Normalement, Jean Dockx aurait dû être l'envoyé spécial du RSCA à la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2002, au Mali. Sa mort inopinée, due à une rupture d'anévrisme, le 15 janvier de ladite année, allait en décider autrement. Vu les circonstances, et pressé par le temps, le Sporting ne délégua finalement aucun émissaire sur place et ce, malgré la présence là-bas de deux de ses joueurs : l'Ivoirien Aruna Dindane et... l'Egyptien Tarek El Saïd.
...

Normalement, Jean Dockx aurait dû être l'envoyé spécial du RSCA à la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2002, au Mali. Sa mort inopinée, due à une rupture d'anévrisme, le 15 janvier de ladite année, allait en décider autrement. Vu les circonstances, et pressé par le temps, le Sporting ne délégua finalement aucun émissaire sur place et ce, malgré la présence là-bas de deux de ses joueurs : l'Ivoirien Aruna Dindane et... l'Egyptien Tarek El Saïd. A mon retour de cette compétition, je croise un beau jour l'entraîneur Aimé Anthuenis dans le hall d'entrée du stade Constant Vanden Stock. Il me demande si j'ai quelques minutes à lui consacrer car il veut en savoir plus sur cette fameuse CAN et, notamment, sur les joueurs qui m'ont tapé dans l'oeil. Je lui réponds qu'hormis les vedettes, style les Camerounais Samuel Eto'o ou encore son compère Patrick Mboma, déjà connus à cette époque, personne ne s'était mis spécialement en évidence, excepté un certain Keita. - Keita, m'interroge-t-il ? Tu ne peux pas être plus précis ? Car en Afrique francophone, tous les joueurs s'appellent Keita, Camara ou Diallo. Je lui dis qu'il s'agit de Kader, flanc droit ivoirien, et la conversation en reste là. Quelques semaines plus tard, le Directeur général d'Anderlecht, Alain Courtois, convoque la presse, histoire d'effectuer un bilan de ses premiers mois au Parc Astrid. Il termine son laïus en disant que les Mauves préparent déjà activement la future campagne 2002-03 et, qu'à cet effet, ils suivent notamment un joueur qui s'est illustré à la CAN. Bon prince, il dévoile même son nom : Kader Keita. Sur-le-champ, j'ai compris que mon échange de vues anodin avec Anthuenis n'était pasdu tout tombé dans l'oreille d'un sourd et que j'avais bel et bien fait office d'informateur. La suite de l'histoire n'est pas banale non plus : Kader Keita est actif, à l'époque, à l'Etoile Sportive du Sahel, en Tunisie et, aux dires du manager Serge Trimpont, qui connaît bien les Eléphants pour être l'homme de confiance de Dindane, sa tête est mise à prix pour 300.000 euros à peine. Une paille, réellement, pour un élément de ce calibre. Mais, une fois n'est pas coutume, la direction bruxelloise tergiverse et Keita file à Al Sadd, au Qatar. Par la suite, il aboutira quand même en Europe : à Lille d'abord, où il joue de 2005 à 2007. Puis à l'Olympique Lyonnais où il passe de 2007 à 2009. Ah oui, j'allais l'oublier : pour s'attacher ses services, l'OL avait dû débourser la bagatelle de 18 millions d'euros. Vous lisez bien : 18 millions d'euros. S'en mordrait-on les doigts du côté de Saint-Guidon ?