L'indemnité de licenciement de 500.000 euros prévue dans le contrat de Sergio Brio a fait tiquer pas mal de monde en Belgique. Il ressort pourtant d'un article paru dans les pages économiques de Het Nieuwsblad qu'en sport mais aussi dans le monde des affaires, de telles sommes sont... monnaie courante.
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L'indemnité de licenciement de 500.000 euros prévue dans le contrat de Sergio Brio a fait tiquer pas mal de monde en Belgique. Il ressort pourtant d'un article paru dans les pages économiques de Het Nieuwsblad qu'en sport mais aussi dans le monde des affaires, de telles sommes sont... monnaie courante. Le journal rappelle qu' Aad de Mos, spécialiste du licenciement à la chaîne, avait été surnommé Aad Afkoopsom (Aad indemnité de rupture). Une exagération, selon le Hollandais, mais on rappelle tout de même que, voici près de 10 ans, Brême lui avait déjà versé la même somme que Mons à Brio. Mais Aad de Mos avait tout de même un palmarès d'entraîneur plus riche que celui de l'Italien et le budget du club allemand est nettement plus important que celui des Dragons. Georges Leekens, lui, avait exigé 250.000 euros au moment de quitter les Diables Rouges tandis que Genk avait dû verser 180.000 euros à Johan Boskamp. Beaucoup d'argent ? Tout est relatif quand on sait que Louis van Gaal avait obtenu six millions pour s'en aller de Barcelone et que Roman Abramovich a sacrifié neuf millions pour remplacer Claudio Ranieri par José Mourinho. Sans parler des sept millions annuels de salaire de ce dernier... Pour Frank Hendrickx, professeur en droit du sport, c'est la précarité du job qui justifie ces montants. " Les contrats sont temporaires et donc non résiliables ", dit-il, reconnaissant tout de même que Brio a bien négocié le sien. " Quand un club agit dans l'urgence et qu'il est convaincu d'avoir trouvé la bonne personne, il prend parfois le risque d'accepter ce genre de clause en pensant qu'elle ne sera jamais d'application. Et quand cela arrive tout de même, les difficultés surgissent. Mais la valeur marchande de l'entraîneur joue aussi un rôle ". Selon Hendrickx, la situation des tops managers dans le secteur privé est différente de celle des entraîneurs car ils bénéficient d'un contrat à durée indéterminée. Ce qui n'exclut pas l'insertion d'une clause de rupture plus avantageuse que celle prévue par la loi. Les montants cités choquent parfois l'opinion publique. Jean-Marie Messier (Vivendi) avait ainsi bénéficié d'un chèque de plus de 20 millions d'euros. Montant encore battu par Jean-Pierre Garnier (GlaxoSmithKline), qui s'était vu accorder 30,7 millions d'euros. En Belgique, les chiffres restent souvent secrets. On sait juste que La Poste avait versé 800.000 euros à Frans Rombouts et que les ouvriers de chez Ford avaient dû se contenter de 4.000 euros. (P. Sintzen)