Mons a pris un sacré coup sur la tête. Tout le travail d'une saison a été anéanti en quelques semaines. Le 27 mars, le Comité exécutif de l'Union Belge décidait, dans le cadre de la faillite de Beringen Heusden-Zolder, de maintenir les points acquis et d'infliger un score de forfait à Heusden pour ses rencontres encore à disputer. Et ce contrairement à son propre règlement qui stipule dans l'article V-72.4 : " Lorsqu'un club disparaît de la compétition en cours de championnat par suite de radiation, démission ou forfait général, il est procédé à l'annulation des résultats de tous les matches qu'il a joués ". C'est sur cet article que se basait l'appel de Overpelt-Lommel, de l'Union et de Virton. Un appel qui allait être entendu deux semaines plus tard...
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Mons a pris un sacré coup sur la tête. Tout le travail d'une saison a été anéanti en quelques semaines. Le 27 mars, le Comité exécutif de l'Union Belge décidait, dans le cadre de la faillite de Beringen Heusden-Zolder, de maintenir les points acquis et d'infliger un score de forfait à Heusden pour ses rencontres encore à disputer. Et ce contrairement à son propre règlement qui stipule dans l'article V-72.4 : " Lorsqu'un club disparaît de la compétition en cours de championnat par suite de radiation, démission ou forfait général, il est procédé à l'annulation des résultats de tous les matches qu'il a joués ". C'est sur cet article que se basait l'appel de Overpelt-Lommel, de l'Union et de Virton. Un appel qui allait être entendu deux semaines plus tard... Mais pourquoi le Comité exécutif avait-il d'abord décidé de maintenir le classement en état ? A l'époque, il avait interprété son propre règlement, suivant l'article I. 13 qui dit : " Tout cas, non prévu par le présent règlement, de même que toute disposition imprécise, sont tranchés sous forme de décision interprétative par le Comité exécutif si besoin en est et si l'urgence est établie ". Mais le cas était bien prévu par le règlement ! " C'est vrai, la première décision allait à l'encontre du règlement mais elle avait été prise sur la base d'une éthique sportive. Les membres du Comité exécutif avaient reconnu, presque à l'unanimité, que le règlement était mal fait ", nuance José Riga, l'entraîneur de l'Albert. Cet imbroglio met évidemment une nouvelle fois en lumière les lacunes dans les décisions des pontes de l'Union Belge. En suivant son propre règlement dès le 27 mars, l'Union Belge aurait fait des malheureux mais ces derniers auraient quand même eu deux mois pour se remettre en selle. " Je ne dis pas que l'on aurait admis la décision mais on aurait eu 10 matches pour s'y faire et tenter d'atténuer les conséquences sportives qui en découlent ", ajoute Riga. Par contre, en interprétant son règlement, le Comité exécutif savait que les clubs lésés iraient en appel. Il fallait être sûr de son fait. A l'époque, on a parlé de man£uvres politiques visant à favoriser Mons. Mais peut-on encore dire que le club hennuyer profite de la clémence des juges lorsqu'on analyse l'affaire ? Non. Car si Mons était le principal bénéficiaire du premier jugement, il conservait simplement les points acquis durement sur le terrain. Sans doute l'Union Belge attendait-elle que Mons (qui s'était forgé une avance de six points) prenne le large et soit sacré champion avec une avance confortable avant de commuer son premier jugement. Mais l'incertitude du sport a prévalu (et c'est tant mieux) et Mons a vu son avance fondre comme neige au soleil. Et voilà la grande maison de verre très gênée tout à coup. Lors du premier vote, 21 membres s'étaient prononcés sur la question. Il y a une semaine, lors des plaidoiries d'Overpelt-Lommel, de l'Union et de Virton, il n'y avait déjà plus que 16 personnes. 48 heures plus tard, le chiffre tombait à 14 (dont 11 néerlandophones !) lors d'un vote final qui a pris tout le monde de vitesse. A Mons, on se refuse à tomber dans le conflit communautaire mais on ne manque pas de relever ces chiffres pour le moins troublants. " Quand on est rentré dans la salle d'audience mercredi, alors que personne ne nous attendait, on a pu lire sur les visages que tout était décidé. En notre défaveur ", clame le président Dominique Leone. De plus, alors qu'une quasi-unanimité avait prévalu lors du premier jugement, comment expliquer ce retournement de vote ? " Nous avons assisté aux plaidoiries du 19 avril et les clubs d'Overpelt-Lommel, de l'Union et de Virton n'ont apporté aucun élément qui n'était pas déjà en possession des membres du Comité exécutif lors du premier vote ", s'étonne Alain Lommers, directeur général de Mons. Plus que le jugement, c'est l'imbroglio, le manque de communication et de clarté, et la date à laquelle la décision finale tombe qui énervent les Montois. " Est-ce un hasard si tout cela est intervenu un vendredi, juste avant un match capital pour la montée alors que la lutte s'annonçait acharnée entre Mons et Overpelt-Lommel ? A trois journées de la fin. Cela ne nous laisse aucune chance de retomber les pieds sur terre ", continue le président Leone. " En nous retirant des points, on nous enlève deux victoires et il ne faut pas oublier que lors de ce match à Heusden, notre meilleur joueur, Alessandro Cordaro, avait écopé d'un carton jaune, synonyme de suspension lors du match suivant. Celui-ci se déroulait à l'Union (0-0), où sans Cordaro, on n'a pas gagné ! Et puis, moi, j'ai payé deux primes de victoires " ! Comme la décision du 21 avril est, selon les termes de l'Union Belge, irrévocable, Mons a porté l'affaire devant la Commission belge d'arbitrage pour le Sport qui dépend du COIB. De plus, le RAEC a décidé de faire flèche de tous bois en entamant une procédure contre la qualification de Davy Oyen, passé de Beringen-Heusden Zolder à Overpelt-Lommel suite à la faillite du club. " Je solliciterai l'Union Belge qui parle de falsification de championnat lorsqu'un club prend contact avec un joueur en dehors du mercato sans autorisation. On sait que celle-ci fut accordée par l'Union Belge le 15 mars mais sur le site officiel de Lommel, on voit que des transactions sont déjà en cours le 8 mars. Pour moi, il y a clairement favoritisme dans cette affaire ", explique Alain Lommers. " Il ne faut pas oublier que Heusden est distant de Lommel de 25 kilomètres et que les clubs ont le même sponsor. Je suis certain que Lommel a eu vent plus tôt que tout le monde des problèmes de son voisin et en a profité pour bénéficier de l'un ou l'autre transfert capable de constituer de sérieux renfort. Pour moi, il y a une certaine inégalité ", continue-t-il. Le directeur général du club de la capitale du Hainaut ajoute : " Il y a un deuxième petit point que je soulèverai. C'est celui de la manière avec laquelle l'Union Belge a communiqué dans cette affaire. Il n'y a toujours pas eu de notification officielle de la faillite de Beringen Heusden-Zolder. Or, tant qu'il n'y a pas encore eu de publication, on ne peut pas prendre de décision ". Mons attend désormais une décision rapide mais si la volonté de se battre jusqu'au bout semble bien présente, on voit mal comment le club montois pourrait l'emporter. Au lieu de sabler le champagne sur son terrain, dimanche passé contre Tubize, les Dragons devront se battre jusqu'à la dernière journée et brûler un cierge dans la collégiale Sainte-Waudru pour monter directement. En cas d'échec, il restera alors le tour final. Mais dans quel état d'esprit les troupes de José Riga l'aborderont-ils ? Alors que Mons semblait en baisse de régime depuis le début de cette affaire, la décision du 21 avril a eu pour résultat immédiat de booster le moral des troupes. Riga : " Les administratifs travaillent en coulisses. Nous les sportifs, on doit répondre présent sur le terrain. Ce que l'on a fait à Hamme, mais c'est vrai que cette situation n'est pas facile à gérer pour un entraîneur. D'autant plus que je n'ai aucune explication à leur fournir. On a essayé de faire passer ce sentiment de révolte. Le groupe a envie de montrer que moralement, mentalement et physiquement, il est toujours présent. Il n'a pas envie que 10 mois de travail partent en fumée. On a montré nos ressources durant toute la saison. Ce n'est déjà pas évident de se remettre aussi vite d'une descente. Les gars veulent aller jusqu'au bout de leur objectif mais soyons clairs, la saison a déjà été très longue. Mentalement, il a fallu assumer ce statut de favori car tout le monde nous prédisait déjà le titre avant même le début. Ensuite, nous n'avons pratiquement pas eu de trêve et il a fallu composer quasiment toute la saison avec un noyau de 18 hommes. Cela devient long et si, en plus, il y a encore le tour final... Mais bon, si la montée est à ce prix, on sera là "... Est-ce dire que le mentor des Dragons se prépare déjà à cette loterie ? " Non. Dans ma tête, je regarde le dernier match car si on se loupe, tout le monde se demandera pourquoi on s'est battu pour récupérer les points enlevés. Je préfère donc ne pas y penser même si secrètement, j'évoque un peu ce cas de figure ". STÉPHANE VANDE VELDE