Sven Kums et son épouse Caroline De Clercq nous accueillent chaleureusement chez eux. En février de l'an dernier, un rayon de soleil a égayé la maison avec la naissance de la petite Juliette. Elle a redonné le sourire au milieu de terrain, qui a traversé une période difficile à Anderlecht. Il n'entrait pas dans le projet de Vincent Kompany et a été prêté, fin août, à Gand.

La façon dont Sven a été accueilli par Thorup à Gand, c'était le jour et la nuit par rapport à Weiler à Anderlecht. " Caroline Kums

Le 20 janvier 2020, la bonne nouvelle est tombée : les Buffalos le transféreront définitivement l'été prochain et lui offriront un contrat de trois ans. Le montant du transfert est estimé à 1,5 million d'euros. Soit exactement le même montant que celui payé en juillet 2014 à Zulte Waregem et qui, en mai 2015, avait débouché sur le premier titre de champion de l'histoire de La Gantoise.

Sven : Lorsque mon avenir a été clarifié, ce fut un soulagement pour moi. Je savais qu'il y avait peu de place pour moi à Anderlecht, car le Sporting ne va pas abandonner son projet. À Gand, je me sens de nouveau apprécié. Et ce bon sentiment est réciproque. C'est agréable, vraiment.

Caroline : Mais je n'ai jamais senti Sven réellement malheureux. Certes, ce n'est jamais gai de constater que, du jour au lendemain, on ne compte plus sur vous, et que l'on est parfois carrément envoyé en tribune les jours de match. Mais il n'a jamais vraiment perdu espoir, il a toujours espéré recevoir sa chance. J'admire le professionnalisme dont il a fait preuve en toutes circonstances.

" À Anderlecht, je me sentais impuissant "

Gand représentait une excellente solution. Le club n'a pas changé : c'est un club chaleureux, bien organisé.

Sven : Je n'ai pas hésité un instant lorsque l'occasion s'est présentée. À Anderlecht, je me sentais impuissant. Je ne pouvais rien changer à la situation. Ne pas être repris dans le noyau de 18 joueurs, les jours de match, et n'avoir aucune perspective de voir les choses évoluer, c'est pesant. J'ai toujours eu le sentiment de pouvoir, peut-être, reconquérir ma place. Mais, en pratique, c'était plus compliqué que cela. J'espérais pourtant beaucoup de ce retour aux sources, en juin 2017, dans le club où j'ai passé ma jeunesse. Cela ne s'est pas passé comme prévu, malheureusement. Ce ne furent pas mes meilleures années, ni celles du club. Et pourtant, je ne regrette rien. Je n'ai rien à me reprocher. J'ai tout fait pour m'imposer. Ma volonté et mon professionnalisme ne sont pas en cause. Simplement, mon niveau n'était pas suffisant pour remporter des trophées avec l'équipe. Or, c'était quand même l'objectif.

Caroline : C'était aussi dû à ta position sur le terrain. Comme auparavant, à l'Udinese.

Sven : Effectivement. J'ai toujours dit que ce numéro 6 n'est pas ma meilleure place. Je n'ai jamais ambitionné ce rôle. C'était compliqué de faire de moi un contrôleur et un récupérateur. Cela ne correspond pas à mon style de jeu. Durant la saison où j'ai remporté le titre avec Gand, sous la direction de Hein Vanhaezebrouck, j'avais Renato Neto à mes côtés. J'évoluais en numéro 8. Un poste que j'ai retrouvé aujourd'hui, et que j'occupe avec Vadis. Nous pouvons compter sur Elisha Owusu comme essuie-glace dans notre dos. Je ne suis pas le plus grand, et même si je peux tenir mon rang dans les duels, je manque de puissance comme numéro 6 et mon jeu de tête défensif n'est pas des meilleurs ( il rit). Et puis, je ne suis pas, non plus, le plus rapide.

À Anderlecht, j'ai rapidement senti le vent tourner. Je jouais peu dans les matches amicaux. Vincent Kompany s'est entretenu avec tout le monde, ouvertement et honnêtement. Avec moi aussi. Il m'a averti que mes chances de jouer étaient minces. J'ai répondu : " D'accord, mais puis-je essayer de vous faire changer d'avis par mes entraînements ? " Il a été honnête et m'a avoué que ce serait compliqué. Dans mon esprit, j'aurais pu jouer le rôle de l'un des deux numéros 10, mais d'une autre manière. Mais, apparemment, ce n'était pas une option.

" Je suis très reconnaissant à Ivan De Witte "

Caroline : Heureusement, le président de Gand ne nous avait pas oubliés.

Sven : Je suis très reconnaissant à Ivan De Witte. Déjà, lors de mon premier passage dans le club, il m'avait soutenu d'une façon incroyable. Il m'apprécie énormément. Et c'est réciproque. J'ai souvent l'impression que le président incarne une figure paternelle, tant pour moi que pour l'équipe.

Caroline : Lorsque Sven m'a annoncé qu'il pouvait retourner à Gand, j'ai spontanément répondu : " N'hésite pas, fonce ".

Sven : J'aime leur approche dominante et offensive. Ils ont de la suite dans les idées.

Caroline : Le contraste avec Anderlecht est saisissant. Là-bas, le changement est permanent.

Sven : L'évolution positive de Gand saute aux yeux. Le centre d'entraînement d'Oostakker a grandement amélioré les conditions de travail. Aucun détail n'est négligé. Régulièrement, un coach étranger est invité : un spécialiste des rentrées en touche ou des coups francs. Thomas Matton dispense chaque semaine des séances individuelles, lui aussi. Pendant le stage hivernal en Espagne, j'ai reçu des conseils intéressants pour encore améliorer ma technique de frappe. À Gand, tous les ingrédients d'un grand club sont réunis. En fait, nous ne devons nous concentrer que sur nos prestations.

Caroline : Tu as aussi été directement intégré à l'équipe.

Sven : Oui, dès le tour préliminaire décisif d'Europa League contre Rijeka. Après ce partage 1-1 et la qualification pour la phase de poules, je ne suis plus sorti de l'équipe. Le train était lancé sur les rails. Je suis un joueur qui a besoin de liberté de la part de l'entraîneur. Les consignes ne doivent pas être trop strictes. Jess Thorup nous donne des responsabilités, à Vadis et à moi, et nous laisse l'initiative de demander le ballon.

" La gestion de Thorup est fantastique "

Caroline : Je trouve que votre coach est un homme raffiné, intelligent et charmant. Comme son épouse, d'ailleurs.

Sven : Sa gestion du groupe est tout simplement fantastique. Il est attentif à tout, il sait que notre sport est important, mais peut aussi comprendre que des problèmes privés peuvent influencer nos prestations. Qu'on ne s'y trompe pas : il est aussi capable de taper du poing sur la table, à la mi-temps, lorsque tout ne se passe pas comme prévu. Au Club House, il salue tout le monde. L'entraîneur veut entretenir la convivialité, y compris avec notre public. Tout est toujours très naturel chez lui, ce n'est pas du show.

Caroline : Il est très authentique.

Sven : Mais aussi très ambitieux. Il nous pousse toujours à donner le maximum et veut aussi retirer le maximum. L'appétit est grand à Gand. Et les bons résultats sont une source de motivation. On en veut toujours plus.

Caroline : Le beau parcours européen et la spirale positive dans lequel le club est engagé me rappellent la belle période du titre. Simplement, il y a le Club Bruges devant nous et eux aussi restent en très belle forme. Parmi les femmes et compagnes des joueurs, il règne par ailleurs la même ambiance familiale qu'en 2015.

Sven : Je vois aussi des similitudes avec l'année du titre. Tout le monde, dans notre groupe, reste les pieds sur terre. Nous n'avons pas de vedette. Et personne ne fait de déclarations fracassantes. Chacun est prêt à faire un pas de plus pour aider son équipier. Avec une telle mentalité, peut aller loin.

Caroline : La façon dont Sven a été accueilli par Thorup à Gand, c'était le jour et la nuit par rapport à l'accueil de Weiler à Anderlecht.

Sven : ( il sourit) Il me connaissait moins bien. À Gand, j'ai été accueilli de la meilleure manière possible. J'ai besoin de chaleur humaine. Et ici, je suis servi.

© INGE KINNET

" Je ne vois pas de raison de douter de Mogi Bayat "

Sven : L'idée de changer d'agent ne m'est jamais venue à l'esprit. Je suis très satisfait de Mogi Bayat. Il est professionnel jusqu'au bout des ongles. Depuis mon passage de Zulte Waregem à Gand, tous les transferts se sont très bien déroulés. C'est un homme très sympathique et très attaché aux valeurs familiales, qui tient toujours ses promesses.

Caroline : Mais il est aussi, et surtout, un bon commerçant. Et, grâce à son intelligence, probablement un très bon négociateur. Nous avons été très surpris lorsqu'il a été interpellé et qu'il a dû se justifier sur certaines affaires. Mais le procès doit encore avoir lieu. Pour nous, tout le monde est présumé innocent, jusqu'à preuve du contraire.

Sven : Il n'a pas été interdit d'activités, contrairement à d'autres.

Caroline : De toute façon, ce n'est pas plus mal que le milieu du football soit passé à la loupe. Car cela reste un microcosme au sein duquel beaucoup d'argent circule. S'il s'avère qu'il s'est rendu coupable de fraude fiscale, il doit être puni. Car c'est interdit par la loi.

Sven : Sur base de nos expériences, je peux simplement dire que l'établissement des contrats et les négociations se sont toujours passés très correctement.

Caroline : On ne voit et on n'entend pas Mogi s'il n'y a rien de concret. C'est alors seulement qu'il nous contacte. Et il va toujours droit au but.

Sven : Lorsque je lui ai demandé, en août 2016, ce qu'il en était du supposé intérêt de Naples, il a directement été franc : les Italiens ne payeraient jamais la somme de transfert demandée par Gand ( 9 millions d'euros, ndlr). Et il avait raison. Watford, en revanche, était prêt à débourser ce montant. Mogi m'a toujours proposé des clubs attractifs et des accords lucratifs. J'ai toujours été payé correctement partout.

Caroline : Je connais les sommes, dans les grandes lignes. Mais je préfère m'occuper de mes propres affaires que du portefeuille de Sven. Je trouve que cela dépasse souvent l'entendement. Le sport professionnel, c'est un autre monde. Et à l'étranger, c'est encore pire. À Udine, certains empruntaient un hélicoptère ou un jet privé. Nous nous sommes, heureusement comportés comme des Belges normaux et avons pris un vol de ligne. Nous apprécions aussi les belles choses, mais d'une autre manière. Le bonheur se trouve quand même dans les petits détails. Et nous ne pouvons pas nous plaindre.

Sven Kums et son épouse Caroline De Clercq nous accueillent chaleureusement chez eux. En février de l'an dernier, un rayon de soleil a égayé la maison avec la naissance de la petite Juliette. Elle a redonné le sourire au milieu de terrain, qui a traversé une période difficile à Anderlecht. Il n'entrait pas dans le projet de Vincent Kompany et a été prêté, fin août, à Gand. Le 20 janvier 2020, la bonne nouvelle est tombée : les Buffalos le transféreront définitivement l'été prochain et lui offriront un contrat de trois ans. Le montant du transfert est estimé à 1,5 million d'euros. Soit exactement le même montant que celui payé en juillet 2014 à Zulte Waregem et qui, en mai 2015, avait débouché sur le premier titre de champion de l'histoire de La Gantoise. Sven : Lorsque mon avenir a été clarifié, ce fut un soulagement pour moi. Je savais qu'il y avait peu de place pour moi à Anderlecht, car le Sporting ne va pas abandonner son projet. À Gand, je me sens de nouveau apprécié. Et ce bon sentiment est réciproque. C'est agréable, vraiment. Caroline : Mais je n'ai jamais senti Sven réellement malheureux. Certes, ce n'est jamais gai de constater que, du jour au lendemain, on ne compte plus sur vous, et que l'on est parfois carrément envoyé en tribune les jours de match. Mais il n'a jamais vraiment perdu espoir, il a toujours espéré recevoir sa chance. J'admire le professionnalisme dont il a fait preuve en toutes circonstances. Gand représentait une excellente solution. Le club n'a pas changé : c'est un club chaleureux, bien organisé. Sven : Je n'ai pas hésité un instant lorsque l'occasion s'est présentée. À Anderlecht, je me sentais impuissant. Je ne pouvais rien changer à la situation. Ne pas être repris dans le noyau de 18 joueurs, les jours de match, et n'avoir aucune perspective de voir les choses évoluer, c'est pesant. J'ai toujours eu le sentiment de pouvoir, peut-être, reconquérir ma place. Mais, en pratique, c'était plus compliqué que cela. J'espérais pourtant beaucoup de ce retour aux sources, en juin 2017, dans le club où j'ai passé ma jeunesse. Cela ne s'est pas passé comme prévu, malheureusement. Ce ne furent pas mes meilleures années, ni celles du club. Et pourtant, je ne regrette rien. Je n'ai rien à me reprocher. J'ai tout fait pour m'imposer. Ma volonté et mon professionnalisme ne sont pas en cause. Simplement, mon niveau n'était pas suffisant pour remporter des trophées avec l'équipe. Or, c'était quand même l'objectif. Caroline : C'était aussi dû à ta position sur le terrain. Comme auparavant, à l'Udinese. Sven : Effectivement. J'ai toujours dit que ce numéro 6 n'est pas ma meilleure place. Je n'ai jamais ambitionné ce rôle. C'était compliqué de faire de moi un contrôleur et un récupérateur. Cela ne correspond pas à mon style de jeu. Durant la saison où j'ai remporté le titre avec Gand, sous la direction de Hein Vanhaezebrouck, j'avais Renato Neto à mes côtés. J'évoluais en numéro 8. Un poste que j'ai retrouvé aujourd'hui, et que j'occupe avec Vadis. Nous pouvons compter sur Elisha Owusu comme essuie-glace dans notre dos. Je ne suis pas le plus grand, et même si je peux tenir mon rang dans les duels, je manque de puissance comme numéro 6 et mon jeu de tête défensif n'est pas des meilleurs ( il rit). Et puis, je ne suis pas, non plus, le plus rapide. À Anderlecht, j'ai rapidement senti le vent tourner. Je jouais peu dans les matches amicaux. Vincent Kompany s'est entretenu avec tout le monde, ouvertement et honnêtement. Avec moi aussi. Il m'a averti que mes chances de jouer étaient minces. J'ai répondu : " D'accord, mais puis-je essayer de vous faire changer d'avis par mes entraînements ? " Il a été honnête et m'a avoué que ce serait compliqué. Dans mon esprit, j'aurais pu jouer le rôle de l'un des deux numéros 10, mais d'une autre manière. Mais, apparemment, ce n'était pas une option. Caroline : Heureusement, le président de Gand ne nous avait pas oubliés. Sven : Je suis très reconnaissant à Ivan De Witte. Déjà, lors de mon premier passage dans le club, il m'avait soutenu d'une façon incroyable. Il m'apprécie énormément. Et c'est réciproque. J'ai souvent l'impression que le président incarne une figure paternelle, tant pour moi que pour l'équipe. Caroline : Lorsque Sven m'a annoncé qu'il pouvait retourner à Gand, j'ai spontanément répondu : " N'hésite pas, fonce ". Sven : J'aime leur approche dominante et offensive. Ils ont de la suite dans les idées. Caroline : Le contraste avec Anderlecht est saisissant. Là-bas, le changement est permanent. Sven : L'évolution positive de Gand saute aux yeux. Le centre d'entraînement d'Oostakker a grandement amélioré les conditions de travail. Aucun détail n'est négligé. Régulièrement, un coach étranger est invité : un spécialiste des rentrées en touche ou des coups francs. Thomas Matton dispense chaque semaine des séances individuelles, lui aussi. Pendant le stage hivernal en Espagne, j'ai reçu des conseils intéressants pour encore améliorer ma technique de frappe. À Gand, tous les ingrédients d'un grand club sont réunis. En fait, nous ne devons nous concentrer que sur nos prestations. Caroline : Tu as aussi été directement intégré à l'équipe. Sven : Oui, dès le tour préliminaire décisif d'Europa League contre Rijeka. Après ce partage 1-1 et la qualification pour la phase de poules, je ne suis plus sorti de l'équipe. Le train était lancé sur les rails. Je suis un joueur qui a besoin de liberté de la part de l'entraîneur. Les consignes ne doivent pas être trop strictes. Jess Thorup nous donne des responsabilités, à Vadis et à moi, et nous laisse l'initiative de demander le ballon. Caroline : Je trouve que votre coach est un homme raffiné, intelligent et charmant. Comme son épouse, d'ailleurs. Sven : Sa gestion du groupe est tout simplement fantastique. Il est attentif à tout, il sait que notre sport est important, mais peut aussi comprendre que des problèmes privés peuvent influencer nos prestations. Qu'on ne s'y trompe pas : il est aussi capable de taper du poing sur la table, à la mi-temps, lorsque tout ne se passe pas comme prévu. Au Club House, il salue tout le monde. L'entraîneur veut entretenir la convivialité, y compris avec notre public. Tout est toujours très naturel chez lui, ce n'est pas du show. Caroline : Il est très authentique. Sven : Mais aussi très ambitieux. Il nous pousse toujours à donner le maximum et veut aussi retirer le maximum. L'appétit est grand à Gand. Et les bons résultats sont une source de motivation. On en veut toujours plus. Caroline : Le beau parcours européen et la spirale positive dans lequel le club est engagé me rappellent la belle période du titre. Simplement, il y a le Club Bruges devant nous et eux aussi restent en très belle forme. Parmi les femmes et compagnes des joueurs, il règne par ailleurs la même ambiance familiale qu'en 2015. Sven : Je vois aussi des similitudes avec l'année du titre. Tout le monde, dans notre groupe, reste les pieds sur terre. Nous n'avons pas de vedette. Et personne ne fait de déclarations fracassantes. Chacun est prêt à faire un pas de plus pour aider son équipier. Avec une telle mentalité, peut aller loin. Caroline : La façon dont Sven a été accueilli par Thorup à Gand, c'était le jour et la nuit par rapport à l'accueil de Weiler à Anderlecht. Sven : ( il sourit) Il me connaissait moins bien. À Gand, j'ai été accueilli de la meilleure manière possible. J'ai besoin de chaleur humaine. Et ici, je suis servi.