Quand on demande à Vedran Runje pourquoi le Standard est si spécial pour lui, il répond que c'est le premier club qui lui a donné sa chance, et qui lui a permis de devenir l'homme qu'il est aujourd'hui. Pourtant, à l'époque, l'ancien gardien ne connaissait encore rien du championnat belge : " On était en 1998, il n'y avait pas internet, les championnats ne passaient pas à la télé... Bref, moi je ne connaissais que le Club Bruges, Anderlecht et le Standard, mais de réputation uniquement. "
...

Quand on demande à Vedran Runje pourquoi le Standard est si spécial pour lui, il répond que c'est le premier club qui lui a donné sa chance, et qui lui a permis de devenir l'homme qu'il est aujourd'hui. Pourtant, à l'époque, l'ancien gardien ne connaissait encore rien du championnat belge : " On était en 1998, il n'y avait pas internet, les championnats ne passaient pas à la télé... Bref, moi je ne connaissais que le Club Bruges, Anderlecht et le Standard, mais de réputation uniquement. " Au-delà de la sphère sportive, Runje voue également une véritable passion à la ville de Liège : " J'y ai vécu une sorte de seconde jeunesse, j'y ai découvert une ville spéciale, super accueillante avec une grande mixité culturelle. " Aujourd'hui encore, l'ancien gardien possède des attaches dans sa ville d'adoption : " Un de mes premiers jours à Liège, j'ai été boire un coup à la Danish Taverne près de la Place de la Cathédrale. Depuis, à chaque fois que je suis dans le centre de Liège, je vais y faire un tour, c'est comme ça. " Malgré son statut de véritable légende, Runje garde les pieds sur terre, et se trouve même un peu gêné face à cette situation : " Moi, je suis quelqu'un de très simple, je ne suis pas plus beau que les autres. Toute ma carrière, je me suis battu pour prouver que j'étais à ma place. Je pense avoir toujours fait de mon mieux pour prouver mon engagement envers ce club, c'est ma façon d'être et les supporters apprécient ça. La preuve, c'est que tout le monde sait qu'il y a eu de plus grands gardiens que moi dans ce club, mais que c'est encore à moi que vous pensez aujourd'hui ", dit-il avec le sourire. Depuis son départ, et hormis Sinan Bolat, le Standard n'a jamais retrouvé un gardien fiable. Selon Runje, " il y a une part de chance dans la réussite de tout gardien dans un club comme le Standard. Plus que les simples qualités de base, il faut du caractère pour résister à la pression des supporters. La façon d'être d'un gardien de but impacte autant que son talent, mais celle-ci est à double tranchant, elle peut jouer pour ou contre vous en fonction de la perception des supporters ", explique-t-il. Si, aujourd'hui, Victor Valdés est titulaire dans les buts du Standard, Runje ne pense pas que cela marquera un coup d'arrêt pour Guillaume Hubert. " Ce n'est pas la fin du monde, Valdés est là pour six mois. C'est le timing parfait pour que Guillaume en profite pour l'embêter en permanence, lui demander plein de trucs. J'ai toujours été persuadé qu'il était possible d'apprendre de tous les gardiens. Même de ceux qui évoluent en division 3, tu peux apprendre quelque chose. Et à l'âge qu'il a, c'est une chance inouïe pour lui. On est tous passés par une période pendant laquelle on doit se contenter du banc, lui a en plus la possibilité d'apprendre auprès d'un géant du football mondial. " Verdran se voit-il revenir dans l'organigramme du Standard ? " Évidemment que si je peux aider d'une façon ou d'une autre ce club, ce sera avec plaisir. Je suis resté plusieurs mois en Belgique en début de saison et Daniel (Van Buyten) m'a demandé à plusieurs reprises mon avis sur différents gardiens de but, mais je ne sais pas si je peux faire une réelle différence à ce niveau-là. Je vous l'ai dit, il y a une part de chance dans la réussite d'un gardien de but. Surtout au Standard. " En réalité, Runje n'a jamais vraiment décroché, puisque son fils est lui aussi gardien. " Il a 14 ans et demi et la même malédiction que moi si j'ose dire. Lui aussi a opté pour le poste de gardien de but, cela doit être de famille. Il évolue à l'Hajduk Split et est international croate chez les jeunes. Si je dois conseiller un gardien à Daniel, ce sera peut-être bien lui. " Aujourd'hui, Runje continue de se rendre à Sclessin où il est toujours très bien reçu : " J'ai des amis qui me proposent de venir avec eux dans les loges, ça me permet de bien voir le match. Quand j'étais jeune, j'aimais bien aller dans les kops de supporters pour suivre un match. Mais aujourd'hui, avec mes problèmes de genou, ce n'est plus possible. Et puis, de toute façon, on ne voyait jamais rien au match, on ne faisait que sauter partout. " Vedran Runje était resté très proche de Dominique D'Onofrio, alors forcément, ce décès l'a profondément marqué. D'autant plus que c'est dans le journal qu'il a pris connaissance de l'information. " C'était quelqu'un de bien, Dominique, quelqu'un avec lequel j'ai passé d'excellents moments. De moins bons aussi, comme on en partage avec les gens qui ont un mot à dire sur tout, comme lui et moi. On se disputait parfois, souvent même, parce que lui comme moi n'hésitions pas à donner notre opinion. Mais la vérité, c'est que j'adorais me prendre le chou avec Dominique. Cela pouvait avoir attrait au football, mais à plein d'autres choses aussi. Mais bon, je vous rassure, c'est facile de se disputer avec moi... " PAR MARTIN GRIMBERGHS - PHOTOS BELGAIMAGE" Il y a une part de chance dans la réussite d'un gardien de but. Surtout au Standard. " - VEDRAN RUNJE