hui franchi une étape importante en ce sens. Nous avons expliqué au conseil d'administration que nous ajouterions des administrateurs indépendants, des gens qui osent dire ce qu'ils pensent. Simultanément, nous savions que nous devions trouver un nouveau CEO. Jo Van Biesbroeck était en fin de mandat. Il est d'ailleurs déjà resté un an de plus pour nous. Et nous sentions que le club avait réellement besoin de leadership. J'en ai parlé à quatre personnes et toutes ont dit oui. Peut-être n'avons-nous pris qu'aujourd'hui les mesures qui font qu'Anderlecht est structuré comme nous voulons structurer toutes nos entreprises. Vous n'avez jamais regretté l'acquisition d'Anderlecht ? COUCKE : Absolument pas. Bien entendu, on rencontre toujours des situations auxquelles on ne s'attend pas, mais je pense que nous les avons gérées comme il le fallait. Les critiques personnelles ? C'est spécifique au football. Chez Omega Pharma, j'étais habitué aux articles du Tijd ou de Trends, où l'on sait que tout est vérifié et contre-vérifié. Il m'est arrivé de ne pas être d'accord, mais cela n'a jamais été personnel. Il n'y a jamais eu de reproches, même s'il nous est sans doute arrivé de laisser échapper l'un ou l'autre juron quand la vérité était dévoilée trop tôt et que cela ne nous arrangeait pas. Il en va autrement dans le monde du sport. La chasse aux clics fait que la rigueur y est moindre. Souvent, la presse lance une affirmation et ne vérifie qu'ensuite. Et on se demande : Où vont-ils chercher ça ? Mais je comprends. La presse en général est en difficulté, mais la presse spécialisée dans le football l'est encore plus. Un journal seul ne suffit pas, il faut aussi des clics, et vite. Et on n'a pas le temps de tout contrôler. Comment abordez-vous un dossier d'investissement ? COUCKE : Nous ne recherchons pas la maximisation du rendement. Un modèle doit être toujours autosuffisant : c'est ce qui nous fait vivre et nous permet de payer notre structure. Chaque entreprise doit donc être financièrement saine, car c'est la seule manière d'être durable. Dans le football s'y ajoute une dimension émotionnelle qui n'existe pas dans les autres secteurs d'affaires. Il faut l'accepter. Le football n'est pas non plus une décision d'investissement. Nous ne sommes pas là pour gagner de l'argent. Si nous pouvons faire une bonne affaire, nous allons simplement réinvestir les bénéfices dans le club. Qu'en est-il de Durbuy, votre dossier le plus fou et le plus inspirant selon vos propres termes, que l'on surnomme désormais Couckeland ? COUCKE : Il y aura encore beaucoup d'évolutions là-bas, et les choses avancent plus vite que nous le pensions. Durbuy reste Durbuy, mais nous y avons ajouté un peu de qualité. La réaction du grand public est incroyable. En janvier, normalement, c'est mort. Mais cette année, c'est rempli tous les jours. Tout le monde y a le sourire. Vous investissez également dans la recherche contre le cancer. Allez-vous continuer ? COUCKE : Oui, mais à partir de ce que nous faisons déjà, comme notre investissement dans l'entreprise de diagnostics suisse Sophia Genetics. C'est le top mondial, et c'est spectaculaire. Ou par le biais de Stop Cancer Côlon, qui est sans doute aujourd'hui l'organisation qui sauve le plus de vies par an en Belgique. Nous sommes également entrés dans le deuxième fonds de Droia, qui investit dans la recherche contre le cancer. Quel est votre principal défi ? COUCKE : C'est toujours l'entreprise où l'on est confronté au plus grand nombre de difficultés, et aujourd'hui, c'est évidemment Anderlecht. Vous n'avez aucun regret ? COUCKE : Non. Il nous est arrivé de prendre des décisions difficiles. Licencier quelqu'un, c'est toujours extrêmement pénible, mais je me console toujours en pensant qu'au cours de ma vie, j'ai engagé dix fois plus de gens que j'en ai licencié. Il est impossible de plaire à tout le monde. Mais cela fait plus de trente ans que je travaille, et je pense pouvoir dire que je peux toujours me regarder dans la glace. Et j'en suis très fier. Quelle est votre motivation ? L'argent ? Le succès ? COUCKE : Construire. Mais je connais les règles du jeu. Il n'est possible de construire quelque chose que si c'est rentable, et nous y veillons scrupuleusement. Nous analysons sans cesse combien cela va coûter, combien nous allons rembourser, et quel serait l'impact d'une mauvaise année. Cette approche mène à des entreprises plus fortes. Vous avez parfois perdu le sommeil ? COUCKE : Naturellement. Une journée tranquille, c'est rare. Si je devais écrire un livre sur ma vie, il serait assez épais. J'ai déjà accompli énormément de choses dans ma vie. J'ai également la chance d'avoir beaucoup d'énergie. Et quand je suis fatigué, ce qui m'arrive, je pense que j'en ai le droit. Vous vous démarquez toujours par votre style. Vous ne l'avez jamais regretté ? COUCKE : Il ne faut jamais regretter d'être soi-même. Je suis comme ça : j'aime travailler dur et j'aime réaliser des choses avec l'équipe, mais je sais aussi m'amuser. En humanités, je me qualifiais déjà d'épicurien. Vous êtes immunisé contre la critique, comme dans le football ? COUCKE : Non, bien entendu. Mais Vincent Kompany a une expression magnifique pour cela : " Don't believe the hype, don't believe the drama ". Quand on perd trois matches, c'est le drame. Quand on en gagne trois, c'est à nouveau la fête. Il faut relativiser les deux. J'ai appris à vivre avec les critiques. Certains disent qu'ils ne les lisent pas. Moi, je lis les critiques, et je m'oblige à me demander sans cesse si elles recèlent un fond de vérité, même quand on m'insulte sur les réseaux sociaux. Parfois, on en tire des enseignements. Pourquoi quelqu'un fait-il cela ? N'a-t-il pas un peu raison quelque part ? Quand on adopte cette attitude, il est possible de résister aux critiques. Mais le monde est de plus en plus dur. Vos enfants lisent-ils également ces critiques ? COUCKE : Naturellement, mais ils me connaissent bien. Ils lisent et me demandent : Papa, ce n'est quand même pas vrai ? Je peux dire que nous avons vraiment d'excellentes relations. Nous discutons beaucoup. À quoi me servirait-il de balancer des tirades d'insultes, comme on l'a écrit ? Je n'y réagis même plus. C'est comme ça. " Il faut être un peu fou pour atteindre quelque chose, mais on fait de moi une caricature que je ne suis pas ", avez-vous un jour déclaré. COUCKE : Je pense que j'y souscris toujours. J'aime la vie et j'aime la Belgique. Je me trouve béni, blessed, comme ils disent en anglais. Mais j'ai besoin de ma soupape. Ainsi, je trouve amusant d'avoir enregistré une chanson. Si l'on demande à des enfants de sept ans qui veut chanter, ils lèvent tous le doigt. À 17 ans, ils disparaissent sous leur chaise. Je sais qu'il y a des gens qui ne me veulent pas que du bien ou qui veulent faire de moi une caricature, pour une raison ou pour une autre. Je leur donne du grain à moudre. Mais j'ai fini par dire non à quelque chose récemment. On m'a demandé de jouer dans le nouveau film de FC De Kampioenen (sitcom flamande transposée par la suite au cinéma et ayant pour cadre une mauvaise équipe de football, ndlr). Dans la situation actuelle, j'ai préféré décliner. Mais j'aurais aimé. J'adore les défis de ce genre. Je suis juste incapable de la moindre activité physique. Je ne suis pas fait pour sauter d'un avion...