Lundi de la semaine dernière, Björn Leukemans, contrôlé positif à la testostérone en septembre 2007, a été condamné par le conseil disciplinaire de la Communauté flamande à neuf mois de suspension dont six effectifs et trois avec sursis. Fait étonnant : la peine a été prononcée avec effet rétroactif. Elle a pris effet au 21 novembre 2007, ce qui signifie que Leukemans peut immédiatement remonter sur un vélo.
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Lundi de la semaine dernière, Björn Leukemans, contrôlé positif à la testostérone en septembre 2007, a été condamné par le conseil disciplinaire de la Communauté flamande à neuf mois de suspension dont six effectifs et trois avec sursis. Fait étonnant : la peine a été prononcée avec effet rétroactif. Elle a pris effet au 21 novembre 2007, ce qui signifie que Leukemans peut immédiatement remonter sur un vélo. Petit résumé des faits. Lors de sa première comparution devant le conseil disciplinaire de la Communauté flamande, Leukemans et son avocat Johnny Maeschalck arrivent à prouver grâce à une prescription médicale signée et une boîte de médicaments vide que le contrôle positif est la conséquence de la prise d'un produit prescrit par le médecin de son équipe. La commission prononce tout de même le tarif habituel pour les faits : deux ans de suspension effective. Le conseil disciplinaire de la Communauté flamande confirme ce jugement en appel, suite à quoi Leukemans s'en réfère au Conseil d'Etat. Cette instance invalide la décision du conseil disciplinaire, affirmant que ce n'est pas le coureur mais bien le docteur qui est le principal responsable dans cette affaire puisqu'il n'y a aucune preuve qui démontre la faute du coureur. La sanction de deux ans est donc disproportionnée. L'affaire revient au conseil disciplinaire, qui recolle une nouvelle fois toutes les pièces du puzzle. Par manque de courage et d'autocritique, le jugement initial est remplacé par la décision susmentionnée, qui n'en est pas vraiment une. Visiblement, il ne s'agit plus depuis longtemps de justice dans cette affaire qui frôle l'acharnement contre le dopage. " Le jugement a des conséquences qui peuvent aller très loin ", dit l'avocat Maeschalck. " Dans son prononcé, le conseil disciplinaire reproche à Leukemans de la légèreté et de la négligence parce qu'il n'a pas contrôlé le médicament et la prescription du médecin de l'équipe. J'insiste sur le fait qu'on parle ici du docteur officiel de l'équipe et non pas d'un quelconque gourou obscur. Ce comportement est qualifié d'attitude légère et d'une pure faute individuelle du coureur. Par ce prononcé, on semble dire que la charge de la preuve repose sur les épaules du coureur à titre individuel, qui doit personnellement tout contrôler en sa qualité de sportif professionnel. Si les hommes politiques et le monde sportif veulent accepter cela, qu'il en soit ainsi. Mais de cette manière il ne sera plus possible de défendre quelqu'un lorsqu'il a subi un contrôle de dopage positif. A partir du moment où quelqu'un présentera des traces d'un produit interdit dans le sang ou dans l'urine, il sera condamné. Point. "En attendant, Leukemans a perdu son travail, sa saison et une bonne partie de sa crédibilité. Le docteur en question a été licencié par l'équipe mais le conseil disciplinaire s'est déclaré incompétent pour juger de sa responsabilité. En théorie, le médecin pourrait être poursuivi en correctionnelle ou suspendu par l'Ordre des Médecins, mais une décision n'a jusqu'à aujourd'hui pas encore été prise en ce sens.