COACH: Heimir Hallgrimsson (ICE)

A l'issue de l'EURO, l'Islande a pris congé de votre co-sélectionneur, Lars Lagerbäck, et vous avez continué seul. Quelles sont les différences entre le Suédois et vous ?
...

A l'issue de l'EURO, l'Islande a pris congé de votre co-sélectionneur, Lars Lagerbäck, et vous avez continué seul. Quelles sont les différences entre le Suédois et vous ? HEIMIR HALLGRIMSSON : L'expérience. Je suis plutôt un aventurier qui aime faire des essais alors que Lars avait une philosophie claire sur le style de jeu et la préparation. Entre deux matches, j'aime placer de nouveaux accents pour surprendre l'adversaire. Les jeunes entraîneurs ont envie d'apprendre et ils lisent beaucoup. Ils veulent faire des découvertes, trouver des évolutions susceptibles de faire progresser leur équipe. Un entraîneur chevronné le fera beaucoup moins. Quand on est dans le métier depuis trente ans, on sait ce qui fonctionne ou pas. Comment décririez-vous votre philosophie du foot ? HALLGRIMSSON : Peu m'importe que nous jouions sans frein, en pressant haut, offensivement ou défensivement, pour autant que ça fonctionne. Une équipe peut parfois exercer une pression élevée et, se replier le match suivant, avec les mêmes joueurs. Je n'ai pas vraiment de vision en la matière. Tout dépend de l'adversaire. Celui qui s'appuie sur une vision claire et unique possède généralement les meilleurs joueurs du monde et dans ce cas, peu importe contre qui il joue. L'Islande n'a pas perdu à domicile en qualifications. Pourquoi est-elle si difficile à battre sur ses terres ? HALLGRIMSSON : J'espère que nous sommes difficiles à battre partout, pas seulement en Islande. L'ambiance du stade est toujours spéciale. Les supporters nous offrent leur soutien inconditionnel et les joueurs en raffolent. Durant l'année, ils sont dispersés en Europe. De retour en Islande, ils se sentent chez eux et sont détendus. C'est aussi psychologique : quand on reste invaincu aussi longtemps, on finit par se sentir invincible. Retrouvez-vous toujours Tolfan, le noyau dur des supporters, avant chaque match ? HALLGRIMSSON : Oui. C'est unique. Je peux comprendre qu'ailleurs, on trouve ridicules ces rencontres avec les supporters, mais nous continuons à les organiser. Il y a une bonne alchimie et beaucoup de respect entre joueurs, staff et supporters. Il n'y a qu'une règle : pas de photos ni de films durant ces réunions. Jusqu'à présent, tout le monde a respecté cet interdit, ce qui est assez exceptionnel. Quel regard portez-vous sur l'EURO 2016 ? HALLGRIMSSON : Je suis fier. Nous avons acquis de l'expérience, même si le Mondial est encore d'un niveau plus élevé. Mais quand même : nous étions partis avec la peur de sombrer et nous avons parfois joué sur notre adrénaline alors que maintenant, nous pouvons être plus relax. Comment le sélectionneur de l'Islande appréhende-il le match contre l'Argentine ? HALLGRIMSSON : En sachant que nous n'aurons pas beaucoup le ballon. Mais nous avons un plan. Comme toujours. recordman international, ex-joueur et coach de Lokeren, entraîneur du KR Reykjavik depuis mai 2017 " Nous sommes des battants. Impitoyables. Vous pouvez vous attendre à une équipe bien organisée. Nous tenterons de frapper en contre face à l'Argentine, la Croatie et le Nigeria. Nous sommes redoutables sur les phases arrêtées. Après notre excellent EURO, nous avons eu du mal à jouer en possession du ballon alors que c'est un facteur essentiel pour conserver le calme, mais depuis quelques matches, nous y parvenons mieux. Sur papier, le deuxième tour est une utopie pure. L'Argentine et la Croatie nous battront huit ou neuf fois sur dix. Mais nous avons un atout : elles doivent à tout prix gagner et elles seront donc très nerveuses alors que l'Islande n'a aucune obligation et restera sereine. Nous sommes de parfaits outsiders et c'est ainsi que nous sommes les plus dangereux. Évidemment, notre réussite en France a changé le regard qu'on portait sur nous. On n'attaque plus aveuglément contre ces petits Islandais, maintenant ! Mais pourquoi ne rééditerions-nous pas l'exploit de l'EURO ? Mon fils Runar Runarsson est un meilleur gardien que Hannes Halldorsson, homme contre homme, mais celui-ci, plus chevronné, sera sans doute titularisé. La défense à quatre joue depuis des années ensemble et est difficile à manoeuvrer. Le sélectionneur ne changera pas de formule. " Le médian de vingt ans du PSV a un lien avec la Belgique. Son père, Gudmundur Benediktsson (43 ans), avant, a porté le maillot du Germinal Ekeren de 1991 à 1994 et de Geel en 1999-2000. À l'EURO 2016, son enthousiasme lors des matches de l'Islande lui a valu le surnom de commentateur fou. Sa mère Kristbjörg Ingadottir, basketteuse, compte quatre sélections nationales. Le père de celle-ci, Ingi Björn Albertsson, a été le meilleur buteur d'Islande à deux reprises, pour Valur et FH. C'est le grand-père de Kristbjörg, Albert Gudmundsson, qui a communiqué le virus du foot à la famille : il a été le premier footballeur pro du pays, jouant pour l'AC Milan et le Racing Club de France. Il a été ministre des finances de 1983 à 1985 puis ministre de l'industrie les deux années suivantes. Le jeune talent est médian offensif. De l'école des jeunes de Lokeren, il a raté un test à l'Ajax et a rejoint le KR Rejkjavík, pour lequel il a effectué ses débuts à seize ans, puis est passé à Heerenveen en 2013 avant de signer au PSV en 2015. Comme le Panama, les Scandinaves effectuent leurs débuts en Coupe du Monde. L'île est le plus petit pays, avec 350 000 habitants, à se qualifier pour le Mondial depuis sa mise sur pied en 1930. L'été dernier, Everton a cédé à l'insistance de son manager Ronald Koeman et a versé 50 millions d'euros pour transférer GylfiSigurdsson de Swansea City. C'est le plus cher transfert de l'histoire des Toffees. Le médian offensif a achevé la saison avec quatre buts et trois assists en 27 duels. La Belgique reste un tremplin populaire pour les internationaux islandais. Nous avons ainsi fait la connaissance de Birkir Bjarnason (Standard, 2012-2013), Sverrir Ingason (Lokeren, 2015-2016) et d' Olafur Skulason (Zulte Waregem, 2011-2015). L'avant Alfred Finnbogason (29 ans) ne s'est jamais vraiment imposé à Lokeren de novembre 2010 à mars 2012, avec seulement quatre buts en 22 matches. Il s'est ensuite distingué à Heerenveen et au FC Augsbourg. Il a inscrit trois des seize buts de l'Islande, première de son groupe de qualification devant la Croatie. Seul Gylfi Sigurdsson a fait mieux avec quatre goals.