La liste des joueurs qui ont quitté, très jeunes, le Germinal Beerschot pour l'Ajax Amsterdam est longue : ThomasVermaelen, JelleVanDamme, JanVertonghen, TobyAlderweireld, TomDeMul et on en passe. La plupart ont constitué de belles réussites. Cet été, la liste s'est allongée : MatsRits a, lui aussi, quitté le Kiel pour l'Arena alors qu'il n'avait pas encore 18 ans (il vient de les fêter, le 18 juillet).
...

La liste des joueurs qui ont quitté, très jeunes, le Germinal Beerschot pour l'Ajax Amsterdam est longue : ThomasVermaelen, JelleVanDamme, JanVertonghen, TobyAlderweireld, TomDeMul et on en passe. La plupart ont constitué de belles réussites. Cet été, la liste s'est allongée : MatsRits a, lui aussi, quitté le Kiel pour l'Arena alors qu'il n'avait pas encore 18 ans (il vient de les fêter, le 18 juillet). Le contexte est cependant différent : à l'époque, le GBA, en grosses difficultés financières, avait conclu un partenariat avec l'Ajax et les Amstellodamois avaient puisé à profusion dans le réservoir de jeunes des Anversois. Rits, lui, a décidé de sa propre initiative de rejoindre les Pays-Bas. " Bien sûr, en signant, j'ai songé à tous ces anciens joueurs du GBA qui se sont pleinement épanouis à Amsterdam, mais cela n'a pas été le facteur déterminant dans mon choix ", explique le jeune homme au centre d'entraînement De Toekomst ( L'Avenir, tout un symbole) qui jouxte l'Arena. " Simplement, la qualité du travail de formation effectué à Amsterdam est universellement reconnue, et je n'ai pas voulu manquer l'occasion d'en profiter. En fait, je considère ce passage à l'Ajax comme un investissement sportif. L'aspect financier n'a pas du tout joué dans mon esprit. J'avais de nombreuses propositions, émanant de la plupart des grands clubs belges, mais aussi de Heerenveen, du PSV, du FC Utrecht et du FC Groningen. Je pouvais aussi prolonger au Beerschot. Le club a d'ailleurs fait le maximum pour me retenir. J'ai beaucoup discuté avec PatrickVanoppen, le nouveau président. La décision n'a pas été facile à prendre. J'ai vécu deux belles années au Kiel, qui suivaient quatre autres, encore plus fantastiques, chez les jeunes. Je suis très re-connaissant envers ce club pour tout ce qu'il m'a apporté. Mais j'ai estimé que le temps était venu de changer. En optant pour l'Ajax, je n'ai pas choisi la solution de la facilité. Je n'ai reçu aucune garantie en matière de temps de jeu. Au contraire : au départ, je pensais même que j'allais intégrer Jong Ajax, l'équipe Espoirs. Or, depuis le début, je m'entraîne avec le noyau A. C'est déjà un succès. J'ai joué quelques matches amicaux d'avant-saison, mais je n'ai pas encore été repris en compétition officielle. Peu importe : si je dois jouer toute la saison avec Jong Ajax, le lundi soir, je ne m'en formaliserai pas. Je ne me suis fixé aucun délai pour m'imposer. Je suis à Amsterdam pour apprendre le métier, c'est tout. Et c'est sans doute la meilleure école possible. " Le nom Ajax fait donc toujours rêver. " C'est un club qui possède une histoire très riche, un palmarès impressionnant et qui a compté quelques footballeurs prestigieux en ses rangs. A commencer par JohanCruijff, bien sûr. Le prestige du club est toujours intact. Je me suis toujours intéressé au football néerlandais, depuis que je suis tout petit. Lorsque j'ai commencé à jouer en équipe Première au GBA, je me suis davantage focalisé sur le football belge, mais aujourd'hui, cette passion pour le championnat des Pays-Bas renaît en moi. " Rits est considéré comme l'un des jeunes talents les plus doués du football belge, au même titre qu'un EdenHazard ou un DriesMertens autrefois. " Je suis un peu plus jeune qu'eux, et je n'ai pas les mêmes caractéristiques ", précise-t-il. " Je ne suis pas aussi rapide qu'Eden. Je suis un peu un faux lent, je n'ai pas son pouvoir d'accélération. Je me considère comme un numéro 10. Certainement pas un attaquant pur, et je ne me vois pas me reconvertir en ailier non plus. Je me vois plus dans un rôle à la StevenDefour ou à la AxelWitsel : davantage axé sur les passes, sur la vision du jeu. Ma principale qualité est, selon moi, la passe en profondeur. Mon positionnement n'est pas mauvais et j'ai aussi le sens du but. J'aime surgir de la deuxième ligne. Mais, un peu comme Dries, le football néerlandais devrait me convenir : plus technique, plus ouvert, plus axé sur la possession du ballon que le football belge. Même si le niveau technique s'est beaucoup amélioré. " Rits est originaire de Wavre-Sainte-Catherine, une petite localité située entre Malines et Lierre, et a effectué ses premiers pas de footballeur à Walem, également dans la banlieue malinoise, car son grand-père y était président. Mais, dès l'âge de six ans, c'est au Lierse qu'il a poursuivi son écolage. " Je m'appuyais quasi exclusivement sur ma technique. Je détonnais un peu, car on pratiquait souvent avec de longs ballons là-bas. Lorsque je suis parti au GBA, à 12 ans, j'ai découvert qu'il fallait aussi, parfois, pouvoir se faire mal. "Il n'a pas participé au Championnat d'Europe U19, en Roumanie, et n'a réintégré la sélection des Diablotins qu'en août, à l'occasion d'un double match amical contre le Danemark, à Lokeren et à Beveren. " En fait, pendant deux ans, j'ai fait une croix sur l'équipe nationale. Lorsque j'ai intégré l'équipe Première du GBA, je passais toute la journée au club alors que j'étais toujours aux études, dans un collège tout à fait normal, sans beaucoup de facilités. Je tenais absolument à obtenir mon diplôme d'humanités, et si j'avais encore dû me farcir régulièrement des stages ou des matches avec l'équipe nationale, je ne m'en serais pas sorti. J'étais un assez bon élève, et si je n'avais pas atteint l'équipe Première en football, j'aurais sans doute entamé des études universitaires. J'ai finalement obtenu mon diplôme d'humanités, en sciences-maths, et avec ce transfert à l'Ajax, j'ai mis - peut-être provisoirement - un terme à mes études. De ce fait, je me suis aussi remis à la disposition de l'équipe nationale. " Il y a d'emblée enfilé le brassard de capitaine. " Je n'ai fait que le récupérer, car j'avais toujours été capitaine précédemment. Peut-être, aussi, le choix s'est-il porté sur moi parce que j'ai déjà un peu plus d'expérience que les autres garçons de mon âge. "Rits serait donc un leader naturel ? Il a, en tout cas, l'élocution facile et claire pour un garçon de son âge. " On m'en a déjà fait la remarque, en effet. Même aux Pays-Bas. Lors d'une réunion qui regroupait des joueurs et leur compagne, on a été étonné par mon aisance. On m'a dit : - TuestrèssociablepourunjeuneBelge, onn'estpashabitué àcela ! " Un atout supplémentaire, sans doute, pour réussir aux Pays-Bas. Rits vit désormais seul dans un appartement. " En fait, j'habite sur une île, à dix minutes du centre-ville et dix minutes aussi de l'Arena. C'est l'idéal. Un endroit très tranquille, où d'autres joueurs résident également. Mais je retourne encore fréquemment en Belgique. Amsterdam n'est pas trop éloigné d'Anvers : 1 h 45 de route, environ. Chaque fois que j'ai un jour de congé, une ou deux fois par semaine en moyenne, je rentre dans ma famille. J'en ai besoin. Mais je sais aussi que, si je veux réussir dans le football, je dois parvenir à couper le cordon ombilical et à voler de mes propres ailes. "Il n'a pas encore regretté son choix une seule seconde. " Mon adaptation se déroule sans la moindre anicroche. Je n'ai même pas eu besoin de l'aide d'Alderweireld et de Vertonghen. D'ailleurs, ils n'étaient pas là pour m'accueillir à mon arrivée, car suite à leur participation aux matches des Diables Rouges, ils avaient reçu quelques jours de congé supplémentaires. Je me sens bien dans ma peau et je m'entends bien avec tout le monde. D'ailleurs, cela fait partie de la mentalité néerlandaise : ici, tout le monde discute avec tout le monde, on est très ouvert. Je trouve cela agréable. J'ai aussi été positivement surpris par l'approche humaine. J'apprécie vraiment cette mentalité. Ici, on est plus direct, on ne tourne pas autour du pot comme en Belgique. Quand c'est mauvais on te le dit, mais quand c'est bon on te le dit aussi. Je préfère cela : au moins, on sait où on en est. Les entraînements se passent bien. On s'entraîne presque toujours avec ballon, même pendant la période de préparation ou durant l'échauffement d'avant-match. Je ne me souviens pas d'un entraînement où l'on n'a pas touché la balle. Je ne m'en plaindrai pas : je suis, à la base, un joueur technique et j'adore le ballon. A part cela, tout est un peu plus grand et plus professionnel qu'au Beerschot. Mais c'est difficile d'expliquer les différences. Le championnat des Pays-Bas est simplement une autre compétition, avec d'autres clubs. "Mêmes les traditionnelles blagues néerlandaises sur les Belges lui ont été épargnées. " Je n'en ai pas spécialement souffert, non. " Et il n'a pas encore attrapé le fort accent néerlandais qu'a un De Mul, par exemple. " C'est encore un peu tôt. Et puis, je risque moins de l'attraper, car je rentre régulièrement en Belgique et je ne fréquente pas une école aux Pays-Bas. La langue est un peu différente, il y a des mots ou des expressions qui diffèrent, et on se tutoie plus facilement, mais ce sont des détails. "La page du Beerschot est tournée. Si ses débuts en D1 avaient été prometteurs, il a étonnamment peu joué la saison dernière. " Dans l'ensemble, ce furent deux saisons agitées : j'ai connu quatre entraîneurs, ainsi qu'un changement complet de direction. Pour un jeune, ce ne sont pas des conditions idéales. J'ai peut-être commis quelques erreurs également. Entre autres, celle de croire qu'après des débuts prometteurs, je parviendrais à reproduire de telles prestations à chaque apparition. J'ai moi-même fixé la barre trop haut. En deux ans, j'ai joué 25 matches en équipe Première du GBA. On peut considérer que c'est peu, mais ce n'est pas pour cela que je n'ai pas progressé. Y compris sur le plan mental et celui de la maturité. "Combien de chances s'accorde-t-il de jouer en équipe Première d'Ajax dans un bref délai ? " Je n'en ai aucune idée. Je constate simplement que le noyau A est relativement étriqué : 22 joueurs, c'est peu pour un club appelé à lutter sur trois fronts, Ligue des Champions y compris. Je m'attends donc à recevoir ma chance, à un moment donné. Mais je ne trépigne pas d'impatience. Je suis déjà très heureux de pouvoir m'entraîner avec des joueurs d'un tel niveau. "Avec FrankdeBoer, cela se passe bien. " Il me parle beaucoup, tout comme DennisBergkamp, qui est entraîneur adjoint et qui, de par la position qu'il occupait lorsqu'il était joueur, est évidemment un conseiller avisé pour les attaquants et les milieux de terrain. Dans quels domaines dois-je encore progresser ? La puissance, le jeu de tête, la vitesse d'exécution, le positionnement, la reconversion défensive... Oui, il y a encore du pain sur la planche, mais je suis là pour cela. J'ai le temps, et je suis disposé à fournir les efforts nécessaires pour y parvenir. " PAR DANIEL DEVOS" Je n'ai pas privilégié l'aspect financier et n'ai reçu aucune garantie de temps de jeu : j'ai opté pour la meilleure formation " " Je suis heureux d'avoir intégré le noyau A, mais si je dois jouer toute la saison avec Jong Ajax, pas de problèmes. "