j'ai aimé La jeunesse du Standard

La saison passée, on a cru que le Standard devait beaucoup à une génération spontanée d'ados comme Axel Witsel ou MarouaneFellaini, commandés par un jeune venu de Genk : Steven Defour. Le changement de cap est plus profond et marque une rupture dans l'histoire de ce club. Quand on confie le brassard de capitaine à un jeunot (Defour), ça prouve qu'on a un projet. Les autres clubs ne vont pas tarder à s'inspirer de ce qui se passe à Sclessin. Là, on a abandonné l'import-export systématique pour une formation et une responsabilisation intelligentes des promesses. La preuve en a été donnée contre Tubize. Pour parer à l'absence pour cartes jaunes de Milan Jova...

La saison passée, on a cru que le Standard devait beaucoup à une génération spontanée d'ados comme Axel Witsel ou MarouaneFellaini, commandés par un jeune venu de Genk : Steven Defour. Le changement de cap est plus profond et marque une rupture dans l'histoire de ce club. Quand on confie le brassard de capitaine à un jeunot (Defour), ça prouve qu'on a un projet. Les autres clubs ne vont pas tarder à s'inspirer de ce qui se passe à Sclessin. Là, on a abandonné l'import-export systématique pour une formation et une responsabilisation intelligentes des promesses. La preuve en a été donnée contre Tubize. Pour parer à l'absence pour cartes jaunes de Milan Jovanovic, Dieumerci Mbokani et Axel Witsel, Laszlo Bölöni a aligné Mehdi Carcela et Christian Benteke sans oublier Eliaquim Mangala qui est déjà un titulaire à part entière. Carcela a montré sa technique tandis que Benteke (revenu au Standard après un crochet à Genk) m'a fait penser à Souleymane Oulare par sa taille et sa puissance. En 2e mi-temps, on a revu Réginal Goreux avant de découvrir Hirac Yagan, formé au club et auteur d'un beau but. Bölöni les lance au bon moment, cerne leurs qualités et leurs petits défauts. Cette grosse moisson prépare l'avenir. Ces jeunes s'identifient entièrement aux valeurs de leur région. Ils savent désormais que leur club mise sur eux et c'est ultra motivant. Leur coach est l'homme indiqué pour accentuer cette politique payante. Il a du métier et surtout un gros vécu de formateur et de rampe de lancement de jeunes acquis en France (Nancy, Rennes) et au Portugal (Sporting Lisbonne). J'imagine la fierté des entraîneurs de jeunes quand ils voient que leurs perles frappent aux portes de l'équipe première. C'est tout un club qui est concerné de fond en comble par cette révolution des mentalités. Parmi toutes les images du dernier week-end, il y en a deux, liées entre elles, qui ont spécialement attiré mon attention. Ainsi, j'ai été impressionné par la sérénité et la sagesse d' Enzo Scifo après Mouscron-Westerlo. Les soucis financiers de son club ne datent pas d'hier. Des médias ont déjà écrit le faire-part de décès de l'Excel et cela génère forcément des doutes dans un effectif, même si la réalité est un peu noircie. Scifo a rappelé que les joueurs sont payés à heure et à temps. Dès lors, c'est aux joueurs d'en faire autant, c'est-à-dire de bien remplir leur part du contrat et de vivre un championnat tranquille. La maturité du coach des Hurlus m'impressionne car il défend son effectif, son club, sa direction et tout Mouscron. A sa place, d'autres tireraient la couverture à eux. Ce ne sont pas des situations faciles à vivre. J'ai connu cela à Seraing où deux grandes aventures sportives se sont terminées par des catastrophes financières, une faillite et une absorption par le Standard. Seraing était un petit club mais a lancé des inconnus et formé beaucoup de jeunes découverts par le regretté Francis Nicolay. On néglige trop le rôle de révélateurs de talents assumé par les petits clubs. Avant de jouer au Standard et de devenir international, Igor deCamargo s'est fait les dents à Heusden-Zolder et au Brussels. Sans ses passages dans deux petits clubs, je ne sais pas si ce joueur aurait percé. Et parlerait-on aujourd'hui d' Adnan Custovic sans les Hurlus ? L'ex-attaquant de Mouscron est un gros frappeur et il a expédié une fusée dans les filets de Malines : c'est ma deuxième image marquante du dernier week-end. Gand l'a engagé pour sa poudre. Mais qui a été le chercher à Amiens ? Mouscron qui a lancé Custovic et fait confiance à Scifo. Les petits clubs sont indispensables et ils méritent plus de respect. propos recueillis par pierre bilic