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Cher Magazine, Nous sommes en début d'après-midi, aux alentours de l'Inönü Stadyumu, dans le quartier de Besiktas. Une centaine de fans locaux occupent déjà le pavé, bien que la troisième équipe la plus titrée de Turquie (10 titres, 5 Coupes, 6 Coupes de la Ligue, 7 Supercoupes), donc, d'apprécier le vaste choix proposé au BJK Store en matière de merchandising et de s'offrir un petit tour des installations. Alors que les rivaux du Fenerbahçe ont aujourd'hui achevé la reconstruction totale de leur stade et que le Galatasaray souhaiterait en faire de même mais s'est enlisé dans les soucis financiers, les dirigeants des Noir et Blanc ont eux opté pour une solution plus sage en se limitant au rafraîchissement du Inönü. Tout a été repeint ou sablé, le niveau du terrain abaissé afin d'augmenter la capacité du lieu et un toit est venu s'ajouter et envelopper la plus grande des tribunes de but. Cette dernière, une construction à trois étages, offre de ses places les plus élevées une vue sur le dôme et les minarets du palais de Dolmabahce, là où se trouvait jadis le harem du Sultan. Une époque bien révolue quand on sait qu'au début du siècle dernier Abdülhamid III interdit le football, ce jeu britannique pernicieux et contraire à la loi islamique. Nous accédons à l'intérieur de l'enceinte par une lourde double porte semblant sortir d'un péplum. L'arène, vide et sous un ciel grisonnant, suscite une étrange sensation. Avec ses blocs de sièges aux couleurs des Blacks Eagles surmontés d'un building vitré aux reflets micas, c'est un peu comme si l'on pénétrait subitement dans une autre dimension, au sein d'un vieux film en noir et blanc uniquement colorisé au niveau de la pelouse. Même les parties inférieures des deux toits des tribunes latérales ont été repeintes, le nom du club y étant inscrit en grandes lettres entre des séries de rayures. Si les responsables du Besiktas ont visiblement laissé les peintres s'en donner à c£ur joie, certains autres aspects auraient aussi mérité une modernisation. Comme les pupitres de presse, ridiculement étroits et absolument inadaptés aux ordinateurs portables, obligeant les journalistes à se contorsionner pour pouvoir travailler. Quant aux aigles figurant sur l'écusson du team stambouliote, ils veillent, du haut du toit de leur édifice, sur cette antre où ont officiés maints entraîneurs connus comme Hans-Peter Briegel, Christoph Daum, Vicente Del Bosque, Karl Heinz Feldkamp, Mircea Lucescu, Nevio Scala, John Toshack... RUDI KATUSIC