1 La Suisse compte cinq places d'avance sur la Belgique au classement FIFA. Est-elle nettement meilleure que les Red Flames ?
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1 La Suisse compte cinq places d'avance sur la Belgique au classement FIFA. Est-elle nettement meilleure que les Red Flames ? Elle est un peu mieux classée et elle a participé au dernier Mondial comme à l'EURO mais elle n'est certainement pas inaccessible. En plus, la composition de son noyau a changé. Plusieurs joueuses ont quitté l'équipe ces dernières années et ont été remplacées par de jeunes talents. On pourrait dire que la Suisse suit la même évolution que nous. Je ne me tracasse pas : mes joueuses ont démontré contre l'Italie qu'elles possèdent suffisamment de qualités pour compliquer la tâche de n'importe quel adversaire. Ce n'est pas pour rien que nous sommes parmi les quatre meilleures équipes. 2 Si vous battez la Suisse, vous devrez encore affronter par aller-retour les Pays-Bas ou le Danemark, respectivement dixième et seizième du classement mondial. Ça en dit long sur la difficulté d'une qualification pour la Coupe du monde. Les Pays-Bas et le Danemark sont les finalistes du dernier EURO. Nous savons donc ce qui nous attend. Au fond, les quatre formations européennes encore en lice méritent toutes de disputer le Mondial mais il n'y a qu'un billet. La FIFA devrait réfléchir à une nouvelle répartition car actuellement, seules huit nations européennes peuvent se qualifier. Ceci dit, ceux qui me connaissent savent que je n'aime pas anticiper. Nous devons d'abord nous qualifier pour la finale des play-offs. Il sera encore temps ensuite de nous pencher sur les Pays-Bas ou le Danemark. 3 Vous faites face à vos matches les plus importants depuis que vous êtes sélectionneur des dames ? Je considère ces deux matches contre la Suisse comme deux tests incroyables. Ils vont révéler le développement des filles. Elles vont devoir gérer une nouvelle donnée : c'est la première fois à ce niveau qu'elles sont confrontées au système par élimination directe. Il est impossible de les y préparer à l'entraînement ou par un match amical. Toutefois, notre préparation me rassérène. J'ai vu l'équipe il y a cinq semaines pour la dernière fois et j'ai constaté qu'elle est vraiment professionnelle. Nous devons conserver cette mentalité et l'affûter encore un peu plus. 4 Heleen Jaques, un des piliers de l'équipe, a récemment posté un message émouvant sur Instagram, au sujet de sa blessure. Comment avez-vous vécu son chemin de croix ? En tant que sélectionneur, je dois évidemment être au courant et j'ai donc suivi sa revalidation de A à Z. Elle m'a facilité la tâche en communiquant énormément. De ce point de vue, elle est un exemple. Cependant, sa sélection pour les duels contre la Suisse ne constitue pas une récompense aux efforts qu'elle a consentis pendant sa revalidation. Sinon, je l'aurais invitée contre la Roumanie et l'Italie. Non, elle a forcé elle-même sa sélection. Je ne suis pas Saint-Nicolas... Heleen était dans le noyau de la Fiorentina en Ligue des Champions, ce qui veut dire qu'elle a retrouvé sa forme. Elle peut jouer mais nous évaluerons son état au jour le jour. 5 En octobre dernier, la fédération norvégienne et le syndicat des joueurs ont signé un accord historique, offrant les mêmes salaires aux internationaux masculins et féminins. Où en est la Belgique ? Je ne connais pas la situation spécifique de la Norvège et ce genre de comparaisons n'a pas beaucoup de sens. Occupons-nous de ce qui se passe en Belgique. Deux questions m'intéressent : d'où venons-nous et pouvons-nous continuer à progresser ? Il y a quelque temps, la fédération belge de football a bougé. Les dames bénéficient d'un meilleur encadrement et leurs indemnités ont augmenté. Peter Bossaert, le nouveau CEO de la fédération, a clairement indiqué qu'il prenait à coeur le football féminin. Maintenant, les joueuses doivent continuer à progresser sur le terrain. Si elles y parviennent, elles déclencheront d'autres changements.