Il fallait retourner à l'été 1995 pour retrouver la dernière élimination d'Anderlecht dans un premier tour européen. Le club venait d'être champion avec Jan Boskamp qui était remplacé par le Hollandais Herbert Neumann. 0-1 à Bruxelles et 1-1 là-bas avec aux commandes un Raymond Goethals rappelé d'urgence... La semaine passée, les Mauves ont fait aussi mal. Pas étonnant si l'on constate qu'ils sont déjà passés souvent récemment à côté d'un même scénario catastrophe.
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Il fallait retourner à l'été 1995 pour retrouver la dernière élimination d'Anderlecht dans un premier tour européen. Le club venait d'être champion avec Jan Boskamp qui était remplacé par le Hollandais Herbert Neumann. 0-1 à Bruxelles et 1-1 là-bas avec aux commandes un Raymond Goethals rappelé d'urgence... La semaine passée, les Mauves ont fait aussi mal. Pas étonnant si l'on constate qu'ils sont déjà passés souvent récemment à côté d'un même scénario catastrophe. Anderlecht a souvent eu la chance de son côté sur la scène continentale depuis le début du nouveau millénaire. Tantôt grâce à un tirage au sort favorable, tantôt encore parce que la fortune lui a souri sur le terrain, les événements ont fréquemment abondé dans ce sens. A commencer en 2000, quand le Sporting hérita du FC Porto au dernier tour préliminaire de la Ligue des Champions. Les Lusitaniens n'étaient pas encore, à cette époque, un vintage du même tonneau que celui de José Mourinho, quelques années plus tard, mais ils ne manquaient tout de même pas de références. A l'aller, suite à une réalisation de l'une de leurs nouvelles recrues, Jan Koller, les Mauve et Blanc s'étaient forgé un avantage d'un tout petit but qu'ils s'efforcèrent de préserver vaillamment au retour. Dans cette optique, le coach des Bruxellois, Aimé Anthuenis, n'avait pas hésité à faire appel à l'EstadiodasAntas à trois demis récupérateurs : Walter Baseggio, flanqué de deux autres transférés de l'été, Besnik Hasi et Yves Vanderhaeghe. Si le nul blanc, synonyme de qualification pour la lucrative phase des poules, put être maintenu au tableau-marquoir dans ces circonstances, on se souviendra que l'arbitre fit preuve d'une bien belle mansuétude en fin de rencontre, en omettant de siffler un penalty commeunemaison suite à un accrochage de Bertrand Crasson sur un attaquant portugais dans les 16 mètres. Contrairement à ce qui s'est passé à BATE Borisov, mercredi dernier, il n'y eut alors personne, dans les hautes sphères du RSCA, à récriminer le directeur de jeu... En 2001, ce fut au tour des Suédois d'Halmstads BK de se dresser, en tant qu'ultime écueil, sur la route des champions. Ceux-ci vérifièrent alors pour la première fois la ténacité d'une équipe engagée à ce moment-là en plein championnat : 2-3 à l'aller, certes, mais 1-1 seulement lors du retour au Parc Astrid. Avec les meilleures occasions pour les Scandinaves en deuxième mi-temps ! 2002 : ce sont d'autres footballeurs du septentrion européen, engagés dans leur propre compétition aussi, qui font frémir les Bruxellois en Coupe de l'UEFA : les Norvégiens de Stabaek IF, vainqueurs 0-1 au stade Constant Vanden Stock avant d'être défaits 1-2 chez eux grâce, encore une fois, à la bienveillance du referee qui a le bon goût de fermer les yeux sur le goal de la victoire -et de la qualification- inscrit par Sherjill Mc Donald, qui avait contrôlé le ballon de la main. Si Anderlecht est un tantinet plus heureux, par la suite, avec les équipes de l'Est (qualifications face à Wisla Cracovie 3-1 et 0-1 en 2003-04 et contre le Slavia Prague 2-1 et 0-2 en 2005-06), il ne faut pas oublier qu'au 2e tour préliminaire, la première de ces années, il avait été mené 0-2 sur son terrain par le Rapid Bucarest avant de renverser in extremis la vapeur : 3-2. Et avant d'éliminer les Praguois, il est sans doute bon de se rappeler aussi que les Sportingmen, victorieux 5-0 à l'aller, avaient perdu 1-0 à la faveur de la deuxième manche au Neftchi Bakou (... qui vient d'évincer le Germinal Beerschot de la Coupe Intertoto !). Il n'y a qu'en 2004-05, lors du duel devant Benfica (revers 1-0 à Lisbonne et succès 3-0 au Parc Astrid) que les Mauves peuvent se gausser d'avoir fait un résultat probant ! Si Anderlecht a eu la main heureuse face à des teams en plein rodage, comme lui, il a souvent bafouillé devant des opposants luttant toujours, en plein été, sur leur front domestique. Et les Biélorusses de Borisov étaient de ceux-là. Et même un peu plus, sans doute, puisqu'après 17 joutes, ils caracolaient en tête de leur championnat, avec un brevet d'invincibilité à la clé (41 points). Ces statistiques seules auraient déjà mérité le respect. Et induit également une tout autre approche. Car le vice-champion mauve n'était manifestement pas prêt à l'heure d'aborder sa double confrontation la plus importante de la saison. Et ce, à tous les niveaux. D'accord, pour ce qui est des transferts, on ne peut pas dire que les dirigeants aient musardé en chemin. Dès le début de cette année, ils avaient déjà finalisé le dossier du Néerlandais Arnold Kruiswijk, tandis que ceux du Brésilien Kanu et de l'Argentin Matias Suarez étaient déjà bien avancés, eux aussi. Les engagements du Serbe Nemanja Rnic et du maître à jouer du Kiel, Hernan Losada, furent rondement menés aussi avant la date de l'ouverture officielle des transferts, le 1er juillet. La direction anderlechtoise s'estimait complètement parée à l'heure du grand rassemblement de ses troupes, le 30 juin. Mais le groupe ne brillait sûrement pas par son homogénéité. S'il y avait pléthore sur les flancs gauche et droite de l'attaque avec Mbark Boussoufa, Sacha Iakovenko et Roland Lamah d'un côté et Stanislav Vlcek, Thomas Chatelle et Jonathan Legear de l'autre, pour le poste de forward le plus avancé, c'était le néant. Les deux transfuges offensifs sud-américains devaient être considérés que des traites sur l'avenir et non de réelles doublures pour le précieux mais fragile Nicolas Frutos. Se séparer de Mbo Mpenza, Luigi Pieroni et Serhat Akin, dans ces conditions, tenait dès lors de l'hérésie pure et simple. De plus, ce fut un effectif amputé de ses internationaux qui reprit le collier. Boussoufa et Jan Polak, pour ne citer qu'eux, avaient trois semaines de travail dans les jambes, à peine, avant de croiser pour la première fois le fer avec les gars du Bélarus. Aux dires des spécialistes ès préparation physique, il s'agit là très exactement de la moitié du temps de mise en condition idéal. Corollairement, on relèvera qu'avec une semaine de boulot en plus à leur compteur, les autres footballeurs du noyau n'étaient pas davantage dans la norme. Doit-on s'étonner, dans ces circonstances, que les Mauves semblaient cuits après une heure de jeu à peine au BATE Borisov et que leur pouvoir d'accélération semblait quasi nul. Le président du RSCA, Roger Vanden Stock, l'évoquait tout de go sitôt l'élimination entérinée : peut-être faudra-t-il songer à programmer la reprise beaucoup plus tôt, à l'avenir. Ce n'est pas une mauvaise idée, bien sûr, à condition de repenser aussi à la nature de l'opposition. Car ce n'est pas en se frottant année après année au FC Knokke, à Oud-Heverlee-Louvain ou au SC Grimbergen, pour faire plaisir à tous les régionaux de l'étape parmi les dirigeants, qu'on fera avancer le schmilblick. Avant de donner la réplique au BATE Borisov, Anderlecht avait eu droit cette saison à deux rencontres sérieuses à peine : Litex Lovech et Roda JC Kerkrade. C'est un peu maigre, chacun en conviendra, pour une formation jouant déjà gros jeu au c£ur de l'été. Une autre possibilité, évoquée par un ex-joueur de la maison, Marc Degryse, et qui avait déjà été traitée jadis dans nos colonnes, concerne un nouvel agencement de notre compétition nationale. Pourquoi, effectivement, ne pas calquer sa mouture sur les pays du nord ou de l'est du continent et jouer, par exemple, de février jusqu'en décembre, avec une mini-trêve après le premier tour ? Puisque nos représentants ne passent pour ainsi dire plus jamais l'hiver européen au chaud, il ne faudrait pas craindre un encombrement des matches en cette période. D'autre part, tant les clubs queles spectateurs y trouveraient leur compte. Les premiers, toujours en lice en Ligue Jupiler, auraient alors moins de raison de snober, et aussi plus de chance de persévérer, en Coupe Intertoto. Les autres, mieux classés, seraient plus aguerris aussi à l'heure de jouer les tours préliminaires dans les deux coupes européennes majeures. Le tout pour le plus grand bonheur des aficionados, généralement plus friands de football sous le soleil estival que par un froid de canard. En attendant cette réforme du calendrier, le RSCA est bien forcé de panser ses plaies. S'il a survécu à l'élimination précoce en 1995, face au Ferencvaros Budapest, le club devrait avoir les reins solides, cette fois encore, pour surmonter cette épreuve. Un couac est toujours possible sur la scène européenne et d'autres, et non des moindres, l'ont vérifié à leurs dépens. L'Ajax pas plus tard que la saison passée, en étant éliminé sans filet par le Slavia Prague. Ce qui n'a nullement empêché les Amstellodamois de rebondir et de délier largement les cordons de la bourse (près de 23 millions d'euros) pour s'attacher les services de Miralem Sulejmani et Dario Cvitanich. Au risque de nous tromper, quelque chose nous dit qu'Anderlecht ne demeurera pas en reste non plus et qu'il frappera lui aussi un grand coup, dans les mois qui viennent, pour contenter à la fois son public et se remettre complètement en selle. Ce gros poisson pourrait être le buteur Tom De Sutter dont la piste, quoi qu'en dise la direction, est loin d'être abandonnée. Mais pour ferrer le Brugeois, et compenser également les pertes en Coupes d'Europe - une fourchette qui va de 3 à 12 millions selon qu'Anderlecht aurait poursuivi en UEFA ou Ligue des Champions - le Sporting va d'abord essayer de dégraisser un noyau de 27 joueurs. A la bourse des valeurs, c'est sans conteste Jan Polak qui constitue la meilleure affaire. A l'intersaison, les Ukrainiens du Shaktar Donetsk étaient d'ailleurs disposés à mettre 10 millions sur la table pour lui. Si sa cote a baissé, vu l'élimination précoce de la Tchéquie à l'EURO et les déboires du Sporting au BATE Borisov, les responsables du club peuvent espérer le monnayer autour des 3,5 millions. A gauche, Lamah semble plutôt bien en cour, du côté du Borussia Mönchengladbach surtout. Mais Boussoufa, dans le viseur de Newcastle et de l'Ajax ces derniers mois, est une option aussi. A droite, Legear a été cité à un moment donné à Moscou. Une piste qui pourrait fort bien être réactivée. Pour le reste, d'autres encore ne laissent pas indifférents. C'est le cas de Silvio Proto, pisté par Lille, ou encore de Lucas Biglia, courtisé à un moment donné par des clubs espagnols. Mais plus question de frapper un gros coup comme les 7,5 millions d'euros obtenus pour le seul Mèmè Tchité il y a un an. par bruno govers - photos: reporters