L eekens ne nous épate pas du tout : quand on revient de l'étranger, on découvre un coach dépassé, démodé, loin du top européen ", nous ont dit quelques Diables Rouges ces derniers temps. Ils en avaient assez du perpétuel cinéma d'un entraîneur fédéral ringard selon eux, incapable de structurer définitivement l'équipe en cherchant à plaire à tout le monde. Cela les changeait par rapport à ce que la crème de nos joueurs vit au quotidien en Angleterre, en Allemagne ou en France. Or, Leekens affirma sans hésiter qu'avec lui Eden Hazard deviendrait un grand joueur. Rudi Garcia a failli s'étrangler en prenant connaissance de ces propos.

Un fait est certain : il est incapable de diriger des vedettes et d'organiser une équipe riche en surdoués. Ils sont de plus en plus nombreux et cette richesse révèle forcément les limites de Leekens qui a toujours préféré les sans-grade qui ne lui font pas d'ombre. En bon marchand de soupe, il a évacué ses échecs (pas d'équipe malgré une moisson de talents comme on n'en a jamais vu en Belgique, absence à l'Euro 2012) dans une indifférence générale et a même pu prolonger son contrat jusqu'en 2014. Il n'y a qu'en Belgique que les mauvais coaches sont récompensés. Et, aujourd'hui, il ose dire que " 90 % de son boulot est fait " : ah, bon ? Et dire que certains croient ses balivernes. Son échec est total.

Les plus jeunes étaient de plus en plus étonnés par ce coach à la liste de clubs interminable. Son palmarès n'a jamais recelé grand-chose : entraîneur de l'année en 1990, un titre (1990) et deux Coupes (1985, 1991) depuis 1984 et ses débuts dans le métier. C'est maigre pour un coach aussi médiatisé. Mais Mister Georges s'est toujours bien vendu, en véhiculant une image d'entraîneur à succès qu'il n'a donc jamais été.

" J'ai prévenu les huiles de l'Union belge à son arrivée ", nous dit un proche de la Maison de Verre. " Leekens a toujours su que François De Keersmaecker et Philippe Collin sont deux grands naïfs. Il me l'a dit et même confirmé. Il a jeté l'argent par les fenêtres en composant un staff plus qu'abondant. Son départ constitue une bonne chose car c'est, au-delà du tour pendable d'un coach peu fiable, la preuve que le top de l'Union belge est incompétent, incapable de tenir la barre. De Keersmaecker n'a jamais dirigé un club, Collin est un homme de l'ombre. Si on avait un vrai directeur technique, il interviendrait dans le débat. Benoît Thans ne le fera pas car il n'a pas l'expérience de son nouveau métier. C'est le désert à cause de De Keersmaecker et Collin. Il est quand même temps de s'en rendre compte avant une nouvelle cata. "

Les joueurs brugeois avaient été prévenus dès jeudi soir...

Même s'il a certainement relevé que le bloc des joueurs se fissurait à son propos, Leekens a récemment effectué un séjour au Brésil pour dénicher des hôtels en vue du Mondial 2016, il faut le faire. Les premiers contacts entre Leekens et la direction du Club Bruges ne datent pas de jeudi passé mais du mardi 8 mai. A ce moment-là, les Brugeois savaient déjà que Christoph Daum s'apprêtait à les quitter. Le manager du Club Bruges, Vincent Mannaert, a alors pris langue avec les proches et les conseillers de Leekens. Il tâtait le terrain mais le clan Leekens a vite compris que Bruges avait songé à Peter Maes alors que le grand Georges était sa priorité. Leekens et Bruges n'ont évidemment pas prévenu l'Union belge et lui ont fait un enfant dans le dos. Dès mardi passé, le coach a été intéressé. Les négociations ont véritablement commencé avec d'incessants trajets entre son domicile, les bureaux de son avocat et le restaurant New Fox à Affligem.

" Les deux parties voulaient trouver un accord mais ce ne fut pas un dossier facile à boucler ", nous dit un des négociateurs. " Nous avons discuté dès jeudi avant que la délégation brugeoise ne prenne la direction du Limbourg pour assister au match contre Genk. Là, dans l'allégresse, ils ont annoncé la nouvelle à CarlHoefkens,NikiZimling et BojanJorgacevic, priés de garder le silence. Les négociations furent délicates vendredi et samedi. Bruges le voulait à tout prix. Et cela a plu à Georges, très intéressé par le projet. Samedi après-midi, on sabrait le champagne. Leekens aime Bruges où il habite. Il a joué et coaché au Club Bruges, c'est important. Vous savez, Georges gère sa carrière à sa guise : il a tranché. Dans ce métier on ne sait jamais de quoi l'avenir sera fait. N'aurait-il pas été rapidement démis en équipe nationale après une ou deux défaites sur la route du Brésil? "

Pour être bien compris, cet événement doit être examiné en tenant compte de la concurrence féroce que se livrent Gand et le Club Bruges pour le leadership en Flandre. Les Buffalos marquent des points avec la construction d'un stade qui sera inauguré en 2013. Les Brugeois, qui ne veulent pas que Gand leur taille des croupières, y pensent depuis des années mais n'ont pas encore trouvé de terrain. Les nouveaux patrons brugeois ont les reins solides : la société du président Bart Verhaeghe (U Place) construit d'immenses complexes de magasins comme ce sera le cas à Vilvorde, le long du ring. C'est un golden boy et il tient à le rester en gagnant le match invisible contre Gand soutenu par d'autres promoteurs. Riche, Verhaeghe a quand même investi 15 millions d'euros pour les transferts de la saison 2011-2012. Toutes ces acquisitions ne sont pas des réussites, loin de là. Bruges a tremblé pour décrocher la deuxième place.

De Keersmaecker et Collin n'ont rien vu venir comme d'habitude

Verhaeghe est décidé à sortir le portefeuille pour le prochain championnat mais il a besoin d'un coach à poigne comme Daum : selon lui, Leekens en est un aussi. Et ce transfert cynique permet à son club de toujours tenir le haut du pavé en Flandre. C'est son nouveau sceptre depuis le départ de Daum. Bruges devra évidemment dédommager l'Union belge où Leekens était sous contrat jusqu'en 2014. Il a signé pour trois ans à Bruges. Le dédit s'élèvera à 500.000 euros.

Marc Wilmots devrait assurer l'intérim : avant d'hériter d'un nouveau défi ? Une clause de son contrat prévoit qu'il peut partir si la politique d'un nouveau coach ne lui convient pas. Et les cocus magnifiques, De Keersmaecker et Collin ? Ils n'ont rien vu venir comme d'habitude : leur incompétence fait de plus en plus de dégâts. A l'Union belge, certaines personnes commencent à se poser des questions à leur propos. Une démission ne s'impose- t-elle pas ? Leekens avait des accords avec des sponsors de l'Union belge : la société PwC avait utilisé son image pour sa communication. Ce lâchage fait mauvais genre et certains partenaires pourraient la trouver saumâtre ou être plus durs à convaincre : cette triste aventure coûtera peut-être plus cher qu'on ne le croit : Steven Martens, le CEO de la fédération, a du pain sur la planche.

PAR PIERRE BILIC

Mister Georges s'est toujours bien vendu, en véhiculant une image de coach à succès qu'il n'a jamais été.

L eekens ne nous épate pas du tout : quand on revient de l'étranger, on découvre un coach dépassé, démodé, loin du top européen ", nous ont dit quelques Diables Rouges ces derniers temps. Ils en avaient assez du perpétuel cinéma d'un entraîneur fédéral ringard selon eux, incapable de structurer définitivement l'équipe en cherchant à plaire à tout le monde. Cela les changeait par rapport à ce que la crème de nos joueurs vit au quotidien en Angleterre, en Allemagne ou en France. Or, Leekens affirma sans hésiter qu'avec lui Eden Hazard deviendrait un grand joueur. Rudi Garcia a failli s'étrangler en prenant connaissance de ces propos. Un fait est certain : il est incapable de diriger des vedettes et d'organiser une équipe riche en surdoués. Ils sont de plus en plus nombreux et cette richesse révèle forcément les limites de Leekens qui a toujours préféré les sans-grade qui ne lui font pas d'ombre. En bon marchand de soupe, il a évacué ses échecs (pas d'équipe malgré une moisson de talents comme on n'en a jamais vu en Belgique, absence à l'Euro 2012) dans une indifférence générale et a même pu prolonger son contrat jusqu'en 2014. Il n'y a qu'en Belgique que les mauvais coaches sont récompensés. Et, aujourd'hui, il ose dire que " 90 % de son boulot est fait " : ah, bon ? Et dire que certains croient ses balivernes. Son échec est total. Les plus jeunes étaient de plus en plus étonnés par ce coach à la liste de clubs interminable. Son palmarès n'a jamais recelé grand-chose : entraîneur de l'année en 1990, un titre (1990) et deux Coupes (1985, 1991) depuis 1984 et ses débuts dans le métier. C'est maigre pour un coach aussi médiatisé. Mais Mister Georges s'est toujours bien vendu, en véhiculant une image d'entraîneur à succès qu'il n'a donc jamais été. " J'ai prévenu les huiles de l'Union belge à son arrivée ", nous dit un proche de la Maison de Verre. " Leekens a toujours su que François De Keersmaecker et Philippe Collin sont deux grands naïfs. Il me l'a dit et même confirmé. Il a jeté l'argent par les fenêtres en composant un staff plus qu'abondant. Son départ constitue une bonne chose car c'est, au-delà du tour pendable d'un coach peu fiable, la preuve que le top de l'Union belge est incompétent, incapable de tenir la barre. De Keersmaecker n'a jamais dirigé un club, Collin est un homme de l'ombre. Si on avait un vrai directeur technique, il interviendrait dans le débat. Benoît Thans ne le fera pas car il n'a pas l'expérience de son nouveau métier. C'est le désert à cause de De Keersmaecker et Collin. Il est quand même temps de s'en rendre compte avant une nouvelle cata. " Même s'il a certainement relevé que le bloc des joueurs se fissurait à son propos, Leekens a récemment effectué un séjour au Brésil pour dénicher des hôtels en vue du Mondial 2016, il faut le faire. Les premiers contacts entre Leekens et la direction du Club Bruges ne datent pas de jeudi passé mais du mardi 8 mai. A ce moment-là, les Brugeois savaient déjà que Christoph Daum s'apprêtait à les quitter. Le manager du Club Bruges, Vincent Mannaert, a alors pris langue avec les proches et les conseillers de Leekens. Il tâtait le terrain mais le clan Leekens a vite compris que Bruges avait songé à Peter Maes alors que le grand Georges était sa priorité. Leekens et Bruges n'ont évidemment pas prévenu l'Union belge et lui ont fait un enfant dans le dos. Dès mardi passé, le coach a été intéressé. Les négociations ont véritablement commencé avec d'incessants trajets entre son domicile, les bureaux de son avocat et le restaurant New Fox à Affligem. " Les deux parties voulaient trouver un accord mais ce ne fut pas un dossier facile à boucler ", nous dit un des négociateurs. " Nous avons discuté dès jeudi avant que la délégation brugeoise ne prenne la direction du Limbourg pour assister au match contre Genk. Là, dans l'allégresse, ils ont annoncé la nouvelle à CarlHoefkens,NikiZimling et BojanJorgacevic, priés de garder le silence. Les négociations furent délicates vendredi et samedi. Bruges le voulait à tout prix. Et cela a plu à Georges, très intéressé par le projet. Samedi après-midi, on sabrait le champagne. Leekens aime Bruges où il habite. Il a joué et coaché au Club Bruges, c'est important. Vous savez, Georges gère sa carrière à sa guise : il a tranché. Dans ce métier on ne sait jamais de quoi l'avenir sera fait. N'aurait-il pas été rapidement démis en équipe nationale après une ou deux défaites sur la route du Brésil? " Pour être bien compris, cet événement doit être examiné en tenant compte de la concurrence féroce que se livrent Gand et le Club Bruges pour le leadership en Flandre. Les Buffalos marquent des points avec la construction d'un stade qui sera inauguré en 2013. Les Brugeois, qui ne veulent pas que Gand leur taille des croupières, y pensent depuis des années mais n'ont pas encore trouvé de terrain. Les nouveaux patrons brugeois ont les reins solides : la société du président Bart Verhaeghe (U Place) construit d'immenses complexes de magasins comme ce sera le cas à Vilvorde, le long du ring. C'est un golden boy et il tient à le rester en gagnant le match invisible contre Gand soutenu par d'autres promoteurs. Riche, Verhaeghe a quand même investi 15 millions d'euros pour les transferts de la saison 2011-2012. Toutes ces acquisitions ne sont pas des réussites, loin de là. Bruges a tremblé pour décrocher la deuxième place. Verhaeghe est décidé à sortir le portefeuille pour le prochain championnat mais il a besoin d'un coach à poigne comme Daum : selon lui, Leekens en est un aussi. Et ce transfert cynique permet à son club de toujours tenir le haut du pavé en Flandre. C'est son nouveau sceptre depuis le départ de Daum. Bruges devra évidemment dédommager l'Union belge où Leekens était sous contrat jusqu'en 2014. Il a signé pour trois ans à Bruges. Le dédit s'élèvera à 500.000 euros. Marc Wilmots devrait assurer l'intérim : avant d'hériter d'un nouveau défi ? Une clause de son contrat prévoit qu'il peut partir si la politique d'un nouveau coach ne lui convient pas. Et les cocus magnifiques, De Keersmaecker et Collin ? Ils n'ont rien vu venir comme d'habitude : leur incompétence fait de plus en plus de dégâts. A l'Union belge, certaines personnes commencent à se poser des questions à leur propos. Une démission ne s'impose- t-elle pas ? Leekens avait des accords avec des sponsors de l'Union belge : la société PwC avait utilisé son image pour sa communication. Ce lâchage fait mauvais genre et certains partenaires pourraient la trouver saumâtre ou être plus durs à convaincre : cette triste aventure coûtera peut-être plus cher qu'on ne le croit : Steven Martens, le CEO de la fédération, a du pain sur la planche. PAR PIERRE BILICMister Georges s'est toujours bien vendu, en véhiculant une image de coach à succès qu'il n'a jamais été.