J'ai aimé La brique dans le ventre d'Abbas Bayat

PROPOS RECEUILLIS PAR PIERRE BILIC
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PROPOS RECEUILLIS PAR PIERRE BILICSi on ne se réveille pas, on risque de devenir des SSM, des " sans stade moderne ". Alain Courtois a raison de le crier sur tous les toits et d'estimer que l'indispensable relookage de nos installations passe par la candidature à l'organisation d'une phase finale de la Coupe du Monde. Mais entre ce beau rêve et la réalité, on mesure tout ce qu'il y a à faire. Pour le moment, le Club Bruges, Anderlecht, le Standard, Charleroi ou l'Union Belge cherchent un endroit où ériger un stade digne de l'époque actuelle. Cette interminable quête d'espace m'inquiète. Attendra-t-on la dernière minute pour bricoler comme avant l'Euro 2000 pour se dire, neuf ans plus tard : " C'est dépassé " ? Il faut bâtir pour 25 ou 30 ans. Les dossiers n'avancent pas et chaque jour qui passe nous éloigne du 21e siècle. Ce n'est pas le but quand même et on perd un temps précieux. Chaque club ayant des visées européennes doit avoir un outil efficace, confortable, entièrement couvert par temps froid, doté d'une pelouse chauffée tout en étant multifonctionnel. Un stade doit vivre et être rentable tous les jours. J'ai apprécié les déclarations d 'AbbasBayat dans la Gazette des Sports : il affirme que si c'est nécessaire, il construira lui-même le nouveau stade des Zèbres. Bayat a une brique dans le ventre. Le big boss de Charleroi sait que l'avenir de son club passe par là. A mon avis, il est capable de relever ce défi et d'avoir " son " stade où son équipe première s'entraînera dans des conditions décentes, ce qui n'est pas du tout le cas pour le moment. Il vise haut mais le président carolo a retrouvé du poil de la bête. Abbas Bayat semblait un peu las jusqu'au moment où il a sorti John Collins de son chapeau. C'était une façon d'ouvrir les portes du vestiaire pour aérer son effectif : ça aussi, c'est construire. Le capitaine mauve est sorti de son rôle en critiquant l'organisation du stage à La Manga. " Il y a trop de blessés et de malades ", a déclaré Olivier Deschacht. " La fatigue peut être à la base de ces pépins. Le jour du départ, nous nous sommes levés à 3 heures du matin. C'était épuisant au lendemain des fêtes et des longs voyages en avion le 1er et le 2 janvier pour certains étrangers. Il fallait partir plus tard. " Oli est aussi énervé par la venue de nouveaux arrières et ne veut plus qu'on touche à ce secteur. Oui, Anderlecht a la deuxième défense de D1 mais son fonctionnement a souvent été chaotique. Oli peut dire ce qu'il veut ou montrer ses griffes (comme ce fut le cas quand Mbark Boussoufa critiqua ce secteur dans une interview au Laatste Nieuws), sa défense n'est pas du tout rassurante. Ici, il donne l'impression de vouloir être l'avocat de la défense et pas le capitaine de toute l'équipe. Or, Deschacht n'est pas le manager ou le coach du club. Cela me fait penser aux déclarations de Nicolas Frutos... Dans le passé, de grands capitaines comme Martin Lippens, Jef Jurion ou Paul Van Himst n'auraient jamais gaffé comme Deschacht. Même si Van Himst a frappé une fois du poing sur la table. En 1973-74, à trois heures du coup d'envoi de Zurich-Anderlecht (3-2 à l'aller de ce match de Coupe de l'UEFA), Paul refusa de jouer sur le flanc droit comme Urbain Braems le lui demandait. Sans Paul, Anderlecht fut battu (1-0) et éliminé. Paul écopa d'une amende de 2.500 euros : une fortune à l'époque. Ce fut un gros incident mais entre le grand Paul et Oli, y a pas photo : Deschacht devrait attendre d'être aussi important avant d'ouvrir son bec de cette façon-là. Il mérite une solide sanction. Pas une amende, mais un séjour dans le noyau B ou l'obligation de rendre son brassard de capitaine. "