Les blessures de JelleVanDamme et NicolasPareja ont contraint MarkDeMan à précipiter son retour après ses blessures. Le jeune Anderlechtois était attendu comme le messie : la défense venait d'encaisser quatre buts contre Genk et on ne voyait pas qui, à part lui, pouvait apporter un peu de stabilité au secteur arrière à brève échéance. " Les solutions de rechange n'étaient pas nombreuses ", confirme-t-il. " Je venais à peine de reprendre les entraînements lorsque le coach a décidé de faire appel à moi pour le déplacement à Zulte Waregem. Finalement, c'était mieux pour moi également. Il n'y avait pas de risques de rechute et ce retour précoce me permettait de retrouver plus rapidement le rythme des matches ".
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Les blessures de JelleVanDamme et NicolasPareja ont contraint MarkDeMan à précipiter son retour après ses blessures. Le jeune Anderlechtois était attendu comme le messie : la défense venait d'encaisser quatre buts contre Genk et on ne voyait pas qui, à part lui, pouvait apporter un peu de stabilité au secteur arrière à brève échéance. " Les solutions de rechange n'étaient pas nombreuses ", confirme-t-il. " Je venais à peine de reprendre les entraînements lorsque le coach a décidé de faire appel à moi pour le déplacement à Zulte Waregem. Finalement, c'était mieux pour moi également. Il n'y avait pas de risques de rechute et ce retour précoce me permettait de retrouver plus rapidement le rythme des matches ". De Man avait dû être opéré à deux reprises à la cheville : d'abord en mai, puis au début août. " J'avais effectué toute la préparation, mais en ressentant toujours une gêne ", se souvient-il. " Lors du premier match de championnat à Saint-Trond, j'avais accompagné le groupe en qualité de réserviste. J'ai été appelé à monter au jeu suite au carton rouge dont a écopé Van Damme. Sur mon premier saut, ma cheville s'est bloquée. J'ai dû repasser une deuxième fois sur le billard ". Aujourd'hui, ces mauvais souvenirs appartiennent au passé. De Man est en ravi. " Je me sens de nouveau dans la peau d'un footballeur et plus dans celle d'un... cycliste ", rigole-t-il. " A un moment donné, je faisais plus de vélo que de football. Pour entretenir ma condition, j'avais en effet décidé de me rendre à l'entraînement sur deux roues, depuis mon domicile de Grimbergen. J'en avais pour trois quarts d'heure à l'aller et trois quarts d'heure au retour. J'avais l'impression de me préparer davantage pour le Tour des Flandres que le championnat de Belgique de football ". Quelle impression cela fait d'être attendu comme le messie, alors qu'on n'a que 23 ans et qu'on n'a quasiment plus joué depuis la saison précédente ? " Je ne me sens pas plus important qu'un autre ", répond-il modestement. " L'essentiel, c'est de trouver des solutions pour l'équipe. C'est agréable d'entendre que les gens attendent beaucoup de moi, mais je ne vais pas résoudre tous les problèmes par ma seule présence ". La défense a parfois été montrée du doigt. Les solutions, pour Frankie Vercauteren, semblent nettement moins nombreuses dans ce secteur qu'en attaque. Un point de vue que De Man ne partage pas entièrement. " En fait, tous les défenseurs ont, à tour de rôle, été victimes de blessures. Lorsque tout le monde est disponible, il y a également deux joueurs pour chaque poste dans le secteur arrière : Anthony Vanden Borre et Jonathan Legear peuvent revendiquer le poste d'arrière droit... même si ce dernier n'est pas un défenseur de formation. Pareja, Van Damme, Roland Juhasz et moi-même sommes candidats à un poste en défense centrale. Olivier Deschacht et... Van Damme, encore, peuvent évoluer à l'arrière gauche. Ces deux joueurs peuvent même intervertir leur position. Mais, lorsqu'on doit constamment modifier la composition de l'équipe en fonction des blessures, c'est difficile de créer des automatismes. Beaucoup de buts que nous avons encaissés sont imputables à un manque de communication. La création d'automatismes a aussi été rendue plus difficile par l'arrivée de nombreux nouveaux joueurs. D'autres équipes, comme Bruges et le Standard, ont connu le même genre de problèmes. On a aussi incriminé la jeunesse du secteur défensif. Là encore, je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas parce qu'un défenseur a 22 ou 23 ans qu'il n'est pas capable de se débrouiller. En fait, chacun doit prendre ses responsabilités. C'est aussi ce que l'entraîneur demande : tout le monde doit être un leader sur le terrain ". Peut-on avoir 11 leaders sur le terrain ? " Tout dépend de ce que l'on entend par leader. Il y a différents aspects, mais je pense que chacun possède une part de leadership en soi. Si l'on met cette part au service du collectif, tout ira bien. Il ne faut pas nécessairement beaucoup parler pour être un leader. Un leader, pour moi, c'est surtout quelqu'un qui incite au respect par ses prestations et qui peut servir d'exemple aux autres ". Les départs de VincentKompany et de HannuTihinen ont dû être compensés, ce qui n'était pas une mince affaire. " Effectivement. Mais Vincent a peu joué la saison dernière, et j'ose presque affirmer qu'on a été champion... sans lui ! Hannu avait démontré sa valeur, sur le terrain comme en dehors. Mais personne n'est irremplaçable et Anderlecht recèle suffisamment de potentiel pour mettre sur pied une très bonne défense ". En championnat, Anderlecht est astreint à une course poursuite derrière Genk. " Je trouve qu'avec tous les départs enregistrés durant l'intersaison, on n'a pas livré un mauvais début de championnat. Bien sûr, Genk est devant, et Bruges et le Standard n'ont pas dit leur dernier mot, mais c'est tant mieux pour l'intérêt de la compétition. Lorsqu'une équipe fait cavalier seul, cela signifie que le niveau d'ensemble est trop faible ". Et en Ligue des Champions ? Le paradoxe veut que, malgré la lourde défaite subie au stade Giuseppe Meazza, le Sporting peut toujours prétendre accrocher la deuxième place. Il ne doit plus en découdre avec le Milan AC et ne compte jamais que trois points de retard sur Lille, à qui il rendra visite dans 15 jours, et deux sur l'AEK Athènes, qu'il recevra pour le dernier match. " Milan est très fort, mais on a tout de même démontré, par moments, que l'on pouvait rivaliser ", estime De Man. " Lors du match aller, Juhasz a envoyé un ballon sur la barre et MéméTchité a hérité d'une très belle occasion. Lors du match retour, on a aussi hérité d'occasions franches, mais le réalisme milanais a fait la différence ". La différence entre une bonne et une très bonne équipe ? " Il y a le réalisme, mais pas uniquement. Ce qui m'a frappé avec les Milanais, c'est qu'ils sont aussi très malins. Ils savent parfaitement quand ils doivent accélérer ou temporiser. Ils n'hésitent pas à commettre une petite faute ou à mettre le ballon en touche pour permettre aux partenaires de se repositionner. Ils ont aussi l'avantage de disputer un match de haut niveau chaque week-end. Anderlecht n'a pas assez de gros matches à son calendrier. 12 par saison, tout au plus : six en Ligue des Champions, deux contre Bruges, deux contre le Standard et deux contre Genk. C'est trop peu ". D'où la nécessité de hausser son niveau de jeu lorsqu'on joue en Ligue des Champions ? " En effet, et ce n'est pas toujours évident. Affronter des joueurs comme Kaka, AlbertoGilardino ou PippoInzaghi, ce n'est pas rien. Ce que j'ai apprécié, c'est que RicardoOliveira se souvenait de moi. Il est venu me saluer, car il se rappelait m'avoir affronté, la saison dernière avec le Betis Séville. Cela m'a fait plaisir ". A 23 ans, De Man commence à faire son trou à Anderlecht. Encore un produit de l'école des jeunes qui parvient à percer... " Il y en a de plus en plus, en effet. On cite souvent l'exemple de Kompany et Vanden Borre, mais il y a aussi Deschacht et moi... même si nous n'avons pas suivi toute la filière depuis le début. En ce qui me concerne, je suis arrivé à 16 ans en provenance de Louvain. A cette époque-là, je ne nourrissais pas de grands projets pour ma carrière professionnelle. J'étais simplement très fier de porter le maillot d'Anderlecht et j'ai réalisé un rêve lorsque j'ai pu, pour la première fois, disputer un match dans ce magnifique stade. Je n'ai jamais figuré parmi les meilleurs joueurs de ma génération. C'est à force de travail que j'ai fini par percer. Je me suis, aussi, toujours mis au service de l'équipe. J'évoluais comme milieu de terrain chez les jeunes, comme n°10 même, mais je n'étais pas capable de dribbler trois hommes comme le faisait, par exemple, Yasin Karaca qui était beaucoup plus talentueux que moi. Qu'est-ce que le talent ? En fait, c'est curieux : parmi les joueurs de ma génération, il y en avait plusieurs que l'on considérait comme des futures vedettes, mais je suis le seul qui a réellement percé. J'ai toujours eu conscience de mes qualités et de mes défauts, et je n'ai jamais essayé de réaliser des gestes dont je n'étais pas capable. C'est peut-être cela, ma principale qualité : je connais mes limites ". DANIEL DEVOS