Petit, vif et technique, Rémi Sergio a animé les matches de préparation de ses rushes virevoltants et a marqué quelques buts qui ont frappé les esprits. Dans l'ombre pendant presque un an, le Marseillais de 21 ans entame la saison dans la peau d'un titulaire. Il offre une solution aux problèmes du flanc droit carolo, un poste qui a apporté son lot de tracas à Thierry Siquet. Il y a d'abord eu la blessure de Fabien Camus, une déchirure des ligaments du genou qui tient le Français éloigné des terrains depuis fin février 2008. Le groupe est maintenant paralysé par l'affaire Tim Smolders, qui a refusé de prolonger son contrat.
...

Petit, vif et technique, Rémi Sergio a animé les matches de préparation de ses rushes virevoltants et a marqué quelques buts qui ont frappé les esprits. Dans l'ombre pendant presque un an, le Marseillais de 21 ans entame la saison dans la peau d'un titulaire. Il offre une solution aux problèmes du flanc droit carolo, un poste qui a apporté son lot de tracas à Thierry Siquet. Il y a d'abord eu la blessure de Fabien Camus, une déchirure des ligaments du genou qui tient le Français éloigné des terrains depuis fin février 2008. Le groupe est maintenant paralysé par l'affaire Tim Smolders, qui a refusé de prolonger son contrat. Tout comme Camus, Sergio a connu une enfance bercée par le soleil de Marseille et a porté les couleurs du club phocéen. " J'ai débuté à six ans à Sainte-Marguerite ", raconte-t-il. " A treize ans, j'ai rejoint Vivaux Marronnier Sport durant deux ans. Marseille s'est alors manifesté et j'ai intégré le noyau de CFA2 (D5 belge). J'ai fait toutes mes classes de jeune avec Samir Nasri, un gars humble qui mettait déjà tout le monde dans sa poche. " Leurs destins sont liés mais prennent des directions contraires. En 2006-2007, Nasri devient l'un des piliers de cette équipe. Sous l'impulsion de Franck Ribéry et Djibril Cissé, l'OM renaît de ses cendres et termine la saison à la seconde place du championnat. Sergio reçoit peu d'occasions de surgir dans la lumière : trois matches amicaux et une rencontre de championnat sur le banc. " Ribéry s'est blessé et j'ai été appelé pour compléter le groupe. Le Stade Vélodrome était plein à craquer pour la venue de Nice : 60.000 spectateurs, un boucan de tous les diables et une victoire 4-0. A chaque but, le stade tremblait. Bien que je ne suis pas rentré au jeu et n'ai même pas pu quitter le banc pour m'échauffer, cela reste un souvenir merveilleux. Je n'ai pas percé mais j'étais candidat à un poste où certains internationaux n'étaient même pas alignés. A quoi pouvais-je prétendre ?" En juin 2007, il part disputer deux matches avec les Espoirs carolos et signe un contrat de deux ans à Charleroi. Débarquer avec un CV où Marseille trône en lettres de noblesse ne donne pas la certitude d'être titulaire. Surtout dans une équipe qui se plaît à dire qu'elle détient le meilleur entrejeu de Belgique. " J'ai été frappé par l'engagement des formations flamandes ", explique Sergio. " Même quand ils sont menés trois ou quatre à zéro, les joueurs se jettent dans tes pieds pour t'arracher le ballon. La circulation de balle est moins rapide ici qu'en France. Mais le football est plus ouvert en Belgique. On dit que la Ligue 1 est très tactique. C'est vrai mais beaucoup d'équipes se contentent d'attendre dans le rond central et puis partent en contres une fois qu'elles ont récupéré le cuir. "Le Français prend vite conscience que son volume de jeu n'est pas suffisamment développé. " Je manquais de coffre et j'ai énormément couru pour augmenter ma résistance. Je jouais trop par intermittence : un bon quart d'heure et puis c'était tout, on ne me voyait plus. Le problème ? On acquiert seulement du rythme en jouant. "Ce temps, il le reçoit en Réserve ou lors de quelques bribes de matches. En attente d'une première titularisation, Sergio ronge son frein. Jusqu'à la 29e journée. Le soir du samedi 5 avril 2008, il éclate au grand jour. Il explose Dender (2-4) avec l'aide de Geoffrey Mujangi Bia, dont la classe naturelle, les dribbles fantaisistes et le but éclipsent ce jour-là la prestation pétillante du Marseillais. Sergio commence comme numéro 10 derrière Joseph Akpala pendant que Pino et Mujangi Bia occupent les flancs droit et gauche. Mais après 24 minutes, Pino sort blessé ; Siquet fait entrer Cyril Théréau, qui se place en soutien d'Akpala. A charge pour Sergio d'alimenter le flanc droit. " A un certain moment, j'ai vu Joseph plonger. Je me suis décalé et j'ai repiqué un ballon du gauche au-dessus de la défense. Joseph a contrôlé et a placé adroitement dans le but. Mon bonheur était complet : je venais d'adresser mon premier assist et surtout, j'avais aidé Joseph dans sa lutte pour le titre de meilleur buteur. " Sa prestation a tapé dans l'£il de Siquet. A l'exception de la dernière journée de championnat, Sergio ne quitte plus le onze de base. Titulaire cinq fois d'affilée, il délivre deux nouveaux assists, dont un contre le Standard, et devient le deuxième meilleur donneur d'assists de Charleroi. Il est catalogué comme révélation de fin de saison et la préparation lui permet de prendre du galon. " Je dois encore progresser défensivement. Je n'ai pas peur d'aller au contact même si mon adversaire fait deux mètres mais je ne suis pas assez méchant dans la conquête du ballon. C'est pourtant la condition sine qua non pour devenir un bon milieu créateur. Si je ne récupère pas mon quota de ballons, je ne serai pas utile à la relance. A droite, je dois éviter que l'arrière droit ne soit débordé ou que des brèches ne se créent dans la ligne médiane. "Devant l'abondance de biens dans l'axe central, Siquet l'a souvent aligné comme flanc droit. " Oui, mais j'ai été formé comme médian axial. Je me sens à l'aise dans un rôle de relayeur avec un médian défensif physique et costaud derrière moi. Là, je peux me dépenser, lire le jeu, organiser les mouvements, offrir des possibilités. C'est ma place de prédilection. Mais elle est occupée par Madjid Oulmers, qui est parfait dans ce rôle. Sur le côté, on joue plus par intermittence et on touche moins de ballons. Mais je ne me plains pas. Si Barcelone vient me trouver demain pour me transférer comme flanc droit, je ne ferai pas la fine bouche ( ilrit). " Dans le vestiaire, Sergio n'est pas le boute-en-train mais l'encyclopédiste. C'est lui qu'on vient trouver pour mettre fin au conflit quand deux personnes se disputent sur la place de prédilection d'un joueur ou lorsqu'on ne revient plus sur le nom d'un buteur. Son surnom ? France Football. " Je dors, je mange, je respire, je vis foot. Je lis aussi des romans. L' Alchimiste de Paulo Coelho m'a beaucoup marqué. C'est un livre qui parle des signes de la vie, du destin et qui dit qu'il faut croire en ses rêves. Peu importe les barrages qui se dresseront sur son chemin : un homme est capable de les renverser pour parvenir à son but. J'écoute les conseils des anciens, que je respecte beaucoup, mais j'agis toujours selon mes principes. C'est ma manière d'avancer. " par simon barzyczak - photo: reporters