L'humanité n'est pas heureuse pour le moment en raison des terribles événements qui déchirent le Moyen-Orient. C'est la guerre avec son cortège de malheurs accompagnés par des torrents de pleurs et de sang. Les sportifs ne l'ignorent pas, ne vivent pas sur une autre planète, et sont, probablement, plus que d'autres, des ponts entre les hommes, les cultures et les passions.
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L'humanité n'est pas heureuse pour le moment en raison des terribles événements qui déchirent le Moyen-Orient. C'est la guerre avec son cortège de malheurs accompagnés par des torrents de pleurs et de sang. Les sportifs ne l'ignorent pas, ne vivent pas sur une autre planète, et sont, probablement, plus que d'autres, des ponts entre les hommes, les cultures et les passions. Si le sport a une finalité, c'est bien celle-là. La Croatie et les Balkans sont bien placés pour savoir où les conflits peuvent mener les hommes. Là-bas, la visite de la Belgique est au centre de l'intérêt des médias depuis trois semaines. La pression y monte à vue d'oeil. Les joueurs sont au pied du mur, le coach national Otto Baric, aussi. Aimé Anthuenis a perçu cette donne: "Ce sera la guerre". Le mot qu'on ne voulait pas entendre mais qui fait hélas partie des us et coutumes dans le monde du foot. Les Croates sont décidés à nous imposer une énorme pression à Zagreb. Ils ne parlent que de combat physique. Il faudra gérer ce désir de nous bousculer, leur certitude d'avoir une équipe plus forte que la nôtre. Ils ont oublié, pourle moment, que leur début de campagne de qualification n'est pas brillant avec un point sur six. Leur excès de confiance étonne. Ce sera à Aimé Antheunis de le transformer progressivement en atout pour la Belgique. Chaque minute passée sera un instant gagné pour les Diables Rouges. Le discours croate s'appuie sur le résultat du dernier Croatie-Belgique de Zagreb (1-0, le 6 octobre 2001 en match qualificatif pour la Coupe du Monde 2002) mais beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis lors. La Belgique a franchi des caps importants. Les références sont nombreuses. Il y eut d'abord ce double match de barrage face à la Tchéquie. L'équipe de Robert Waseige tint la distance face à une formation réputée plus talentueuse et plus physique que la Belgique. Puis, au Japon, contre le Brésil, ce même groupe signa une démonstration qui emballa la terre entière. Ce jour-là, il y eut une prise de conscience, même si cela ne plaît pas aux esprits chagrins, qui prouve que le jeu belge n'est pas "que bien organisé". Il peut aussi être bien léché techniquement, ambitieux et intelligent. Ces rencontres sont des points d'appui, des éléments de réflexion, des sources de progrès et d'ambitions. Après s'être retiré, Marc Wilmots n'a-t-il pas déclaré que cette génération était une des plus douées de l'histoire du football belge? Le Hesbignon est un éternel optimistemais il pensait ce qu'il disait. Aimé Anthuenis a dû digérer des départs (Marc Wilmots, Gert Verheyen, Johan Walem, Eric Van Meir) mais il n'a rien bouleversé. En gros, le groupe actuel est lemême que le cercle élargi de Robert Waseige. A deux exceptions près, et non des moindres: Aimé Anthuenis y a intelligemment incrusté deux éléments qui ont l'avenir devant eux, le remarquable Thomas Buffel et le puissant Cédric Roussel. Après la défaite face à l'imposante Bulgarie, le sélectionneur a progressivement dessiné un 4-3-3 à géométrie variable intéressant. Le triangle offensif est articulé par Thomas Buffel qui soutient Wesley Sonck et Emile Mpenza. La Croatie ne dispose pas d'une telle triplette offensive. Emile peut faire sauter la banque sur un démarrage mais il est en situation de mise au point. Il a déposé sa carte de visite en Algérie en février dernier (1-3, deux buts d'Emile, un de Sonck) mais n'a pas encore totalement éclaté en équipe nationale malgré 38 sélections. Le Mondial 98 fut celui de la révélation, son EURO 2000 ne cassa rien et il dut renoncer à la Coupe du Monde 2002 pour cause de blessure. Les Croates le craignent comme la grêle en...mars. Au Portugal, en 2004, il aura 26 ans: c'est le moment de se forger un palmarès. Emile sera un atout à Zagreb,comme d'autres dont Timmy Simons ou Daniel Van Buyten. Ce groupe est plus riche qu'on ne le pense: le tout pour les Diables sera de rester calme dans la tempête, de ne pas céder à la provocation pour imposer notre jeu. La non-violence est parfois l'arme la plus efficace: heureusement. Les Croates ne parlent que de combat physique