Si vous voulez expliquer à quelqu'un le talent de Cristian Benavente, contentez-vous de lui montrer les deux buts marqués par le Péruvien cette saison. Un slalom dans la défense d'Anderlecht, et une frappe enroulée déposée dans le petit filet de Davino Verhulst à Daknam. Du pied gauche, à chaque fois. Et là, précisez une chose à votre interlocuteur : Benavente est droitier.
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Si vous voulez expliquer à quelqu'un le talent de Cristian Benavente, contentez-vous de lui montrer les deux buts marqués par le Péruvien cette saison. Un slalom dans la défense d'Anderlecht, et une frappe enroulée déposée dans le petit filet de Davino Verhulst à Daknam. Du pied gauche, à chaque fois. Et là, précisez une chose à votre interlocuteur : Benavente est droitier. Les qualités du dribbleur venu du centre de formation du Real Madrid sont incontestables. Et pourtant, il n'a jamais semblé être un titulaire dans l'esprit de Felice Mazzù. Dans les couloirs du Mambour, sous des tribunes acquises à la cause du Péruvien, on reproche à Benavente son manque de régularité, ses retours défensifs lents et désintéressés qui contrastent avec les courses incessantes de Kaveh Rezaei ou David Pollet, et son goût du risque excessif. Cette façon de jouer avec le feu qui l'a amené à passer en revue toute la défense d'Anderlecht dans les arrêts de jeu, alors que son coach lui hurlait d'aller geler le ballon au point de corner. Il faut dire que par le passé, Mazzù avait déjà vu les siens encaisser en contre-attaque, au bout d'une talonnade intempestive de son joyau péruvien. Face à Eupen, encore, le staff carolo grinçait des dents, au bout d'une prestation jugée insuffisante de Benavente, qui a donc retrouvé le banc à Daknam. Pourtant impliqué dans 5 des 9 tirs des Zèbres, le numéro 14 n'avait pas pu être décisif, argument indispensable pour rester dans un onze de base dont il ne semble partager ni les valeurs défensives, ni les idées collectives. Benavente ressemble parfois à un électron libre, qui joue pour ses stats parce qu'il sait qu'elles seules peuvent le rendre indispensable aux yeux de son coach. S'il n'affichait qu'un but et une passe décisive au compteur avant le déplacement à Lokeren, il pointait toutefois à l'intéressante moyenne d'une occasion (tir ou dernière passe) créée toutes les 19 minutes passées sur le pré. Costaud, mais toujours insuffisant pour faire oublier ses défauts et devenir incontournable. Guillaume Gautier