Entre les Ardentes et Dour, le Jova est un des grands festivals à succès de cet été. Et c'est normal car la D1 risquait de perdre un artiste qui a largement contribué à la qualité du spectacle. Les joueurs de l'élite lui ont attribué la décoration la plus enviée : Footballeur professionnel de l'année. Durant deux ans, il a offert au public ses dribbles syncopés et son jeu à la Django Reinhardt fait de vitesse, virtuosité et improvisation. C'est parce qu'il apprécie de telles qualités dans le jeu de Milan Jovanovic que Roger Vanden Stock se serait intéressé à lui. Mais on a pu comprendre que le Standard a préféré ne pas répéter la même erreur qu'avec Mémé Tchite et renforcer un adversaire direct dans la lutte pour le titre. Cela dit, les Mauves ont toujours besoin d'un attaquant de plus du fait de la nième blessure de Nicolas Frutos... et qu'outre l'argent, ils ont peut-être des gars qui pourraient renforcer l'effectif du Standard et servir de monnaie d'échange supplémentaire.
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Entre les Ardentes et Dour, le Jova est un des grands festivals à succès de cet été. Et c'est normal car la D1 risquait de perdre un artiste qui a largement contribué à la qualité du spectacle. Les joueurs de l'élite lui ont attribué la décoration la plus enviée : Footballeur professionnel de l'année. Durant deux ans, il a offert au public ses dribbles syncopés et son jeu à la Django Reinhardt fait de vitesse, virtuosité et improvisation. C'est parce qu'il apprécie de telles qualités dans le jeu de Milan Jovanovic que Roger Vanden Stock se serait intéressé à lui. Mais on a pu comprendre que le Standard a préféré ne pas répéter la même erreur qu'avec Mémé Tchite et renforcer un adversaire direct dans la lutte pour le titre. Cela dit, les Mauves ont toujours besoin d'un attaquant de plus du fait de la nième blessure de Nicolas Frutos... et qu'outre l'argent, ils ont peut-être des gars qui pourraient renforcer l'effectif du Standard et servir de monnaie d'échange supplémentaire. Le manager général mauve Herman Van Holsbeek a démenti cette rumeur, même si on entendit parler d'une offre anderlechtoise de 5.000.000 d'euros pour Jova : " Non, non, on ne suit pas cette piste. C'est trop cher. Même si Jovanovic est un excellent attaquant, notre club ne dépensera pas autant d'argent pour un renfort ". Luciano D'Onofrio exige de toute façon 7 millions au minimum et quelques clubs dotés d'une magnifique trésorerie sont entrés dans la danse : Porto, Marseille, Benfica, PSV, Galatasaray. Milan Jovanovic : Honnêtement, non, mais je voudrais d'abord dire quelque chose de très important... Je sais mais je tiens à préciser quand même que Jovanovic ne compte pas. C'est le Standard qui passe avant tout, pas moi. Je ne voudrais pas attirer l'attention sur moi alors que tant de choses décisives et positives se passent au Standard. Je n'aimerais pas qu'un propos mal interprété gêne le Standard, même le plus légèrement qui soit, ce qui a été construit et tout ce qui se met encore en place pour le moment. Le Standard est coaché par un nouveau T1 proche du groupe et super compétent, le club prépare ses objectifs européens et la Ligue des Champions. Par rapport à cela, mon avenir ne concerne que ma petite personne. Je ferai mon choix tout seul, ne vous inquiétiez pas pour moi. Je ne suis pas le Standard, il y a bien plus important que moi à Sclessin. Les Rouches se sont d'ailleurs déjà renforcés en préservant leur effectif au maximum. Cela fait plaisir évidemment. Mais je n'ai jamais dit que je signerais à Anderlecht. Je parle de plaisir, de fierté, de satisfaction et d'intérêt (s'il existe réellement) qui doivent rejaillir sur tout le groupe de la saison passée : j'étais pas seul. Il y avait les autres aussi : Marouane Fellaini, Dieumerci Mbokani, Dante, etc. Ah, les journalistes. Je vais vous poser une question à laquelle vous devez répondre si vous êtes courageux. Pas du tout : si un autre journal multiplie votre salaire par quatre, que faites-vous ? Je précise tout de suite que je n'irai pas à Anderlecht. Son estime me va droit au c£ur. Mais il n'y a rien entre Anderlecht et moi. Des pistes me mènent vers d'autres clubs étrangers. Parmi les possibilités, il y en a une qui a nettement ma préférence... Mais, pour en revenir à Anderlecht, tout le monde sait que les Mauves ont songé à un moment à Michel Preud'homme. Si ce dernier y avait accepté le poste de T1, qui aurait pu le lui reprocher ? Personne. De même, si je me retrouvais à Anderlecht, que pourrait-on me reprocher ? Rien. Devrais-je être gêné de cet intérêt hypothétique ? Je ne crois pas. Dans le cas d'un tel transfert, qui ne se produira pas, j'aurais quand même été déçu que le Standard n'ait pas tout fait pour que je ne me retrouve pas à Anderlecht. C'est le Standard qui devrait alors s'en vouloir, pas moi. Dans le passé non, mais pour le moment oui. Des clubs portugais se qualifient chaque saison pour les poules de la Ligue des Champions. Possible. Je ne sais pas ce que le Standard exige, ce n'est pas mon problème. Moi, je me soucierai uniquement de mon contrat. Jouer à Porto, c'est toujours un challenge très intéressant. Mon coeur bat très fort pour un autre club. Bah, non, je ne regrette rien. Ce fut une saison importante. Oui, j'ai progressé. Je ne joue pas plus vite, je ne dribble pas mieux. La différence se situe ailleurs, dans des détails que Preud'homme m'a appris pour gagner un match. C'est bien de briller mais c'est inutile si on n'empoche pas les trois points au terme du match. Je suis plus fort dans ma tête. Mais j'en ai quand même assez de répéter sans cesse les mêmes choses. J'ai 27 ans, je dois penser à mon avenir. Je sais ce qui a été convenu la saison passée avec Luciano D'Onofrio. Nous nous sommes serré la main. Je suis resté alors qu'on m'offrait beaucoup plus ailleurs. Le but, c'était le titre, il a été atteint. Le club m'a soutenu quand j'étais blessé. Il n'y a pas eu de pression de l'intérieur même quand ce fut plus dur. J'ai apprécié ce soutien et j'ai tout donné pour le club, le coach, le groupe. J'ai respecté ma parole, j'attends que tout le monde en fasse de même. Et le contraire m'étonnerait. Oui. A 27 ans, j'étais évidemment un des joueurs les plus expérimentés du groupe. Il était normal d'assumer plus de responsabilités que les jeunes. Mais quand c'était plus dur, on cherchait sans cesse l'explication dans ma direction. Je ne suis quand même pas un magicien. Je sais ce que j'ai enduré. Personne ne jouerait huit mois sous infiltration. Je l'ai fait. Ce n'était pas dangereux mais douloureux, très douloureux. Je ne sais pas comment j'ai pu être présent sur les terrains en m'entraînant aussi prudemment en semaine. Preud'homme a bien géré cela. Il devait tenir compte de tas de paramètres techniques, tactiques, collectifs, individuels, etc. Il a pris plus de risque que moi en alignant un joueur blessé et diminué. Le coach m'a maintenu dans l'équipe et je lui ai rendu cette confiance : tout le monde a été gagnant. Le titre de Footballeur professionnel de l'année est le couronnement de ma saison. Cette récompense, j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Etre choisi par ses pairs, cela revêt une valeur sans égal pour moi. C'est plus important que les autres trophées attribués par la presse qui ne peuvent échapper à des préférences, des influences ou des lobbyings. Je préfère cet oscar à celui de meilleur buteur de la saison, par exemple. Un buteur, c'est souvent l'homme du dernier geste. J'en reconnais toute l'importance mais le footballeur pro, c'est différent, plus complet. J'ai aussi été élu pour ma technique, mes assists, ma lecture du jeu, ma vitesse, ma présence et ma personnalité. Je suis sportif, je respecte tout le monde, je ne blesse personne, je ne conteste pas les arbitres, etc. J'ai été opéré par le Docteur Piccard à Paris. C'est une sommité mondiale en ce qui concerne les problèmes de pubalgie. Il y a eu deux interventions : une à gauche l'autre à droite. C'était quand même douloureux mais les pubalgies ne posent plus de gros problèmes chirurgicaux. Je me sens bien. En vacances, j'ai fait du jogging, j'ai respecté le plan de travail. A la fin, je parcourais entre 8 et 9 km. Je me sens très bien. A l'entraînement, je progresse, je résorbe mon retard, je travaille avec ballon, pas de problème. Tout va très bien, ceux qui s'intéressent à moi savent où j'en suis. Et surtout quel type de joueur je suis. Un coach qui me veut à tout prix n'ignore rien : buts, déboulés, dribbles, assists, même le nombre de buts que j'ai marqués de la tête. Je serai totalement prêt, à 100 %, dans deux semaines, pas plus. Probablement. Tout le monde connaît mes intentions. Oui, je le regrette et c'est pourquoi j'en parle pour la dernière fois. Je n'accorderai plus d'interview. Je dois toujours me justifier. C'est éprouvant à la fin alors que tout est simple. Je vais vous expliquer ma situation en cinq.... questions. Attendez : ai-je bien 27 ans ? Bon cela fait un OUI. Suis-je arrivé à cet âge-là à un moment charnière de ma carrière ? OUI. Ai-je tout donné durant huit mois tout en étant blessé ? OUI. Ai-je aidé le Standard à gagner après 25 ans d'attente ? OUI. Les joueurs de D1 m'ont-ils élu Footballeur professionnel de la saison, donc meilleur joueur de 2007-2008 ? OUI. Suis-je le joueur le mieux payé de Belgique ? NON. Non et loin de là même. Si j'avais répondu cinq fois oui... Tout à fait. Pour un cinquième OUI ? Cela changerait la donne. Mais je ne crois pas que le Standard puisse m'offrir la même chose que le club étranger qui tient la corde. Là, je peux signer un contrat de quatre ou cinq ans : c'est à moi de choisir. C'est quand même appréciable. Si j'avais 22 ou 23 ans, la position serait différente. Je ne peux plus attendre. J'ai 27 ans et je vais partir car ma carrière, ma vie et mon destin l'exigent : c'est une certitude à un milliard de pourcents. Il me semble que ce n'est pas difficile à comprendre. Le Standard y trouvera son compte et, plus tard, ce serait avec plaisir que je terminerais ma carrière au Standard. Non, c'est les deux. Le club qui me veut le plus joue en Ligue des Champions. Je ne joue pas aux échecs. Je ne suis en guerre avec personne et certainement pas avec la direction du Standard. J'entretiens de bons rapports avec Lucien et Dominique D'Onofrio, Pierre François, etc. Je n'encense personne. Je dis toujours ce que je pense. Et je suis le premier à être critique envers moi-même. Je n'ai pas besoin des amis qui n'ont que des louanges à la bouche. Je m'en méfie. J'aime bien la critique quand elle est justifiée. Pour moi, c'est une source de motivation., C'est quand ? Cela m'étonnerait. A mon avis, je serai parti avant cette date. Mais si je suis encore là et que le coach me sélectionne, je serai à sa disposition. Mais si près du début du championnat et du troisième tour de la Ligue des Champions, on retient une équipe entièrement mobilisée sur le projet. Et ils y arriveront car Laszlo Bölöni livre un travail de toute beauté. Personne n'est indispensable. Oui. J'étais rentré chez moi pour régler des problèmes administratifs. Il n'y a pas de mystère en dessous de tout cela. Je l'ai expliqué en détails à Pierre François. Je suis un patriote fier de son pays mais je ne ferai jamais mon service militaire. Je peux rendre service autrement. Les sportifs sont des ambassadeurs. C'est le meilleur produit d'exportation. De plus, ils font rentrer des devises au pays. Aucune idée. Tout à fait : Miralem Sulejmani a été acquis pour 16,25 millions d'euros. La saison passée, il s'est totalement révélé à Heerenveen en marquant 15 buts en championnat. Beaucoup de respect. C'est le moins qu'on puisse dire mais il y en a d'autres... par pierre bilic - photos : reporters